>A V C-^^\1' ffitt^HMI WHITNEY LIBRARY, IIARVAKU UNIVERSITY. THE GIFT OF .1. D. WIIIÏNEY, Sturt/is Hoope.r Proftssor w 'n WhN MUSEUM OF COMPARATIVE ZOÔLOGY A . Vf Aâ.. I ï S^^^ m:^ ^mt 'l-l ^x COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. PAniS. — IMPniMEniE de GAUTIIIER-MLLARS, rie de SEINE-SAINT-r,EBMAIi\, 10, PUES I. INSTITUT. COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES PUBLIÉS, CONFORMÉMENT A UNE DÉCISION DE L'ACADÉMIE PAR MM. LES SECRÉTAIRES PERPETUELS. TOME SOIXANTE-TROISIEME. JUILLET — DÉCEMBRE 18G6. PARIS, GAUTHIER-VILLARS , IMPRIMEUR- LIBRAIRE DES COMPTES RENDUS DES SEANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, SUCCESSEUR DE MALLET-BACHELIER, Quai des Augustins, 55 COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES SÉANCE DU LUNDI 2 JUILLET 1866. PRÉSIDENCE DE M. CHEVREUL. 3IEM0IRES ET COMMinVICATIONS DES MEMRRES Eï DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. PHYSICO-CHIMIE. — Mémoire sur la formation, en vertu d'actions tentes, de divers composés, et notamment des silicates terreux; par M. Bf.cquf,«el. (Extrait.) « Le Mémoire que j'ai rhonneur de présenter aujourd'hui à l'Académie contient les nouvelles recherches que j'ai entreprises sur les effets chimiques produits, en vertu d'actions lentes, au contact des corps solides et des corps liquides, par le concours simultané des affinités et des forces électriques ou seulement par les affinités ; recherches ayant pour but de faire connaître comment on peut arriver à reproduire certaines substances minérales, et particulièrement des silicates, par voie huaùde, en essayant d'employer quelques-uns des moyens dont la nature dispose. » Les principes dont j'ai fait usage pour la production des silicates ter- reux et métalliques ont été exposés en iSSy dans mon Traité expérimental d'électricité et de ïnagnétisme, t. V, p. a3 et suiv., et avec plus de détails dans le Traité d' électro-chimie; c'est en les employant que j'ai obtenu cris- tallisés, sans le concours des forces électriques, la chaux carbonalée rhomboïdale, l'arragonite, la gaylussite, le phosphate et l'arséniate de chaux, etc., etc. Voici la série des expériences qui ont été faites pour atteindre le but que je me suis proposé : )) Lorsqu'on plonge dans une dissolution métallique un métal plus (6 ) oxydable que celui qui est en combinaison, ce dernier est ramené à l'état métallique par l'autre, qui se substitue à sa \Aace eu proportions définies; mais si, au lieu d'opérer avec une dissolution métallique, on prend un com- posé insoluble liumeclé d'eau distillée et dont la base appartient à un métal moins oxydable que l'autre, les elfels produits ne sont pas toujours les mêmes, par cela même que la force de coliésiou, qui n'est pas vaincue dans le corps solide comme elle l'est dans la dissolution, résiste au jru des affinités; il peut arriver alors que l'oxyde passe à un élat d'oxydation moindre, ou bien qu'il se produise des composés intermédiaires dont on retrouve les ana- logues dans les filons ou dans les fissures des roches métallifères, au travers desquelles s'infiltrent des eaux plus ou moins chargées de diverses sub- stances provenant du dehors. » Si l'on répand, par exemple, sur une lame de zinc du protoxyde de plomb en pâte liquide avec de l'eau distillée^ et qu'on ap])lique dessus une lame de verre en mastiquant les bords pour empêcher l'évaporation de l'eau, le protoxyde n'éprouve aucun changement ; il n'en est pas de même du peroxyde, qui est décomposé en donnant lieu à un produit non encore examiné. » Ou a passé ensuite à des cas phis compliqués. Il existe deux chromâtes de plomb : i" le chromate jaune, qui est brun-rougo quand on le prépare avec une dissolution de chromate de potasse contenant un léger excès d'alcali, et dont la composition est la même que celle du chromate naturel ; 2° le chromate bibasique, qui est rouge sanguin. Ce dernier^ ainsi que le chromate naturel, peut être obtenu par deux procédés différents : le premier, en ])laçant le chromate jaune sur une lame de platine plongeant dans l'eau distillée et en rapport avec le pôle négatif d'une pile composée de quelques éléments et chargée avec du sulfate de cuivre, puis fermant le circuit avec une lame de platine en rapport avecle pôle positif : l'action voltaïque dé- compose le chromate en acide chromique qui devient libre et se répand dans l'eau, et en chroniate bibasique qui reste sin- la lame négative. Le second procédé consiste à placer du chromate jaune, humecté d'eau distillée, sur une lame de zinc, et à recouvrir le tout avec une lame de verre comme ci-dessus: le zinc, en réagissant sur le chromate, produit les mêmes effets que le coin-ant électrique, il s'empare de i équivalent d'acide chromique et laisse sur la plaque i équivalent de chromate bibasique. On obtient les mêmes effets avec le chromate naturel. « Quant au chromate rouge cristallisé semblable à celui de la nature, on l'obtient en laissant fonctionner pendant un certain nondjre d'années ( 7 ) un appareil formé d'un tube de verre fermé hermétiquement, dans lequel on a introduit un couple plomb et platine, une dissolution concentrée de chlorure de chrome et du kaolin où est noyé le plomb. Il y a d'abord dé- composition du chlorure, formation de chlorure de plomb, puis diverses réactions dans lesquelles l'électricité intervient et d'où résulte du chromate de plomb en cristaux aciculaires d'un rouge orangé. On le j)roduit encore en faisant réagir lentement une dissolution de chromate de potasse sur de la craie traitée préalablement à la température de l'ébullition par une dis- solution concentrée de nitrate de plomb. » On obtient des résultats semblables en soumettant au même mode d'expérimentation le carbonate bibasique vert de cuivre humecté d'eau distillée ; le carbonate perd peu à peu sa couleur verte, qui devient succes- sivement bleuâtre, bleue et noire; il passe donc à l'état de carbonate sesqui- basique et de carbonate neutre, en même temps qu'il se forme du carbonate de zinc en petits tnliercules blancs. En substituant le plomb au zinc, les mêmes effets ont lieu ; mais ils sont moins marqués, et le carbonate de plomb, au lieu d'être amorphe, est en cristaux ayant un aspect nacré. » On a obtenu le carbonate bleu sesquibasique en prismes rhomboïdaux obliques, avec des troncatures, comme celui de la nature, en soumettant d'abord, sous une pression de 4 à 5 atmosphères, pendant douze heiu-es, dans un tube de verie à fortes parois, du sous-nitrate de cuivre cristallisé dé- posé sur de la craie, à la réaction d'iuie dissolution de bicarbonate de soude, puis en abandonnant le tout aux actions spontanées pendant plusieurs années. Il se forme successivement du nitrate de soude, du carbonate bi- basique de cuivre, puis du carbonate sesquibasique qui est produit quand le carbonate bibasique perd \ équivalent de base. » Avant d'arriver à la formation des silicates, on a fait les expériences suivantes : » On a commencé par faire écouler lentement et d'une manière continue, sur des lames de sidfale de chaux, de l'eau distillée; la surface n'a pas tardé à présenter un aspect ciiatoyant dû à l'action dissolvante de l'eau qui, s'exerçant plus facilement dans les sens de clivage que dans toute autre direction, en raison d'une force de cohésion moindre, a mis à découvert les joints du clivage principal, d'où sont résultées sur la surface des stries nom- breuses parallèles qui ont donné au gypse un aspect chatoyant que l'on retrouve sur la surface des minéraux qui ont dû éprouver une action sem- blable. M En substituant à l'eau une dissolution saturée de sulfate de potasse, on ( «) obtient un double sulfate de potasse et de chaux cristallisé en aiguilles, et soluble dans l'eau. Les dissolutions saturées de sulfate de soude, de magné- sie, de zinc et autres n'ont rien produit de semblable jusqu'ici. » En opérant avec une dissolution concentrée de potasse caustique, il se forme du sulfate de potasse et on ne retrouve aucune trace de chaux dans la dissolution : la surface du gypse se recouvre d'une poudre adhérente blanche qui n'est autre que de la chaux. » Voici la méthode que l'on a adoptée pour obtenir les silicates simples et les silicates doubles. » Cette méthode repose sur les principes exposés en 1837 : on introduit dans une éprouvette à pied fermée avec un bouchon à l'émeri une dissolu- tion de silicate de potasse marquant 10 degrés à l'aréomètre, avec des mor- ceaux de craie qui, ayant été mis en contact préalablement avec une dis- solution de nitrate de cuivre ou de nitrate de plomb, sont recouverts de sel basique de l'un de ces deux métaux. La craie, étant poreuse, contient dans son intérieur du nitrate de chaux et du gaz acide carbonique résultant de la réaction du nitrate de cuivre sur le calcaire. Peu de temps après l'im- mersion, on voit surgir d'un grand nombre de points de la surface de la craie, dans différents sens et souvent verticalement, par l'effet d'une action capillaire dont M. Chevreul a fait une étude approfondie, ou d'endosmose, des espèces de stalactites formées de silicate de chaux. Le gaz acide carbo- nique, en sortant de l'intérieur, entraîne avec lui du nitrate de chaux; de leur contact avec la dissolution de sihcate de potasse résulte du carbonate et du nitrate de potasse, puis du silicate de chaux sans trace d'alcali. Des roches injectées de vapeurs diverses produisent probablement des effets de ce genre dans leur contact avec des dissolutions qui s'infiltrent dans leurs fissures. » En opérant avec une dissolution d'aluminate de potasse, mais appli- quant la méthode ci-après, on a produit des cristaux prismatiques d'alumi- nate de chaux insolubles dans l'eau. Le principe général consiste donc à imbiber un corps poreux d'une dissolution que l'on fait réagir lentement sur une autre dissolution dans laquelle on plonge ce corps. » Les silicates doubles s'obtiennent comme il suit : » Lorsqu'on fait arriver très-lentement, au moyen d'iui procédé décrit dans le Mémoire, une dissolution de silicate de potasse marquant de 6 à 10 degrés aréométriques, sur une lame de gypse tenue inclinée afin de lui donner un écoulement, on voit se former au milieu de différents produits des cristaux radiés en aiguilles, terminés par des biseaux ; ces cristaux s'allongent de jour ( 9^ en jour, se superposent les uns au-dessus des autres et finissent par pré- senter une surface confuse ayant un aspect nacré; ils sont fusibles en émail an chalumeau, insolubles dans l'eau, solubles dans l'acide chlorhydrique concentré ou étendu, en laissant un dépôt de silice; la dissolution ne contient c[ue du chlorure de calcium et du chlorure de potassium. Ces cristaux appartiennent donc à un double silic.ite de potasse et de chaux. Tous ces caractères rapprochent ce silicate de l'apopliyHite, dont il ne diffère que par sa solubilité dans l'acide chlorhydrique. Il sera pos- sible de s'en procurer d'ici à peu de mois une cpiantité suffisante pour en faire l'analyse. » On a lieu d'(>spérer que l'on parviendra à former suivant la méthode indiquée d'autres silicates et particulièrement des silicates t'oubles. » La dernière expérience que l'on doit mentioiuier est relative à l'in- fluence des parois des tubes de verre sur les effets électro-chimiques, pour obtenir en lames minces, avec l'éclat métallique et des irisations, les sulfures de fer et de cuivre, lesquelles présentent l'aspect des pyri'es. » Les faits exposés dans ce Mémoire mt)nlrent où peut conduire l'étutle des actions chimiques lentes produites au contact des corps solides et des liquides, soit c[u'on emploie l'électricité comme force chimique, soit que l'on ne fasse usage que des effets d'endosmose, pour arriver à la reproduc- tion d'un certain nombre de substances minérales, et particulièrement des silicates. » GÉOMl';TRiri. — 5»/' lis coniques déterminées par cinq conditions de coulai t avec une courbe donnée ; jiar M. A. Cayley. n Partant des formules de M. Zeuthen (*), j'ai réussi à trouver les nombres des coniques qui satisfont à cinq conditions de contact avec une courbe donnée, à savoir : les nombres (5), (4, i\ (3, 2), (3, 1, i), (2, 2, i), (2, I, I, i), (1,1,1,1,1), qui dénotent respectivement le uondjre des co- niques qui ont avec la courbe donnée un contact du cinquième ordre, un contact du quatrième ordre et un contact du premier ordre, . . , , cinq contacts du premier ordre. La couibe donnée est toujours une coiu'be de l'ordre m avec â points doubles et /i rebrousbemenis ; en dénotant par ?i la classe de la courbe et en écrivant de plus a = 37i -+- k, j'exprime les iiond.M es (*) \'oii- Com/./cs rc/idiis, t. I^XII, jiinviii' i8(')h, p. i-^ et siiiv. C. U., if-'(;G,-i™« Scmc-'dc. (IMAl IL IS" 1.) ( lo ) cherchés en fonction de [m, n, a). Cela étant, voici mes résultats : (5)^ — i5m — i5n -h 9a. (4, i) = — 8'n- — 20inn — 8/r + io4ra + io4" + « (C>m + (]n — 66). (3, 2) = I20WZ 4- i2o« -h a (— /|/72 — 4« — 7.S) + 3a-. 3 3 (3, I, 1) = m^ — fom^n — 1 onur 7i^ + ^m- -+- I i67?m + ^n- — 434'" — 434» + a ( - m- + Gmn -h - a- m — ^ n -\- o.n 1 ^ — 5 c/.'\ (2, 9., i) = 2/1 m- + 54'«« + 24«" — 468 /« — 468« + a (— Sin — 8n + 327) + 7.- ( 1 ?« + I /j _ 12 | ■ (2, I , I, 1) = 6/h' -h 3om-« + 'jo)iur + 677' — \'jl\in- — 348 w« — i74«" + i320 7/2 + i320« + u ( 7j m' + iiî^ n + mn- -4- -r «^ — — m- — 26 7?77i ,2. 3 i5 358 3'^8 — 77- + 777 4- a .-1 3 77 — r)6o j ^ — - 777 — ;^ 77 + a8 ) • (l, I, I, I, l)=r 777' H 7/7 'n ■+ - lll^ fr + ^ W' 77^ + — 77777* H ^7/' 1 20 1 9. i 6 I o 1 ■.>.o — — 777' — 7^ //iv/ — inr n- ; 77777^ 77 I a o b I > ii3 , ann , aoo , ii3 , 7- 777'' ■- m- n mn^ y- ir 34 12 la a4 , 19.67 ■• 5q3 1367 , 3a5Q 3a5Q H iir -+- -If- 7777/ H '- n- ^ 777 -^ 77 la j la 5 T , / ' -, 3 .. 3 „ I 3 H- a — -7 '« 1)1' Il '7777- — y rr \ 4 '^ ■-•• 4 , aq , „ aq 337 337 '9^ + -7^777° + "i^llin -+- -7- 77° /- III y- 77 + ^^ •I -) 4 4 -' -I- «- ^ g 777 + I 77 — 1 .T ( " ) » J'ai trouvé ces résultats au moyen de certaines équations tonction- nelles de la manière que voici. En considérant l'ensemble des deux courbes {m, ri, a) et [m', n' , a'), ou, comme on peut dire, une courbe m -+- in\ l'ensemble des courbes m et m', on a, |)ar exemple, (4, l)m+,H'=(4, l)m + (4, lW + (4)mflW+(4)ni'(0'«j où (4, i)m+m'j (4> i)'«' (4i i)m' sc rapportent aux courbes m -h m', m et m' respectivement; (4)m (')'«' (dénote le nombre des coniques qui ont avec la courbe ni un contact du quatrième ordre, et avec la courbe m' un contact du premier ordre; et de même pour (4)/n' (Om- ^^^^ étant, en écrivant cette équation sous la forme (4. i)m+m' — (4, ')m " (4, l)m' = l4jm (')«' + (4),n' (l)"0 on calcule par des formules connues l'expression à côté droit en fonction de {i7i,n, a, m', n', a'); l'équation est alors une équation fonctionnelle à laquelle doit satisfaire la fonction inconnue (4, i),n) ^t l'on obtient de là (4i 0'" ^g^l à une fonction déterminée de {m, n, a), plus des termes linéaires en (m, ii, u) qui restent indéterminés. Comme (4, i)m est symétrique par rapport à (/», 7i), ces termes seront de la forme a [m -h n) -h b x ; pour trouver les coefficients, je remarque que pour une courbe cubique on a (4, i),„ = o; comme la cubique peut être une cubique générale, ou avec un point double, ou avec un point de rebroussement, on a pour (/?;, ?i, a.) les trois systèmes de valeurs (3, 6, i8), (3, 4, 12), (3, 3, 10); cela donne pour a et b trois équations satisfaites par les mêmes valeurs a = io4, b = — 66, et la détermination du nombre (4, i),n ou (4, i) est ainsi achevée. H y a de même, pour chacun desaulres nombres (3, a), (3, i ,1), etc., toujours deux coefficients a et b qui doivent satisfaire aux trois conditions obtenues, comme ci-dessus, au moyen d'une cubique. L'existence de ces trois conditions fournit dans chaque cas une vérification assez complète des calculs. ') Je me sers, dans l'investigation, d'une formule générale qu'il convient de mentionner : en considérant trois conditions 3X et deux conditions 2X' quelconques et en écrivant (3X, 2/.) = ,a, (3X, p^d)=:v, (3X, 2r/) = f, (aX', 3/.).= ^/, (aX', 2/; + r/) = v', (7.X', /j + 2^/) = p', {■i\', 3(1)=^^'; ( 12 ) ilors les nombres [tj.', v', p', lin supposant que les résultats fournis par ce corps pui.«sent être l'objet d'une controverse, comment admettre que le sel ammoniac four- nisse, à une température très-voisine de celle de sou ébullition, ligoureuse- ment 8 volumes, ce qui impliquerait qu'à cette tempér.iture la dissociation est complète (le groupement normal étant supposé 4 vohmies), alors qu'il résulte des expériences si nettes de M. H. Sainte-Claire Deville qu'en met- tant en présence les gaz ammoniac et chlorhydrique à 35o degrés, ils s'unis- sent en développant nm températiu'e bien supérieure à celle qui foiuuit 8 volumes et pour laquelle on admet la dissociation? ( '7 ) » L'étude (lu cyanhydratc (r;imii)oniaqiK', lailo ;iii iiinue ]ioiiit de vue par MM. H. Sainte-Claire Deville et Troost, met encore mieux en relief ce groupement en 8 volumes. En effet, la densité de vapeur de ce corps, dé- terminée à la température de -+- loo degrés, donne un nombre qui corres- pond rigoureusement à 8 volumes, et l'on ne saurait admettre qu'il y ail ici la moindre décomposition, le cyanhydrate d'ammoniaque résistant, coiTune on sait, à 1200 degrés, température à laquelle ses éléments consti- tuants, l'acide cyanhydrique et l'ammoniaque, se résolvent en tout ou en partie en charbon, hydrogène et azote. » Et d'ailleiu's, quelle est la nécessité d'admettre que la molécule de tous les corps doive fournir absolument 4 volumes de vapetu'? Pourquoi telle vapeiu" ne correspondrait-elle pas à 8 volumes, tandis que telle autre en représente 4, et cela parce cpie ce dernier mode de groupement est celui cpii se présente le plus frécpieuunent ? Pouiquoi vput-on enfin voir des phénomènes de dissociation (malgré M. H. Sainte-Claire Deville lui- même) dans tous les cas où ce groupement en 8 volumes se manifeste? " Il n'jf a rien d'étonnant à ce que la molécule du chlorhydrate d'am- moniaque, différente par les réactions qu'elle présente des chlorhydrates d'iiydrocai-bures, fournisse à Fencontre de ces derniers 8 voliunes au début, alors qu'elle est intacte, pour présenter, durant un long intervalle de tem- pérature, ce même groupement , les gaz anuuoniac et chlorhydrique, qui résultent de la dissociation, représentant, comme le sel ammoniac lui- même, 8 volumes pendant cet intervalle, à moins que la température n'é- tant portée beaucoup plus haut et amenant la décomposition complète de l'ammoniaque, on n'obtienne finalement 12 volumes. >' Je viens d'effectuer de nouvelles déterminations de densité relativement à la vapeur acétique dans la vapeur de mercure et dans la vapeur de soufre, au moyen de l'ingénieux procédé de MM. H. Sainte-Claire Deville et Troost. J'ai pu me convaincre qu'à 35o degrés cette vapeur correspond toujours à 4 volumes, tandis qu'à 44o degrés ou obtient un nombre sensiblement plus faible, qui indique un commencement de dissociation, et l'on peut consta- ter, en effet, dans cette circonstance, la mise en liberté d'une petite quan- tité d'acide carbonique et de gaz des marais. « La décomposition de la vapeur acéiiquc étant trè.s-faible à cette leui- péraUuT, il eu résulte que, tians un intervalle d'environ 200 degrés, cette dernière obéit aux lois qui régissent les gaz, représentant ligoureusement 4 volumes, ce qui est son véritable et unique groupement, tauihs que, dans 1;. R., iP(.(!,-2""' .S™.<-.<((f.(l-. LXIII, ■-." l.) <^ ( '« ) I iiiteiN.ille (le i lo ;i i i5 degrés compris eiilrc l;i tempéralure d'ébiillition cl le inoinciit où le groupement en f\ voliitnes se iiiaiiiieslc, on oblienl des nombres décroissant d'une niaiiièi-e conliniic, ne correspondanl à aucun groupement particidier. « Des nombreuses expériences que j'ai exécuh'es à diverses époques sur les vapeurs, je crois pouvoir, en terminant cette Noie, lirer les concbisions suivantes, savoir : » 1° Que bi molécule d'un composé volatil réduit en vapeur ne fournit qu'un groupement unique représentant 4 ou 8 volumes ; elle pourrait eu représenter a ou 6, mais ce mode de groupement nous est encore inconnu ; '1 2° Que le groupement en 3 ou 6 volumes n'existe pas à l'égard des diverses substances examinées jusqu à ce jour; des déterminations opérées à des lempéralures inférieures ou supérieures de 5 degrés à celle à laquelle ce groupement paraît exister, donnent, en effet, des nombres notablement différents. » Après avoir présenté cette Note de M. Cabours, M. H. Saixte-Claiue 1)evim-e développe les réflexions suivantes : « Nous devons à M. Cabours les règles précises qui doivent aujourd'bui nous guider dans la discussion des questions relatives aux densités de va- peur, et je suis fort beureux de le voir entrer par la voie des expériences et d'une logiques sévère dans \\\w poléini(|ue scientifique où je suis moi-même engagé. » Les Irav.mx de M. Cahouis nous interdisent aujourd'bui de considé- rer comme définitif le résidtat d'iuie seule expérience pour déterminer la densité de vapeur d'un corps. 11 faut, eu réalité, observer la loi i\o la varia- lion de ces densités avec la température et ne considérer comme acquise une densité de vapeur qu'autant que celle-ci est devenue invariable avec la température. Mais un second pbénomène que mes savants amis M. Cahours et M, Wurtzont parfaitement constaté, amène une complicalion à la règle si simple que je viens d'éiioucer. En eifet, certaines vapeurs de cldorby- drate, de brombydratc d'bydrocarbures, après èlre restées fixes pend.nit un certain intervalle de température, ce qui permet de leur assigner Zj vo- lumes à l'équivalent, redeviennent variables à une température plus élevée. Elles ne reprennent une fixité nouvelle que lorsqu'on est arrivé à un point de l'éclielle tliermométriquc bien su|)érieur à celui des premières détermi- nations, et alors ces cblorbydrates représentent 8 volumes à l'équivalent. ( '9) On conçoit l'emburras qui i)eut alors exister si l'on a le choix entre denx densités de vapeurs invariables entre des températures suffisamment éten- dues. C'est dans ces circonstances que l'on peut, comme je l'ai dit dans une récente communication, supposer légitimement que la seconde variation de la densité est concomitante d'une décomposition partielle du corps, phénomène que j'ai appelé dissociation, et dont la mesure doit, pour écarter toute hypothèse, être donnée en tension ou millimètres de mercure. Là- dessus MM. Cannizaro, Herniann Kopp, Wurlz, Cahours et moi-même nous sommes tous d'accord. » Mais que penser d'un coi'ps comme le perchlorure de phosphore, dont la densité ne devient invariable qu'à partir de la température où celte den- sité correspond à 8 volumes? Pour l«s chlorhydrates d'hydrocarbure on voit qu'il y a deux variations et deux permanences (qu'on me passe ce terme cpii explique ma pensée en un mot). Mais ici il n'y a qu'tuie période thermométrique pour la variation de la densité et une période indéfinie d'invariabilité pour cette densité. En appliquant purement et simpleiuent ia règle de M. Cahours, on doit admettre que le perchlorure de phosphore re- pi'ésente 8 volumes, et cette conclusion est inattaquable dans l'état actuel de la science. » Pour admettre le contraire, c'est-à-dire que le perchlorure de phos- phore est décomposé dans sa propre vapeur, et que même si près de son point d'ébullition sa tension de dissociation est aussi considérable que per- mettent de le supposer les expériences nouvelles de M. Cahours, il faut faire nécessairement une hypothèse. Or, il ne faut pas se le dissinîuler, les pressentiments scientifiques (jui nous inijjosent nos hypothèses sont si sou- vent trompeurs, que nous devons toujoiu's non pas les rejeter, mais les con- sidérer comme une tache dans nos raisonnements. » L'analogie du percblorure de phosphore avec le perhronmre, qui ne supporte pas la distill.itiou sans se décomposer (d'après M. E. Baudrimont), le fait que la vapeur de perchloriu-e est jaune-veidâtre à partir du moment oit on peut l'apercevoir nettement dans un tube de verre très-long, la faible quantité de chaleur qui se manifeste au moment où le chlore et le proto- chlorure se combinent, toutes les considérations que j'ai fait valoir ne sont pas des preuves. Je l'ai dit déjà, il n'y a rien de nécessaire dans cette argu- mentation : elle n'infirme donc pas la conclusion que M. Cahours vient de tirer et l'application rigoureuse de la règle qu'il nous a imposée. Ceux que cette règle gène dans leurs théories doivent faire connue moi, chercher par des expériences nouvelles les cas dans lesquels elle ne s'applique pas; mais 3.. ( -^o ) elle n'en consliiiK' pas moins une des plus belles conquêtes que nous ayons faites en physique, et nous ne devons pas essayer de nous y soustraire, si nous voulons o'viter l'erreur. » Je vais en donner une preuve frappante. Quelques chimistes consi- dèrent que le soufre à 5oo degrés avec sa densité de vapeur tiiplée (6,6) est à un état i)articulier constituant une allotropie nouvelle de ce corps simple à l'état gazeux. Pour que ces conclusions fussent exactes, il faudrait, d'après la régie de M. Cahours, démontrer que cette densité 6,6 est inva- riable dans luie étendue suffisiimment grande de l'échelle ihermomélrique, ce que je ne crois pas exact pour des raisons que je dirai plus tard. Eu attendant, une jjareille hypothèse est tout à fait gratuite. » Ce que j'assimile encore à une hypothèse gratuite, c'est la répugnance invincible que professent un grand nombre de chimistes pour attiibuer I ou 8 volumes à l'équivalent des corps simples ou composés. Lorsqu'on croit à l'absolu dans des considérations de cet ordre, ou est dans l'errein-, car ou ne s'appuie jamais que sur des analogies pour établir des nombres et des raisonnements. Mais je reviendrai plus tard sur ces questions de logique scientifique. Pour le moment je désire montrer qu'un corps nouveau pré- sentant 8 vohmies de vapeur ne peut guère être écarté de la science. Il s'agit de i'hydriodate d'iodure de mercure (AzHM, Hgl) dont la densité a été prise à 35o et 44° degrés par M. Troost et j)ar moi. \iipenr de soufre. \"aiieni- ■" Excès de poids 6Gq"'S'' noT Volume du ballon 342'^ 344 > 5 Air resté i"^^,5 i ,4 Densité .*. 6'^% 38 6,49 Densité calculée =^8 volumes. . . t),44 L'hydriodate d'ammoniaque représente 8 vol. L'iodure de mercure 4 » La combinaison représente 8 volinnes au lien de ... . 12 » » L:i coiulensaliou est doue ^ d'après la règle de Ga\-L!issac. C'est une preuve de i)lus à ajouter à celles qiu' j'ai données dans mes i.eçor.s sur la dissociation (1) auxquelles je renvoie le Icctetir. Je vois avec j)laisir ([ue l'un des meilleurs juges dans ces questions fondamentales, M. Cahoiu-s, partage entièrement les opinions que j'y ai consignées. (1) l.i-roiis prnfifssrcs iici'iint tu Sorii-lt^ Chiiiiiijiu- ; Pai'is, llaclu'tle, l8()t). ( ^' ) " Je crois que dans l'état actuel de la science, il faut, dans nos rai- sonnements, ou nous tenir éloignés de toute hypothèse, ou bien attri- buer, comme je le fais, à ces raisoiuiemeiits eux-mêmes la valeiu- scien- tifique peu considérable que leur base hypothétique leur assigne. Enfin je crains que nous n'introduisions dans la Chimie, sous le nom de tliéories, bien des idées vagues qui peuvent être nuisibles à son développement. Si nous ne nous assujettissons en outre à n'employer que des termes rigoureu- sement définis, à rejeter toute cause occulte de nos spéculations, nous ris- quons de nous perdre dans la voie d'un mysticisme scientifique où l'on se contente de lueurs indécises et séduisantes au lieu de principes clairs et rigoureusement démontrés, i. CHIMIE. — Sur (le nouveaux dissolvanls de Cor; par M. J. Nicklès. (Deuxième Note.) « J'ai fait voir [Compte rendu du 26 mars 1866, p. 755) que l'iode peut attaquer l'or, à la condition de se trouvera l'état naissant. Depuis, je me suis assuré que là ne s'arrête pas l'action dissolvante de ce métalloïde, et qu'au contraire elle peut s'exercer directement, à la condition d'opérer à chaud et sous pression, ou encore sous l'influence des rayons solaires. Que l'on emprisonne dans lui tube de l'iode, de l'or battu et de l'eau, et qu'on chauffe : une température de 5o degrés centigrades suffira pour faire disparaître peu à peu le métal précieux. Même résultat si l'on remplace l'eau par l'éther, à cela près que la réaction se fait plus lentement. » La dissolution dans l'éther se fait encore lorsqu'on remplace la chaleur du bain-marie par une forte insolation, la liqueur ne se trouvant pas dans un tube scellé, mais tout simplement dans un flacon bouché à l'émeri. » Dans toutes ces situations, l'or est attaqué et |)asse à l'état d'iodnre; le liquide filtré abandonne une pellicule d'or métallique lorsqu'on le soumet à l'évaporation, dans un tube placé dans lui bain de sable suffisamment chauffé à la tin de l'opération pour ménager la décomposition de l'ioduie produit. » Le sesqui-iodure de fer Fe° P, dont l'existence, i-évoquée en doute par Gmelin, Squire et autres, est maintenant hors de contestation [Annales de Chimie el de Physique, i865, t. V, p. 172), ce sesqui-iodure constitue un bon dissolvant pour l'or quand il est associé à l'éther; cette solubilité se base évidemment sur le peu de stabilité de cet iodure, et ressort déjà de ce ( ^o qui a été dit dans n»a première coinmuaication au snjel de l'acide iodhv- drique sur le sesquioxyde de fer. » Comme le iesquibtomure de fer Fe'^Br' se réduit eu bromure FeBr à l'ébullition, j'ai peusé que ce composé devait, par cela même, èlre apte à agir sur l'or métallique. L'expérience m'a appris qu eu effet il en est ainsi. » Deux espèces de sesquibromures m'ont servi à celte occasion ; l'un préparé depuis quelques années, et conservé à l'état sec avec de l'amiante; l'autre préparé tout exprès avec du sesquioxyde de fer et de l'acide brom- hydrique aqueux. » L'un et l'autre étaient exempts de brome libre; toutefois, par surcroît de précaution, on eut soin d'ajouter aux deux ])roduils un peu cle proto- bromure do fer, afin de neutraliser à l'avance les traces de brome libre que le liquide aurait pu retenir; il y avait assez de ferrosuin pour bleuir forte- ment le prussiate rouge. M Au bain-marie comme sous l'influence des rayons solairt-s, ces com- posés ont peu à peu dissous l'or battu. » GÉOLOGIE. — Sur la procluclion naturelle et artificielle du diamant. Note de M.E.-B. DE Chancouktois. (Extrait par l'auteur) (i). « Ne pouvant encore publier l'ensemble des conclusions du Mémoire sui' la coordination des sources de pétrole et des gîtes bitumineux, dont j'ai présenté les premières parties en i863 [Comptes rendus des 17 et 24 août et 2 novembre), je désire prendre date à l'égard de quelques points, et priuci- palemeni pour la proposition suivante: u Le diamant dérive des émanations hydrocarburécs, comme le soufre déiivc des émanations liydrosulf urées . » On sait que le soufre cristallisé des solfatares résulte de la demi-oxy- dation de l'iiydrogène sulfuré arrivant dans des fissures, ou à li'avers des tufs spongieux, au contact de l'air atmosphérique ou de l'air dissous dans les eaux superficielles. )) Tout l'hydrogène est oxydé; mais dans les conditions du phénomène que l'on peut appeler la combustion humide, une partie du soufre seule- (i) Cette Noie avait éic renvoyée dans la dernière séance (26 jiiin^ à une Commission qui, dans la séance d'aujourd'hui, a déclaré, par l'organe de M. Pelouze, (jue le travail de M. de Cliancourtois peut être analysé dans le Compte rendu. ( 9.3 ) meut passe ;'t l'étnt d'acide snlfni'oiix; le resie se dépose en cristallisaiU pins on moins complétenienL Je pense cpie le carbone dn diamant est isolé de la même manière, dans la combustion lîtnnide d'un hydrogène carboné on d'un carbure d'hydrogène dont tout l'hydrogène serait oxydé, landis qu'une partie seulement du carbone serait Iranslormée en acide carbonicpie. » La théorie qne je propose est tout à fait d'accord avec l'opinion !a plus accréditée, qui place le gisement ordinaire du diamant dans les itacolu- miteset dans les grès ferrugineux remontant au moins à la période devo- nienne, car, d'un côté, cette période appartient encore à la phase éruplive de grande cristallinité, et d'un autre côté, l'abondance des imprégnations bitumineuses y marque le maximum des émanations hydrocarburées, pré- curseur on cause originaire de l'excès d'acide carbonique atmosphérique auquel est due la végétation liouillère de l'époque consécutive. » Cette théorie n'est nullement en désaccord avec la découverte récente de traces d'organisme végétal à l'intérieur des diamants, car, d'après bien des faits de minéralisation, on doit trouver naturel que la cristallisation du carbone libéré ait été amorcée par un acte de vie végétative, surtout si l'on tient compte du caractère probablement très-simple de la végétalion pri- maire, et si l'on réfléchit que la naissance du corpuscule végétal était elle- même sollicitée par la production concomitante de l'acide carbonique. » Maintenant que l'on sait tirer des pétroles à peu près toutes les cou- leurs de l'arc-en-ciel, les colorations, et surtout la coloration mobile du diamant, viennent à l'appui de l'hypothèse qui lie originairement \c dia- mant et les carbures d'hydrogène. ') Il faut toutefois bien remarquer que 1 opinion cpii |>lace la formafi'iu du diamant à l'époque la plus bitumineuse n'implique pas cjue ;eifp lorm.i- lion ail en lieu dans les points où abondaient Ions les produits hydrocar- bures. » Le diamant ne pouvait au contraii'c se former cpie là où les fissures de l'écorce terrestre laissaient p:îs-,ei' seulement des hydrogènes carbonés ou des carbures d'hydrogène en vapetu', et même sans doute très-lentement, puisque la lenteur est une des conditions nécessaires des belles cristallisa- tions dont le diamant fournit le prototype. » Les pétroles subissaient bien aussi l'oxydation imparfaite, mais le carbone isolé chimiquement par la réaction, loin de cristalliser, restait en- gagé dans le pétrole excédant. C'est ainsi que se formaient et que se for- ment encore, suivant moi, les bitumes, ces corps visqueux par excellenc?, dans lescjuels le carbone saisi à l'élat naissant paraît rester en dissolution, ( 2/, ) c'est-à-dire avec la consistance liquide, mais en donnanl à son (lissol^nlll une viscosité qni rappelle indirectement combien l'état licpiide est contiaire à sa nature. » Le graphite massif qui sert à la fabrication des crayons est pour ainsi dire le résidu de i'évaporation de celte dissolution. Son aspect montre que le carbone a été déposé en paillettes par le rapprochement de la liqueur dont les dernières parties ont été ensuite exprimées mécaniquement. » Je puis maintenant présenter im autre lésumé de ma théorie à l'aide d'un mot qui désignerait tous les dépôts de carbone pur, le mot de carbo- iialiifc. » I^es gîtes de graphites et de diamant seraient les cnrbonniaics qui tien- draient dans les é|)oques anciennes la place que les solfatares occiq'XMit dans les époques récentes, avec les différences d'allure que comportent les différences des modes éruptifs et sédimentaires de chaque temps. Leurs alignements, par exemple, seraient plus précis dans le détail, phis entre- croisés dans l'ensendile. » J'arrive enfin à une considération théorique à laquelle j'attache la plus grande importance. » ]>e nombre du poids moléculaire, ce que j'appelle le caractère numé- rique de l'acide carbonique, CO', est 12 H- 2 X \6 = lil\. Ce nombre coïn- cide précisément avec le nombre thermique qui fournit le caractère nunié- l'ique ou, si l'on veut, le poids atomique du diamant. )) Ne doit-on pas voir là une confirmation de l'hypothèse suivant laquelle les deux corps de même caractère numérique sont produits parallèlement? » Je demande la permission de constater, à cette occasion, que les nom- bres des nouveaux poids atomiques adoptés dans un récent résumé de philo- sophie chimique, dont l'autorité a été si justement consacrée pnr une haute l'écompense, tombent, à l'exception de celui du vanadiiun, dans les champs d'oscillation que j'ai assignés aux caractères numériques dans mon classe- ment naturel des corps simples ou radicaux pi'ésenté sous le titre de Vis Iclluriqiie {Comptes rendus des 7 et 21 avril, ,") mai, i'3 octobre 18G2 et 16 mars iHd'i). » Les considérations géologiques m'ont chjiic guid,' assez sûrement, au moins (piant aux choix à faire entre les différents multiples ou sous-uudli- ples que les différents systèmes offraient alors en concurrence et (pii ne cessent pas de donner lieu à des confusions regrettables. J'ai l'i spi>ir que mon système sera encore confirmé à d'autres égards. » Je reviens au sujet de ma Note. ( 25 ) » La production artificielle du diamant a été l'objet de beaucoup d'el- forts, mais je ne sache pas qu'elle ait été essayée dans la voie indiquée par mon analyse géologique. » L'avant-programme de l'expérience me paraît des plus simples : sou- mettre un courant très-lent d'hydrogène carboné ou de vapeur de carbure d'hydrogène accompagné de vapeur d'eau, à une action oxydante très- mitigée dans une masse de sable contenant quelques traces de matière putrescible, par exemple un peu de farine. « En développant davantage ces indications expérimentales, je crain- drais de dépasser la sphère d'action du géologue. Je me rapprocherai, au contraire, du but pratique de ma profession en signalant l'existence pos- sible d'un nouveau genre de gisement du diamant qui serait pourlani d'origine artificielle. » Les fuites des tuyaux de gaz d'éclairage n'offreut-elles pas de grandes analogies avec les sources naturelles de gaz ou de vapeurs hydrocarbures, et ne serait-il pas possible que la production artificielle du diamant fût déjà réalisée à côté de ces terres noires que nous voyons journellement extraire du sol de nos rues? » On aurait au moins une certaine chance de trouver là un produit utile, la poudre de diamant carbonique, qui répondrait à l'un des besoins mar- qués de notre époque, celui de tout tailler, de tout polir. » M. DE Pietra-Santa écrit à l'Académie pour répondre à la Lettre de M. Grimaud, de Caux, insérée au Compte rendu du i8 juin dernier. « La Société médico-chirurgicale de Paris m'ayant chargé, dit M. dePietra- Santa, de lui adresser un Rapport sur plusieurs travaux relatifs à la dernière épidémie cholérique de Marseille (i865), j'ai fait une étude consciencieuse et désintéressée des documents qui m'étaient confiés. Cette étude m'ayant conduit à la conviction que les faits cités par M. Grimaud, de Caux, avaient été mal interprétés par lui, je me suis imposé le devoir de le déclarer d'une manière formelle et d'élaver mon opinion de preuves nombreuses et pé- reinptoires, énoncées dans le Mémoire qui a été adressé à l'Académie le 1 1 juin 1866. » La Lettre est accompagnée d'un exemplaire du Rapport en question. Ces diverses pièces sont renvoyées à la Commission du legs Bréant. C. R., 1866. -y.me Semestre. (T. LXIII, N" 1.) 4 ( 26) M. Alléijuet adresse une Note ayant pour titre : « De l'influence du re- tard de la marée sur le mouvement de la Terre ». Cette Note sera soumise à l'examen de JNI. Bertrand. M. Bouvier adresse quelques observations sur la théorie de M. Delaunay, au sujet du retard de la rotation de la Terre. (Renvoi à l'examen de M. Bertrand.) M. Lemaire rappelle qu'il a adressé à l'Académie, le 9 janvier i865, une réclamation de priorité relative au Mémoire de /li. Déclat sur les applica- tions de l'acide phénique à la médecine et à la chirurgie; ce Mémoire ayant été renvoyé à la Commission des prix Montyon, M. Lemaire prie l'Acadé- mie de vouloir bien admettre également à ce concours ses ouvrages sur le coaltar et sur l'acide phénique, ainsi qu'il en avait déjà fait la demande. [Renvoi à la Commission des prix de Médecine et de Chirurgie (fondation Montyon).] M. Clocé écrit de la Vera-Cruz pour prier l'Académie de vouloir bien le comprendre dans le nombre des candidats pour l'une des places vacantes dans la Section de Géographie et de Navigation. (Renvoi à la Section de Géographie et de Navigation.) M. Fischer demande et obtient l'autorisation de reprendre un travail précédemment présenté par lui, et qui n'a pas été l'objet d'un Rapport. Ce travail a pour titre : « Mémoire sur les Bryozoaires pei forants de la fanuUe des Térébriporides ». La séance est levée à 5 heures. E. D. B. bulletin bibliographique. L'Académie a reçu dans la séance du 2 juillet 1866 les ouvrages dont les titres suivent : Mémoires de la Société impérinie cf ^(jtitidliirp., Sdeiices et Arts d' Angers, nouvelle période, t. VIII, 3" et 4'^ cahiers. Angers, i865; i vol. in-S". Manuel du chimiste agriculteur; juir M. Pouriau. Paris. 1866; i vol. in- 12. ( 27 ) La foudre, l'électricité et le magnétisme chez les Anciens; par M. Th. Henri Martin. Paris, 1866; r vol. in-12. Mahomet. Les Sciences chez les Anciens; par M. IcD'^Favrot. Paris, 1866; br. in-12. Recherches de Chimie appliquée ; par M. J. NiCKLÈS. ISancy, 1866; br. in-8°. Des maladies qui régnent le plus souvent chez les Européens dans la circon- scription médicale de Penthièvre [Algérie); par M. le D'Quantin. Paris, 1866; br. in-8°. 2 exemplaires. Congrès international de Botanique, Londres, 22-25 mai 1866. Discours du Président. Sans lieu ni date; br. in-12. Rapport du Général SABINE sur les travaux mathématiques de M. Chastes, suivi de deux Notes sur une nouvelle méthode de M. Chasles. (Extrait des Nou- velles Aniiales de Mathématiques.) Paris, 1866; br. in-8°. Epidémie cholérique de 1 865 ; Rapport lu à la Société Médico-Chirurgicale de Paris; par M. le D' DE Pietra-Santa. Paris, 1866; br. in-B". Researches... Recherches sur les propriétés médicales et les applications de ioxyde nitreux. Protoxyde de nilrogène ou gaz hilariant; par M. J. ZiEGLER. Philadelphie, i865; in-i2 relié. lisez ERRATA. (Séance du 25 juin 1866.) Paiie i35l, ligne 11, au lieu de Page i385, ligne 18, au lieu de M. Laillier, lisez M. Lailler. Page iSgi, ligne 10, au lieu de congénères ovipares, lisez congénères vivipares. Page i394) ligne 2, au lieu de générateurs du futur animal, lisez générateurs mâies du futur animal. COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 9 JUILLET i86G. PRÉSIDENCE DE M. CHEVREUL. aiEMOIRES ET COIkOIUIVICATIONS DES MEMBRES Eï DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. LE Président annonce que le tome XXXV des Mémoires de l'Jca- dèmie des Sciences est en distribution au Secrétariat. GÉOLOGIE. — Explication du Tableau des données tiumériques qui fixent, sur la surjace de la France et des contrées limitrophes, les jwints oii se coupent mutuellement vincjt-neuf cercles du réseau penlagonal ; par 31. L. £lie UE BeAUMONT. « Les nombres contenus dans les cinq premières colonnes du tableau que j'ai eu l'honneur de jirésenter à l'Académie dans la séance du 1 1 juin dernier (i) ont été calculés au moyen des formules que je vais établir. » Soit I {fitj. I et 2) le point d'intersection de deux des iSg cercles (i) Comptes rendus, t. LXII, p. 1257. C. R., 1866, 2"'« Semestre. (T. LXUI, N" 2.) ( 3o) du réseau pcntagonal IM, IN pour lesquels j'ai p\il)lié les données nu- mériques qui les fixent sur la surface du globe (i), ou, en générai, de deux des cercles du réseau pour lesquels ou possède les mêmes données; soient PM, PN les méridiens auxquels ces cercles sont respectivement per- pendiculaires aux points M et N, dont les distances au pôle P sont les arcs b et b' donnés dans le tableau déjà cité; soient L et L' les longitudes égale- ment données dans le tableau des deux méridiens PM, PN ; soit PI le mé- ridien, encore indéterminé, du point d'intersection I, et soit a la distance, encore inconnue, du point I au pôle. Il s'agit de calculer cette distance a, qui est le complément de la latitude du point I, la longitude du méridien PI et les angles B et B' que forment les deux cercles lAI et IN avec le méri- dien PI, angles dont se déduit celui que les deux cercles forment entre eux. Ce sont là les cinq quantités auxquelles se rapportent les cinq premières colonnes du tableau qu'il s'agissait de former. M Les bases du calcul sont fournies par les deux triangles sphériques rec- tangles PAII, PNI ayant la même hypoténuse PI, que je désigne par a ou par a' , suivant que je la considère dans le premier triangle ou dans le se- cond. Je désigne par C et C les angles formés au pôle P par le méridien PI et par les méridiens PM et PN, et j'appelle Q l'angle compris entre ces deux derniers. L'angle est égal à la somme ou à la différence des longitudes L et L' de ces deux méridiens, suivant que le méridien de Paris tombe dans l'intérieur ou à l'extérieur de l'angle 5, et on a en même temps 5 = C -1~ C ou 6 = C — C, suivant que les méridiens PM et PN lombeiit l'un à l'est et l'autre à l'ouest du méridien PI, comme dans ia.fi(j. j, ou tous les deux d'un même côté de ce méridien, comme dans \iifig- :>■• » Cela posé, les triangles sphériques rectangles PMI, PNI donnent les formules élémentaires connues cota = cote cosC, cota' := coti'cosC, d'où l'on tire, en remarquant que a = a', (i) coti cosC = cot/>'cosC'; h et // sont donnés dans un tableau précédent, mais C et C sont à déter- miner, et afin de pouvoir calculer l'un de ces angles, il faut éliminer l'autre, ce qui se fait aisément en partant, suivant le cas, de l'une onde l'autre des (i) Comptes rendus, t. LVII, p. 12 r. (3i ) deux égalités 6 = C + C ou Ô = C — C, qui reviennent à C = 5 — C on C = C — e, et d'où l'on tire également, d'après l'expression connue de la différence de deux angles, cosC = cosô cosC + sinôsinC, valeur qui, substituée dans l'équation (i), donne aisément , , „ tariL'i' — cosOtixi'jb (2) langC = ^^—-, -, — ^• ^ ' " sin6 tango » Cette formule exprime la valeur de C en fonction des quantités connues /), ^' et 6; mais elle n'est pas calculable par logarithmes. » Je fnis disparaître cet inconvénient par le procédé ordinaire, en intro- duisant un angle auxiliaire y. Pour cela, je pose (3) tang© = cos5 tangé, et en remplaçant, dans !a formule (2), cos5 tang^par tangçp, j'obtiens faci- lement ,,^ ^ „ tanijZ»' — tanco) sin 6'cosa — cos// sintp Li) faneC = — ^^ — ^= - - = — '' '■■ sinStansîi sinô tangé cosi' cosm sir igi sinô tangé cosi' cosf^ sin9 tangè cosè' cos'^ formule calculable par logarithmes. » On trouverait de même I r\ ^1 sin (è — o') 5 ) tang C = -^-r- — ,, ^' , • " sm9 tango coso cosij) » L'emploi simultané de ces deux formules, (4) et (5), fournit un moyen toujours précieux de vérifier immédiatement l'un par l'autre les résultats numériques obtenus, car la longitude du méridien PI peut également s'obtenir en réunissant par addition ou par soustraction, suivant les cas, C à L ou C à L'. Les valeurs de la longitude données par les deux combi- naisons doivent par conséquent être les mêmes, et elles le sont en effet quand le calcul est correct, sauf les petites différences qu'introduit presque toujoiu's l'emploi des logarithmes. » Les formules (6j cotrt = cot^ cosC et (7) cotn'= cotZi'cosC fournissent de même deux manières de calculer l'arc PI = a = «', et par conséquent un moyen de vérifier la valeur de a. ( 32) » Les triangles PMI, PNI donnent pour c.ilciiler les angles B et B' les formules (8) cosB= cosZ» sinC, (9) cosB'= cosA' sinC. Ces formules ne fournissent pas de moyen de vérification : j'indiquerai plus loin le procédé par lequel j'y ai suppléé. » Enfin, les deux mêmes triangles donneraient pour calculer les arcs c et c' les formules (10) tangc = sin/j tangC, (i i) tangc' = sini'taiigC; mais je n'y ai pas en recours, n'ayant pas besoin pour l'objet actuel de con- naître les arcs tels que c. » Dans le cas très-fréquent où l'angle 6 sm-passe 90 degrés, son cosinus devient négatif, et pour éviter les embarras inhérents à l'emploi des quan- tités négatives, il suffit de remarquer que cos5 = — sin ( 6 — - J et que tangçp = — tang(7T — 9), ce qui permet d'écrire (3 his) lang(7r — 0) = sin iô j tangé On trouve alors pour y et ip'des valeiu's supérieures à 90 degrés, ce qui donne des valeurs négatives pour sin (// — ç), sin(6 — ç;'), cosy etcosip'. Jeles rem- place dans les formules (4) et (5) par sin(!p — b'), sin(çi' — b), sin et sin l(p' — -)) et j'écris ces formules de la manière suivante , , I ■ \ .-, sin (o — b') {/ihis) tang(:= ^^ '' [S bis) tangC' = sinO lang// cosi' sin I y ■ sin(ç' — b ) sin 9 tang b' cos /' sin 1 y' | » Quoique l'emploi de ces formules ne donne lieu à auciuie ambiguïté, il ne sera peut-être pas iiuitile de donner ici un exemple du calcul des don- nées numériques lelatives à une intersection I. Je choisis de préférence un cas où l'angle surpasse 90 degrés. Je dispose les calculs comme je l'ai fait constamment dans le cours de mon travail; j'omets les détails que les expli- cations précédentes rendraient superflus, en faisant remarquer seulement que pour éviter de transcrire certains chiffres, je fais quelquefois les sous- tractions à lebonrs, c'est-à-dire eu soustrayant le nombre supérieur du uoiiilirc iufrrieiu'. ( 33 ) Intersection des cercles lia Morbihan et Une Côte -d'Or (i). 0,1, Il , „ TIa Morbihan I. = 5i . 2 28,23 O. 4 = 29.4-'! -45,50 Dac Cote-d'Or L' = 53.56.21,72 E. J' = 29.58.49,07 e = 104.58.49,95 / s • /, ^\ . ^ sin (■? — h') tnn(;(s— ç) = sin I (/ 1 tang h, tanc C = ^-^ ^— -. sin 9 tangi ces J' sin I ç! — -I , „ o , „ l.sin 14.58.49,95 = 9,4i34'i54 ^ — ? = 8.24. 9,79 I. tang 29.44-/|5,5o = 9,7569811 f =171 35.5o,2i 1. tang(7r — p) = 9,1694265 t' = 29.58.49,07 o I II o — t' = l4l .37. I ,14 I.COS 14.58.49,95= 9,9849832 "^ 1/11 1. tang29. 44.45, 5o = 9,7569811 „ , „ I.COS 29.58.49,07= 9,9376168 0=52.41.54,78 1. sin 81. 35.50,21 = 9,9953128 L = 5i. 2.28,23 0. 9,(>7489-*!) C — L = longitude = 1.39.26,55 E. I. cos 51.37. ' ) ' 't ^ 9,793o325 1. langC = io,ii8i38G (7:\ ^1 S'i {9 — *) I langl', tangr.'=: ^• " ' sin 5 tang 4' cos b sin ( f' 1 , „ ^ , „ l.sin 14.58.49,95= 9,4124454 ;r — p'= 8.28.53,48 l.tang 29 58.49,07 = 9w6'094-'l œ' = 171 .3i , 6,52 l.tang(;r-o') = "i7rp33iS 4 = 29.44.'io,5o l.cos 14.58.49,95= 9,9849S3-.J y'— 4 = 141.46.21,03 l.tang29. 58. 49,07 = 9,7610944 „ , ^^ 1. cos 29.44.45,50 = 9,9386367 L'= 53.56.2i ,72 E. l.sin 81. 3i. 6,52= i), 9962242 C = 52 . 16, 55,21 9,6799385 , , r-, 1 .. j ITT' c l.cos 51.46.21,02 = 9!79'i54oi L'- C = longitude = 1.29.26,51 E. 1. taiigC = 10,11 16016 Différence des deu.v longitudes : o",o4. cosC , cosC cot n =i cot 4 cos C. ^ i cot a= • 77" laiigft tang 4' o , „ I ,1 l.cos 52.41.54,78= 9,7824787 « = 43.19. 8,53 1. tang 29.44.45.50 =; 9,7569811 Latitude := l\Ci.l^o.ii ,!\~i 1. cota = 10,0254976 I II _ « I II l.cos 52.16.55,21= 9,7865921 a'=:43'if). S,5i 1. tang 29.58.49,07 =: 9,761094^ Latitude =46.4o.5i,49 1. cota' = 10,0254977 Différence des deu.v latitudes: o",02. cos B =; cos 4 sin C , cos B' = cos 4' si n C. o , „ o , „ 1. cos 29. 44-'i5,5o = 9,9386367 B= 40.19- Sji'i 1 . sin 52.41 .54,78 =: 9,9006173 I. cosB = 9,8392540 o , ,1 o , „ 1. eus 29.58.49,07 = 9,9376168 B'= 4'"'- 1 i-58,2> La carte de Cassini est divisée en feuilles rectangulaires aux quatre an- gles de chacune desquelles sont inscrites les distances de ce point à la mé- ridienne et à la perpendiculaire, c'est-à-dire la longueur delà perpendicu- laire abaissée de ce point sur la méridienne de l'Observatoire de Paris et la distance du pied de cette perpendiculaire à l'Observatoire, mesurée sur la méridienne, le tout exprimé en toises. Cassini, par un système de triangles rapportés à des bases mesurées en toises, a déterminé, pour chacun des points qu'il voulait marquer régulièrement sur sa carte, sa distance à la mé- ridienne et à la perpendiculaire; je devais donner aussi la distance à la mé- ridienne et à la perpendiculaire de chacun des points d'intersection des cercles du réseau pentagonal. Il ne s'agissait que de les déduire des latitudes et longitudes de ces points inscrites dans les deux premières colonnes du tableau. » J'ai d'abord calculé en degrés, minutes et secondes la longueur de la perpendiculaire abaissée de chaque point d'intersection sur la méridienne de Paris, et la latitude du pied K de cette perpendiculaire au moyen d'un triangle sphérique rectangle PIK ayant pour hypoténuse la partie du méridien du point d'intersection I comprise entre ce point et le pôle boréal de la terre. Le plus petit côté IK. de l'angle droit de ce triangle me donnait, en degrés, minutes et secondes, la longueur de la perpendiculaire du point I, c'est-à- dire sa distance à la méridienne; et la différence entre l'autre côté PK et le complément de 48°5o'i3", latitude de Paris, me donnait la distance à la perpendiculaire, le tout exprimé en degrés, minutes et secondes. Pour ( 36 ) déduire de ces nombres de degrés et fractions de degré des coordonnées comparables à celles de Cassini, il me restait à calculer le nombre de toises qu'on aurait trouvé en mesurant effectivement ces deux longueurs en toises sur la surface de la terre, avec les irrégularités que présente sa courbure. Los tables contenues dans le troisième volume de la base du système mé- trique m'ont fourni les moyens d'exécuter ces calculs d'une manière très- simple, avec une approximation plus que suffisante pour mon objet. » La Table VII, p. 277, donne les distances des différents parallèles {de minute en minute) au parallèle de Dunkcrcpie, en toises. Connaissant la lati- tude du pied d'une perpendiculaire en degrés, minutes et secondes, je pou- vais, au moyen d'iuie simple partie proportionnelle, déterminer sa dislance au parallèle de Dunkerque en toises, et il me suffisait d'en prendre la difté- rence avec i25 52i toises, distance de l'Observatoire de Paris au parallèle de Dunkerque, pour avoir sa dislance à l'Observatoire de Paris. » La Table VI, p. 269, pour trouver la latitude des différents points de la méridienne de Dunkenpie (fixés en toises), me fournissait un second moyen d'exécuter le même calcul et de vérifier le premier résultat. » [La suite prochainement. ) ASTRONOMIE, — Sur V emploi des observations azimutates ; par MM. Babinet et Liais. « M. Babinet présente à l'Académie, en son nom et en celui de M. Liais, une Note étendue sur l'emploi des observations azimutales, avec une bro- chure précédemment publiée par M. Liais sur le même sujet. M. Babinet rappelle que déjà anciennement il avait fait avec M. Brunner le plan d'un très-grand instrument azimutal. » Dans l'état d'avancement où est arrivée aujourd'hui la science astro- nomique, il importe, pour lui faire faire un nouveau pas, d'augmenter la précision des moyens d'observation. C'est en vain qu'on prétendrait com- penser par la multiplicité des opérations peu précises l'imperfection des procédés. Les compensations sur lesquelles on compte alors, si elles dimi- nuent la grandeur de l'erreur probable, ne réduisent pas, on le sait, les limites de l'erreur possible, et il est inconleslable qu'en diminuant l'éten- due de cette dernière par des moyens plus précis, on obtiendra avec plus de certitude des résultats définitifs. Eu un mot, ce que la science réclame aujourd'luii, c'est non pas une accumulation d'une multitude d'observa- tions, mais un nombre limité de positions des astres obtenues avec le plus ( 37 ) soin à l'aide des moyens les plus perfeclioniiés, de ces observations enfin qn'on appelle en anglais observalioiis-dianiditl. » Pénétré de l'importance de la considération que je viens d'exposer, j'ai depuis longtemps songé aux moyens que l'on poinrait employer pour porter le degré de précision plus loin qu'on ne le fait aujourd'hui dans les obser- vatoires, et mon attention s'est tournée du côté des observations d'azimut qui ont sur celles de hauteur l'avantage d'être exemptes de la réfraction, de la flexion des instruments, de la déformation des cercles, et de l'effet de la dispersion et de l'absorption atmosphériques sur les pointés individuels. » J'ai déjà entretenu l'Académie de mes idées à cet égard, notanunent dans les séances du 26 janvier i856 et du 9 février 1867, et j'ai montr(> alors le parti que l'on pouvait tirer de l'observation des circompolaires à leurs azimuts extrêmes, pour la détermination des latitudes. » Depuis lors, M. Liais a continué ces recherches, et les résultats aux- quels il est arrivé ont même dépassé mes espérances. Après une étude très-soignée sur les moyens de corriger les observations azimutales des erreurs que pourraient introduire le.s axes de l'instrument, étude accom- pagnée de la description des moyens optiques et de la démonstration des formules de correction à employer pour éviter l'effet de ces erreurs, M. Liais montre comment on peut éliminer l'influence des anomalies de la pendule dans la détermination de la différence d'ascension droite de deux astres. » Cette partie du Mémoire est d'une importance extrême. On sait, en effet, qu'aujourd'hui les différences d'ascension droite ne sont données que par la pendide elle-même, dont les procédés de compensation sont très- imparfaits à cause de la différence des temps employés par les divers métaux à s'échauffer également, et surtout à cause de la propriété de ces métaux de ne pas se dilater d'une manière continue sous l'influence d'un accroisse- ment continu de température, mais de s'allonger par sauts brusques suc- cessifs. Il résulte de cette propriété que la marche d'une pendule présente toujours des anomalies, car la compensation n'est produite cpie comme ré- sultat moyen au bout d'un certain temps, mais elle n'a pas lieu d'une ma- nière incessante à chaque moment. La marche des pendules est de plus influencée par la variation dos frottements avec la température, surtout à cause du changement de fluidité des huiles. Elle est également modifiée par les variations de la pression barométrique et, malgré tous les soins apportés à la construction, par certaines inégalités d'action du moteur lui-même. » Parmi toutes ces causes de variation des pendules, causes qu'on ne C. R., 1866, 2'"« Scnieslre. (T. I.XUl, N» 2.) ^ ( 38 ) [jeiil toutes éliniinei- même en plaçant ces instruments dans une enceinte de température invariable, il y en a de périodiques et qui ont la durée du jour pour période. De là des anomalies périodiques qu'on reporte sur le ciel |)ar la méthode actuelle des instruments méridiens, et il y a là des erreurs constantes que la répétition des observations ne peut éliminer, car l'étendue des périodes varie avec la saison. M En donnant les moyens de déterminer les différences d'ascension droite sans faire intervenir la pendule dans la mesure de ces différences, M. Liais a fait une découverte admirable, destinée à faire faire à l'astronomie de jjrécision un pas immense. Mais il ne s'est pas encore arrêté là. 11 a montré comment les déclinaisons peuvent être obtenues, de même que les différences d'ascension droite, par des observations azimutalcs seules, et, pour la détermination des longitudes terrestres par l'électricité, il a de même mon- tré comment l'emploi des observations azimutales permet d'obtenir les dif- férences de longitude de deux points sans l'intervention de la pendule, dont aujourd'hui la marche anormale altère la mesure. Enfin les équations per- sonnelles ont été pour lui l'objet de recherches très-intéressantes, et il a découvert des procédés de pointé à l'aitle desquels l'observatein- n'ayant plus à faire aucune observation de temps, mais à juger seulement d'une bissection azimutale qui dure un temps appréciable, n'a plus à craindre les erreurs personnelles. » Les divers travaux que je viens d'énumérer ont été publiés en partie par M. Liais dans une brochure intitulée : De l'emploi des observations azi- mutales pour la clélerminaiion des ascensions droites et des déclinaisons des étoiles. J'ai l'honneur d'en offrir à l'Académie un exemplaire de la part de son auteur. » J'ajouterai que de|Aiis la publication de cet ouvrage, publication (pii eut lieu pendant son séjour au Brésil, M. Liais a non-seulement continué ses recherches théoriques sur ce sujet, mais il est même entré dans la voie pratique. L'instrument qu'il a fait construire pour ses recherches est décrit dans son grand ouvrage l'Espace céleste. » Je viens maintenant à l'objet principal de la présente communication. » liCS travaux de M. Liais ayant montré tout le parti qu'on peut tirer des observations azimutales, j'ai songé à voir si on ne pourrait pas encore faire disparaître une cause d'erreur qui affecte toutes les observations astrono- miques sans exception. Je veux parler du défaut d'horizontalité des couches d'air de même densité en un lieu donné. Ce manque d'horizontalité vient de ce que la température n'est pas généralement égale autour d'une même ( 39 ) station. Généralement la courbe d'égale températnre s'élève vers le midi. Dans la moyenne d'une série d'observations, les anomalies accidentelles doivent s'éteindre, il est vrai, mais la part due aux inégalités azimutales de la température moyenne autour du lieu d'observation ne peut s'effacer, quelque grand que soit le nombre des observations. On peut donc considérer en chaque point l'atmosphère comme formant dans son état moyen un prisme d'air chaud dont l'angle et l'azimut sont inconnus. Si on se limite à des observations méridiennes, il est évident que les moyens de déterminer l'effet de ce prisme d'air manquent complètement. » La réfraction particulière due au prisme d'air se distingue nettemeni de la réfraction générale atmosphérique en ce quelle modifie légèrement les azimuts en même temps que les hauteurs, tandis que la réfraction géné- rale n'agit que sur ces dernières. Les observations azimutales se prêtent donc d'une manièi'e remarquable à l'étude de ce genre de l'éfraction, dont jusqu'à présent on ne s'est pas suffisamment occupé. 11 importe aujourd'hui de combiner les observations de chaque observatoire de manière à faire disparaître l'influence du prisme d'air. >> Ce coté de la question appartient à M. Liais, qui a de plus signalé que les pressions barométriques moyennes, variant en chaque lieu avec la latitude et la longitude, interviennent également dans la formation du prisme d'air, sur lequel réagit même la courbure de la verticale. » Or, les moyennes des anomalies azimutales observées feront, au moyen de formules faciles, connaître la vraie direction du prisme d'air et la valeur de son angle moyen, et il en résultera la connaissance des corrections à appliquer aux observations azimulales d'un lieu donné pour éliminer cette influence dans chaque azimut. Ces influences se sont manifestées dans les observations d'Oxford. Je n'entrerai pas maintenant dans le détail des for- mules de M. Liais pour cet objet. Je me borne pour aujourd'hui à signa- ler cette cause d'erreur. Son élimination facile dans le cas des observa- tions azimutales, combinée avec le procédé de M. Liais pour l'élimination des anomalies des pendules, permettra d'atteindre un degré de précision jusqu'ici inconnu dans les observations astronomiques. » BOTANIQUE. — Sur ta synonymie et la distribution géographique du Jussiaea repens de Linné; par M. Ch. Martixs. « J'ai déjà eu l'honneur de communiquer à l'Académie, dans sa séance du a6 mars 1866, une Note sur les racines aérifères ou vessies natatoires G.. ( '.o ) des espèces aquatiques du genre Jussiœa. Cultivanl depuis quatre ans une de ces espèces dans les circonstances les plus variées de sécheresse et d'iiu- iniditc, d'ondjieet de liniiière, j'ai pu constater coml)ien la forme, la dimen- sion, la pubesceiice de ses feuilles, la grandeur de ses fleurs, le port enfin tout entier de la plante étaient sujets à varier. Après m'ètre familiarisé avec toutes ces formes, j'ai abordé les herbiers et visité personnellement ceux du Muséum, de M. Delessert et de M. Cosson à Paris, de Deliie et de Cam- bessèdes à Montpellier, de M. de Candolle à Genève. M. Dalton Hooker a bien voulu, à ma prière, parcourir celui de Kew, et M. Boissier celui qu'il possède à Genève. Il résulte de cet examen que le Jussiœa repens, décrit par Linné (i) en 1747» ^ veça depuis douze noms différents savoir : /. adscendens, Ij., ./. diffusa, Forsk., J. (jrnndiflorn, Mich., /. peploides, H. B. Rnnth., /. pol^(jonoides,M. B. Kuiilli., J. fhwialis, Blume, /. ramu- losa, D. G., /. swarlziana, D. G., /. sluloiiifcra, Guill. etPei'., J. nlternifolia, E. Meyer, J.australalica, Ferd. Mùller, et J. fiiiita)is, Hochstelter. » Je ne suis pas le premier botaniste qui ait compris que tous ces noms ne correspondent pas à autant d'espèces, mais à de sinqiles variétés. Linné, de Candolle, sir William Hooker, Schiede et Ehrenberg, Torrey et Asa Gray, Hasskarl, Miquelet Grisebachen avaient chacun réuni quelques-unes, sans néanmoins les considérer toutes comme de sim|)les modifications d'un seul et même type spécificpie. » Cette synonymie si nombreuse n"a rien d'extraordinaire : elle s'ex- plique par l'aire inunense que le Jussinm lepens occupe à la surface du globe, autant que par la variabilité de ses formes, chaque botaniste hési- tant à reconnaître une espèce de l'Inde dans une plante africaine, améri- caine ou australienne. Cette grande extension justifie la loi posée d'abord pour la Lqjonie seulement par Linné (2) et étendue depuis à foule la terre par Alj)h. de Candolle (3), savoir : que ce sont les plantes aquatiques dont l'aire est la plus étendue. Laissant les livres de côté, j'ai pu suivre ci tte espèce d éta])e en étape par les échantillons authentiques dépo;!és dans les herbiers en Asie, en Océanie, en Afrique et en Amérique. En Afrique, elle s'étend sans interriqjtion de Bone (Algérie) au Cap de Bonne-Espérance, sur une étendue de 61 degrés latitudinaux : en longitude, des embouchures du Sénégal aux îles Maurice et de la Réunion, c'est-à-dire sur 73 degrés longi- (11 F/oi/i zc'Yliinirn , ]>. 'j5. (7.) Flora tapponica, Piolcgoiiuna, § 3i. (3) G/'ogr(i/>lii<' Imfti/ii'i/iir, p. ioo5. ( 4' ) tiulinaux. En Asie, j'ai recueilli moi-:nêine cette plante dans les marais (i'Alexandrette en Syrie (i j, et on peut la suivre dans l'Inde jusqu'à Cfvlan, el à travers l'archipel des Philippines et des îles de la Sonde jusqu'au sud de l'Australie. Cette aire comprend en longitude i 12 degrés et en latitude 73 degrés. Eu Amérique, les points extrêmes sont : an nord leKentncky, au sud le Rio de la Plata, savoir, 72 degrés, et de l'est à l'ouest, Mexico et Bahia, ou 60 degrés longitudinaux. » En résiuné, le Jussiœa reixms occupe une large bande faisant le tour du globe et dont les deux bords extrêmes parallèles à l'équateur et situés l'un dans l'hémisphère nord, l'autre dans l'hémisphère siul, sont éloignés cliacun de 35 degrés de la ligne équinoxiale. « Des recherches ultérieures poursuivies dans le même esprit montreront probablement que cet exemple n'est pas isolé, et déjà M. Erne.st Cosson a signalé (2) une Graminée aquatique, le Leersia hexandra^SwAviz, dont l'ex- tension géographique n'est pas moindre et par suite la svnonymie bota- nique aussi com[)liquée. « Le P. Secchi fait hommage à l'Académie d'une brochîMc imprimée en italien, et ayant pour tiire : « Sur le climat de Rome, seconde lecture faite à l'Académie des Arcades de Rome, le 28 mai 1866 «. M. Fraxkland, noaniié Correspondant pour la Section de Chimie dans la séance du 2 juillet, adresse de Londres ses remercîments à l'.Académie. MÉMOIRES LUS. PHYSlOLOGin;. — Nature (le las/stole des venlriciiles du rœitr lomidérée coiuine acte musatlaire ; par M. Marey. '( Dans une Note iprésentée à l'Académie, le 28 mai dernier, j'ai exposé les résultats d'expériences qui confirment les idées de Helmhoitzsur la nature de la contraction nuisculaire. La méthode graphique m'a permis de recueil- lir le tracé des vibrations midtiples qui se passent dans un imiscle lorsque celui-ci est soumis à des excitations électriques ou traumatiques répétées à de courts intervalles. On voit siu' les graphiques reproduits dans cette Note, fi) Pronie/iniie botanique [/> long îles cales rlc F Aùe Mrieuiv, p. i 3, et dans l'ouvrage intitulé: Du S/iitzbcrg nu Saluirn, p. "jiSo. ("}.) Fli)re ctlgériennr, in-4", t. 1"'. p. r8. ( 42 ) que la contraction musculaire est essentiellement constituée par ces vibra- tions ou secousses. On voit aussi comment ces secousses se fusionnent entre elles de telle sorte que, pour la vue et pour le toucher, le muscle contracté semble immobile, tandis qu'en réalité il est a^ité par des mouvements ra- pides. « L'expérience montre que pour chaque excitation portée sur un muscle ou sur son nerf moteur, il se produit une secousse luiique dont la durée est très-courte, 6 à 8 centièmes de seconde. Tout mouvement d'une plus longue durée ne saurait être produit par un muscle volontaire qu'au moyen d'une succession de secousses fusionnées entre elles. » Les muscles de la vie organique semblent avoir des caractères diffé- rents, en ce que, chez eux, chaque secousse présenterait luie durée beau- coup plus considérable. Ainsi, la systole du cœur, qui peut durer plus d'une seconde, serait constituée par une secousse unique; elle n'est donc point as- similable aux contractions proprement dites. Cette manière de comprendre la nature de la systole du cœur, considérée comme acte musculaire, est fon- dée sur les raisons suivantes : » 1° Une secousse musculaire et une systole du cœur présentent des formes analogues. Les graphiques recueillis sur un cœur détaché de l'animal et battant à vide sous le levier enregistreur, et les graphiques obtenus sur un muscle également séparé de l'animal et placé dans les mêmes condi- tions, se ressemblent beaucoup entre eux. De part et d'autre on trouve une courbe à sommet arrondi qui s'élève et s'abaisse, mais pour ces deux mou- vements la durée est bien différente, conmie on vient de le voir. » Mais on conçoit que si l'on recueille le graphique musculaire sur un papier qui chemine très-vite, et si l'on enregistre, au contraire, la systole du cœiu- sur un papier h translation lente, on puisse ramener ces deux gra- phiques à des longueurs égales. On constate alors la ressemblance que pré- sentent pour leur forme ces deux sortes de mouvements. » Mais la durée si différente de la secousse d'un muscle volontaire et de la systole du cœur ne saurait établir une démarcation réelle entre ces deux mouvements. » En effet, on voit chez certaines espèces animales cette différence de durée disparaîre entièrement. Ainsi, chez la Tortue terrestre, j'ai constaté que la secousse des muscles volontaires dure plus d'une seconde, et qu'elle égale au moins la durée de la systole du cœur chez le même animal. >) Il semble donc légitime de rapprocher, au point de vue de leurs formes, une systole du cœnr et une secousse musculaire, et l'on doit cou- ( 43 ) sidérer comme une différence peu importante l'inégalité de dune de ces deux actes, puisque cette inégalité n'est pas constante. » 2° La secousse d'un muscle volontaire et la systole d'un coeur se mo- difient toutes deux de la même manière, lorsque ces organes, séparés de l'animal, s'épuisent peu à peu et perdent leur mouvement. J'ai représenté, dans ma dernière Note, les graphiques fournis par un muscle qui s'épuise sous l'influence de secousses successives. Or, un cœur séparé de i'annnal s'épuise de même et donne des graphiques qui montrent qu'une modifi- cation analogue se produit dans l'un et dans l'autre muscle sous l'in- fluence de la même cause. » 3° Une secousse musculaire et une systole cardiaque produisent, sur une patte galvanoscopique de grenouille, les mêmes effets d'induction, c'est-à-dire provoquent toutes deux une secousse unique dans la patte galvanoscopique. » Tous les physiologistes connaissent les phénomènes découverts par M. Matteucci, et désignés par ce savant sous le nom de contraction induite. Ils consistent en ceci : un muscle qui se contracte, et sur lequel repose le nerf moteur d'un autie muscle, induit dans ce dernier une contraction. » En étudiant les phénomènes de la contraction induite avec les idées que j'ai exposées précédemment, c'est-à-dire en distinguant la secousse, phéno- mène simple, de la contraction, phénomène complexe, j'ai observé les faits suivants. La secousse d'un muscle n'induit qu'une secousse, tandis que la contraction induit une contraction. ,Tai vu de plus que le muscle induit n'emprunte pas au muscle inducteur les caractères de lenteur ou de briè- veté de la secousse de celui-ci, de sorte que si l'on prend comme inducteur un muscle épuisé, dont la secousse, par conséquent, soit lente, on aura dans le muscle induit une secousse brève si ce muscle n'est pas épuisé. » Ces^ faits m'ont paru fournir un nouveau moyen d'analyser un acte musculaire. En effet, si un mo;iv( ment, quelque prolongé qu'il puisse être, n'induit dans un autre muscle qu une secousse unique, c'est probablement qu'il n'est constitué lui-même que par une secousse musculaire. » Eu conséquence, j'ai placé le nerf d'une patte galvanoscopique sur le cœur d'une grenouille, et j'ai vu que chaque systole n'induisait dans la patte qu'une secousse unique, bien reconnaissable à la brièveté qui lui est propre. » Je n'ai pu, jusqu'ici, étendre ce genre de recherches aux autres muscles de la vie organique; mais il me semble que, pour le cœur du moins, on est en droit de conclure que sa systole n'est point assimilable aux cou- ( 44 ) liactioiis des muscles volontaires. Mais elle correspond a ce nioiiNenienl élémentaire, pour lequel je propose le nom de secousse, et qui est à la con- traction ce qu'une vibration isolée est à la série de mouvements qui jjroduil lui son. » ORTHOPÉDIE. — Des actions musculaires capables ilc déleniiincr l' extension latérale du rachis, et de leur application au redressement des déviations de la taille; par M. P. Boitlaxd. (Extrait.) n On peut formuler de la manière suivante les conclusions qui font l'ob- jet de ce travail : » i" Dans la majorité des cas, lorsque la déviation n'a pas dépassé le deuxième degré, le traitement par l'extension musculaire latérale peut être appliqué parles parents eux-mêmes, sous la surveillance d'un médecin qui connaisse la question. » 2° Dans la majorité des cas, on peut se passer d'appareils lorsque l'entant n'est pas obligé de se livrer à un travail manuel. » 3° I.e traitement demande chaque jour vingt-cinq minutes d'exercice avec des intervalles de repos, et le coucher hoiizontal pendant plusieurs heiu-es. » 4° Dans les cas très-avancés où l'emploi des appareils fixes et porta- tifs est indispensable, la mise en oeuvre des actions musculaires spéciales dont je viens de parler contribue puissamment au résultat. » 5° Enfin, je mentionnerai l'électricité, l'hygiène, l'IiNclrothérapie, les eaux, en un mot tous les modificateurs de l'organisme qui agissent si puis- samment sur l'état général; car on ne peut se lasser de le répéter : l'ortho- pédie n'est point un art mécanicpie, elle appartient à la médecine aussi bien qu'à la chirurgie. » 3IÉM01UES PRÉSENTÉS. GÉOLOGlIi. — ISote sur un nouveau type trés-répanda dans le nudi de la Frcmce, cl qui serait parallèle à la craie danicune; pat 3F. A. Levmf.kie. (Extrait.) (Commissaires : MM. Élie de Beaumont, d'Arehiac, Daubréo.) " Lorsque je proposai, en iH/j,^, de séparer de la craie le terrain nuni- mulilique ])yrénéen (i), je fis remarquer néann)oins qu'il existait entre les (l) Mémoire sur le terrain à nuinmuliles [rpicrélacê) des Corbièrcs et dv ta iiinntiig/ic Noire [Mcm. de /a Sor. Geol., ■}.' série, t. I). (45 ) deux systèmes une sorte de transition que je désignai par le nom d'épicré- lacé. Plus tard, je considérai, à la base du terrain à nunnuulites, un étage particulier remarquable par ses fossiles et surtout par son assise supérieure, qui renfermait des espèces, notamment des oursins, de la craie proprement dite, sorte de colonie que je comprenais dans l'épicrétacé (i). 3'étais alors d'autant plus disposé à agir ainsi, que je venais de reconnaître dans la craie de Gensac, de Monléon, de Saint-Martory, d'Ausseing, sous-jacente à cet étage, un représentant de la craie sénonienne et particulièrement de l'étage de Maèstricht, au-dessus de laquelle on ne connaît rien de crétacé en France, si ce n'est le calcaire pisolitique (2). Enfin, depuis un certain nom- bre d'années, je me suis décidé à faire du terrain dont il s'agit un type spé- cial que j'ai rapporté à la formation crétacée, dont il occuperait la partie tout à fait supérieure correspondant à la craie de Faxoë, où M. d'Orbigny a pris le type de son danien. B J'ai été en traîné à prendre ce parti par l'absence des fossiles tertiaires dans le terrain en question, par la découverte derudistes (radiolites) dans ses cou- ches inférieures, et enfin par la présence de la colonie à oursins crétacés qui en constitue l'assise supérieure. Celle-ci supporte immédiatement, sans la moindre discordance, le calcaire à milliolites, base ordinaire de l'éocène pyrénéen. " C'est ceterrain, que j'avais cru d'abord propre exclusivement à la Haute- Garonne, qui est encore, il est vrai, la seule région où il soit bien caractérisé par ses fossiles, que j'ai désigné par le nom de (jariimnieii, et c'est sous ce nom que je l'ai présenté et montré sur place en 1862 à la réunion extraordi- naire de la Société Géologique. On voit que ce type s'est dégagé lentement et par l'effet de remaniements successifs. Il n'en est que plus solidement éta- bli, ainsi que l'ont démontré les observations nombreuses que j'ai eu l'oc- casion de faire postérieurement; mais ce n'est que dans ces derniers temps que j'ai leconnu qu'il était appelé à jouer un rôle important dans la géolo- gie du midi de la France. J'avais cependant pressenti et annoncé à la réu- nion de Saint-Gaudens qu'il devait être représenté, dans les Corbières, par un étage qui occupe une position analogue, celui que I\I. d'Archiac, dans son important Mémoire sur les Corbières, avait fait connaître sous le nom de (i) £squ/sie géognostiijue des Pyrénées de la Haute- Garonne (Toulouse, iS58). (2) Mémoire sur un nouceau type pyrénéen parallèle h la craie proprement dite [3/ém. (le la Soc. GéoL, a' série, t. IV). C. R., iSfiG, a""- Semestre. (T. LXUI, K» 2.) 7 (46) groupe d'/ilet; mais je ne soupçonnais pas l'extension considérable qu'il était destiné à prendre, du côté orientai, à travers le Languedoc et la Pro- vence » Les grès d'Alet, qui sont les mêmes que ceux de Belesta, de Lavella- net, de la Rarre, dans la vallée de l'Ariége, d'où ils passent au Mas-d'Azil, renferment plus loin, à Sainte-Croix, des fossiles et notamment des orbito- lites crétacées [orb. secans). Là ils commencent à prendre un ciment calcaire et se transforment en macigno conleur nankin, qui lui-même passe au cal- caire à orbitoliles d'Ausseing (craie de Gensac), par la prédominance de plus en plus prononcée du carbonat-e de chaux. Quant à l'étage supérieur, les argiles (pu en forment la roche principale ne diffèrent des argiles bi- garrées, qui reposent à Ausseing sur la craie de Maèstricht, que par une couleur de plus en plus rouge qu'elles finissent par adopter presque exclu- sivement. Le calcaire du même étage se prolonge vers l'est, à partir de la Haute-Garonne, avec une constance remarquable et à peu près avec les mêmes caractères. Il n'y a que la colonie à oursins crétacés [Micrasler Ma- theroiii, fJemiaster nasululus, jïnancli/les ovala, etc.) qui s'éteint dans les par- ties voisines de l'Ariége et qui n'arrive pas jusqu'aux Corbières, » Je crois donc qu'il ne peut y avoir de doutes sur l'idenlité des deux étages du groupe d'Alel avec nos deux types crétacés supérieurs de la Haute-Garonne. D'un autre côté, M. d'Archiac lui-même a prouvé le paral- lélisme du calcaire compacte d'Alet et du calcaire à physes qui supporte, à la base de la montagne Noire, les couches nummulitiques; ce calcaire, ainsi que les argiles rouges qui l'accompagnent, sont donc garumniens. » Il me semble difficile de ne pas mettre aussi sur le même horizon une chahie allongée composée d'argiles rouges avec poudingues et de calcaire compacte, qui commence à Bize (Aude) pour se diriger vers les Cévennes, dont elle atteint la base à Saint-Chinian (Hérault). L'étage rutilant qui constitue essentiellement cette chaîne, que j'ai dernièrement étudiée en compagnie de MM. de Rouville et Magnan, se trouve compris entre le ter- rain à nummulites et une assise liasique sons laquelle il passe en renverse- ment; ses caractères d'ailleurs et sa composition sont tellement identiques à ceux d'Alet, qu'il ne me paraît pas douteux qu'ils n'appartiennent au même système. )) L'extension de l'étage garumnien dans le midi de la France ne s'arrête pas là ; car c'est à ce type que nous pensons pouvoir ra|)porter encore la plus grande partie des terrains rouges et des calcaires compactes de la vallée de Vallemagne (Hérault) et de l'étage de même couleur qui se développe si (47) largement au-dessus de la foriualion à lignites de Fuveau, dans les Bouclies- du-Rliône. Pour consigner ici les preuves d'une assimilation aussi impor- tante, il me faudrait une place dont il ne m'est pas permis de disposer; mais je puis m'en dispenser, puisque cette assimilation entre les argiles du groupe d'Alet et les terrains rouges que je viens de citer a été faite et bien établie dans un Mémoire spécial par M. Matheron (i). » M. De Cigali-a adresse de Santorin, à la date du aS mai, une Lettre écrite en grec, et contenant des renseignements sur les progrès de l'éruption dans cette île. D'après M. François Lenormant, qui a pris connaissance de cette Lettre, les observations de M. De Cigalla peuvent te résumer comme il suit : « Les projections de pierres et de cendres du promontoire du Roi- George ont beaucoup augmenté, à tel point qu'on a pu compter un jour cinq cents explosions en vingt-quatre heures. Sur l'Aphroéssa, les flammes gazeuses, qui avaient quelque temps disparu, se sont montrées de nouveau depuis le i8 mai et ont été constatées par les membres de la Commission scientifique allemande, MM. Fritsch, Reis et Stûbel. Sur le flanc oriental de l'Aphroéssa s'est manifestée une fissure par où coide une petite quantité de lave incandescente et pâteuse. » Le soi sous-marin entre l'Aphroéssa et Pala-a-Kamméni continue à se soulever graduellement. Là où la carte hydrographique anglaise indiquait une profondeur de 200 mètres, un sondage fait le 10 avril n'a plus donné que 120 mètres; un autre, du 10 mai, 100 méires; enfin un du a/j mai, 92 seulement. C'est sur la ligne de ce soulèvement que du 8 au aS mai ont surgi huit petits îlots de lave exactement pareils à George et à l'Aphroéssa dans les premiers jours de leur existence. Ces huit îlots sont situés en face de l'entrée du port Saint-Nicolas de Palœa-Ramméni; ils grandissent tous les jours, et paraissent destinés îi se rejoindre entre eux et probablement à réunir dans quelque temps Néa et Palœa-Kamméni. » Des symptômes d'éruption prochaine se manifestent à Pala?a-Kanunéni. La côte orientale de celte île est depuis quelque temps le théâtre de déga- gements de vapeurs d'une certaine intensité. La température des eaux dans la mare bourbeuse située derrière le port Saint-Nicolas s'est élevée à 24 de- grés Réau mur. (1) Rcchfrches companitii'i s sur les dépôts fita'ioîatustrfs tertiaires des environs de Mont- pellier, de l'Aude et de In Provence (Marseille, 1862). 7-- ( 48 ) » Le 22 mai, k G heures après midi, on a ressenti à Santoriii une secousse légère de tremblement de terre, qui a été éprouvée également en Cièle. » M. Delexda adresse de Santorin un appendice à son Mémoire « sp.r les soulèvemenls ap|)liqués à l'île de Santorin ». Cette pièce et la précédente sont renvoyées à la Commission nommée pour les comnuuiications relatives à Santorin. M. Velpeau présente à l'Académie un autre Mémoire de M. Dclenda, ayant pour titre : « Quelques réflexions laconiques sur l'aveugle de Che- selden ». (Commissaires : MM. Velpeau, Longet.) M. DE LA BoxxisiÈRE DE Beaumoxt adrcsse à l'Académie un Mémoire sur la nutrition des jeunes Salmonidés au moyen d'une larve de l'eau courante du genre des Dipicivs tipidaires voisin des Simulies, dont il a reconnu l'exis- tence dans les eaux des terrains primitifs et calcaires du département de l'Aveyron. (Commissaires : MM. Milne Edwards, Coste, Blanchard.) M. Dkpuis soumet au jugement de l'Académie une petite machine à éva- poration, qui fonctionne constamment, sans écoulement apparent de liquide, au moyen d'une eau stagnante. (Commissaires : MM. Pouillct, Regnault, Séguier.) M. Verrier adresse une communication relative aux avantages que pré- sente sa méthode de redressement des courbures de la colonne vertébrale. (Commissaires : MM. Serres, Velpeau, Cloquet.) M. Schuckendantz adresse à l'Académie une communication contenant la mention d'iui certain nombre de découvertes faites par lui, dans l'expli- cation des phénomènes physiques. Cette communication est renvoyée à la Section de Physique, qui jugera s'il y a heu de demander à l'auteur de plus amples explications. M. Julien adresse une Note additionnelle au Mémoire qu'il a envoyé ( 49 ) piécédeiuinent pour le concours du prixTréinont cl qui a pour titre : « lu- troduclion à l'étude do la Chimie industrielle ». (Renvoi à la Commission du prix Trémont.) M. L. Durant adresse à l'Académie l'ensemble des numéros de son jour- nal l'Union médicale universelle, dans lesquels se trouve reproduite la mono- graphie du choléra qu'il a publiée en i854- Cet envoi est accompagné d'une Lettre dans laquelle l'auteur expose les litres qu'il croit avoir au prix Bréant. (Renvoi à la Commission du legs Bréant.) CORRESPONDANCE. M. LE Ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics adresse, pour la Bdjiiothèque de l'Institut, la table générale des tomes XXI à XL des Brevets d'invention pris sous l'empire de la loi du 5 juillet i84'l- M. LE Secrétaire de la Société Mathématique de Londres adresse à l'Académie les livraisons I à VI des Transactions de celle Société, qui sont les seules actuellement publiées. 31. LE Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance : i" Une brochure de MM. Delesse et de Lapparent ayant pour titre : « Extraits de Géologie (deuxième partie, Paléontologie). » ■1° Une brochure de iW. G. Gallo, imprimée en italien et ayant pour titre : « Théorie mécanique de la chaleur ». (Les exemplaires précédents, mentionnés dans la Lettre d'envoi, n'étaient point parvenus à l'Académie.) MINÉRALOGIE. — Sur un spinelle noir de ta Haute-Loire. Note de M. F. Pisani, présentée par M. H. Sainte-Claire Deville. « Ce spinelle, qui m'a été remis par M. Bertrand de Lom, se trouve principalement dans la Haute-Loire; mais il a été rencontré également dans le Cantal et le Puy-de-Dôme. C'est une des parties constituantes de la Iherzolite d'Auvergne, où il se trouve empâté en cristaux noirs octaédriques ( 5o) dont les arêtes sont arrondies, et les faces caverneuses corrodées comme si elles avaient éprouvé un commencement de fusion. Il se trouve égale- ment dans les détritus provenant de la désagrégation des masses de Ihcr- zolite. » La forme ordinaire de ce spinelle est l'octaèdre simple, ou portant un biseau sur chaque arête, conduisant à l'octaèdre pyramide. Une forme plus rare et très-intéressante qu'on observe quelquefois sur ce spinelle, c'est l'octaèdre pyramide complet, à faces arrondies comme dans le diamant. C'est jusqu'à présent le seul exemple d'un minéral imitant à ce point cette forme. La plupart des cristaux ont de 5 à lo millinièlres de diamètre; mais j'en ai observé un de couleur brun-rouge qui avait près de 20 nàllimèties. Sa cassure est conchoïdale. 11 est entièrement opaque, son éclat est vitreux. Ordinairement noir, il a parfois une teinte d'un brun rouge provenant peut-être d'un changement dans l'état d'oxydation du fer; cependar.t la densité que j'ai prise sur un cristal de celte couleur est identique à celle de la variété noire. I! raye le quartz. Sa densité est 3,871 (variété noir,;) ou 3,868 (variété brun-rouge). Il est infusible au chalumeau, inattaquable par les acides. La variété noire prend beaucoup d'éclat parla taille. Son analyse a été faite après atlaque au carbonate de chaux, suivant l'excellente méthode de M. H. Sainte-Claire Deville. Le fer au minimum a été dosé par le per- manganate de potasse après fusion avec du borax. » Il m'a donné à l'analyse : Oxygène. Rai'porls. Alumine 5q,o6 27,50) , . . ',30,71 6 Oxyde ferrique '0,72 3,21 ) Oxyde ferreux i3,6o 3,o-2| Maynésie 17,20 6,(38) ino,58 ce qui conduit à la formule (MgFe) (AiFe). » Cette composition est celle d'un véritable pléonaste, vaiiété à laquelle doit se rapporter ce spinelle. Ce qui le rend surtout intéressant au point de vue cristallographiciue, c'est sa forme eu octaèdre pyramide qui n'a encore été rencontrée jusqu'à présent dans aucun spinelle. » ( 5i ) PHYSIQUE. — 5»/' la conctuclihilité du menitre pour la chaleur. Note de M. E. GniPON, présentée par M. H. Sainte-Claire Deville. « On s'est très-peu occupé jusqu'ici de la conductibilité des liquides pour la chaleur. Eu dehors des travaux de Despretzsur l'eau, je ne connais aucune étude de ce genre publiée en France. Il m'a semblé intéressant de chercher à combler cette lacune en commençant par le mercure, qui lient par sa nature aux métaux, aux corps que la chaleur traverse le ])lus facilement. On sait d'ailleurs que son pouvoir conducteur est supérieur à celui des autres liquides. » J'ai comparé ce pouvoir à celui du plomb, en suivant deux procédés différenis. » Le premier ne diffère pas de celui qu'employa Desprelz, et qui a été suivi par MM. Wiedemann et Lanz pour les corps solides. J'ai opéré sur deux barres cylindriques en plomb de 45 centimètres de long; les diamètres sont de S""", 3 et 1 1 millimètres. M Ils sont revêtus d'une enveloppe en verre mince ou en carton rerou- verte de papier doré. Un second tube de verre ou de carton, ayant bien exactement les dimensions de l'enveloppe, constitue des vases dans les- quels se trouve renfermé le mercure. Des trous latéraux pratiqués dans ces tubes reçoivent les soudures de petits couples thermo-électriques formés de fils de fer et de cuivre rouge. Ces couples sont recouverts d'un vernis pour ne pas être attaqués par le mercure, ou bien ils sont pressés contre les co- lonues de plomb par de petits ressorts en laiton. Les secondes soudures de chaque couple sont enfermées dans de petits tubes de verre, et plongent dans un vase plein d'eau dont la température est connue. Les deux colonnes métalliques sont enfermées dans une boîte, et des thermomètres donnent la température de l'air qui les environne. Elles sont chauffées en même temps par leur partie supérieure : celle-ci pénètre, sous une longueur de 3 à 4 centimètres, dans des tubes de laiton de même diamètre que les colonnes, qui font suite aux deux enveloppes, et qui traversent une petite étuve à va- peur. On fait agir successivement chaque couple sur un galvanomètre très-sen- sibleet on observe la déviation, lorsque les températures des diverses couches de métaux sont devenues stationnaires. On transforme ensuite ces dévia- tions en degrés du thermomètre, en déterminant à quelle température on doit porter un tube de plomb ou une petite masse de mercure, mis en con- tact avec chacun de ces couples, pour retrouver la déviation que l'action ( 52) de ce couple a imprimée à l'aiguille dn galvanomètre. En opérant sur quatre couples, distants de l\o millimèlres, et en déterminant les excès ^, tn^ t^, fi de température des métaux sur celle de l'air aml)iant, on trouve que les quotients '' '^ S ^ sont sensiblement égaux pour le plomb: 2,9.1 et 2,o5. Ils diffèrent davantage pour le mercure : 3,23; 2,709. » Si on prend lequotient des carrés des logarithmes de ces rapports, on a, d'après la théorie, le rapport des pouvoirs conducteurs des deux métaux. La moyenne de mes expériences donne le pouvoir du plomb égal à 2,48, celui du mercure. J'ai opéré d'une autre manière : j'ai déterminé les points de la colonne de plomb qui ont la même température que certains points choisis à l'avance de la colonne de mercure. On fixe en un point de celle dernière la soudure d'un couple thermo-électrique, et on promène la seconde soudure le long de la barre de plomb, jusqu'à ce que l'aiguille du galvano- mètre reste au zéro : l'enveloppe du plomb présente alors une petite rainure verticale qui permet le mouvement du couple; on mesure ensuite la dis- tance des deux soudures à rétuve,et, en divisant l'un par l'autre les carrés de ces distances, on a le rapport des conductibilités. Ce procédé m'a donné en moyenne 2,44- » Il y a dans ces expériences une influence de l'enveloppe qui gêne le rayonnement des métaux, qui s'échauffe par conductibilité : cette influence se révèle dans les expériences lorsqu'on vient à changer la n;iture du corps cjui foime l'envelojjpe. Cette influence, je n'ai pu l'éviter. J'ai cherché à l'atténuer en donnant à l'enveloppe une faible épaisseur, 2 millimètres en- viron, et en la composant d'un corps assez peu conducteur, le carton. )) Enfin, j'ai mis en usage le moyen qui a servi à Péclet pour déterminer le coefficient de conductibilité du plomb. » On renferme le mercure dans une boîte en carton de dimensions déter- minées : i5 â 25 millimètres d'épaisseur, 45 millim.ètres de diamètre; les deux fonds de cette boîte sont composés de deux plaques de fer de 2 milli- mètres fl'éjjaisseur reliées ensemble par des vis. L'une de ces plaques forme le fond d'uiieétuveà vapeur. La plaque inférieure repose sur la surface de l'eau d'un vase mince. La vapeur se condense en partie dansl'étuveet forme siu' le fond une petite couche que le courant de vapeur agite continuelle- ment. Un agitateur muni d'une petite brosse mêle constamment les couches d'eau froide, et renouvelle les molécules d'eau en contact avec la boîle à merciu'e. Des thernionièlres donnent la température de la vapeur, celle de l'eau froide et celle de l'air environnant. On lient compte du temps que ( 53 ) l'eau met à s'échauffer, de la chaleur perdue par rayonnement, de la chaletii- qui passe en dehors du meicnre par les parois de la belle on par le rayonne- ment de l'étuve. On tient compte anssi de la présence des deux plaques de fer qui forment les fonds de la boîte. On trouve ainsi que la quantité de cha- leur qui passerait dans une seconde au travers d'ime couche de mercure ayant i millimètre d'épaisseur et i mètre carré de surface, lorsque les deux faces présentent une différence de température de i degré centigrade, est en moyenne 1,67; comparant ce nombre à l'analogue donné par Péclet pour le plomb, 3,84, on trouve pour le rapport des pouvoirs conducteurs 2,3o. Ainsi, malgré les incertitudes que comporte celte méthode, nous retrouvons un nombre voisin des précédents. Nous pouvons donc dire que le pouvoir conducteur du mercure n'est pas la moitié de celui du plomb. Il doit en être les 0,407 environ. Si on rapporte, comme on le fait d'ordinaire, ce pouvoir conducteur à celui de l'argent, représenté par 100, on trouve 3,54, ce qui place le mercure après les métaux, avant le marbre, un peu au-dessus du char- bon des cornues à gaz. En comparant les pouvoirs conducteurs du mercure poin- la chaleur et pour l'électricité, ou voit que les nombres qui les repré- sentent sont bien différents : 3^5 'î — 1,80, et l'intéressante remarque de MM. Wiedemann et Lanz sur la concordance de ces deux pouvoirs chez les métaux se trouve ici en défaut, ce qui tient vraisemblablement à l'état li- quide du mercure. » MIINÉRALOGIE. — Analyse d'un minerai de cuivre de Corse; par M. Ch. J^Iè.xe. « J'ai analysé récemment un minerai de cuivre provenant des exploi- tations de Monte-Leccia, en Corse. Cet échantillon, qui peut être regardé de visu comme un cuivre panaché (phillipsite) à peu près pin*, m'a donné les résultats suivants : Rapports. I. II. 111. Cuivre Fer Gangue siliceuse . Soufre Perte ce qui indique une formule cliiinique bruU' de 3Cu, 1 l'e, 3.S pouvant se C. R., iSOS, ï""- Senirsire. (T. I.XllI, iN° 2.) 8 I. II. 111. — —^-^ _^ ,5oo 0,498 o,5o3 0,1 îo 3 o,i54 o,i53 , 1 56 0,047 I o , o8 1 , 083 0,077 » u o,9.63 / 0,003 \ 0,3.67 n , 364 , i4 Fer 14,8 Soufre 26 , 3 " \Tes nombres sont, sans gangue : Cuivre 55,5 pour 100 Fer i(i,5 Soufre 3.8 ,0 » Ceci semblerait indiquer, comme plusieurs auteurs le pensent, diverses espèces et compositions de cuivre jKuiaché. » ZOOLOGIE. — Sur le tissu sarcodique de l'Eponge. Note de M. Grave, présentée par ÎM. Milne Edwards. (Extiait.) « On regarde généralement la partie animale vivante de l'Éponge couîme un tissu gélatineux, muqueux, auquel convient parfaitement le nom de sarcode, donné par M. Dujardin aux tissus des animaux inférieurs, Zoophytes et Infusoires. ( 55) • » Loin d'être homogène, ce tissu est composé d'au moins trois couches parfaitement distinctes, peut-être même de quatre. « La première, Ui couche éjiidermiqite, est homogène, mince, tianspa- rente et composée de celhdes h^gèrement jaunâtres à un faible grossisse- ment. Elle est parfaitement caractérisée par l'absence de spicules triciispidés et surtout par la présence de vacuoles irrégulièrement ovales ou circulaires, plus ou moins nombreuses, et qui sont des sortes de stomates facilitant pro- bablement l'absorption des liquides nutritifs par le sarcosome. )) La deuxième, ou couche médiane, est sensiblement plus épaisse que la précédente. Elle est formée de cellules jaunes, disposées de façon à laisser des espaces irrégulièrement tracés, qui semblent être des canaux creusés dans l'épaisseur de la couche. Elle est encore caractérisée par la présence de corps radiés assez rares et des spicules à trois pointes. » La troisième, qui est la (:o«f/)e/>roybnf/e, est mince et difficile à préparer; elle est bomogène^ formée de cellules, et contient peut-être aussi des épi- dermiques : elle est privée de stomates. )> Enfin, je suis tenté de croire à l'existence d'une quatrième couche, située entre la couche médiane et la couche profonde; mais je ne suis pas encore parvenu à l'isoler et à en déterminer les caractères précis. » M. Fraxcisqce écrit de Nantes pour solliciter luie réponse de la Com- mission à laquelle a été renvoyé son travail sur la musique, intitulé : « Le secret de Pythagore dévoilé ». Ce travail est encore entre les mains des Commissaires : MM. Duhamel, Edm. Becquerel, Ambroise Thomas et Reber, auxquels la Lettre de M. Francisque est renvoyée. La séance est levée à 5 heures. É. 1). B. ( 56 BILLKTI.V BIBLIOGRAPHIQUE. F/Acadéinie a reçu dans la séance du 9 juillet 1 86G les ouvrages dont les titres suivent : Mémoires de l' Académie des Sciences de l'inslilat impéii(d de France^ t. XXXV. Paris, 18G6; i vol. 111-4". Description des machines et procédés pour lesquels des Brevets d'invention ont été pris sous le régime de la loi du 5 juillet i8/|4, publiée par les ordres de M. le Ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics. Table générale des tomes XX J à XL. Paris, 1866; i vol. in-4". Rapport présenté à la Société impériale d'Agriculture, d'Histoire )inlinvlle et des Arts utiles de Lyon, au nom de la Commission des soies, sur ses (ravaux en i865. Lyon, 1866; br. in-8". Causes wiiverselles du mouvement ; par M. Trémaux. Mémoire aulogra- phié, 1866; in-4''. Mémoires de la Société académique d' Agriculture, des Sciences, Arts et Belles-Lettres du département de l'Aube, t. XXIX; t. II, "i^ série, i865. Troyes, sans date; i vol. in-S". Esciuisse physique des lies Spilzbergen et du pôle arctique ; par M. Ch. GraD. Paris, 1866; in-8°. L'Union médicale universelle; par M. L. Durant, i'* année, iSSg; I vol. in-4". Extraits de Géologie; /jor MM. Delessi: et A. de Lapparent. Sans lieu ni date; br. in-8°. Trichines et trichinose, ou De l'empoisonnement ])ar la viande de por< ; par M. G. Peknetier. Rouen, i865; br. in-8°. 3 exemplaires. Premiers essais de pisciculture Jaits dans le département de i Aveyron; pat M. E.-H, DE LA BoNNlNiÈRE DE Beaumoist. Rodez, saus (laie; opuscule in-8°. De l'emploi des observations azintutales ; par M. E. LlAlS. Paris, i8j8; br. in-8". (Présenté par M. Babinet.) Théorie générale de l'exercice de l'affmilé; par M. J.-E. MaumEM':. Paris, 1866; br. iii-4". Tbird report... Tioisième Rapport des Connnissaires nommés pour Jaiic une enquête sur l'origine et la nature de la dernière épizootie des races bovines Londres, 1866; 1 vol. in-4° avec figures. (Présenté par M. Rayer.) ( 5? ) Deiikschrifteii. . . Méinoiies de l'Académie hiipériale des Sciences de tienne. Classe des Sciences inathétnatiqiies et naturelles. Vienne, 1866; 1 vol. in-4'* avec figures. Sitzungsberichte... Comptes tendus des séances (/i l'Académie impériale des Sciences de Vienne, Classe des Sciences mathématiques et naturelles, jan- vier 1866. Vienne, 1866; br. in-8°. Monatsbericht. . . Comptes rendus de l' Académie royale des Sciences de Berlin, février 1866. BerHn, 1866; br. in-8°. Siil clinia... Sur le climat de Home; pur le P. Secchi. Rome, 1866; br. in -8°. PUBLICATIONS PÉIUODIQUES REÇUES PAR l'aCADÉMIE PENDANT LE MOIS DE JUIN 1806. Annales rie Chimie et de Phpique; par Mx\I. Chevreul, DumAS, Pelouze, BoussiNGAULT, Reginault ; avec la collaboration de M. Wurtz; juin 1866; in -8°. Annales de r Agriculture française ; r.*) juin 1866; in- 8". Annales du Génie civil; juiu 1866; in-8°. Bulletin de lu Société Géologique de France; feuilles i3 à 20, 1866; in-S". Bulletin de l'Académie impériale de Médecine ; n" 16, 1866; in-8". Bulletin de In Société industrielle de Mulhouse; mai 186G; in-8°. Bulletin de r Académie royale de Médecine de Belgique; n"' 3 et 4) 1866; in-8°. Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'industrie nationale; avril 1866; in-4". Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sartlie, i" trimestre 1866; in-8". Bulletin de ta Société française de Photographie; n" 6, 1866; in-8". Bulletin de l'Académie royale des Sciences, des Lettres cl des Beaux-Arts de Be.gique; u°' 4 et 5, 1866; in-8°. Bulletlino meteorologico dell' Osservatorio del Collegio romano ; n" 5, 1866; in-4°. Bulletin général de Thérapeutique; i5 et 3o juin 1866; in-8". { 58 ) Cosnws; livr. i3 à 26, 1866; i!i-8°. Calalogiie des Brevets d'invention; u" 12, i865; 11" i", 1866; in-8". Gazette des Hôpitaux; n°^ 65 à 76, 1 866 ; iii-4". Gazette médicale de Paris; n"' aS à 26, 1866; 111-4". Gazelle médicale d'Orient; 11° 3, 1866; 111-4°. Il Nuovo Cimento. .. Journal de Physique, de Cliiniie et d' Histoire iialurelle ; avril 1866. Turin et l'ise; in-8''. Journal d' Jcjricnllure pratique ; n"' 11 et 12, 1866; iri-8". Journal de Chimie médicale, de Pharmacie et de Toxicolocjie ; jiùit 1866; in-8°. Journal de la Société impériale et centrale d'Horticulture ; mai 1866; iii-8°. Joui nal de Pharmacie el de Chimie ; juin 1866; 111-8". Journal des Connaissances médicales et pharmaceutiques; 11"^ 16 à 18, i8()6; iii-8°. Journal de Médecine vétérinaire militaire; 12 mai 1866; in -8". Journal des Jahricants de sucre; n*" 8 à li, 1866; iii-f". Journal of the Franklin Inslilule ; n»' 457, 458, 459, 461, 4^3, 467, 468, 481, 482, 483, 484, 486. Philadelphie, 1866^11-8". Ivaiserliche... Académie impériale des Sciences de f^ienuc; it"' i5 et 16, I feuille d'impression in-S". Les Mondes,. .., n°' 6 à 9, 1866; in-8". La Science j)Our tous; n"" 27 à 3o, 18G6; !n-4°. La Science pittoresque ; n°^ 23, 24, 26, 1866; iii-4". U Abeille médicale; n"* 24 à 27, 1866; 111-4". L'Art médical; juin 1866; in-8". L'Art dentaire; n" 54, 1866; in'8". Le Moniteur de la P holographie ; n°* 6 et 7, 1866; in-4". Le Technolotjiste ; n° Sai, 1866; in-4°. Montpellier médical... Journal mensuel de Médecine; n° 6, 1866; iii-8". Magasin piltoresque ; ']\\\n 1866; in-4". Monihly... Notices mensuelles de la Société royale d'Astronomie de Londres, mai r866; in-8". Matériaux pour Hiistoire positive et philosophique de l'homme; par C ni-; Mobtili.et; mai et juin 1866; in-8". Naclirichteii... Nouvelles de l'Université de Ga'ttimjtw.; n"^ 12, i3 et 1 '(, 1866; in-i2. ( 59) Presse scientifique des Deux Mondes; i\° 12, 1866; in-8°. Plinrmaceutical Journal and Transactions ; \\° 12, 1866; in-8°. Bépertoiie de Pharmacie ; n° 12, 186G; in-8°. Revue de Thérapeutique médico-chir'urqi( aie ; n" 12, 1866; in 8". Revue des Eaux et Forêts; xï° 6, 1866 ; in-8". Socielà reale di Napoli. Rendiconto deli' Accademia délie Scienze fisiche c matemalirhe. Najjles, mai 1866; iii-4°. The Journal of tlie royal Dublin Society; décembre i865; iii-8°. The Reader, n"' 180 à i83, 1866; in-4". The Scientific Review ; n'^ l\, 1866; in-4°. ERRATUM. (Séance rlu 1 juillet i86(3.) Page 27, ligne 3, au lieu de Mahomet, les sciences cliez les anciens, Usez Mahoniei, les sciences chez les Arabes. COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SEANCE DU LUNDI 16 JUILLET 1866. PRÉSIDENCE DE M. CHEVREUL, MEMOIRES ET COM]\IUIVICATiOIVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. PHYSIQUK. — Extrait d'un }/éinoire sur des phénomènes d'affinités capillaires; pai M. E. ClIEVREUL (i). « Un grand nombre de phénomènes molécnlaires sont produits par des forces auxquelles les chimistes et les physiciens ont donné peu d'attention en général. « Tels sont ceux qui se rattachent à un solide dont la forme ne paraît pas éprouver de changement par l'attraction d'un corps pour le solide au contact duquel il se présente à l'état liquide, à l'état de gaz, et même, à ce qu'il semble, à l'état solide. Pour le premier cas, je rappelle la colora- tion des étoffes plongées dans des bains de leinlure; pour le second, des corps poreux, tels que le charbon, le minéral dit écume de mer, qui ab- sorbent des gaz; et, pour le troisième, l'aciération, s'il est vrai que le carbone s'unit à l'état solide avec le fer. (i) Cette communication avait clé faite par M. Clievreiil dans la séance du 9 juillet : c'est par une circonstance fortuite qu'elle n'avait pu èti-e insérée au numcio précédent des Comptes rendus. É. D. B 0. R., 1866. i"^" Semcslrc. 1 1. LXIII, i\i 5.; 9 ( 62 ) » Je résume, d'après l'ordre chronologique, les recherches diverses dont l'affinité a été l'objet, en partant des années 1717, où Newton pubha, dans son O/jtique, la trente et unième question sur l'attraction qui s'exerce au contact apparent, et 171 8, où Etienne-François Geoffroy parla des phé- nomènes que nous rapportons aux affinités électives. » Je montre que Stahl, quoique distinguant des combinaisons de quatre ordres, des mixtes, des composés, des décomposés et des surdécomposés ^ n'a rien dit d'explicite sur la force qui les produit. Telle est la cause de la pu- blication, en 1723, d'un Nouveau Cours de Chimie suivant les principes de Newton et cleStald, par Senac. » Je mentionne l'opuscule sur les affinités de Bergmann (1775); je parle de la Statique chimique de Berthollet (i8o3), et, tout en ne mécon- naissant pas quelques erreurs graves, j'insiste sur l'originalité des idées, et j'ajoute que cet ouvrage m'a donné le goût des recherches que j'ai entreprises sur les affinités corrélatives et les affinités capillaires. Je résume à grands traits des travaux qui remontent à 1809, et qui n'ont pas cessé de m'occuper jusqu'à ce jour. Le Mémoire que je présente à l'Académie est la suite de mes recherches sur les affinités capillaires. Les trois tableaux suivants comprennent trois séries d'expériences dont les résultats sont d'au- tant plus satisfaisants qu'ils se présentent par couples formés de deux ex- périences dont l'une sert de contrôle à l'autre. (63 ) L 't. re o Ê \= ■ != BJ 3 C- CO (A O 3 c « T3 3 cr s^ s M ia •» -« *- ^ n Q> p> ^ rt — a) ^ O ;/ O C n: D o " « i ^ = ■" -sa U5 c = a. ^ : ?=0 n •J ï: p. uî a. u ■ s 3 o w^u ^■^■r' 3 O = 3 .5 =J " 5 5 Ë. ■È .t; .c ■= - — o CT' " ; ■■S.. o = nfii = 4 ■4) -a) — fc. C" i« 2— — X.— t- — es j^ (•1 n o aj .« *? ^ SI "^^ « ^ — 2 -î 2 3 c; r'ê 3 cr -o ^ Cl ■V ti ■"■) ■c c CI o o- c a; n — 0) C s t. o V 3 o ■CJ a s Qi "a; a. « o PC "S o w 1-5 * C^ , o CO 1 o 3 ;« < -n=5 < 3 •4> < n -2 « TS r3 •^ 3 ^ c w „; ^ W &H •£ s 3 r3 O rt a-n trt ;^2 "-^ 3 C 1 c es ul gj n us s2 'i '- - — w sô'i e.; Id u cj o — "^ U ■ 'n " S?.l:2^|^ = n « _ — b C — Cl es ^ tf ^- s ^ o O M o o lin fil de a.Beau- alapar l'eau. ■W s -3 ■4) < ■3 : "2 S F- -g 1§:2 = Sr c n c t. T^ «^-3 re Oni platine tie Slip o o 0) S '^ C o • - == 3 a. c II fc a {f) o > „ 'tLJ 3 n .:: PS 0) o ■< S-'S^ si^ \— i i'JiX s -13 s O 1^ o ^ o; 13 °-., V IS ■1) a ■ii.« •^ .= o: IJ2 •i'i-s « c E MU iro rt « cj 3 ■V •-• o t. -rs -^ 'rt o .- iï Q^ ea _t- ^ 3 ^— "S -- :^ S '^ '^ (64 ) o =-- -. -t " ~ « X "B re ÎT _ ^ B s u Bj 65 n 1 c/ï T"- =.1 -s i-- » © rr :7 - _ C-- en '■ = ï-2 2 -5 „- 2 -= S. - " c w cr s ^ 2 2 — = S tant s pe xedu mont imètr S S- = -5 g- is-Ms c cr O^ïr- z-=-lZ nr H =• ô' =.■ -2 3 « 1 o. la pâte 'absorpt ouvre l'e > C/l = la ^-■5 O ■^ ï O ^S'x ?3 ta :5 r-r.^ n = Ë; =^ ■B 3: n o ru O £ s: -3 » ra- g. § £. 53 œ £. _ >< u t:=2. ft O a-' a ^5-||_3 fî *^ [ïJ OP3 ■&ÏÏ- g-S.3=2 = c«. = » - -1 C- O E « Ë:S'5-3- re :; _. 2 -. " = -52 c c ;i i2 C2 ra — » tP O u c ■ï r & rs " r U c ti. et» 3 U 3 3 r» •^ U C3_ PS B PS 3 65 ) 10 o ■ ? 5 '" S C ^~ ■ cr ■- - S ^ c - ce tn « 3 eï L. o CJ O - *!:; rt s 3 i« _û ^s JJ = 3=, 3 0) tu — C a O W T3 U a^ . O U 'z -9 c :^ î^ c {^ s c . Sk -n •D CJ 0^ i! £ t3 ^ = ri '— n 1- X OJ — £ f OJ O O ?■ c u ffi - 3= UJ ai c -3 = 0) L_ ■" j; CD ^ -s - s 'S o ■=1; a. =^:= .j »" — o _ ^ j3 a> -3 1= 5- -o 'S. X « F. "^-a o ,/, 0.2 g „ «, c c .B "^ o .2 C-.5 "" i: - •= .i- ^ « cT •i ^-S S -5 g ï s a: _ -; ^ i: ~ 5 :ï ■3 ii-èô-8-^ o .5-' = -i ;i .^ -î: o ^ o -o -S — ^ -^ •" - •= .^ " S .2 -S g ^ - S. = ? " c g s » . - z---ë. "^ '^ ■« -5 - 1 D- " 5 ■^ ■^ n = Cl'- n 3 ^ ^ c_ - — '- = ^^ «:= C ^ , o: - = -^ 3 -5 L'ori petit ti papier contre pas de ne prés circula _ ^ •3 o c. o o c H s o « 3 = = ~« ' "= .ïï O « C =. O ;C 3 C-w O ^ S S ;-i - ^ .2* iCC ( 66) Conclusions. » Indépendamment de l'idée qu'on peut se faire de l'action de l'huile de lin et de l'eau sur la céruse, le kaolin et l'argile, il existe un phéno- mène d'attraction élective entre les aptitudes respectives de ces liquides pour les matières solides prises à l'état pulvérulent que je viens de citer. Je nommerai ce phénomène a/Jinilé capillaire élective, pour le distinguer des phénomènes que présentent des actions moléculaires beaucoup plus éner- giques et dont les résultats sont toujours soumis à des proportions définies. » L'huile de lin pure a plus d'njjiniié capillaire pour la céruse que n'en a l'eau, puisque l'eau n'expulse pas l'huile de lin unie à la céruse pour en preruire la place, tandis que l'huile expulse l'eau unie à la céruse et s'y substitue. » L'eau au contraire a plus d'affinité capillaire pour le kaolin et l'argile que n'en a l'huile, puisque l'eau expulse l'huile de lin unie au kaolin et à l'argile, tandis que l'huile de lin n'expulse pas l'eau unie à ces deux ma- tières terreuses. » Ces résultats sont précis, car chacun d'eux a son contrôle conformé- ment au principe de la méthode A POSTERIORI expérimentale. applications. » Les applications en sont nombreuses et variées. » Ces expériences rendent compte de la difficulté qu'on éprouve toutes les fois qu'on applique des enduits dits hydrofuqes sur des murs dont les ma- tériaux sont perméables à l'eau. Evidemment l'affinité de ce liquide pour ces matériaux tendant incessamment à se mettre en équilibre dans ceux-ci, agit pour détacher l'enduit dépourvu d'affinité, ou, s'il en a une, elle est bien inférieure à celle de l'eau. » Lorsqu'il s'agit d'un enduit cjras ou résineux appliqué sur un mur qui, n'étant pas de fondation, n'est pas incessamment pénétré d'eau souterraine, mais exposé à des variations de température et à des variations d'humidité atmosphérique, on peut se demander si, à causede ces variations, la partie pénétrée de l'enduit n'est pas plus exposée à se détacher de la partie non enduite que ne l'eût été la première partie non pénétrée de matière grasse ou résineuse. » J'examine les inconvénients que des corps étrangers aux pierres po- reuses, au caoutchouc, à la gutta-percha, peuvent avoir à la longue sur la conservation des matières dans lesquelles on les a introduits. Je montre { 67 ) Jes inconvénients des nuislics i\ni acquièrent une grande dureté en éprouvant lui retrait à la suite duquel ils se détachent des surfaces qu'on a voulu joindre ensemble; je parie encore de la difficulté de ntaintenir intacts les fils métalliques des câbles électriques plongés dans l'eau de mer. » Mais une observation à mon sens bien remarquable par les inductions que sans hésitation j'en déduis, est la disposition à se comrétt^r par C absorp- tion de l'oxygène atinospliériquej que les liitiles de la troisième série d'expé- riences ont manifestée après avoir été séparées par l'eau des pâtes huileuses de kaolin n° 3 et d'argile surtout n° 5. C'est à peine si le volume de l'huile recueillie dans le récipient du n° 3 s'élevait à -1 centimètre; en outre, une goutte solidifiée obstruait l'orifice du bec du petit tube B; enfin, une seule goutte complètement concrète se trouvait dans le récipient du n° 5, et des champignons, formés de plusieurs gouttes concrètes, fermaient l'orifice du bec du petit tube B. » Avant de donner les inductions déduites de ces faits, rappelons encore les résultats des expériences des n°* 4 ^^ 6. L'huile recueillie dans le réci- pient du n° 4 occupait un volume d'environ i centimètre; elle était vis- queuse, tiès-légèreroent colorée relativement à celle du grand tube A. L'o- rifice du bec du petit tube B n'était point obstrué. L'huile recueillie dans le récipient n° 6 y occupait un volume de 8 centimètres au moins; elle était presque blanche et parfaitement liquide; et l'huile du grand tube A, presque blanche aussi, différait beaucoup de celle du grand tube A n" 4- » Évidemment, l'huile expulsée par l'eau des pâtes huileuses de kaolin, et surtout de l'argile, possédait une disposition à se concréter par absorp- tion d'oxygène, que ne possédait pas au même degré l'huile qui avait filtré simplement au travers des pâtes aqueuses de kaolin et d'argile; conséquem- menl, V huile tenait celle supériorité de propriété siccative de la matière terreuse à laquelle elle avait été unie. » Cette conclusion est en parfait accord avec les faits que j'ai consignés dans un Mémoire sur la peinture à l'huile, présenté à l'Acadéniie le 8 de juin i85o, et imprimé dans le XXil*' volume de ses Mémoires. Effectivement, j'ai montré que des surfaces solides ont une influence marquée sur la durée qu'une couche d'huile de lin pure quon y a étendue met à sécher ou se solidifier par oxygénation. » SiH' une feuille de plomb décapée, elle est sèche après quatorze heures, et parfaitement sèche après vingt-quatre heures. )> Sur la porcelaine vernissée, elle est fraîche encore après vingt-quatre heures, et sèche après quarante-huit heures. ( ^« ) » Sur le bois de chêne, elle ne commence à prendre qu'après trente el un jours, et elle demande encore trois jours pour qu'elle soit sèche à la sur- face seulement. » La conclusion de ces faits est donc qu'il existe des solides capables, comme le plomb, par leur contact, d'accélérer la dcsiiccation des huiles, tandis que d'autres, comme le bois de chêne, la retardent. Incontestable- ment, entre ces corps, il y en a d'autres dont les aptitudes sont intermé- diaires, et parmi lesquels il en est de neulres ou iVindifJérenis. » Plusieurs fois déjà j'ai eu l'occasion à la Société d'Agriculture d'exposer les inductions que je déduis de ces expériences sur l'influence que les ma- tières terreuses des sols arables exercent sur les engrais (i) Car le grand » avantage d'enfouir les engrais odorants à l'état frais, c'est de pénétrer » toutes les parties du sol qui peuvent recevoir les émanations des matières » que les plantes s'assimileront plus tard, et il est rigoureusement vrai de M dire qu'une terre bien meuble, dans laquelle on répand ces sortes d'en- » grais, doit être considérée comme un corps poreux désinfectant. » Les en- grais à ce point de vue s'unissent en tout ou en partie à la matière terreuse du sol ar.djle par affniité capillaire; et des expériences précitées on induit la conséquence, en prenant en considération l'engrais, le sol, la nature des eaux naturelles, la nature et la température de l'atmosphère, que le même engrais, dans des circonstances différentes relatives au sol, aux eaux et à l'atmosphère, i)eut présenter des résultats fort différents relativement à ce qu'il est susceptible de céder de matière alimentaire à la plante cultivée dans ce sol, et celte |)roposition est parfaitement justifiée [lar mes expériences et l'emploi comme engrais d'os pourvus de leur graisse et des tourteaux de graines oléagineuses qui ont été soumises à la presse après avoir été écra- sées. » Lorsque Dutrochet me communiqua ses premières expériences sur l'endosmose, je lui exprimai le désir qu'il en fit d'analogues à celles de la troisième série de ce Mémoire, parce que dès qu'une membrane était per- méable à des liquides, l'affinité capillaire d'un grand nombre de corps, et parliculièrement de corps poreux, me semblait devoir agir pour produire des effets analogues à ceux dont je viens de parler, et dès cette époque j'avais observé un certain nombre de phénomènes de l'ordre de ceux que M. Graham a si bien étudiés. Enfin, plus tard, la lecture d'un Mémoire sur les (oncréliotis cl les incntsla lions tiiinérales des végétaux, dans lequel l'auteur. (i) fo/r surtout Compte rendu, t. VI, 2° série, p. 249 (années i85o et i85i). ( %y M. Payen, décrit des cristaux d'oxalate de chaux, sel signalé par Scheele dès 1786 dans les piaules, el si remarquable par son insolul)iiilé, nie suggéra quelques remarques relatives aux circonstfinces de sa formation et de sa cris- tallisation, que je puis aujourd'liui formuler ainsi : un oxalate soluble de potasse, de soude, et même d'ammoniaque, en solution dans la sève ou tout autre liquide végétal, en traversant très-lentement la paroi d'ime cellule ou d'un vaisseau, r.rrivo dans une cavité où il trouve un suc tenant un sel calcaire en solution; alois il se fait de l'oxalate de chaux, el comme cette production est très-lente, les molécules insolubles peuvent prendre la forme régulière qui leur est propre. Cette interprétation me paraît applicable à la formation d'un grand noudjre de sels insolubles que l'on a signalés dans les tissus ou les cavités des êtres vivants. » Je terminerai ce Mémoire par l'explication que j'ai conçue depuis longtemps de la pétrification des corps organisés. » Un liquide tenant une substance minérale pénètre dans les pores et dans les interstices d'un corps organisé; je suppose poiu' exemple de l'eau tenant un sel de protoxyde de fer en solution pénétrant dans un tronc d'arbre. Le sel peut s'unir intégralement avec le ligneux, et parce que celui-ci contient généralement de l'acide tannique ou gallique, l'oxyde de fer quitte l'acide auquel il était uni; il absorbe de l'oxygène en devenant sesquioxyde, si ratmosphère où l'action se passe renferme de l'oxygène libre. En im mot, foute la surface interne des cellules et des tubes où la so- lution ferrugineuse a passé, présente une couche de tannale ou de gallate de fer, ou encore de sesquioxyde, unie au ligneux et en affectant la forme. Voilà ce qui se passe d'abord. A la longue, de nouvelles quantités de liquide ferrugineux pénètrent, et enfin il peut arriver qu'après une action toujours lente du monde extérieur, la matière d'origine organique disparaisse, et que l'espace qu'elle occupait reste vide, s'il ne se remplit peu à peu de nouveau liquide minéral. On conçoit donc de cette manière que la structure du bois sera plus ou moins bien conservée, puisque c'est toujours dans des cavités dont les parois ne cessent pas, tant qu'elles existent, de représenter exacte- ment la structure que la vie leur avait donnée. En outre, on conçoit que, tous les vides ayant été remplis et la matière organique conservée, s'il arrive que celle-ci disparaisse, parce qu'elle est de nature altérable, de nouveaux vides .se produiront el de nouvelle matière minérale pourra s'y déposer. Eu ce cas, la pétrification sera complète. » C. R., 1S6G, î"' Scr,:eslre. (1. I.XIIl, r-i" 3.1 lO ( 70 ) GÉOLOGIE. — Explication dti Tableau îles données numériques qui fixent, sur la surface de la France et des contrées limitrophes, les points oii se coupent mutuellement vingt-neuf cercles du réseau pentagonal ; par M. L. Eue UB Beaumoxt. (Suite. ) a Pour transformer de même en toises la longueur fie la perpendiculaire calculée en degrés, minutes et secondes, il faut remarquer que la longueur du degré de la perpendiculaire est dans un rapport variable, mais facile à exprimer, avec la longueur du degré du méridien dans la partie sur laquelle tombe la perpendiculaire. En effet, les longueurs des degrés de deux arcs sont proportionnelles à leurs rayons respectifs, de sorte que si l'on désigne par N la longueur en toises du degré du méridien près du pied de la per- pendiculaire, et par N' la longueur du degré de la perpendiculaire près du même point, par p et p' les rayons de courbure de ces deux arcs près de leur point d'intersection, on aura N : IS' :: p : p', et, par conséquent, N' = N £^- P D'après une formule connue, H étant la latitude du pied de la perpendi- I culaire, et l'aplatissement • étant supposé égal à o,oo324= ., ^ ^ > on a 3o8,6 3o8,6 — ?. cos- H » La Table XIII de la Base du système métrique, p. 2g4, donnant les longueurs N des degrés de latitude en toises pour l'aplatissement de o,oo324, de degré en degré, de l'équatcur au pôle, on voit qu'il est facile de calculer la valeur N' du degré de la perpendiculaire pour une latitude quelconque, et par suite la longueur, en toises, de la perpendiculaire elle-même. » Mais cette opération peut être simplifiée. Soit, en effet, p la longueur de la perpendiculaire de l'un des points que nous considérons, calcidée en degrés, minutes et secondes, et sujjposons-la réduite eu secondes, ce qui rend le chiffre qui l'exprime 36oo fois plus grand que si elle était exprimée en degrés et fractions de degré, et soit P sa longueur en toises : on aura ' 36oo ' ■ ■ ' 36oo 36oo p d'où il suit que le coefficient g, par lequel il faudrait multiplier la Inu- gueiu" p de la perpendicidaire exprimée en secondes pour la convertir en ( 7' ) toises, est q= iç^—--- On a donc ' ' 3boo p I. P = |. /j-f- I. (/, et 1. 9i = l.N -f-1.^ — I. 36oo. » Pour opérer cette conversion en toute rigueur, il faudrait, pour chaque perpendiculaire, déterminer la valeur de N correspondante à son pied, d'après la Table XIII déjà cilée, et celle de £- d'après la formule donnée plus haut; mais j'ai pensé que j'abrégerais notablement les calculs sans nuire beaucoup à leur précision, en me bornant à calculer les valeurs de 1. q de degré en degré pour l'espace compris entre Perpignan et Dunkerque, et j'ai formé, avec les éléments ci-dessus indiqués, la table suivante dont l'emploi ne peut introduire, pour les points situés dans le cadre de mon travail, que des erreurs d'un petit nombre de toises. '•î«2) = ',2009673 1 ?(„) = 1,2010399 1.7(,j) = 1, 2011141 l-y(,3) = 1,2009913 I.Vf.e, = 1,2010646 l.^j^,, = 1, 1011382 I. 7(„, = 1, 2010152 1- Vj„j = i,20io8yi 1. ^j^^, = i ,201 1619 » Un exemple de calcul niunérique éclaircira ce que l'exposé qui pré- cède peut avoir d'obscur par sa concision. » Le triangle sphérique PIK, qui a pour hypoténuse la partie du mé- ridien du point d'intersection I comprise entre le point I et le pôle de la terre, et pour côtés de l'angle droit la perpendiculaire IK abaissée du point I sur la méridienne et la partie de la méridienne comprise entre le point K,pied de la perpendiculaire, et le pôle de la terre, donne les formules sine = sinCsinrt, tangè = cosCtangfl, cosB = tangCcosa. » C est la longitude du point I inscrite dans le tableau ; » a = V\ est le complément de la latitude de I inscrite dans le tableau; » c est la longueur en degrés de la perpendiculaire IK ; )) b est le complément PR de la latitude du point K ; « B est l'angle formé au point I entre la perpendiculaire et le méridien; et je dois faire observer que c'est l'angle formé entre ces deux arcs sur la terre supposée sphérique et non l'angle sous lequel doivent se couper la perpendiculaire et la représentation du méridien construite sur la carte de Cassini. Pour avoir ce dernier angle, il faudrait, à la rigueur, faire subir à B une correction, mais comme, pour toute l'étendue de la France, cette cor- rection serait trop faible pour être appréciable dans une construction gra- phique, j'ai jugé inutile de la calculer, et je m'en suis tenu à l'angle B comme s'il n'avait pas besoin de correction. 10.. ( 72 ■ » Je reprends, d'après ces formules, la ligne du tableau qui correspond k l'intersection du cercle Tin Morbihan avec le cercle Bac Côted'Or; je présente la série des calculs qui m'ont donné les trois derniers nombres inscrits dans cette ligne. Je me borne presque à citer les chiffres dont les valeurs suffiront à elles seules pour guider ceux qui, la Base du système métrique sous les yeux, voudraient répéter mes calculs pour se mettre dans la voie d'en exécuter de semblables relativement à des cas différents. Calcul des quantités c, /;, B. n , „ ) „ l.siii 1.39.26,55 = 8, i5fii337G (•= I. !3.i3,ii 1.6in 13.19. 8,53 = 9,83636>a 1. sine = 8,2975998 fi r II l.cos 1. 39. 2O, ;)5 = 9,9998183 î> = 43.18.35,45 1 lang 43.59. 8,53 = 9,97.'|5o>( lat. de K = 46.4' •34)55 1. long 4 = 9,9743207 I ,1 l.lang 1 .39.26,55 = 8, 46'4'D- 1 . cos 43- 19- 8,53 = 9,8618598 1. cosB = 8,3232790 B =r 88.47.37,49 Calcul (le In dislance en toises du point K., pied de la perpendiculaire, h l'Observatoire de Pu lis. s* Ter I» TaHs VII do I» Base du système mélrlqoe S" Par la Tible VI de la Base du svsieme métrique 1. gSo, 8 = 2,97808)5 1- C65o = 3,823S7464'62 31,105 55,773 I. taiiGp = 9,9630472 ;: = 43»59'58",7S 6o,o47 134,600 I. 44384 = 4,6463468 i5,763 86,189 1. 48411 = 4,684944> 1. tang? = 9,9Gi3027 44,^8', 48,4ii '^ = 42° 37' 3", '5 i5,763 86,189 1. 24519 = 4,389502s 8,756 59,365 , 1. 36834 = 4,4385235 a4,5i9 36,824 1. tangjj = 9,9609793 tf = 43" 35' 46", 1 5 8,756 59,365 1. 85277 = 4,93o83i9 94,033 34,000 1. 93365 = 4,9701841 85,377 93,365 I, tang}; = 4,9606478 f = 42''34'a7",75 ), Ou voit que les valeurs de l'angle cp et de tang ip varient lentement et graduellement d'un point à l'autre. Elles ne dénotent ici aucune faute. » Dans la pratique on n'a pas besoin de détermuier l'angle qui n'est autre que l'angle B relatif à l'intersection 1. J'ai toujours, en eflèl, retrouvé la valeur de l'angle B, mais seulement d'iuie manière approxima- tive, parce que les fractions de seconde dont les petits arcs p et h sont en erreur, par suite du calcul logarithmique, suffisent pour altérer sensiblement l'angle i|/, lorsque le triangle par lequel on le calcule est très-petit. Ce pro- cédé ne pourrait donc être employé pour déterminer l'angle B, qu'autant qu'on partirait d'un point 1' assez éloigné du méridien de Paris ; mais il peut servir, ainsi que je l'ai éprouvé, pour mettre des fautes en évidence, et c'est dans ce but seulement que je l'indique. » GÉOLOGIE, — Quinzième Lettre à M. Élie de Beaumout sur les phénomènes éruptifs de l'Italie méridionale; par M. Ch. Sai\ïe-Claire Deville. « Vos recherches ayant démontré qu'un volcan proprement dit est un massif qui, par le fait même de son soulèvement, a été primitivement fissuré C. R.,i866, 2™» Semejfre. (T. LXIII.N» 5.) I 1 ( 78) on étoile, et qui est même susceptible, par de faibles soulèvements succes- sifs, de se fissurer de nouveau, j'ai pu, de cette notion et de l'examen minu- tieux que j'ai fait du Vésuve et de l'Etna, des pics de Ténériffe et de Fogo, de la soufrière de la Guadeloupe et de plusieurs autres cônes volcaniques, conclure qu'une éruption d'un volcan proprement dit n'est que l'ouverture ou la réouverture d'une de ces fissures diamétrales. J'ai montré que, pen- dant cet état critiquée! anormal du volcan, le maximum d'activité se trans- porte brusquement du sommet ou du cratère supérieur, centre conniiun de toutes les fissures, sur un ou plusieurs points de la fissure choisie par l'é- ruption. i> D'après cette définition, étudier une éruption consistera surtout à suivre les manifestations diverses qui se produisent le long de sa fissure. C'est ce que j'ai fait dans quelques-unes de mes précédentes I^ettres, pour les deux éruptions du Vésuve de mai i855 et de décembre 1861, et j'ai été ainsi amené à découvrir, dans ces manifestations, des variations qui se produisent avec une régularité incontestable, suivant le temps et suivant les lieux. » Il faut, d'ailleurs, ajouter que, dans les grandes éruptions, le massif tout entier étant fortement ébranlé, en même temps qu'une des fissures donne issue à la lave et aux substances variées qui l'accompagnent, quel- ques-unes des fissures principales s'oiivrent, le plus habituellement dans leurs portions les plus basses, pour laisser échapper des émanations d'ordre inférieur, connue l'acide carbonique et les hydrogènes carbonés. C'est ce qui s'observe presque chaque fois au Vésuve, dans les environs de Résina et de Toire del Greco. » Cette manière d'entendre ime éruption attribue, comme vous voyez, une sorte d'individualité à chactuie des fissures principales du volcan : celles-ci sont, d'ailleurs, liées, comme je crois l'avoir surabondanunent démontré pour l'Etna et le Vésuve (i), avec l'ensemble des grands accidents stratigraphiqiies de la contrée. Il en résulte que chacune île ces fissures principales a son histoire particulière, c[u'il faudi-a suivre dès maintenant, mais qu'on peut faire remonter dans le passé. C'est ainsi que la fissure de 1861 est celle de 179/i, et très-probablement aussi celle des éruptions qui ont détruit sept ou huit fois la ville de Torre del Greco, placée sur la di- rection même de cette fissure. (i) Dciixiùmc Lettre à M. Dumas, Comptrs rendus, t. XLIII, p. 35r), e! IMi'inoire sur les émanations volcaniques, Bulletin de la Snciété Gériiogiquc, a*" sciie, t. XIII et XIV. (79) » On trouverait quelque chose d'analogue pour la fissure de i63i et pour celles des éruptions qui ont plusieurs fois recouvert l'emplacement de Résina et de Portici. » Mais le sujet, ainsi compris, ne pourrait être traité d'une manière com- plète sans qu'on examinât aussi concurremment les phases par lesquelles passe successivement le cratère supérieur, centre comnuui de toutes les fis- sures et orifice normal du volcan. J'ai déjà, dans une de mes précédentes Lettres, insisté sur l'antaj^onisme que j'ai observé, en 1861 et 1862 connueen 1 855 et i856, entre les fonctions de cet appareil noimal et celles de l'appareil adventif établi sur la fissure. On conçoit, en effet, que les premières phases de l'éruption terminées et la lave épanchée, le rôle de l'orifice adventif ne tendant plus qu'à décroître, l'appareil normal tend, au contraire, à re- prendre ses droits età concentrer de nouveau autour de lui les forces érup- tives. '1 11 y a là toute une série de transformations qu'd faudrait suivre sur les lieux jusqu'au terme final de l'éruption, c'est-à-dire jusqu'au rétablissement du maximum d'intensité dans le cratère supérieur. » Mais, cela fait, il arrive le plus souvent qu'une fissure qui a servi à une éruption conserve encore, pendant plusieurs années, soit sur les flancs du cône terminal, soit sur le plateau supérieur du volcan, des traces d'une faible activité, laquelle se traduit par des dégagements de vapeur d'eau en- traînant de l'acide sulfhydrique ou de l'acide carbonique. C'est, guidé par cette notion que j'ai signalé sur le cône terminal de l'Etna, à quelques mè- tres au-dessous de la cime, l'acide carbonique sortant de la fissure de i838, et que j'ai indiqué pour la première fois, je crois, sur le plateau supérieur du Vésuve, ce même gaz, émanant de la fissure de l'éruption dont la lave avait débordé le cratère supérieur en i8/|8. » De tout cela il résulte que, pour saisir un volcan comme l'Etna ou le Vésuve dans toutes les phases de son histoire, il faut étudier son cratère supérieur et son cône terminal, non-seulement, comme on l'a fait jusqu'ici, dans les formes successives qu'ils affectent sous l'influence des forces inter- nes, mais aussi dans les propriétés physiques et chimiques des émanations gazeuses qui s'en échappent, et dans leur distribution, liée, comme je viens de le dire, à l'activité variable des diverses fissures. En temps d'éruption^ il faudra suivre les phases de toutes les parties de l'appareil adventif établi sur la fissure, en s'éloignant du volcan comme en s'en rap- prochant, et reconnaître les manifestations secondaires qui auront pu être 11.. (8o) déterminées par le fait de l'éruption dans quelques autres fissures prin- cipales. Enfin, comme les évents éruptifs d'un ordre inférieur (solfatares, mofettes, eaux minérales, émanations liydrocarbiirées), qui entourent le volcan, ne sont que des orifices jalonnant au loin les grandes fissures, il faudra aussi constater de temps à autre les variations qu'ils pourraient pré- senter dans la température, l'abondance ou la composition des produits qui s'en échappent. » Il serait vivement à désirer qu'il s'établît à Naples, sous le patronage des professeurs éminents que j'ai eu l'avantage d'y connaître, une associa- tion qui voudrait continuer l'œuvre des Braccini, des DellaTorre, des Breis- lak, des Monticelli, des Covelli, et consigner dans un recueil périodique (i) tous les renseignements de nature à éclairer l'histoire de ce que les savants napolitains nomment avec un légitime orgueil : // iioslro Fesuvio. » En attendant, je vais chercher à utiliser les rares documents que je pos- sède sur la fissure de 1861 et le cratère supérieur du Vésuve, depuis que je les ai observés en 1862, documents que je dois principalement aux beaux travaux de M. Fouqué et aux recherches si intelligentes et si dévouées de M. Aristide Mauget. » 1° Portion inférieure de la fissure c/e 1 86 1 . — Dans ma Treizième Lettre (2), je vous décrivais l'état des fumerolles de cette partie inférieure de la fissure, lorsque je les observais pour la dernière fois, le 5 février 1862. A ce mo- ment, les émanations de la fissure donnaient en mer, à 10 ou i5 mètres de la côte, 86 pour 100 d'acide carbonique : le résidu était un gaz combus- tible, dans lequel MM. Le Blanc, Fouqué et moi, par des analyses faites à Paris, nous avons constaté que le rapport de l'hydrogène protocarboné à l'hydrogène était de i à 2,60 (les réactifs n'indiquant qu'une proportion négligeable d'une matière plus carbutée), et contenant, en outre, de l'oxy- gène et de l'azote. » Le 7 mars suivant, M. Mauget trouvait, aux fumerolles du rivage, 98 pour 100 d'acide carbonique, et 2 pour 100 environ d'un gaz combustible, différant sans doute assez peu de celui que j'avais recueilli le 5 lévrier (3). Mais, le 7 mars de l'année suivante (i863), cet excellent et zélé observateur ( i) Qui serait la continuation du Spetttitore del l'esuvio et du Bolletino geologico del Fesu- vio c de' Ciimpi Flegrci, publiés dans le temps par MM. Cassola et Pilla. (■?, Sfance du 17 féviier 186?.. (3) Voici l'analyse telle qu'elle est donnée dans la Lettre de M. Mauget, insérée aux ( 8i ) étant retourné sur les lieux, m'a annoncé (par une Lettre datée de Naples et dont je vous prie de vouloir bien comuiuniquer à l'Académie l'extrait ci-joint) que le gaz qui s'échappait de la fissure, en mer, à une petite dis- tance du rivage, avait la composition suivante, moyenne de trois analyses : Acide carbonique 81,78 Oxygène 2 , 3 1 Azole -+- gaz combustible 1 5 , 96 100,00 » Le résidu, après le traitement par la potasse et l'acide pyrogallique, brûlait, mais faiblement; ce qui indiquait une forte proportion d'azote, liée évidemment avec l'apparition de l'oxygène. » Enfin, le 4 jw'" i865, M. Fouqué recueille le gaz des mêmes émana- lions, et le trouve composé comme il suit : Acide carbonique 85,38 Hydrogène protocarboné o ,96 Hydrogène bicarboné o ,o5 Oxygène 2,85 Azote , , 9 > 38 » Cette analyse, qui confirme de tout point celle de M. Mauget, montre qu'en même temps qu'apparaissaient l'oxygène et l'azote, l'hydrogène dis- paraissait, et que le gaz oléfiant tendait à s'ajouter au gaz des marais. » Mais ce n'est pas seulement à la lame et sur la portion de la fissure qui se prolongeait en mer que se dégageaient et que j'avais étudié les gaz en 1862. Deux autres points, à Torre del Greco, étaient particulièrement intéressants sous ce rapport. » Le premier est une cavité, située à une dizaine de mètres environ au- dessus de la mer. Là, s'il vr us en souvient, j'indiquais dans ma Treizième Comptes rendus, t. LIV, p. 926 : Acide carbonique 9^) '7 Oxygène o , 1 5 Azote -I- gaz combustible. .• i ,68 100,00 Nous trouvions, le 5 février, pour ces fumerolles du rivage, 97,65 d'acide carbonique. ( 8a) Lellre ce fait singulier que les gaz, dont la tenipératine, entre le 17 janvier et le 5 février 1862, s'était successivement élevée de 32 degrés à 47°, 5, avaient en même temps changé de caractère chimique et acquis de l'hydro- gène sulfuré. » Le 7 mars suivant, M. Mauget y retrouve (i) ce dernier gaz, et même en quantités dosables, la température étant encore de 43°, 5. Mais, le 7 mars i863, le dégagement avait disparu. » Sur le troisième point remarquable, qui est la grande fontaine publi- que de Terre del Greco, voici quelle est la succession des faits observés. Dès le début de l'éruption, le volume des eaux s'était considérablement accru, et, dans les premiers instants, des témoins ocidairts ilisent y avoir observé des flammes. Lorsque j'y suis arrivé, le 18 décembre 1861, et jusqu'à ma dernière visite, le 5 février 1862, le gaz qui s'en déga- geait, à une température peu différente de 20 degrés, était à peu près uni- quement de l'acide carbonique, et, le 5 février, il n'agissait absolument pas sur le papier imprégné d'acétate de plomb. Le 7 mars suivant, ces émana- lions noircissaient fortement et rapidement les sels de plomb, et leur tem- pérature s'était élevée à 2/1°, 5. Il y avait donc là reproduction, quelques semaines plus tard, du fait de variation que j'avais constaté dans la cavité précédemment citée. Un an après, le 7 mars i8G3, la Lettre de INL ]\Liuget témoigne que l'abondance des eaux était considérablement réduite, qu'il n'y avait plus d'hydrogène sulfuré, mais seulement un peu d'acide carbo- nique saturant l'eau, qui possède encore un léger goût de naphte. Il n'est point question de la température, mais il est évident qu'elle s'est abaissée. » Tels sont les faits que j'ai pu recueillir et qui peuvent éclairer l'his- toire des émanations qui se sont succédé dans les portions inférieures de la fissure de 1861. Dans une autre communication, je me propose de revenir sur ces résultats comme sur un grand nombres d'autres, en les considérant d'un point de vue que j'ai à peine abordé jusqu'ici (2). Aujourd'hui, je (i) Comptes rendus, t. LIV, p. 926. (7.) C'est-ùdire ne me bornant plus h constater les faits cl leur ordre de succession, mais cherchant à les rapporter à leurs causes probables. Lorsque, dans ce travail, je m'occu- perai des transformations subies par les gaz hydrocarliurés, j'aurai à tenir compte de l'inté- ressante remarque, faite récemment à ce sujet (séance du 25 juin) par notre savant Vice- Président, et que je consigne ici |)liis lidèlement queje n'ai pu le faire alors, en reproduisant textuellement la Note suivante : « M. Fouqué a dit que l'hydrogène carbone contient d'autant plus de carbone que la lem- ( 83 ) veux seulement constater la variation et faire remarquer combien il eût été intéressant qu'un pensionnaire de l' Académie^ à Naples, ei!it pu, mois par mois, exécuter ce qu'a fait seulement trois fois en quatre ans le dévouement fie MM. Mauget et Fouqué. Nous aurions saisi, non-seulementles variations effectives, mais le mouvement et le mode de ces variations. Enfin, nous sau- rions aujourd'hui si la petite éruption des premiers jours de mars 1866 a modifié brusquement les allures des dernières émanations de la fissure de 1794, ravivée en 1861. » Mais je reviens à mon sujet, et, de l'exlrémité inférieure de la fissure, je passe à lextréniité supérieure, c'est-à-dire au sommet du volcan (i). » 2° Cratère supérieur. — Cette éruption de 1861 n'a pas été précédée, comme il arrive le plus ordinairement, d'une bouffée de vapeurs et de cen- dres, projetée par le cratère supérieur. Le rôle de ce dernier dans l'éruption n'a commencé que le 8 décembre au soir, c'est-à-dire huit heures après » pérature volcanique est plus faible. Ce résultat de l'observation est d'accord avec ce qu'on » sait des températures différentes auxquelles l'hydrogène bicarboné et l'hydrogène proto- » carboné se décomposent respectivement sous l'influence de la chaleur. Le premier se dé- » compose en hydrogène prolocarboné si la température est convenable; si la température » est plus forte, le carbone est entièrement séparé et l'hydrogène mis en liberté conséquem- » ment. • (i) Il y aurait, dans l'intervalle, une portion de la fissure très-intéressante à étudier dans ses variations : c'est celle qui porte les cratères adventifs, et constitue la tète de la fissure active de l'éruption. Mais je n'ai pour celle-ci que de très-rares documents. J'ai déjà inséré aux Comptes rendus, t. LIV, p. 926, l'extrait d'une Lettre dans laquelle IM. Mauget len- dait compte de la visite <|u'il fit aux cratères adventifs de i86i, le 7 mars 1862, et dont il résulte que les phénomènes éruptifs, tout en s'affaiblissant notablement, conservaient entre eux les mêmes rapports que deux mois auparavant. Le 8 juin 1862, cet habile it zélé observateur est retourné aux portions supérieures de la fissure active. Voici le seul extrait utile que je puisse donner de ses observations, interrom- ])ues brusquement (par un détachement de carabiniers, qui, prenant notre géologue et son guide Cozzolino, bien connu de tous les voyageurs, pour des brigands de la bande d : célèbre Pilone, les arrachèrent, malgré toutes leurs dénégations, à leur paisible et inoffensif labeur) : « Rn arrivant aux cratères supérieurs, et après avoir contourné la première et si piofonde » cavité où commence la fissure, j'ai mis le thermomètre dans la fente apparente, entourée » de chlorures et de silice; il a accusé une température de 210 degrés. u On ne voit plus une seule fumerolle sur tout le système : tout paraît mort, et pourtant >• le papier de tournesol bleu, tenu à la main au milieu de la fissure, rougit encore en ce n point d'une manière très-sensible. » De là, je suis passé au plus élevé des deux cratères qui ont donné des laves. Les fours à » fer oligiste sont en grande partie détruits. La chaleur y a considérablement diminué. Avant (84 ) l'ouverture des bouches de la fissure, et au moment où l'activité de ces bouches diuiiuua brusquement. Les témoignages de MM. Palmieri et Guis- cardi sont explicites à cet égard. (( La lave, qui menaçait directement Torre del Greco, s'arrêta, dit le » premier de ces savants, vers 1 1 heures du soir, et la violence des bouches )) décrut rapidement. En même temps le grand ciatère du Vésuve reprit » une nouvelle force et lança avec une certaine vivacité de la fumée et des » cendres. » « Les nouvelles bouches, dit le second, cessèrent de projeter ce jour » même ou la nuit suivante, et le grand cône fut pendant un jour en acti- » vite, lançant des cendres et des scories incandescentes. Le samedi i4, la » pointe de i85o s'est écroulée (i). » Le sismographe et l'appareil de variation, dit encore M. Palmieri, re- » vinrent au calme le i o (décembre), après l'apparition des grandes mofettes » de la Torre del Greco; deux fois depuis (2) ils reprirent leur mouvement » en faisant craindre de nouveaux désastres; mais tout sest réduit à » d'abondantes émissions de vapeurs et de cendres par le grand cratère et à M de médiocres détonations, des blocs incandescents et de faibles éclairs. » » Ces extraits suffisent pour démontrer le rôle, en quelque sorte antago- niste, qu'ont joué, dans cette éruption comme dans celle ^que j'avais déjà observée en i855, le cratère supérieur du volcan et les cratères adventifsde » brisé mon thermomètre, je n'ai pu la déterminer exactement. Elle est beaucoup moindre » toutefois que celle de la fissure, près du cratère supérieur, dont j'ai pailé jiliis haut. » Près des fours à fer oligiste, au centre des chlorures encore jaunes, le thermomètre i> marque 85 degrés. » Au-dessous, entre les deux fissures (*), là où nous avons reconnu autrefois la présence » de l'hydrogène sulfuré, le thermomètre oscille par bonds entre 56 et 64 degiés. » A la fissure inférieure, couverte encore de quelques chlorures rouges et jaunes, tem- 1) pérature des petits orifices à la surface : 90 degrés. ) Sous la pierre où nous avons condensé dans le temps les vapeurs chlorhydro-sulfu- » reuses : 160 degrés. » En comparant ces nombres, d'un côté, à la communication de M. Manget (séance du 28 avril 1862), de l'autre, aux détails qui seront donnés plus loin, on verra que la température, en tète delà fissure active, au 8 juin 186a, bien qu'elle eût sensiblement diminué depuis le 7 mars, était encore beaucoup plus élevée que dans le cratère supérieur du Vésuve. (1) Du moins en partie. (2) La Lettre de M. Palmieri est du 16 décembre, jour de mon arrivée à Naples. ( *) Voir Douzième Lettre à M. Élie de Bcauiiiont, Comptes rendus, t, LIV, p. a^'- ( S!^ ) la fissure : l'un tendant à reprendre de l'activité, à mesure que lesaiiUis perdent de leur violence première. » Je m'arrêterai aujourd'hui sur celte réflexion, et, pour ne point allon- ger démesurément cette communication, je remettrai à une prochaine séance la fin de ma Lettre, dans laquelle je chercherai à définir le rôle du cratère supérieur, soit pendant mon séjour sur les lieux, du 17 décembre 1861 au i5 février 1862, soit postérieiu-ement, et d'après mes correspon- dants. » CHIMIE. — Recherches sur les combinaisons du tantale; par M. C. Marignac. (Extrait par l'auteur.) « Des recherches antérieures sur les combinaisons du niobium m'ayant conduit à attribuer à l'acide niobique la forn)ule Nb"0% et m'ayant appris que cet acide et l'acide tantalique étaient constanuuent associés dans le règne minéral et se remplaçaient réciproquement sans changement de formes cris- tallines, j'ai dû reprendre l'étiule des principales combinaisons dn tantale pour établir, pour ce métal, la convenance d'une modification analogue à celle que j'avais proposée pour le niobium. » J'ai dû reprendre d'abord la détermination du poids atomique de ce métal. Les analyses dn chioriue de tantale exécutées par H. Rose condui- raient au nombre 172(1! = i, O = 16) pour ce poids atomique et pour la formide TaCI*; mais il était probable que ces analyses, faites sur un produit contenant sans doute du chlorure de niobium, puisqu'on ignorait jadis la présence de l'acide niobique dans les tantalites, avaient donné un nombre trop faible. Les nombreuses analyses que j'ai faites, des fluolantalates de potasse et d'ammoniaque, me conduisent en effet à porter à 182 le poids atomique du tantale. >i Ces nouvelles déterininations des poids atomiques dn niobium et du tantale, comparées à celles de deux métaux qui offrent aussi entre eux une grande analogie, savoir le molybdène et le tungstène, offrent un nouvel et remarquable exemple du parallélisme que M. Dumas a signalé entre diverses séries de corps simples formant des familles naturelles. Nous avons en effet, d'après les déterminations de ce savant : Molybdène 96 Tungstène.. 184 et d'après les miennes : Niobium q { Tnntale i8-.' C. h. iSfifi, 2">« Semi-Uf. (T. I,XIM, N" .%.) ' '-•• ( S6 ) » La nouvelle constitution admise pour l'acide tantalique conduit à des formules très-simples pour deux composés qui semblaient auparavant offrir des compositions très-complexes. I^'oxyde brun de tantale, obtenu par Berzélius en calcinant l'acide tantalique dans im creuset brasqué, est un bioxyde TaO". De même, le sulfure de tantale présente, d'après les analyses concordantes de Berzélius, H. Rose et Hermann, la composition correspon- dant au bisulfure TaS^. » L'acide tantalique paraît susceptible de former deux modifications dis- tinctes, analogues à celles que nous ont fait connaître les beaux travaux de M. Fremy sur l'acide stanniqueet l'acide aulimonique. En effet, les sels les mieux définis de cet acide appartiennent à deux séries qui n'offrent pas entre elles de rapports simples de composition, et ne se transforment pas facilement les mis dans les autres, sauf par la fusion avec les alcalis. » La première série correspond à la formule générale MO, Ta^O». Elle comprend les tantalites natinels et les composés insolubles que l'on obtient en calcinant l'acide tantalique avec les carbonates alcalins, lorsque ces derniers sont en quantité insuffisante, ou que la calcinatiou n'a pas été assezforle ou assez prolongée pour donner un produit complètement soluble. » La seconde série comprend les tantalites de potasse et de soude parfai- tement cristallisés que l'on obtient en fondant l'acide tantalique avec ces alcalis caustiques ou avec leurs carbonates eu excès à une température très- élevée. Ils sont représentés par les formules 4K»0, 3Ta^O% i6H^O et 4Na=0, 2Ta=0% 24H=0. Le premier donne de beaux cristaux parfaitement isomorphes avec ceux du niobate de potasse correspondant. » Ces deux sels avaient été déjà préparés par H. Rose, et les résultats qu'il avait obtenus par leur analyse s'accordent beaucoup mieux avec les formules que je leur attribue qu'avec celles qu'il avait cru devoir adopter. » Le fluorure de tantale forme, avec les fluorures basiques, des fluosels qui offrent presque tous le rapport de 5 : 2 entre les proportions de fluor des deux éléments. La constance de ce rapport ne laisse aucun doute sur la nécessité d'attribuer à ce fluorure la formule Ta F'. » Sauf les fluotautalates de potasse, de soude et d'ammoniaque, les autres sels de ce genre que j'ai préparés sont tellement solubles et même déliques- cents, que leurs formes cristallines ne peuvent être déterminées. ( 87 ) » L'analogie qui existe en général entre les combinaisons du niobium et celles du tantale cesse de se manifester chez leurs fluorures, car il ne paraît pas exister de fluoxytantalates. La corrélation entre ces deux groupes de composés fluorés n'est établie que sur un seul point, par l'existence d'un fluoniobate de potasse isomorphe avec le fluotantalate. •• 31. DucHARTRE présente à l'Académie, de la part de M. de Martius, un ouvrage imprimé en allemand, qu'il vient de publier et qui a pour titre : « Éloges académiques ». NOMINATIONS. L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'une Com- mission de deux Membres pour la révision des comptes de l'année i865. MM. Mathieu et Brongniart réunissent la majorité des suffrages. MÉMOIRES PRÉSENTÉS. OPTIQUE. — Sur les iiiifjiessions ijersistantes de la lumière; par M. l'abbé Laborde. (Extrait.) (Commissaires : MM. Pouillet, Regnault, Longet. ) « Lorsqu'un point lumineux frappe le regard et qu'il disparaît tout à coup, la sensation qu'il a produite ne s'éteint pas subitement dans les yeux ; et^ d'après les recherches de quelques physiciens, elle y persiste pendant un tiers de seconde environ. De là tous ces phénomènes connus, que l'on explique par la persistance des impressions lumineuses. » Je me suis demandé si dans la lumière blanche toutes les couleurs avaient le même degré de persistance, et pour étudier cette question, j'ai soumis la sensation de la lumière à une épreuve qui m'a présenté un fait extrêmement curieux. Ce fait pourrait démontrer que dans la lumière blan- che les couleurs les plus réfrangibles sont plus persistantes que les autres, et, de plus, qu'elles agissent avant les autres; en sorte que l'organe de la vision décomposerait la lumière blanche en dispersant ses couleurs sur dif- férents temps, de même que le prisme la décompose en dispersant ses cou- leurs sur différents points. M Pour faire l'expérience, on reçoit la lumière du soleil sur un mi- roir qui la dirige horizontalement sur une fente pratiquée dans le volet 11.. ( 88) d'ime chambre obscure. Cette fente peut avoir 3 millimètres de large sur 6 lie haut; tout près d'elle et au dedans de la chambre obscure, on place un disque de métal sur le contour duquel on a creusé des ouvertures qui cor- respondent à celle de la chambre obscure, et qui ont à peu près les mêmes diniensions. Ces ouvertures doivent être laigement espacées. Un mouve- ment d'horlogerie fait tourner ce disque, et une |)ince, fpie l'on peut ma- nœuvrer à distance, saisissant l'un des axes de la machine, permet à l'ob- servateur de modérer ou d'accélérer le mouvement, et au besoin de l'arrêter tout à fait. » Sur le trajet du rayon lumineux et à la distance d'un mètre environ, on place un verre dépoli, derrière lequel on se dispose à observer les modi- fications de la lumière; puis on met le disipie en mouvement : le rayon lu- mineux se découvre et se cache lentement d'abord, et paraît alors unifor- mémentblanc; mais lorsque ses apparitions se succèdent plus rapidement, les bords commencent à se teinter, et, avec des vitesses qui croissent pro- gressivemenl, ou voit la surface de l'image envahie successivement par les couleurs suivantes : bleu, vert, rose, blanc, vert, bleu. Après le dernier bleu et avec des vitesses toujours croissantes, on ne voit plus qu'une sur- face blanche. » L'ensemble du phénomène n'^appartient, comme on le voit, qu'à une certaine période dans les mouvements du disque. Je l'ai présenté dans sa plus grande simplicité; mais en réalité il est beaucoup plus compliqué.... » M. Joos adresse de Granville un Mémoire « sur une méthode d'expéri- mentation pour déterminer les lois de la résistance de l'air dans les cas de grandes vitesses ». Ces expériences, faites avec différents projectiles tirés dansle fusil rayé d'infanterie, confirment pleinemenl, suivant l'auteur, les prévisions auxquelles il avait été conduit. (Commissaires : MM. Pouillet, Piobert, Morin.) M. Crlmotkl adresse deux exemplaires imprimés de son Mémoire « sur l'épreuve galvanique ou bioscopie électrique », dont le manuscrit a été pré- cédemment renvoyé à la Commission des prix de Médecine et de Chirurgie. L'auteur indique, dans la Lettre qui accompagne cet envoi, quelques modi- fications apportées par lui à son travail, pendant l'impression. Ces pièces sont renvoyées à la Couuui.ssion des prix de Médecine et de Chirurgie. ( «9) CORRESPOND AINCE. M. LE Maréchal Canrobert, Président du Comité central de la soiiscii[)- tioii au profit des victimes de l'invasion des sauterelles en Algérie, adresse à l'Académie la circulaire du Comité. Une liste de souscription sera ouverte au Secrétariat. M. LE Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces de la Correspon- dance : I. Sept opuscules de M. JV.-H. Miller, imprimés en anglais, et ayant pour titres : i° « Sur les formes du silicium grapliitoide et du bore graphi- toide » ; 2° " Sur les formes de quelques composés du thalluun » ; 3*^ « Sur une nouvelle forme de l'héliotrope »; /\° « Sur la forme cristalline du peroxyde de benzoïle » ; 5° « Sur la forme d'un alliage de bismuth » ; 6° « Notices cristallographiques »; 7° « Sur l'emploi de la projection gno- monique de la sphère dans la cristallographie ». II. Un opuscule de M. J. Marcou « sur le dyas ». CHIMIE ORGANIQUE. — Sur la conslillUion de l'anëtlwl. Note de MM. Ladenburg et Leverkus, présentée par M. Balard. o L'anéthol est le principe essentiel dé l'essence d'anis. C'est un corps cristallin, distillant à 2'34 degrés (corrigé) sans décomposition. Il a donc les propriétés d'un corps chimique. Sa composition répond à la formule brute )) On ne connaît que très-peu de réactions de ce corps : c'est sans doute pour cette raison qu'on n'a |)as encore essayé de lui donner une formule rationnelle; u)ais il est pourtant possible d'en proposer une, en se basant sur les principes de la belle théorie de M. Kekulé, c'est-à-dire en supposant avec lui que la plupart des corps appelés aromo/z^ues dérivent de la benzine par substitution d'un élément ou d'un radical à la place de l'hydrogène. En supposant que 1 anéthol est un dérivé de la benzine, il ne s'agit que de déterminer les radicaux (chaînes latérales) qui dans l'anéthol iem|)lacent les hydrogènes de la benzine. Les réactions de l'anéthol permettront de ré- soudre cette question. » M. Cahours a obtenu par oxydation de l'anéthol l'acide anisique, au- (90 ) quel il faut donner, comme l'a prouvé l'un de nous (i), la formule rafion- nelle €*H* i ^ ^..j • Cet acide n'a donc que deux chaînes latérales, deux radicaux à la place de deux atomes d'hydrogène de la benzine. D'après l'hypolhèse la plus simple, qui nous semble ici la plus probable puisqu'elle a été vérifiée dans divers cas, et qui a servi d'argument à M. Rekulé (2), les produits d'oxydation contiennent autant de chaînes latérales que les corps dont ils ont pris naissance. L'anéthol dérive donc de la benzine par substitution de deux atomes d'hydrogène par deux radicaux. Reste à déter- miner la nature de ces derniers. » L'acide anisique, comme on voit en regardant sa formule rationnelle G^H* „ „2„ j et comme il a été prouvé par sa synthèse, est une combinai- son élhérée. Personne ne pounait supposer que par simple oxydation il y ait formation d'unéther; l'anélhol lui-même doit donc être regardé comme un élher. Nous ne pouvons plus hésiter maintenant qu'entre les quatre for- mules : €«H'i®^"^ C^H^S^^'H^ GeH'i^'^'"' G^H^I^'^'"' M Les deux dernières ne rendent pas compte de la formation des acides acétique ou oxalique qui prennent naissance par l'oxydation de l'anéthol, puisqu'on ne peut pas admettre que deux atomes de carbone, l'un venant du radical mélhyle, l'autre du radical vinyie, se combinent pendant l'oxyda- tion. )) Restent les deux premières formules, dont lune dit que l'anéthol est un éther méthylique d'un allylphénol (anol), et l'autre que c'est un éther allylique d'un méthylphénol (cressol). » Les deux formules expliquent également la réaction de M. Cahours, qui peut se faire d'après les équations on ..HM^r.4« = .-H-l«^»„-.a.H.«- (1) Lauerburo, Bulletin de ta Société Chimique; 1866, p. 257. (2) Annalen (1er Cheinir itnd Pharmacie, t. CXXXVII, p. i5>. (90 Les équations sont tout à fait analogues à celle qui exprime l'oxydation de l'éthylbenzine préparée par MM. ïollens etFittig (i), €«H% €'H^+ 60= C»H% GO'H + €ô- + aH^O. » Les connaissances que nous possédons jusqu'à présent des réactions de l'anéthol ne nous permettent pas de faire avec certitude le choix entre les deux formules indiquées plus haut. Il faut pour cela de nouvelles recherches, les formules elles-mêmes nous montrent le chemin. » Nous avons affirmé que l'anéthol est un éther, en nous basant sur les produits d'oxydation qu'il donne; si nos déductions sont justes, l'anéthol doit posséder les propriétés des éthers, c'est-à-diie qu'il doit être saponifié par l'acide iodhydrique. Cette expérience, qui nous sert connue preuve de * l'exactitude de notre raisonnement, nous donnera en même temps le moyen de décider entre les deux formules. LModure qui doit prendre naissance dans la réaction doit contenir le radical alcoolique combiné à l'oxygène du phénol. » Nous ne voulons pas insister ici sur la description de l'expérience, qui n'est pas difficile à exécuter; nous nous contenterons d'en donner le résul- tat : il y a formation d'iodure de méthyle, que nous avons reconnu par ses propriétés et par l'analyse. » L'anéthol est donc l'éther méthylique de l'allylphénol (anol). Sa for- » Nous sommes occupés actuellement à étudier dans le laboratoire de M. Wurtz les dérivés de l'anéthol, et nous nous proposons de mettre hors de doute la constitution de l'anéthol en faisant la synthèse de ce corps. » CHIMIE ORGANIQUE. — Formation des monamines secondaires des séries phény- liqiie el lolnylique. Note de MM . G. de Laire, Ch. Girard et P. Chapoteact, présentée par M. Peloiize. « En 1864, le D"^ A.-W. Hofmann découvrit la diphénylamine et la phényltoluyiamine en examinant les produits de la distillation sèche de la rosaniline et des bleus phénylique et toluylique; depuis, ce savant obtint la diphénylamine en décomposant par la chaleur la leucaniline et la mélaniiine. Mais dans ces différents cas, la diphénylamine et la phényl- (i) Annalen der Chcmie iind Pharmacie, t. CXXXI, p. 3o3. (9^ ) tolnvlamine n'apparaissent jamais que comino des produits de destruction des aminés pliényliques et toluyliques supérieures. u De nombreuses expériences ont été entreprises infructueusement dans le but (l'arriver à la synthèse de ces corps intéressants à plus d'un titre. M.Lautli, dans cette intention, fit réagir la monohromobenzine sur l'aniline, l'acétale de phényiesiu" l'aniline : ces essais ne donnèrent aucun résultat; nous les avons répétés sans plus de succès que M. Laulh. » Nous rappellerons qn'en 1860, en chauffant certains sels de rosaniline avec un excès d'aniline nous avons obtenu une matière colorante bleue et un dégagement d'ammoniaque proportionnel à la quantité de bleu formé. I) Le D' A.-W. Hofmann, en i863, interpréta cette curieuse réaction et la formula ainsi ; C'MIMI Az^-+-3 H Az = C'*H%c;'^H='az-^+3H Az. C"H»H) H ) C'*H», C'-]V\ H) » Trois équivalents de phénylamiiie réagissent, à une température assez peu élevée, sur le sel de rosaniline, le phényl se substitue à l'hydrogène équivalent pour équivalent. » En voyant cette facilité de substitution, nous avons pensé que l'aniline dans son action sur ses sels donnerait de la diphénylamine et de l'ammo- niaque C'^HM C'^HM C'MIM Hj H ! Az -t- }l Az = C'M4» Az + H ' Az. H ) H ) H ) h) » L'expérience est venue confirmer nos prévisions : c'est le résultat de nos recherches que nous avons l'honneur de présenter à l'Académie. « Nous avons fait réagir l'aniline sur plusieurs de ses sels (le sulfate, le chlorhydrate, le nitiatc, l'arséniate, le phosphate), et sur les combinaisons que forme cette base avec les chlorines de zinc, d'étaiu, de calcium et de mercure. Nous avons eu dans tous les cas im dégagement d'ammoniaque avec production en |)lns ou moins grande quantité d'une matière dont l'ana- lyse et les diverses réactions concordent j)arfaitement avec la formule de la diphénylamine C^* H" Az et la description qu'en a si bien faite leD^ A.-W. HofmaïuK ( 93) » Le chlorhydrate d'aniUne est de tous les sels de cette base celui qui nous a paru se prêter le mieux à la substitution. » Diphénylamine. — On chauffe dans un ballon à long col, muni d'ini tube condensateur pour éviter la perte de l'aniline, i \ équivalent d'ani- line pure avec i équivalent de son chlorhydrate, à une température com- prise entre 210 et 240 degrés; la diphénylamine commence à se former dès que cette température est atteinte, le commencement de la réaction est du reste indiqué par le dégagement d'ammoniaque; en prolongeant l'opé- ration trente ou trente-cinq heures, on obtient un poids de diphénylamine qui peut s'élever à la cinquième partie de l'aniline employée. En vase clos et sous une pression de [\ 'a 3 atmosphères, la formation de la diphé- nylamine est plus rapide et sa production plus considérable. 1) Dans tous les cas, le produit obteiui est un mélange de chlorhydrate de diphénylamine, de chlorhydrate d'aniline, d'aniline libre et de matières colorantes en plus ou moins grande quantité, suivant que l'opération s'est faite en vase ouvert ou en vase clos. » Pour extraire la diphénylamine de ce mélange, on le traite par l'acide chlorhydrique et l'eau chaude (vingt ou trente fois le poids de l'acide); le chlorhydrate de diphénylamine étant décomposable par l'eau, la base fon- due vient nager à la surface où elle se prend en masse par le refroidisse- ment. La purification s'achève par plusieurs cristallisations successives dans l'éther ou !a benzine; les matières colorantes étant insolubles dans ces liquides, une seule distillation fournit une matière blanche dont le point d'ébullitioii est k 3io degrés. » Diloluy lamine. — La toluidine, l'homologue de l'aniline, se compor- tant dans toute ses réactions comme cette dernière, devait nous donner, en réagissant sur son chlorhydrate, sa monamine secondaire. L'opération se conduit de la même manière et les conditions de formation sont les mêmes que celle de la diphénylamine. Nous avons eu un dégagement d'ammo- niaque et, comme produit final de l'expérience, un mélange de chlorhy- drate de la nouvelle base, de chlorhydrate de toluidine, de toluidine libre et de matières colorantes. » Le traitement de cette matière brute est celui que nous avons déjà employé pour la diphénylamine, c'est-à-dire l'acide chlorhydrique, l'eau, et enfin plusieurs cristallisations successives dans l'éther pour séparer les matières colorantes. » La base purifiée est solide, cristallisée, d'une blancheur parfaite; elle C. R., 1866, î""» Semestre. (T. LXIII, ><> 3.) ^ -> (94 ) a son point d'ébullition entre 355 et 36o degrés; plusieurs combustions nous ont conduit à la formule C*'H"Az qui est celle de la ditoluylamine. » Ce nouveau corps présente dans ces réactions une grande analogie avec la diphénylamine. Comme elle, il se combine avec les acides en don- nant naissance à des combinaisons très-peu stables qui par leur contact avec l'eau se dissocient en leurs principes constituants. En arrosant les cris- taux d'acide nitrique, ils se colorent en jaune, ce qui permet de distinguer cette base de la diphénylamine. )) Phénylioluyldmine. — Cette base, déjà obtenue par le D'' A.-W. Hof- mann en distillant le bleu de toluidine, devait se produire.dans la réaction de l'aniline sur le chlorhydrate de toluidine, et de la toluidine siu' le chlorhydrate d'aniline. L'expérience se fait de la même manière que pour la production de la diphénylamine et de la ditolnylamitie. Le traitement déjà suivi pour l'extraction de ces deux bases du produit brut, l'acide chlorhydrique, l'eau et plusieurs cristallisations dans l'éther, nous donne une base parfaitement blanche. » Dans la réaction de l'aniline sur le chlorhydrate de toluidine et princi- palement de la toluidine sur le chlorhydrate d'aniline, le produit purifié est un mélange de diphénylamine, de phényltoluyiamine et de ditoluyla- mine. Pour isoler les trois bases l'une de l'autre, nous avons été obligés d'em- ployer la distillation fractionnée; la séparation en est aussi difficile que celle de l'aniline et de la toluidine, leur point d'ébullition ne différant environ que de 25 à 3o degrés. La phényltoluyiamine pure a son point d'ébullition vers 33o degrés. Son a;:alyse nous a conduits à la formule C^' H" Az. » Nous avons déjà dit que les opérations faites en vase clos exigeaient moins de temps que celles en vase ouvert; mais, dans les deux cas, lem* durée trop prolongée diminue la quantité des monamines secondaires for- mées. Il se produit alors des corps dont les points d'ébullition dépassent les températures (ju'on peut observer avec le thermomètre à mercure et qui sont probablement les monamines tertiaires de l'aniline et de la toluidine. » Eu terminant, qu'il nous soit permis de témoigner foute notre recon- naissance à M. Pelouze pour la bienveillance inépuisable qu'il nous a tou- jours montrée dans le cours de ce travail ; sans sa généreuse hospitalité, nous n'aurions pu ni l'entreprendre, ni le poursuivre. » (95 ) CHIMIE. — Sur les solutions sursaturées. Note de M. Lecoq de Boisbaudban, présentée par M. H. Sainte-Claire Deville. « J'ai l'honneur de soumettre à l'Académie les résidtals principaux d'expériences que j'ai faites pour résoudre la question des solutions sur- saturées. « 1. Il y a plusieurs méthodes pour obtenir une solution sursaturée, savoir : » {a) Par refroidissement d'une solution faite à chaud ; » (/>) Par mélange, en vase clos, des corps composants de la substance dont on veut obtenir une solution sursaturée; » (6") Enfin par l'évaporation à froid de la solution ordinaire préparée à froid. » La première méthode est, à ma connaissance, la seule qui ait été em- ployée jusqu'à ce jour ; les deux autres m'appartiennent, et je les ai appli- quées avec succès à plusieurs substances. M 2. La sursaturation n'a qu'une étendue limitée, de sorte que les solu- tions sursaturées cristallisent toujours par suite d'un abaissement de tem- pérature suffisant. )) 3. Plus une solution sursaturée est concentrée, moins est grand le degré de froid nécessaire pour en provoquer la cristallisation. » 4. Au-dessus de la température de cristallisation spontanée, la sur- saturaîion ne cesse qu'au contact inunédiat de cristaux déjà formés. 1) 5. La sursaturation d'un sel cesse par le contact d'un de ses isomor- phes à l'état cristallisé, pourvu cependant que la soluiioi! soit dans un cer- tain état de concentration dont la grandeur peut varier d'un isomorphe à l'autre. » 6. Le phénomène delà sursaturation n'est pas une propriété particu- lière aux sels hydratés, mais il est général et s'obtient très-facilement aussi avec des sels anhydres. M. Jeannel s'est donc trompé lorsqu'il a avancé, comme une preuve de son système, que les sels anhydres ne formaient pas de solutions sursaturées. » 7. La solution sursaturée du nitre laisse déposer s|)ontanémei)t, à une certaine température, des cristaux rhomboédriques qui jouent, vis-à-vis du nitre prismatique ordinaire, un rôle analogue à celui des cristaux à ^Aq du sulfate de sonde vis-à-vis de ceux du même sel à loAq. Touchés avec le i3.. ( 96) nitre ordinaire, les cristaux rliomboédriques deviennent instantanément opaques et se hérissent d'aiguilles, s'ils sont encore entourés de solution sursaturée. Il ne s'agit point ici de différences do composition, comme pour le sulfate de soude qui prend plus ou moins d'eau, mais de deux états dimorphiqnes d'un même sel. » Comme applications de la seconde méthode de préparation des solu- tions sursaturées, je citerai les résultats suivants : « 8. La précipitation du sulfate de chaux est de beaucoup retardée lors- que le mélange du sel solublede chaux et du sulfate alcalin est fait en vase clos et propre. Je ne doute pas qu'en l'absence complète des poussières adhérentes aux instruments ou apportées par l'air, la précipitation ne fût indéfiniment retardée. "' 9. Deux solutions, l'tuie de soude caustique, et l'autre d'acide sul- furique, étant mélangées lentement à froid dans un tube bien lavé et fermé, ne cristallisent point. Si le mélange était fait à l'air, le sel à lo Aq se dépo- serait aussitôt en quantité considérable. » 10. Deux solutions, l'une de sulfate de potasse, l'autre de sulfate d'alu- mine, étant mélangées dans un tube bien lavé et fermé, ne cristallisent point. Au contact de l'air, il y aurait une abondante précipitation d'alun. » Comme exemple de solution sursaturée par la troisième méthode, je citerai le fait suivant : » 11. Une solution de sulfate de soude à lo équivalents d'eau, faite à froid, évaporée à froid, dans le vide ou à la pression ordinaire, et réduite à une fraction de son volume, est constituée à lélat de sursaturatiou ; elle ne cristallise pas par le contact du sel qui a pu se déposer sur les |>aroisdu vase qui la contient, et, lorsqu'on l'expose à l'air ou qu'on la touche avec un cristal de sel non modifié, elle se prend aussitôt en une masse cris- talline, » Cette expérience est une preuve irrécusable que, contrairement à la théorie de M. Jeannel, la solution ordinaire ne fait point cristalliser la so- lution sursaturée de sulfate de soude; car autrement, comment pourrait-on concevoir la formation graduelle de celle-ci au moyen de la simple évapo- ration de celle-là? Du reste, M. Gernez avait déjà prouvé, par des expé- riences directes, que la solution ordinaire du sulfate de soude ne faisait point cesser la sursaturation de ce sel; c'est aussi ce que j'ai été à même de vérifier fort souvent pendant le cours de mon tiavail. » ( 97 ) GÉOLOGIE — Sur tes phénomènes consécutifs de l'éruption de décembre 1861, au Vésuve. Extrait d'une Lettre de M. A. Mau«et à M. Cli. Sainte-Claire Deville. « Naples, le 12 mars i863. » L'eau de la fontaine publique se trouve considérablement réduite, elle ne s'écoule plus que par trois des venti cannelli. Le sol, en s'abaissant de nouveau, aura refermé les fissures par où s'étaitfrayé une issue cette grande masse que nous avons vue ensemble, et qui a presque entièrement disparu aujourd'hui. L'eau de la fontaine contient du gaz carbonique en quantité notable, et a un très-léger goût de naphte. On reconnaît dans la partie basse, aujourd'hui à sec, au pied du grand escalier, la présence du gaz car- bonique, mais en petite quantité. » De là, je me suis transporté à la lave de 1794, ^ni bord de la mer. La fissure d'où sortait (à lo mètres environ au-dessus de la mer) le gaz carbo- nique, accompagné, dans le temps, de vapeur d'eau et d'acide sulfhydrique, est ensevelie sous plusieurs tombereaux de décombres provenant des dé- molitions de la ville, que l'on a transportés là, et qui ont déjà comblé une partie de la cavité qui s'étend jusqu'à la mer, et que vous connaissez. » Au fond de cette cavité et de l'autre voisine où nous avons recueilli tant de fois le gaz à la lame, tout dégagement a disparu; on y reconnais- sait bien, il est vrai, la présence d'un peu de gaz carbonique, mais il sem- blait provenir en grande partie des dégagements centraux qui existent tou- jours en mer à quelques mètres de la plage, et qu'un léger vent du sud chassait de mon côté. Je n'ai observé aucun dégagement à la lame ni dans toute l'étendue des deux cavités en question, où nous l'avons vu si fort l'an dernier. » N'ayant rien à faire eu ce point où le papier à l'acétate de plomb n'est plus attaqué nulle partie long delà fissure, je fis venir une barque pour recueillir le gaz en mer, où le dégagement est toujours comparativement abondant. J'y ai fait les analyses suivantes : » Température de l'air, i4")5 à l'ombre. » Température de l'eau, au milieu du dégagement de gaz, i3°,5. En pro- menant le thermomètre aux environs, et passant et repassant sur la fissure comme nous l'avions fait ensemble, il n'est monté à certains endroits que jusqu'à i^°,5. i^^ analyse. Acide carbonique 83, 16 Oxygène 2,10 Azote -(- gaz combustible. .. . '4»74 100,00 100, 00 100,00 ^ aniilyse. 3' analyse 82,72 79, 3i 2,07 2.77 l5,21 •7.92 ( 98 ) » J'ai essayé de brûler le résidu, et j'ai cru observer une petite explo- sion ; mais elle a été très-peu sensible. » Ce gaz serait, d'après les analyses que j'ai faites aussi exactement que possible, beaucoup plus riche que par le passé en air atmosphérique dépouillé d'une partie de son oxygène. » KLECTllO-CUlMIE. — Désagrégation du chai bon tiiétallique. Note de M. Zaliwski-Mikorski, présentée par M. Chevreul. « \jSl désagrégation de ce charbon s'obtient en remplaçant le zinc d'une pile de Bunsen par du fer, que l'acide azotique fumant a rendu passif. On verse l'acide fumant additionné d'un peu d'acide sulfurique dans le vase poreux. Le vase externe est simplement rempli d'eau. Aussitôt que la pile marche, le phénomène commence, et il dure autant que la passivité du métal. « PHYSIQUE DU GI.OBE. — Sur le déuelopj)einenl des glaces polaires et l'extension du gulf-stream dcuis le Nord ; par M. Ch. Grad. « L'hypothèse d'une banquise continue aux deux pôles est fausse. Parry, qui pensa atteindre, en 1827, le pôle nord en traîneau sur un manteau de glace continu, dont les marins de l'époque croyaient avoir reconnu l'exis- tence, trouva des accumulations de glaçons séparés par des espaces d'eau libre dérivant tous vers le midi, et l'expédition dut revenir sur ses pas après avoir atteint 82" 4°' '^''- latitude le 2/) juillet. Au delà de ces glaces en mou- vement, la mer était libre, et Parry affirme « qu'un vaisseau eût pu » naviguer jusqu'au 82" parallèle sans toucher un morceau de glace. » Durant sa double navigation dans l'océan Austral, Ross fut arrêté en 1841 et en 1842 par des masses de glaces flottantes. Il les traversa à deux re- prises avec un lourd navire à voiles. La bande de glace flottante mesurait, la première année, une largeur transvei'sale de i5o milles, et, l'année sui- vante, Ross traversa un nouveau cordon suivant une ligne de .5oo milles marins jusqu'à 78° 9' de latitude sud. Selon les préjugés en crédit, on devait rencontrer un froid croissant, des glaces de plus en plus épaisses vers le sud. Il n'en fut rien. Derrière les glaces s'étendait une mer conij^létement libre jusqri'à une ligne de côtes basses dominées ])ar deux volcans hauts de 3ooo à 4ooo mètres et par de puissants glaciers qui ne furent pas dépas- sés. Enfin, même dans le labyrinthe de terres et de mer, au nord de l'Amé- rique arctique, l'eau est souvent hbre de glace. Pour ne citer qu'un seul ( 99) exemple, Morton, le compagnon de Rane, vit, sur la côte nord-ouest du Groenland, un canal ouvert où « la mer venait se briser blanche d'écume » contre le cap Constitution. En s'avancant vers le nord, le canal avait » l'apparence d'un miroir bleu et non glacé : trois ou quatre petits blocs » étaient tout ce qu'on pouvait voira la surface de l'eau, aussi loin que l'œil » pouvait atteindre. «Vers le sud, depuis la limite de l'eau libre jusqu'au détroit de Smith, s'étendait iiiie surface de glace solide, longue de i8o kilo- mètres. A l'entour volaient d'innombrables bandes d'oiseaux; la neige était fondue sur les rochers et la terre revêtue de verdure; le thermomètre à leau marquait 2,3 degrés centigrades. » Que conclure de ces faits, sinon que, sous les plus hautes latitudes, les glaces occupent une surface relativement restreinte? Le pôle arctique, ni le pôle austral, n'a ime calotte de glace unie, continue. Au pôle nord et au pôle sud, la mer se dégage chaque été de son manteau de glace conmie dans nos climats, les arbres perdent leurs feuilles à l'approche de l'hiver. Toutes les fois qu'on a traversé le cordon de glaces en mouvement vers l'équateur, on a trouvé derrière elles une mer libre et ouverte. » Les glaces flottantes des mers australes s'étendent en général plus loin que celles du nord. Elles s'avancent dans le triple bassin de la mer des Indes, de l'Atlantique et du grand Océan à une latitude correspondante aux côtes de la Manche, quelquefois jusqu'au cap de Bonne-Espérance, tandis que, dans l'hémisphère septentrional, elles parcourent une distance égale sur un seul côté, sous le méridien du Groenland. Cette grande extension des glaces australes tient à la régularité du courant polaire antarctique. Elles se dirigent sur l'équateur suivant des spirales régulières jusqu'à une latitude à peu près uniforme, aucune cause accidentelle n'influant d'une manière sensible sur le mouvement du grand courant austral. Dans l'hémi- sphère nord, la prédominance des terres agit bien autrement. Les côtes septentrionales de l'ancien et du nouveau continent s'arrêtent entre 70 et 80 degrés de latitude pour former un bassin circulaire, ouvert largement entre l'Amérique et l'Europe, mais que l'île allongée du Groenland sépare en deux parties inégales. Ces côtes déchiquetées, le groupe insulaire de l'Amérique arctique modifient profondément la température des diverses parties de la zone boréale et réagissent sur la direction des courants gla- ciaires. Ceux-ci, très-froids sur les côtes du Groenland et dans la mer de Baffin, provoquent des courants contraires qui, dans l'Atlantique, projettent les eaux tièdes du gulf-stream dans le voisinage du pôle. A la rencontre des ( loo ) eaux froides du courant polaire vers le cap Hatteras, le gulf-stream dévie vers l'Europe et forme une courbe dont la concavité regarde la mer de Baffin ; c'est la limite qu'atteignent, sans jamais la franchir, les glaces flottantes que le courant du détroit de Davis pousse vers le sud. En même temps, il se divise en deux branches, dont l'une butte contre les côtes de la Manche, contourne le golfe de Gascogne pour rejoindre, au delà des îles du Cap- Vert , le courant équaforial. L'autre branche passe entre la Norvège et l'Angleterre, baigne les îles de l'Ours et de Jan-Mayen, les côtes occiden- tales des Spitzbergen, celles de la Nouvelle-Zemble, et pénètre enfin dans le bassin polaire en formant, au nord de la Sibérie, la fameuse Polynia, une mer toujours libre et ouverte, découverte il y a soixante ans par He- denstrom. » Sur la côte d'Amérique, le courant polaire charrie des glaçons jusqu'à la latitude de Malte. Ils descendent près de Terre-Neuve par flottes nom- breuses et refroidissent toute cette côte, dont la flore et la faune sont celles des terres polaires, tandis que, sous l'influence ilu gulf-streaiu, non- seulement les glaces sont écartées des côtes de France et d'Angleterre, mais jamais un seul bloc ne frise le cap Nord, à l'extrémité septentrionale de la Norvège. A plus de 35o kilomètres de ce promontoire, la baie de Kola ne se couvre jamais de glace, tandis que la mer Blanche, le golfe de Bothnie, même la mer d'Azow, à 23 degrés plus au sud, gèlent chaque année. La Nouvelle-Zemble ensuite a un climat plus doux sur son bord occidental que sur les côtes de l'est, et il y a là moins de glace au nord qu'au midi, grâce au passage du gulf-slrenm, au nord de l'île, pendant qu'un courant froid la baigne au sud et à l'est. Comme cette île forme une digue entre les eaux tièdes du gutf-slream el\e& flots glacés de l'Iénissei et de l'Obi, la mer de Kara se dégage rarement, ses glaces ne peuvent pénétrer dans le bassin polaire. Entre le groupe des Spitzbergen et la Nouvelle-Zemble, Keilhau a vu tomber de la pluie à Noël, sur l'île de l'Ours ; l'hiver y est si doux, que la neige persiste quelques jours à peine, et les îles Spitzbergen sont presque toujours dépourvues de glace le long des côtes méridionales. » Ici, cependant, les cartes marines indiquent une puissante barrière de glace devant s'étendre des Sjîitzbergen et de la Nouvelle-Zemble à la côte de Sibérie. Cette barrière n'existe pas. Malgré le froid glacial de la mer de Kara, la mer à l'est du pays do Taymir, au nord de l'archipel delà Nouvelle- Sibérie, est toujours ouverte et libre de glace, constamment navigable sous le méridien de la zone la plus froide de la Sibérie. Dans le nord de cette ( 'o. ) mer, l'amiral Anjou affirme avoir toujours vu les glaçons emportés vers l'est. Toutes ces côtes, comme celles des Spitzbergen, sont couvertes de bois flottés appartenant à des essences d'Amérique qui n'ont pu élre charriés si loin de leur lieu d'origine que par ie cjiilj-sli eam . i> Le courant chaud du golfe s'étend donc jusqu'au nord de la Sibérie, où il se perd dans le bassin polaire. Ses eaux restent hbres entre les mers glacées qu'elles traversent, et c'est dans le prolongement de ce courant, entre les Spitzbergen et la Nouvelle Zombie, qu'il faut chercher la voie la plus aisée pour arriver au pôle arctique par mer. ■> GÉOLOGIE. — Complément à la Noie du 28 mai dernier, sur l'ancienneté (te l'homme; par M. Hnssox. (Extrait.) « L'étude du terrain quaternaire des environs de Toid ne conduit pas seidement aux conclusions générales indiquées dans le Compte rendu de la séance du 28 mai dernier, elle met aussi à jour certains faits importants à connaître sousphis d'un rapport. M ^. Le premier point habité par l'homme, dans les environs de Toul, a été Pierre, coteau de la Treiche : la nature des débris qu'il y a laissés et la position toute favorable du terrain semblent ne laisser aucun doute à cet égard. C'est plus tard seulement qu'il a remonté le ruisseau des Bouvades ou deCrézilles. Aussi, bien que dans cette commune on rencontre des ob- jets trés-primiîifs, ceux annonçant déjà un certain progrès, au moins rela- tif, sont eu plus grand nombre; on peut suivre les degrés de cette amélio- ration, depuis le simple éclat de pierre ayant servi d'arme, jusqu'à la belle hache polie en serpentine, granité, etc. Les commencements de l'âge d'ai- rain, les époques romaine et franque, etc., y ont aussi laissé des traces, et il en est de même à Pierre, où ne se sont point cependant encore trouvés de silex polis. En sorte que depuis l'apparition de l'homme, ces deux terri- toires n'auraient pas cessé d'être habités. » B, Les belles flèches dont se servaient les premiers habitants de notre pays avaient quatre variétés de formes : flèches avec i\e\:\ lobes et îui point d'attache à la base; flèches avec lobes, mais sans point d'attache; flèches sans échancrure ou lobes à la base; flèches en forme de lo.sange, » C. Un racloir mérite aussi de fixer l'attention. Il offre un tranchant émoussé par l'usage, circonstance qui m'amène à compléter une assertion émise dans mes Notes précédentes. c. R., 1X06,3'"= Sr.-ncîKf '1. LXm, Noô. '4 ( I02 ) » 1° Les premiers habitants tie ce pays ne se servaient pas seulement de silex taillés; ils utilisaient aussi, souvent même sans y reloucher, les sim- ples éclats que leur offrait la nature. — a" Ledit radoir, comme aussi les silex étrangers non taillés qu'on rencontre aux thermes, me confiiineraient dans cette opinion, que parmi les silex non ouviésdn plateau de la Tieiche, beaucon|) ont été déposés par l'homme, si leur forme, leur ;d)oud;uice el la présence, parmi eux, dedébris travaillés avaient pu me laisser quelque doute à cet égard. — 3" Mais par cela même que telle ou telle forme n'est parfois qu'un accident, un eflet, une sorte de jeu de la nature, la ressemblance seule d'un silex avec certains instruments primitifs ne suffit pas pour le faire considérer comme de fabrication humaine ou comme ayant servi; c'est la un autre fait à ajouter aux nombreuses causes d'erreurs déjà énumérées, particulièrement dans mes Notes des loaoùtel i8 octol)re i863. » D. Enfin, il est un instrument à ne pas oublier, parce qu'il n'est pas commun : c'est une scie en silex. Les photographies jointes à cette Note en représentent deux échantillons à dents très-fines, et dont l'un, à son autre bord, est tranchant. » M. Alléckei- adresse une nouvelle Note intitulée : " De l'influence du retard de la marée sur le mouvement de la Terre ». Cette Note est renvoyée, comme la Note du 2 juillet, à l'examen de M, Bertrand, auquel M. Delaunay est prié de s'adjoindre. M. Becchot soumet à l'appréciation de l'Académie l'exposé sommaire de son nouveau système de navigation intérieure, ou application de la va- peur à la navigation des fleuves, rivières et canaux. Cette Note est renvoyée à l'examen de M. Séguier. La séance est levée à /j heures et demie. É. D. R. \o'^ ) BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. F/Acadéinie a reçu dans la séance du i6 juillet 1866 les ouvrages dont les titres suivent : Rerlieiches sur lescombiitaisoiis du Imilak; jiar M. C. Marignac, Sans heu ni date; br. in-8". Mémoire sur l'cllmagraphie de la Perse; par M. N. DE Khanikoff. Paris, 1866; 1 vol. in-4" avec planches. (Présenté par M. de Qiiatref'ages.) Sur le (Ijas; jiar M. J. Marcou. Paris, 1866; opuscule in-8''. (Extrait du Butietin de la Société Géolocjiciue de France.) Extrait de la clinique de i établissement hydrothémpique de Loncjcliantps, à Bordeaux; par M. le ly P. Delmas. Paris, 1866; br. in -8°. Mécanique terrestre. De l'influence qu exerce la rotation de la terre sur la direclinn des projectiles libres et captifs; par M. S. POLAILLON. Belfort, 186G; br. in-8". De l'influence des plantes sur la civilisation. Discours prononcé par M. le D'Clos. Toulouse, 1866; br. in-8". La feuille florale et l'anthère; par M. le D'' Clos. Toulouse, sans date; br. in 8°. Alluvions (les environs de Toul par rapport à l'antiquitéde l'espèce humaine, par M. HussON. Toul, sans date; br. in-8°. Akadeniische... Eloges académiques; par M. Cari. F. P. DE .Martius. Leipzig, 18G6; I vol. in-8°. 2 exemplaires. Choiera... Le choléra, sa nature, sa cause et son traitement, parM.C SearLE. Londres, 1866; demi-feuille in-8". Address... Discours prononcé, le 28 mai 1866, à la séance annuelle de la Société royale de Géographie, par son Président M. R. J. MuRCHlSON. Londres, 1866; br. in-8". Monatsbericht... Comptes rendue mensuels des séances de C Académie royale des Sciences de Berlin, mars et avril 1866. Berlin, 1866; br. in-8". 2 exem- plaires. Einleitende... Introduction à l'élude de la Géoloyie de la Chersonèse et des environs du (jolfe de Taman; par M. H. ÀBICH. Saint-Pétersbourg, i865; in-4". Karten... Cmtes géologiques tl cuupc de la Chersvnesc et des envircms du 1 io4 ) (jolfe de Tamnn, piéparées pour un travail destiné aux Mémoire.-, de l'Aca- démie impériale de Sainl-Pélersboimj ; par'Sl. Abich, 7« série, t. IX.Tiflis, 1866; in~4°. Àjerçn de mes voyages en Transrnncasie en i86/j; pni M. Abich. Moscou, r8()5; in-S". Giornale... Journal des Sciencei naUnelles et économiques, I. F', fasci- cules 3 et 4. Païenne, 1866; in-4''. 2 exemplairps. Tforia... Théorie mécanique delà c/iakur, nolahlement perfectionnée; par -M. G. Gallo. Turin, 1866; in.8°. Mémoires de l'Université de Kazan, Section des Sciences physico-ninthcinn- tiques et médicinales. Année i863, 1" et 2° cahiers; année 1864, i" et 2^ ca- hiers; année t865, cahiers i à 5. Kazui, i8G5; i3 cahiers. »80»< COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SEANCE DU LUNDI 25 JUILLET 186G. PRÉSIDENCE DE M. CHEVREUL. ME»IOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. LE Président de l'Ixstitct invite l'Académie des Sciences à désigner un de ses Membres pour la représenter, comme lecteur, dans la séance publique annuelle des cinq Académies, qui doit avoir lieu au mois d'août prochain. GÉOLOGIE. — Explication du Tableau des données numériques qui fixent, sur la surface de la France et des contrées limitrophes, les points oii se coupent mutuellement vingt-neuf cercles du réseau pentagonal; par M. L. Eue de Beaumont. [Suite et fin (i).] « Il me reste encore à indiquer un moyen de vérification qui s'est pré- senté de lui-même dans la suite de mes calculs, et qui a l'avantage de mettre en relief une propriété remarquable des cercles du réseau penta- gonal. M Si un ou plusieurs grands cercles de la sphère passent en un point M de sa surface, ils ont tous leurs pôles dans le grand cercle auquel M sert de pôle, et, réciproquement, tous les cercles qui ont leurs pôles dans le (l) Jj' Académie a décidé que ce Mémoire, quoique dépassant les limites réglementaires, serait reproduit en entier au Compte rendu, C. R., i8C6, »■"" SemesCre. (T. LXIll, N» 4.) '5 ( io6) grand cercle qui a pour pôle le point M. viennent nécessairement se couper en ce même point INI. » Ainsi, les grands cercles primitifs du réseau pentagonal ayant pour pôles les points H, les 5 grands cercles primitifs qui ont pour pôles les lo points H contenus dans un dodécaédrique régulier, viennent tous passer aux 2 points D, antipodes l'un de l'autre, qui en forment les pôles. Ce dodécaédrique régulier renferme aussi lo points ft, et les 5 bissecteurs DH dont ces points b sont les pôles passent aux mêmes points D. » De même, les 6 points H que renferme un octaédrique sont deux à deux les pôles de 3 grands cercles primitifs qui passent aux 2 points I, pôles de l'octaédrique, et les 6 dodécaédriques rhomhoïdaux qui ont pour pôles les 12 points T que renferme l'octaédrique, ainsi que les 3 bissec- teurs IH qui ont pour pôles les 6 points a contenus dans le même octaé- drique, passent tous aux 2 points I qui en forment les pôles. « Il serait facile de multiplier les exemples de ce genre, en considérant les points principaux du réseau pentagonal et les grands cercles qui y sont encadrés le plus régulièrement; mais la propriété de se croiser plusieurs ensemble aux deux extrémités d'un même diamètre de la sphère appartient aussi à des grands cercles placés d'une manière moins symétrique dans le réseau. Il suffit que ces cercles aient leurs pôles dans un même grand cercle, et celte condition se réalise souvent parmi les cercles du réseau pentagonal, comme conséquence des lois générales de symétrie qui les lient tous entre eux; seulement à mesure que ces cercles descendent dans l'échelle de la symétrie, il devient moins facile d'établir qu'ils remplissent les conditions nécessaires pour que leurs plans se coupent suivant une même droite. » Par exemple, le primitif de la Nouvelle-Zemble (système du Rhin) et les 2 cercles auxiliaires Tla Morbihan et TI Mont Viso ont respective- ment pour pôles un point H (il suffit de nommer un des pôles), un point où se coupent mutuellement i dodécaédriques rhomboidaux et un bissecteur IH et un point c. En s'aidant du globe sur lequel M. Laugel a tracé, d'après mes données, le réseau pentagonal, on voit que le point H, pôle du primitif de la Nouvelle-Zemble, est celui qui tombe dans l'océan Pacifique au S.-O. deïéhuantepec; que le point d'intersection multiple, pôlede Tin, tombe le long de la côte du Brésil, au S. de la baie de Laguna, et que le point c, pôle de Tl Mont Viso, tombe dans le haut de la vallée du Rio-Beni, au N.-E. du lac deTiticaca. Sur le globe habilement construit par M. Laugel, on peut constater graphiquement que ces trois points sont placés sur un même grand cercle; mais cette constatation opérée sur une petite échelle ne serait ( 107 ) qu'un moyen précaire d'établir que les trois cercles se coupent exactement en un seul et même point. En l'absence d'une construction géométrique propre à faire voir facilement que les trois points sont exactement compris clans une même circonférence de grand cercle, il n'y aurait pas de procédé plus simple pour s'en assurer que de recourir au calcul numérique, afin de voir si les trois points d'intersection de ces trois cercles combinés deux à deux se confondent ou non en un seul. » Or, mon Tableau des points d'intersection donne la solution de la question, car les trois intersections y sont inscrites. On y trouve, en effet : DISTANCE DISTANCE à la perpendiculnire. a la méridienne Tin Morbihan, Tl Mont Viso 254,3-28' 209,282' TIa Morbihan, primitif de la Nouvelle-Zemble. . 254, 32y 209,282 Tl Mont Viso, primitif de la Nouvelle-Zemble . . 204,329 209,282 » On ne pouvait s'attendre à une coïncidence plus complète; on peut même s'étonner que des calculs exécutés par logarithmes, indépendamment tes uns des autres, aient amené aussi peu de divergence. Il est donc clair que les trois cercles se croisent en un même points c'est-à-dire que leurs plans se coupent suivant un même diamètre de la sphère. u Mon Tableau général, comme il est facile de le voir, sans que j'en repro- duise ici les chiffres, présente onze autres exemples de la coïncidence de trois points d'intersection, savoir : TIa Morbihan; Tb Vendée; Dac Pays-Bas. TIa Morbihan; Dac Forez; primitif de Lisbonne. TIa Morbihan; Haa Minorque, Norvège; Tlbli Hécla. Tè Mont Serrât; octaédrique du Mulehacen; Dtl Belle-Ile. Hèaaé Minorque, Land'sEnd; Ti Vendée; T«6c Longmynd. Ubaab Minorque, Land's End; DH Mont Seny; HrzTTa Inde, Turquie, Espagne. TTA6 Hécla; Taèc Longmynd; primitif de Lisbonne. Tl Mont Viso; Haa Minorque, Norvège; Ti Taira. Haa Minorque, Norvège; DH Belle-Ile; Tabc Longmynd. Haa Minorque, Norvège; Dar Coîe-d'Or; Te Hundsruck. Jabc Longmynd; T6 Tatra; Te Hundsruck. » Le Tableau présente en outre deux exemples de la coïncidence de six points d'intersection, résultant du concours de quatre cercles, savoir : JJbb Hécla; Tï bbc Sancerrois; HaTTa Inde, Esp.,Tiirq.; Pr. de la Nouvelle-Zemble, Dac Forez; Taie Longmynil; Te Hundsruck; T b Tatra. » Les points T à rO.-N.-O. de Burgos et a pvès du Land's End, qui touj- bent dans le cadre de la carte géologique de la France et qui sont compris i5.. ( 'o8 ) dans le Tableau sont eux-mêmes des points de croisement multiples. Le Tableau renferme donc i6 points où se croisent plus de 2 cercles et qui pré- sentent la superposition de plusieurs points d'intersection calculés sépa- rément. Celui de ces 16 points pour lequel les chiffres obtenus pour les différentes intersections superposées coïncident le moins exactement est Tb Mont Serrât, octaédrique du Mulehacen, DH Belle-Ile, pour lequel on a : DISTANCE DISTANCE à la perpendiculaire, a la meriilleDDa. Te Mont Serrât, octaédrique du Mulehacen. . . . t)2,^6i' 289,403' T6 Mont Serrât, DH Bellellc 92,468 289,397 Octaédrique du Mulehacen, DH Belle-Uc 92,47' 289,403 » On voit que les trois intersections sont cependant comprises dans un rectangle de lo toises de hauteur sur 6 toises de largeur, c'est-à-dire d'une grandeur complètement négligeable. En effet le calcul par logarithmes avec les Tables à sept décimales de Callet, que j'emploie constamment, assure seu- lement la précision des secondes, mais non celles des fractions de seconde : or, comme une seconde de degré terrestre équivaut à i6 toises environ, lo toises ne représentent qu'une fraction de seconde, c'est-à-dire une quan- tité dont il est impossible de répondre. Mes i6 points d'intersections multiples se présentent donc chacun en particulier comme doit le faire lui point unique calculé par plusieurs mojiens différents, dont les résultats s'accordent dans les limites de précision assignées à l'usage des Tables de logarithmes. Ces points en groupes serrés sont toujours, comme le montre le Tableau, éloignés des autres points d'nitersection, de même que ceux-ci le sont entre eux de plusieurs milliers, ou tout au moins de plusieurs cen- taines de toises. Il doit en être ainsi, parce que les cercles du réseau penta- gonal assujettis à passer par deux au moins des points principaux du réseau ne dérivent pas l'un de l'autre par des changements insensibles, mais se séparent par sauts brusques, d'où il résulte que leurs points d'intersection sont notablement éloignés les uns des autres, à moins que, par des con- ditions particulières de symétrie, ils ne viennent à coùicider. Il est par conséquent évident que chacun des 16 groupes de points très-voisins don- nés par le calcul représente un point unique, car, pour attribuer leur rapprochement au hasard, il faudrait admettre relativement à chaque groupe une combinaison d'erreurs excessivement improbable. » Ces intersections multiples ont naturellement, au point de vue géolo- gique, une importance particulière, et j'ain-ai à y revenir dans la suite. Je me borne à remarquer en ce moment que le calcul qui arrive, par des voie» ( I09 ) diverses, à fixer leur position sans autre incertitude que celle qui est inhé- rente à tout calcul logarithmique, fournit une vérification indirecte, mais certaine, de tous les chiffres et de toutes les opérations qui ont concouru à leur détermination finale, à partir de rétablissement du réseau pentagonal. » Les cercles dont l'appareil numérique se trouve ainsi vérifié à poste- riori sont ceux qui passent aux 16 points de croisements multiples dont il vient d'être question, savoir : 1° Octaédrique du MontSinai; i°'\:\n Morbihan; 3" li Monl Serrât; 4" ^Abaab Minorque, Land's End; 5° Tïbb Hecla; 6° TI Mont Viso; 7° Ti Vendée; 8° Dnc Forez; 9" octaé- drique du Mulehacen; 10° Hao Minorque, Norvège; 11° primitif de la Nouvelle-Zemble; 12° T«ic Longmynd; i3° DH Mont Seny; 14^ D«c Cote-d'or; i5° primitif de Lisbonne; iG-Tc Hundsruck; 17" TTièc Sancerrois; 18° DH Belle-Ile; 19° T b Tatra; 20° Hac Pays- Bas; 21° H«TTa Inde, Espagne, Turquie; 22° primitif du Land's End. )) Les 7 cercles TDi Corse et Sardaigne, DH nord de l'Angleterre, De Alpes occidentales, TD6 Finistère, Trt Vercors, HaTTrt Érymanthe, Mermoucha; Ubaab Alpes principales, dont les quatre premiers passent au point D, centre du pentagone européen, situé tin peu en dehors du cadre de la carte géologique et dont les trois derniers traversent seulement les parages de la Coise, sont les seuls parmi les 29 cercles inscrits au Tableau dont les données numériques n'aient pas reçu dans les calculs actuels la consécration nouvelle dont je viens de parler. Mais la précision avec laquelle les 22 premiers cercles se sont accordés ponr la détermination des 16 points d'intersections multiples tend à prouver que les moyens de vérifi- cation auxquels j'ai soumis uniformément toutes les données numériques que j'ai publiées étaient suffisants, et n'ont pas di^i laisser subsister de fautes. J'espère qu'elles doivent y être du moins en fort petit nombre. )) 11 est à remarquer que les 16 points de croisements multiples que j'ai trouvés résultent de la superposition trois à trois, six à six, et luême dix à dix (point Ta l'O.-N.-O. de Bnrgos), de points d'intersections simples; de sorte que ces 16 poiiils de croiseiuent renferment 61 des i83 intersections sitnples que j'ai calculées, ce qui les réduit à i83 — 61 -)- 16 = iSS points réelleiuent différents. » I^es différences qui, pour ces 61 points rédnits à 16, existent entre les distances à la perpendiculaire et à la méridienne des diverses positions d'un même point, trouvées séparément, donnent la mesure du degré d'in- certitude que présente la détermination des distances à la méridienne et à la perpendiculaire que renferme mon tableau. Cette incertitude, on le voit, ne dépasse pas un petit nombre de toises, soit en latitude, soit en longitude. ( MO ) Elle est absoluinent indifférente au point de vue géologique, et l'on pour- rait à peine en tenir compte dans une construction graphique, même sur une carte au vingt-millième; car j^^ de lo toises ou de ao mètres est I millimètre seulement. » Ce degré de précision étant surabondant pour la géologie, il est évident que si je n'avais consulté que les besoins de la cartographie géologique, j'aurais pu me borner à la précision des minutes; mais je dois faire ob- server que si je m'en étais tenu là, j'aurais laissé échapper plusieurs des moyens de vérification que j'ai employés, et laissé svibsister, par consé- quent, des fautes que j'ai corrigées; par exemple, les distances à la per- pendiculaire et à la méridienne des trois positions trouvées pour le point de convergence de trois cercles auraient pu différer de plusieurs centaines de toises, et l'on n'aurait plus possédé de critérium certain pour distinguer les points de croisements multiples des intersections isolées, ce qui aurait fait évanouir le moyen de vérification et toutes les considérations qui se rat- tachent à l'existence des premiers. I, Le moyen de vérification et toutes les considérations qui se rattachent à l'excès sphérique des petits triangles, pour lesquels cet excès sphérique n'est que de quelques secondes, auraient également disparu. » Je dois faire remarquer en même temps que si, au lieu d'appliquer le calcul aux intersections mutuelles des cercles du réseau pentagonal, je m'é- tais contenté de déterminer leurs points de rencontre avec les méridiens, ce qui eût été plus expéditif et suffisant sous beaucoup de rapports, une partie des moyens de vérification que j'ai employés auraient disparu avec les conséquences qui les accompagnent cl celles qui pourront les suivre. » Cent trenle-huit points choisis du réseau pentagonal, placés avec pré- cision sur la France et sur les contrées limitrophes, seront, je crois, une base suffisante pour bien établir les rapports qui existent entre le réseau penta- gonal et la structure orographique et géologique de nos contrées. J'espère avoir ultérieurement plus d'une occasion de fixer sur ces rapports l'atten- tion de l'Académie. » Les grands cercles du réseau pentagonal que je considère dans mon travail actuel sont identiques avec les cercles correspondants de mes travaux antérieurs, n)ais j'ai ajouté une ou plusieurs lelties à la désignation de quelques-uns d'entre eux, afin que chacune de ces désignations présentât l'indication de tous les points principaux où passe le cercle qu'elle repré- •sente, ce qui aide à en suivre le cours dans toutes les parties du léseau. » J'ai joint aussi à la désignation de chaque cercle le nombre qui exprime ( 'II ) son poids, afin de mettre en évidence ce fait, propre à surprendre au premier abord, que les cercles du poids le plus faible, lorsque la nature a produit les systèmes de montagnes qu'ils représentent, ont, avec les accidents orogra- phiques et stratigraphiques de la surface du globe, des rap[)orts aussi précis que les cercles dont le poids est le plus considérable. » Les poids que j'assigne ici aux cercles du réseau diffèrent pour la plu- part de ceux que j'ai donnés dans ma Notice sur les systèmes de montagnes. Depuis la publication de ma Notice, j'ai l'econnu que la formule dont j'avais déduit les poids des cercles est inexacte, et j'ai déterminé ces poids par une méthode nouvelle que je vais exposer sommairement. » Le réseau petitagonal divise la surface de la sphère en 120 triangles rectangles scalènes égaux et symétriques deux à deux. Un point quelconque pris dans l'inférieur de l'un de ces triangles a son homologue dans tous les autres; d'où il résulte qu'il y a toujours sur la surface de la sphère 1 20 points d'une espèce déterminée quelconque; par exemple, il y a 120 points c. Cette règle présente cependant des exceptions apparentes. Si l'on prend un point sur les contours de l'un des 120 triangles rectangles scalènes, il appartiei'.dra à deux triangles à la fois, et il n'aura que 5g homologues; de sorte qu'il n'y aura dans tout le réseau que 60 points de son espèce. Mais ce point, par cela seul qu'il appartient à deux triangles, doit être considéré comme double; on peut le regarder comme résultant de la réunion de deux points qui, placés symétriquement dans deux triangles contigus, se sont rapprochés de manière à se confondre et à n'en plus former qu'un seul, placé sur la ligne de sépara- tion des deux triangles. Ainsi, parmi les points principaux du réseau, il y a 60 points a, 60 points b, 60 points T qui peuvent être considérés respective- ment comme composés de deux points a, de deux points b, de deux points T, (le manière qu'ils représentent 120 points rt, 120 points b, 120 points T, qu'on peut supposer placés deux à deux à des distances infinin\ent petites. On comprendra de même que chacun des 3o points H placés à la réunion des angles droits de quatre triangles rectangles scalènes peut être décom- posé en quatre points H; que chacun des 20 points l placés à la réunion des angles de 60 degrés de 6 triangles rectangles scalènes peut être décom- posé en six points I, et que chacun des la points D placés à la réunion des angles de 36 degrés de 10 triangles rectangles scalènes peut être décom- posé en 10 points D. , » Les points principaux du réseau étant placés deux à deux aux extré- mités d'un même diamètre, il suffit pour l'objet actuel d'en considérer la ( M2 ) moitié, c'est-à-dire ceux seulement qui sont compris dans un hémisphère; cela dispense d'énoncer d'aussi grands nombres et éloigne certains em- barras. » Le réseau pentagonal renferme 362 points principaux, et chaque hémi- sphère en renferme i8i, savoir : 6 [)oinls D, lo points I, i5 points H, '60 points T, 3o points a, 3o points b et 60 points c, et ces 181 points prin- cipaux peuvent se décomposer en 420 points simples, savoir : 60 points D, 60 points I, etc. )> Si l'on joint par un arc de grand ceicle chacun des points simples D, i, H, T, a, b, c à tous les autres, on a '^ ^ ^^ = 87990 cercles qu'on peut appeler simples, parce que chacun d'eux est déterminé par la seule condition de passer par deux points simples. » Si l'on joint chacun des 181 points principaux d'un hémisphère à tous 1 . . . 1 8 1 . 1 80 ^ , ■ . I les autres, on aura en principe = 10290 cercles, nombre qui de- vra être réduit considérablement si on veut le ramener à celui des cercles réellement distincts, parce que les cercles ainsi obtenus se superposeront en partie les uns aux autres. » Ces deux systèmes de cercles, en nombre si différent, ont entre eux ce- pendant les rapports les plus intimes, car le premier système deviendra le second si on suppose que parmi les points simples D, I, H, T, . . ., désignés par des lettres pointées, les homologues se réunissent entre eux de ma- nière à recomposer les points principaux D, I,H, T,..., dont ils ne sont pour ainsi dire que des subdivisions. Seulement, dans cette réunion, les cercles DD, ii, DI,.. ., se superposeront en nombre plus ou moins grand, et on pourra mesurer l'importance des cercles du réseau au nombre des cercles simples qui se seront superposés pour les former. Les seuls cercles qui ne présenteront pas de superpositions seront les cercles ce; chaque cercle Te résultera de la superposition de deux cercles Te, chaque cercle Hc résul- tera de la superposition de quatre cercles Hc, et ainsi des autres. » Cela posé, je représente par 1 le poids d'un cercle simple tel que ce, par 2 le poids d'un cercle tel que Te qui résulte de la superposition de deux cercles simples, par 4 le poids d'un cercle tel que Hc qui résulte de la superposition de quatre cercles simples, etc., et en général j'appelle poids d'un cercle du réseau le nombre des cercles simples qui se sont su- perposés pour le former. » On conçoit que pour obtenir les poids de tous les cercles du réseau il (i,3) suffit d'analyser avec précision la trausf'ornialion qui fait passer le premier de nos deux systèmes de cercles au second. » Pour y parvenir d'une manière simple et facile à saisir, il faut repré- senter les 87990 cercles du premier système par un tableau méthodique où chacun d'eux ait sa place distincte, et, avant tout, il faut désigner par des notations précises les 420 points simples qui servent de base au premier système de cercles. Pour cela, il suffit de numéroter depuis i jusqu'à 60 les 60 points D, les 60 points I, etc La série totale de nos 420 points sera alors représentée ainsi : D,,Do, y,,..., i,, ii, iji--, H,, H,,..., rt,,a.,,..., /?,, 6.,..., c,,c...... » Pour former le tableau de tous les cercles qu'on peut obtenir en joi- gnant ces différents points deux à deux, on peut commencer par l'écrire comme il suit, sauf à le réduire ensuite : i),b,, D,i)„ i>, i>.. b.b,, D,D„ n.D,. D3D,, D3D,, D,D,> i,D,, i,K i,i>.. 1,D,, I.D=, I,D,, I.D,, '.D„ I.D3, ., D,I,, D,l,, D,I,, ..., D,H,, D,H,, , D, i, , D. i,, ., b,i,, Ù,\„ D,i„ ..., b,li,, 1J,H„ , i),b\, î),h\, ., bX, b,i„ i)J„ ..., b.H,, b.H,, , ù,b„ ûj,,, , D, «".i • ■., D.o,,, D,<:, , 0,c„ . ••, D,c,,, D,<:, , Da'-,, • ■•, ii,c,„ U,'^. . ','-., • ■ ■, ', c„, i, c, -, '.<■,) ■ • ■ ï '2*^591 I3 Cj ) 'a^,, . • ■ J '3 *^G!)) K''. ..., 1,1,, 1,1,, 1,13, •■■, 1,H,, I,H„ , I,/.,, I,i,, .., ij',, 1,1,, i,i„ ..., i,H,, i,H„ , i,j,, \,o,, ■■■> 'ail, '»'), 'sis) ••■) 'jHl! '1H3, J '•''il '3*5, H,D,, H,D„ H.D,, .... H,i., H, 1„ . . . H,D,, H,b,, H,b,,.... » La loi de formation de ce tableau est trop facile à saisir pour qu'il soit nécessaire de le développer davantage. S'il était complété, il formerait une sorte d'échiquier de 49 cases, 7 dans chaque rang horizontal, correspon- dant aux 7 lettres D, I, H, ï, a, b, c qui dans chaque couple sont écrites eu seconde ligne, et 7 dans chaque colonne verticale correspondant aux 7 mêmes lettres qui dans chaque couple sont écrites en première ligne. Comme il y a 60 D, de D, à Dg,, inclusivement, 60 I, de L ^ Igovm chaque case de l'échiquier contient 60 fois 60 ou 36oo couples, et l'échiquier en- tier en contient 49 fois 36oo ou 176400. Chaque couple de lettres repré- sentant un cercle, on voit que le tableau, tel que j'ai commencé par l'écrire, dans le but de lui donner une complète symétrie, en représenterait un nombre plus que double de celui que nous avons calculé de prime abord; mais il y a dans ce tableau des suppressions et des réductions à opérer. Il présente, en effet, toutes les combinaisons possibles deux à deux des lettres D, bo.--, IiL)---» '^iv> ^5 mais, parmi ces combinaisons, il en c. R., 1866, amo Semestre. (T. LXIII, N" 4.) '" est qui, par exception, ne peuvent représenter un cercle, et toutes les autres sont répétées deux fois. » On remarquera, en effet, que le tableau complet présenterait 7 cases rectangulaires disposées en écharpe de l'angle supérieur de gauche à l'angle inférieur de droite, dont chacune ne renfermerait qu'une seule lettre ré- pétée deux fois dans chaque couple : la case des D, la case des I, la case des H, etc. » Or, dans la case des D, je trouve en tète de la première ligne le couple D, D,; au second rang, dans la deuxième ligne, le couple D2D0; au troisième rang, dans la troisième ligne, le couple D3 D3, et je trouverais suc- cessivement en suivant la diagonale de cette case D^D^, DsDj;,..., DeoD^o; puis, sur la diagonale de la case des I, I, I,, I2I2,..., mais tous ces couples représentent chacun un point combiné avec lui-même, et une pareille com- binaison ne peut représenter un cercle. Il y a d'après cela 7 fois 60 ou 4ao couples à supprimer comme ne représentant pas de cercles et ne figu- rant dans le tableau que par un motif de symétrie. Cela réduit le nombre des couples significatifs de chacune des 7 cases d'une seule lettre à 354o, et le nombre des couples significatifs des 7 cases d'une seule lettre à 7 fois 3540 ou à 9.4780; mais chacun de ces couples significatifs est répété deux fois, car dans la case des D on trouve dans la première ligne D, Dj et dans la seconde Dj D, , dans la première ligne 0,1)3 et dans la troisième D3 D( — Or D, D2 et D2D, représentent un seul et même cercle, et ainsi des autres, d'où il résulte que, de chacune des 7 cases rectangulaires d'une seule lettre, on ne doit conserver que l'un des deux triangles auxquels elle se trouve ré- duite par la suppression des couples D, D,, DoDa»--» Iilfvj placés sur la diagonale. » Quant aux 42 cases du tableau qui contiennent des combinaisons de deux lettres, il n'y a pas de couples répétés dans l'intérieur d'une même case; mais chacune de ces 42 cases est en masse la répétition d'une autre; ainsi la case où je lis D, I,, D, l-,,..., est la répétition, sauf le changement de l'ordre des lettres, de la case où je lis I,D,, LD,, On voit par là que pour ne conserver que les combinaisons représentant des cercles réellement différents, il faut ne conserver que la moitié, c'est-à-dire 21 des 42 cases de deux lettres. » Le tableau se trouve ainsi réduit à 28 cases, dont 7 sont triangulaires ( i'5) et 21 rectangulaires, et dans son ensemble il n'a pins la forme d'un échi- quier rectangulaire, mais celle d'un triangle. Il représente a8 espèces de cercles simples qui se répartissent ainsi : ai espèces de cercles désignés par la réunion de deux lettres différentes, savoir : 36oo cercles Dl 36oo V. DH 36oo » DT 3600 en tout 21.3600 = 75600 cercles simples de deux lettres; et 7 espèces de cercles désignés par la même lettre répétée, savoir : 1770 cercles DD 1770 s II 1770 u HH 1770 » TT 1770 V aa 1770 s hh 1770 » ce laSgo en tout laSgo cercles d'une seule lettre. » Les deux classes donnent un total de 76600 -H 12890 = 87990. C'est le nombre que nous avait donné plus simplement la formule ^ — LrL9= 87990; mais la formation du tableau a eu l'avantage de classer tous les cercles et de donner une désignation précise, et en quelque sorte un nom pour chacun d'eux. » Maintenant, si l'on conçoit que les 60 points D se réunissent et se confondent dix par dix pour former les 6 points D, que les 60 points I se réunissent et se confondent six par six pour former les 10 points I, etc., le premier système de cercles que nous avons considéré deviendra le réseati pentagonal, et les cercles qui le composent se superposeront généralement en nombre plus ou moins grand pour former les cercles du réseau. Il suf- fira de compter parla pensée le nombre des cercles qui se superposent, dans la formation de chaque cercle du réseau, pour avoir le poids de ce cercle. 16.. ( ii6) )) Mais lorsque lo points D, par exemple, se réunissent pour recompo- ser nii point D, certains cercles inscrits dans le tableau et comptés dans la somme précédente deviennent indéterminés et disparaissent. Ainsi les lo points D,, D2, Ds,.'-» D,o> lorsqu'ils étaient distincts, donnaient nais- sance aux cercles D, Dj, D,D,,..., dont le nombre est égal à — — = 4^. Ces 45 cercles deviendront indéterminés et disparaîtront lorsque les 10 points qui les déterminent se confondront en un seul. A chacun des 6 points D correspondra donc la disparition de 45 cercles; soient 270 cer- cles DD qui disparaîtront, et les 1770 cercles DD ne donneront au réseau pentagonal que i5oo cercles simples DD. M De même, après l'unification des points, il ne reste plus que 1620 cer- cles II, 1680 cercles HH, 1740 cercles TT, 1740 cercles aa, 1740 cercles Ai. En tout 600 cercles disparaissent, ce qui réduit le nombre total des cercles d'une seule lettre à 1 1790, et le nombre total des cercles simples qui sub- sistent après l'unification des points principaux à 87390. » Après l'unification des points, ces cercles se confondent plusieurs en- semble pour former des cercles composés au premier degré, dont le nombre est beaucoup moindre que celui descercles simples. Ainsi, lorsque les i opoints D,, Dj, . . . , D,o se sont confondus en un seul point D, et que les 10 points D,,, D|2i • • • jDjo se sont confondus de même pour former un second point D, tous les cercles D,D,,, D(Dt2) • • • >iD,oDao> au nombre de 100, se trouvent confondus en un seul cercle DD qui se compose de 100 cercles simples, et dont le poids est égal à 100. Les i 5oo cercles DD se réduisent ainsi à i5 cercles DD dont chacun pèse 100. Il De même, les 1620 cercles 11 se superposent par groupes de 36 pour former 45 cercles II dont le poids est 36. » Les 1680 cercles HH se superposent par groupes de 16 pour former io5 cercles HH dont le poids est 16. » Les 1740 cercles TT se superposent par groupes de 4 pour former 435 cercles TT dont le poids est 4- » Les 1740 cercles aa se réduisent à 435 cercles aa dont le poids est 4- » Les 1740 cercles bb se réduisent à 435 cercles bb dont le poids est 4. » Les 1770 cercles ce restent au nombre de 1770 dont le poids est i. » Les cercles désignés par deux lettres n'éprouvent aucune réduction dans ( "7 ) leur nombre lors de l'unification des points, mais ils se groupent aussi pour former des cercles composés au premier degré, moins nombreux que les cercles simples. » La case des DI se décompose en plusieurs groupes de couples qui de- viennent identiques au moment de l'unification des points principaux. Ainsi tous les couples D,i,, biij, .. .,D, le deviennent identiques lorsque I,, 1,, I3 , . . . jij se confondent pour former un point I. Il en sera de même dans la seconde ligne de D2I,, 1)212» • . -iDale, puis dans la troisième de Dal, , Djij, . . . , D3I8, et ainsi de suite jusqu'à I),oI| ? D,ol2, • • . ,l),ol6- Tous ces couples, au nombre de 60, se réduisent, lors de l'unification, à DI, et on aura, par leur réunion, un cercle unique DI qui, étant formé par 60 cercles sim- ples, aura un poids exprimé par 60. » On trouvera également que les cercles D,It, DiI», . . . ,D,oI,2 se ré- duiront à DI et formeront un nouveau cercle DI ayant un poids égal à 60, de sorte que la case des DI donnera naissance, au moment de l'unification des points principaux, à 60 cercles DI ayant chacun un poids égal à 60. » De même la case desDH donnera naissance à 90 cercles DH ayant un poids égal à 40; » La case desDT donnera 180 cercles DT ayant un poids égal à 20; » La case des T)a et la case des Di donneront 180 cercles Da et 180 cercles Db ayant de même des poids égaux à 20; » Enfin, la case des De donnera 36o cercles De ayant un poids égal à 10. » Sans qu'il soit nécessaire de pousser cette analyse plus loin, on com- prendra qu'après l'unification des points principaux le tableau général en lettres pointées et numérotées se résumera dans le tableau numérique suivant. ( "8) FOIDS CERCLES SIMPLES coDserTtis après l'anincnllon des poinlii principaux. CERCLES COHPOSÉli Al' PREMIER DEGRÉ. del cercles composés au premier defré. i5oo DD i5 DD \ 100 i6jo ii 45 II 3C 168a HH io5 HH 1 16 11790 ,740 tt 435 TT 3^40 4 1740 aa J 1740 bb i bîSo l 435 aa 4 2640 1 435 bb 4 1770 ce ) { 177° «^^ / 1 36oo Di 60 DI 1 60 3600 DH 90 DH 40 3600 DT 180 DT 70 36oo Da 180 Da 20 3Goo D4 180 Dt 20 36oo De 36o De 10 36oo ÏH ■ 5o IH 24 3Coo it 3oo IT 12 36oo ià 3oo la 12 36oo ii 3oo \b 12 75600 36oo ic 600 le \ i3o5o 6 8 8 36oo HT 450 HT 3600 Ha 450 Ha 3600 H 6 450 H 4 8 36oo Hc goo Hc 4 36oo tô 900 Ta 4 36oo ti. 900 Ti 4 36oo T e 1800 Te 2 4 36oo ni ] / 900 ab 36oo àc \ loSoo 4500 < 1800 ac 2 1 36oo bc ) [ 1800 Je 2 87390 i6o5o 7140 16290 87390 16390 i6o5o 7140 71340 9'5o » On voit dans ce tableau comment les 87390 cercles compris dans le tableau en lettres pointées se réduisent, par l'unification des points prin- cipaux, à 16290 cercles composés au premier degré ayant des poids va- riables de i à 100. » Parmi ces derniers cercles se trouvent les cercles aa, bh, ce, ab, ac. ( i«9 ) bc, que je n'ai pas encore été conduit à introduire parmi les cercles auxi- liaires du réseau penlagonal; ils sont au nombre de 7140 et ils ont un poids total égal à i6o5o. Si on les laisse provisoirement de côté, comme je l'ai fait jusqu'à présent, le nombre des cercles composés au premier degré se réduit à 91 5o, et leur poids total à 71840, c'est-à-dire à celui de 71 340 cercles simples. ') Ces giSo cercles ne sont pas encore, à proprement parler, du moins pour la plupart, des cercles du réseau pentagonal, mais ils sont sujets à se superposer entre eux pour former les cercles du réseau dont ils sont les élé- ments composés au premier degré. Le tableau qui les comprend tous avec leurs poids respectifs rend très-facile de supputer les cercles qui se super- posent pour former un cercle du réseau et le poids total qui en résidte. u Ainsi un grand cercle primitif contient, dans une demi-circonférence, 2 points D, 2 points I, 2 points H, 2 points T, 2 points o, 2 points b, et il se compose comme l'indique le tableau suivant : POIDS. I cercle DD » 100 I » II . 36 I » HH . 16 I » TT . 4 4 cercles DI 4 ■ 6° ^= 240 4 - DU 4.40=160 4 » DT 4 • 20 = 80 4 ». Dn 4-20 = 80 4 » V)b 4.20= 80 4 » iH 4-24= 9*5 4 . IT 4.12 = 48 4 • i" 4-'2= 4^ 4 » \b 4.12 = 48 4 » HT 4. 8 = 32 4 . Hfl 4.8= 33 4 . Ui 4. 8 = 32 4 .. Ta 4- 4 = 16 4 r. Tb 4- 4 = 16 60 II64 » On voit donc qu'un grand cercle primitif se compose de 60 cercles composés au premier degré et de 1164 cercles simples. Son poids est égal à I 164. ') Un octaédrique contient dans une demi-circonférence 3 points H, ( i--^o ) 6 points T, 3 points a et 6 points c. Il se compose comme l'indique le ta- bleau suivant : POIDS. 3 cercles H H 3.i6= 48 i8 . HT i8. 8 = i44 9 » H« g. 8= ^2 i8 .. tic i8. 4 = 72 i5 » TT i5. 4 = 60 18 . Ta 18. 4 = 72 36 » Tf 36. 2 = 72 I I 7 540 » Ainsi un octaétlrique se forme par la superposition de 117 cercles composés au premier degré ou de 54o cercles simples. Son poids est égal à 540. » Un dodécaédrique régulier contient dans une demi-circonférence 5 points H et 5 points b. Il se compose comme l'indique le tableau sui- vant : POIDS. 10 cercles HH 10. 16 = 160 25 » H è 25.8 = 200 35 36o » Ainsi un dodécaédrique régidier se forme par la superposition des 35 cercles composés au premier degré ou de 36o cercles simples. Son poids est égal à 36o. » Enfui, un dodécaédrique rhomboïdal contient, dans une demi-circon- férence, 2 points I, I point H, i point T et deux pointsc. Il se compose comme l'indique le tableau suivant : POIDS. 1 cercle II • 36 2 cercles IH 2 . 24 := 4^ 1 « IT 2.12 — 24 4 » le 4- 6 = 24 1 cercle HT • 8 2 cercles Hc 2.4^= ^ 2 » Te 2.2=4 i4 l52 Ainsi un dodécaédrique rhomboïdal se forme par la superposition de ( >2I ) 1 4 cercles composés au premier degré, ou de 1^2 cercles simples. Son jjoids est égal à iSa. » On voit en somme que les 61 grands cercles principaux absorbent 2700 cercles composés au premier degré et 29680 cercles simples, savoir : CEBCLES COMPOSÉS nu premier tlcgré. CERCLES SIMPLES. t^) DD i5.ioo= i5oo /|5 II /|5.3G = 1620 io5 HH io5.i6 = 1680 ifi") TT 165.4= 6G0 Go DI 60.60= 3Goo 60 DH 60.40= ilfoo 60 DT 60.20= 1200 60 Dû 60.20= 1200 60 Di 60.20= 1200 120 IH 120.24= 2880 120 IT 120.12 = i44o Go la 60 1 2 = 720 60 li 60.12= 720 1 20 le I 20 . 6 = 720 270 HT 270.8= 2160 i5o Ha lôo. 8 = 1200 210 H 6 210. 8= 1680 2/10 Hc 240. 4 = Q^o 240 Ta 240. 4 = 960 60 Tt 60.4= 240 420 Te /l70. 2 ^ 840 S7OO 29580 » Les grands cercles principaux absorbent donc près du tiers des cercles composés au premier degré et plus des |- des cercles simples qui entrent dans la composition du réseau pentagonal réduit aux cercles qui passent par les points principaux les plus importants désignés par des lettres majus- cules. Ces cercles appartiennent à 21 espèces différentes, c'est-à-dire à toutes les espèces de cercles que j'ai employées, à l'exception des cercles De seu- lement. » De ces 21 espèces, 4 sont absorbées en entier par les cercles princi- paux du réseau : ce sont les cercles DD, II, HH et DI; et la première, les cercles DD, est comprise entièrement dans les i5 cercles primitifs. Quant aux 17 autres espèces, elles ne sont comprises qu'en partie dans les cercles principaux, et res|)èceDc n'y entre pas du tout. Il reste donc pour composer les cercles auxiliaires 18 espèces de cercles composés au premier degré, formant un nombre total de 645o et 41760 cercles simples; répartis les uns C. B., iSGfi, 2"" Semeilre.{T. LXlll, ^» 'i.) •? ( 122 ) et les autres comme l'indique le tableau suivant : CERCLES COMPOSÉS au premier desré. CERCLES SIMPLES. 2-]0 = g.So TT 270. 4 = 1080 3o = 1 . 3o DH 30.40 = 1200 120:= 430 DT 120.20^ 2400 120 = 4-^'' J'" 120.20 ^ 2400 120= 4 -30 Di 120.20= 2400 36o = i2.3o De 36o.io = 36oo 3o = 1 .3o IH 30.24 = 7^0 180= 6.3o IT 180.12= 2160 240= 8.3o la lf^0.\7 ^ 2880 240= 8.3o \b 240.12= 2880 480 = i6.3o le 480.6= 2880 180= G.3o HT 180.8= 1440 3oo = 10. 3o H(i 3oo. 8 = 2400 240= 8.3o Hi 240.8= 1920 fi6o = 22.3o He 660.4= 2640 660 = 22.3o Ta 660.4= 2640 840 = 28.30 Ti 840.4= 3360 i38o = 46.3o Te i38o. 2 = 2760 6450 ti'l6o » C'est en puisant dans cette niasse que nous trouverons les éléments des cercles auxiliaires inscrits dans le tableau général des points d'intersection. » On peut remarquer que le nombre des cercles composés au premier degré qui se trouvent ainsi tenus en réserve est constamment un multiple de 3o, et le \)h\s souvent même un multiple de 60. Ils doivent en effet servir à composer des séries de cercles homologues entre eux, qui sont au nombre de 3o ou de 60 dans chaque série, suivant que leurs pôles sont placés sur les grands cercles primitifs ou en dehors de ces derniers. Je présente ci-après le tableau de ceux de ces cercles, au nombre de 24, qui sont entrés dans mon travail actuel, en séparant ceux qui font partie de séries de 3o et de séries de 60 cercles, et en distinguant dans chacune de ces deux catégories les cercles composés au premier degré qui restent tels qu'ils sont indiqués dans le tableau précédent, de ceux qui, résultant de la superposition de plusieurs cercles composés au premier degré, peuvent être considérés comme des cercles composés au second degré. SÉRIES DE TRENTE CERCLES. CERCLES COMPOSÉS AU PREMIER DEGRÉ. Bissecteur DH , Nord de l'Angleterre. Bissecteur DH , Mont Seny. Bissecteur DH , Belle-Ilo. ( .23 ) » Ces trois bissecteurs des angles de 36 degrés sont homologues entre eux. Passant chacun en un point H, ils ont leurs pôles dans le grand cercle primitif dont ce point H est un des pôles. Ils sont par conséquent au nombre de 3o seulement. Le poids de chacun d'eux est 4o. CERCLES COMPOSES AU SECOND DEGRE. Hexatétraédrique H haah, Minorque, Land's End. Hexatétraédrique Hbuab, Alpes principales. » Ces deux cercles, homologues l'un de l'autre, passent, connue hexa- tétraédriques, à des points H. Ils font partie d'une série de 3o cercles dont les poids sont exprimés par 2 Ha -h aKh = l[.8 — 32. Hexatétraédrique Uaa, Minorque, Norvège. » Ce cercle, de même que les précédents, fait partie d'une séiie de 3o cercles. Son poids est égal à 2 H « = 2. 8 = 16. Hexatétraédrique HrtïTa, Érymanthe. Hexatétraédrique WalTa, Inde, Turquie, Espagne. « Ces deux cercles, homologues entre eux, font encore partie d'une série de 3o cercles. Le poids de chacun d'eux est égal à 2HT + 2Ha + TT-f-4Trt= 2.8 +2.8 + 4 + 4-4 = 52. » Le poids total des 120 cercles qui composent ces quatre séries de 3o cercles est égal à 3o (4o + 32 + 16 + ^2) = 3o. i4o := 4200. SÉRIES DE SOIXANTE CERCLES. CERCLES COMPOSÉS AU PREMIER DEGRÉ. Diamétral De, Alpes occidentales. » Ce cercle ne passe à aucun point H, et n'a pas ses pôles dans un grand cercle primitif. Il fait donc partie d'une série de 60 cercles homologues entre eux. Chacun de ces cercles a lui poids égal à 10. Diagonal Ib, Mont Serrât. » Il ne passe à aucun point H et il fait partie d'une série de 60 cercles. Son poids est 12. Trapézoédrique TI, Mont Viso. » Il fait partie d'une série de 60 cercles qui ont pour pôles les points c. Son poids est 12. 17.. ( IM ) Trapéioédrique Ta, Vercois. » Il fait partie d'une série de 60 cercles dont le poids est l\. Trapézoédrifjue Tb, Vendée. Trapézoédrique Tb, Tatra. » Ces deux cercles, homologues entre eux, font partie d'une série de 60 cercles. Leur poids est 4- Trapézoédrique Te, Hitndsruck. » Il fait partie d'une série de 60 cercles. Son poids est 2. CERCLES COMPOSÉS AU SECOND DEGRÉ. Diamétral D«f, Forez. Diamétral T)ac, Côle-d'Or. Diamétral Dflc, Pays-Bas. » Ces trois cercles, homologues entre eux, font partie d'une série de 60 cercles ayant chacun un poids exprimé par Drt + De = 20 -h 10 = 3j. Trapézoédrique TDè, Corse et Sardaigne. Trapézoédrique TDi, Finistère. » Ces deux cercles, homologues l'un de l'autre, font partie d'une série de 60 cercles dont les poids sont exprimés par DT -)- DZ» -H T^ = 20 + 20 + 4 = /|4- Trapézoédrique TIfl, Morbihan. » Il fait partie d'inie série de 60 cercles dont les poids sont exprimés par IT + la + ïrt = 12 + 12 4- 4 = 28. Trapézoédrique tabc, Longmynd. » 11 fait partie d'une série de 60 cercles dont les poids sont exprimés par Tfl + T^» + Te = 4 + 4 + 2 = 10. Trapézoédrique Ubb, Hécla. 1. Il fait partie d'un série de cercles dont les poids sont exprimés par TT4- 4T^ = 4 -t- 16 = 20. Trapézoédrique TTbbc, Sancerrois. » Il fait partie d'une série de 60 cercles dont le poids est exprimé par TT-t-4Tè+ 2Tc = 4 + 4.4 + 2.2 = 24. » Le poids total des 720 cercles qui composent ces la séries de 60 cercles ( 125 ) est égal à 60. (lo 4- 12 -H 12 -4- 4 -I- 4 + 2 -t- 3o + 44 -+- 28 + 10 + 20 + 24) = 60 . 200 = I 2000. » On voit, en résumé, que les 24 cercles auxiliaires employés dans mon travail actuel sont de 16 espèces différentes, dont 4 appartiennent à des séries de 3o cercles et 12 à des séries de 60 cercles. Le nombre total des cercles auxiliaires composés au premier et au second degré qui sont com- pris dans ces 16 séries est de 120-4- 720 = 840, et leur poids total est de 4200 -f- 12000 = 16200. » Le nombre des cercles composés au premier degré qui font partie de ces 16 séries de cercles auxiliaires est de 2220, et le nombre des cercles simples de 16200, appartenant les uns et les autres à i5 espèces différentes seulement sur les 18 que comprend la masse dans laquelle nous les avons puisés. » En retranchant ces nombres de ceux qui ont été donnés plus haul, on voit qu'il reste 645o — 2220 = 423o cercles composés au premier degré, et 41760 — 16200 = 2556o cercles simples, qui ne font partie ni des cercles principaux, ni d'aucune des séries dans lesquelles nous avons pris des cercles auxiliaires. En effet, ces derniers n'ont élé choisis que parmi ceux qui traversent le cadre de la carte géologique de la France et les pa- rages de la Corse; or, indépendamment de ce qu'on devra probablement en employer d'autres encore pour la France elle-même, on conçoit qu'il doit exister un grand nombre de cercles auxiliaires qui ne trouvent leur appli- cation que dans des contrées situées autrement que la France, dans le réseau pentagonal. )) Ces derniers cercles, dont les désignalions et les poids se compose- ront aussi simplement que pour les précédents, appartiendront à des espèces nouvelles, attendu que, dans les calculs précédents, j'ai fait entrer tous les homologues des cercles que j'ai employés. Mes calculs se trouvent même embrasser tous les cercles dont je me suis occupé antérieurement, car les sommes que j'ai formées comprennent les poids des cercles que j'ai consi- dérés dans d'autres travaux, mais qui, à cause de leur éloignement de la France, n'ont pas trouvé place dans le travail actuel, tels que : » Le primitif du système du Ténare ; >> Le primitif du système du Thuringerwald ; » Le dodécaédrique régulier du système des Acores ; ( '26 ) » Le dodécaédiique rliomboidal de l'axe volcanique de la Méditer- ranée ; » Le trapézoédrique TD6 du système des Ballons; » Le trapézoédrique TI du système de l'Ural. » Si le présent travail reçoit plus lard de l'extension, ces derniers cercles seront au nombre de ceux qui devront y entrer. J'ai publié précédemment les données numériques qui les fixent sur la surface du globe. (Voir Comptes rendus, t. LVII, p. 121, séance du 20 juillet i863.) » PHYSIOLOGIE. — Nouvelles études sur la maladie des vers à suie; par M. L. Pasteur (ij. PREMIÈRE PARTIE. « L Dans une première communication que j'ai eu l'honneur de faire à l'Académie au mois de septembre i865, j'ai dit comment la bienveillante insistance de M. Dumas m'avait déterminé à accepter de S. Exe. le Mi- nistre de l'Agriculture la mission délicate de recherches nouvelles stu- la maladie des vers à soie, maladie qui se prolonge depuis vingt années et qui a déjà compromis de plusieurs milliards la fortune publique en France et à l'étranger. Je prévoyais bien que ces études seraient aussi longues que diffi- ciles. Aussi, après les avoir continuées cette année pendant cinq mois en- tiers, je sens la nécessité de les poursuivre à nouveau. Toutefois, je crois avoir approché du but, et j'aurais même l'espoir de l'avoir atteint, c'est-à- dire de pouvoir indiquer un moyen pratique de prévenir la maladie, si j'é- tais assuré que les éducations de l'an prochain confirmeront ma manière de voir. » Persuadé que dans des recherches de cette nature il ne convient pas de porter son attention à la fois sur plusieurs des nombreuses questions qu'elles soulèvent, je me suis attaché uniquement, cette année comme l'an dernier, à l'étude de ces petits corps, appelés de divers noms, corpuscules vibrants, corpuscules de Cornalia... Aperçus autrefois par M. Filippi, les corpuscules des vers à soie ont été examinés avec soin par divers auteurs, MM. Lébert, Vittadini, Ciccone, et plus particulièrement par M. Cornalia, l'un des savants le plus versés dans la connaissance des vers à soie, qui a fondé en outre, avec (i) L'Académie a décidé que ce Mémoire, quoique dépassant les limites réglementaires, serait reproduit en entier au Compte rendu. ( 1^7 ) M. Vittadini, sur la présence ou l'absence des corpuscules, un moyen de reconnaître la qualité d'une graine. » Les corpuscules que l'on rencontre chez les vers à soie ont donné lieu à tant d'hypothèses et d'assertions contradictoires, qu'il règne encore une grande obscurité sur la signification qu'il faut leur attribuer. » Je vais présenter à l'Académie le résumé de quelques-unes de mes obser- vations en ce qui les concerne, et exposer sommairement mes vues au sujet de la maladie et des moyens de la prévenir. » II. Un ver à soie peut être corpusculeux de naissance ou le devenir, soit par accident, soit principalement par influence d'hérédité, dans le cours de l'éducation. Or, voici ce qui arrive dans ces diverses circonstances. Si le ver corpusculeux ne meurt pas dans la coque de l'œuf, ce qui est le cas le plus fréquent, il mourra durant le premier âge ou à la première mue. S'il ne meurt pas à ce moment, ce qui est encore fréquent, il mourra à la deuxième mue. S'il ne meurt pas à la deuxième mue, ce qui se voit aussi très-souvent, il mourra à la troisième mue. S'il ne meurt pas à la troisième mue, ce dont il y a également de nombreux exemples, il mourra à la qua- trième mue. S'il ne meurt pas à la quatrième mue, ce dont on voit égale- ment de nombreux exemples, il se traînera en restant petit pendant huit, dix, douze jours et davantage, sans pouvoir filer sa soie. S'il fait son cocon, ce dont il y a aussi des exemples, il mourra dans son cocon, étant encore sous la forme de ver. S'il ne meurt pas ver, ce qui peut arriver également quelquefois, il mourra chrysalide. S'il a pu se chrysalider et se transformer en papillon, ce papillon sera généralement de mauvaise apparence, dans tous les cas très-mauvais reproducteur. » J'appelle toute l'attention de l'Académie sur cette marche de la vie du ver corpusculeux. En outre, de tels vers accomplissent mal leurs diverses mues. Elles sont retardées, les vers mangent moins, restent petits, et il n'est pas rare de voir des vers d'une même levée, provenant même d'une ponte unique, atteindre la quatrième mue, tandis que leurs frères corpusculeux n'aïu'ont encore que la grosseur de la deuxième ou de la troisième mue. M II n'y a donc pas à conserver le moindre doute sur cette assertion : les vers corpusculeux sont des vers très-malades. En d'autres termes, la présence des corpuscules est un signe de maladie. » Un ver qui aurait de rares corpuscules à sa naissance peut-il les perdre et se guérir? C'est un point que je réserve. Je n'ai pas d'exemples avérés de ce fait, mais j'ai mille preuves que, quand il y a des corpuscules dans un ver jeune, ils se multiplent à l'infini à mesure que le ver grandit. ( 1^8 ) » III. Je viens de dire que le ver corpusciileux était toujours malade. Mais la réciproque n'est pas vraie. Un ver malade n'est pas toujours corpus- culeux. Une cliambrée peut aller tres-nial, donner lieu à lui très-faible ren- dement, fournir surtout de très-mauvaise graine, sans que les vers se mon- trent corpusculeux. Ce que je dis des vers peut s'étendre aux graines et aux chrysalides dans les premiers jours de leur formation. Des graines non corpusculeuses peuvent être malades, des vers non corpusculeux peuvent être malades; enfin, des chrysalides non corpusculeuses peuvent être ma- lades. Bien plus, je dois ajouter que c'est le cas général. En d'autres termes, malgré l'assertion de tout à l'heure, que le corpuscule, quand il est présent, est un signe certain du mal, je prétends que le mal existe le plus souvent en l'absence des corpuscules. Visitons des chambrées que les résul- tats ultérieurs de l'éducation accuseront avoir été mauvaises, soit par le rendLMiieiit qui sera faible, soit par la qualité de la graine des papillons, laquelle graine se montrera mauvaise l'année suivante et mauvaise cette fois par le fait du rendement, et étudions les vers de ces chambrées. Il arri- vera très-fréquemment qu'ils ne seront pas corpusculeux. La graine dont ils sont issus n'aura pas offert du tout d'œufs corpusculeux, ou en très-petit nombre; enfin, les chrysalides déjà bien formées n'offriront pas davantage de corpuscules. » S'il en est ainsi, comment reconnaître que la graine d'où ces cham- brées proviennent, que les vers qui les composent, que les chrysalides de leurs cocons sont malades, et malades de ce que l'on doit appeler le mal actuel? Ici se présente la confirmation très-étendue de mes premières observations de l'an dernier. Ces chambrées dont je parle, issues de graines sans corpuscules, composées de vers non corpusculeux, dont les cocons nouvellement formés contiennent des chrysalides non corpus- culeuses, sont des chambrées malades, parce que, si au lieu de nous borner à observer au microscope les graines, les vers, les chrysalides jeunes, nous observons les chrysalides âgées et les papillons, tous sans exception offriront des corpuscules en plus ou moins d'abondance. Or j'ai prouvé tout à l'heure que la présence des corpuscules était le signe certain d'un mal profond chez le ver. Il n'est pas possible que leur pré- sence ne soit pas également lui signe de maladie chez les papillons. Il serait illogique de ne pas l'admettre. » Résumons ce qui précède : le corpuscule est-il présent dans la graine ou dans le ver, le mal existe; le corpuscule est-il absent dans la graine, dans le ver, dans la chrysalide jeune, il v a alors santé ou maladie. ( 129 ) Four décider cette alternative, nous attendrons que la chrysalide soit sur le point de se transformer en papillon ; mieux encore, nous atten- drons que le papillon soit sorti de son cocon, afin de l'étudier au micro- scope. Si! est corpusculeux, nous dirons que la graine d'où il est issu, que le ver d'où il provient, que la chrysalide qui lui a donné naissance étaient malades, du moins très-prédisposés à le devenir, ou que la maladie est survenue dans la chambrée pendant le cours de l'éducation. » IV. L'Académie doit voir clairement où est le point vif de mon raisonnement et de mes observations. Elle doit pressentir la conséquence à laquelle je veux arriver. C'est que le papillon sain est le papillon non corpusculeux ; par suite, que la graine vraiment saine est celle qui pro- vient de papillons non corpusculeux, et que l'on peut trouver dans la connaissance de ce simple fait le salut de la sériciculture. » Il faut donc que toutes les observations concourent à établir que le papillon qui a des corpuscules est malade et que celui qui n'en a pas est relativement très-sain. » Voici quelques autres preuves de cette double assertion. M Considérons les chambrées les plus malades, celles où il y a des petits, des vers accomplissant mal leur mue, des vers rouilles au sortir de la quatrième mue, mangeant peu, ne grossissant pas, faisant peu de cocons, et étudions leurs chrysalides et leurs papillons. Dans tous les papillons il y aura à profusion des corpuscules, et dans la chrysalide ils se montre- ront souvent dès les premiers jours de sa formation. Les vers eux-mêmes pourront être en majorité corpusculeux. Quant aux papillons, ils seront généralement de très-mauvaise apparence et leur génération sera destinée à périr. Beaucoup de leurs œufs se montreront déjà corpusculeux. » Considérons au contraire de belles chambrées de graines japonaises d'importation directe , ou telles chambrées indigènes plus ou moins irréprochables. Il arrivera assez souvent, principalement avec les vers japonais, et de préférence avec les japonais de race polyvoltine, que la majorité^ quelquefois tous les papillons, seront sans corpuscules. » Enfin, étudions des papillons de chenilles sauvages où l'on retrouve les mêmes tissus que dans les papillons de vers à soie, et nous ue rencon- trerons pas davantage des corpuscules. » Ce sont là de nouvelles preuves, quoique indirectes, de l'état plus ou moins maladif des papillons lorsqu'ds sont corpusculeux, et par suite de C. R. 1866, 1"" Semetre. (T. LXIII. IS» 4.; '^ ( i3o) la mauvaise composition de la graine qu'ils peuvent fournir, car il n'est pas possible d'admettre que des parents malades au moment de la fonc- tion de reproduction fourniront de la graine aussi saine que des parents bien portants. Et déjà, ce qui est bien sur, c'est que les parents chargés de corpuscules donnent quelquefois des graines tellement mauvaises, que toutes sont corpusculeuses. Or c'est un des cas où l'on voit les vers périr en masse sans donner de cocons, ou quelques cocons seulement. » V. Mais il importe de connaître et de ne point perdre de vue les résultats suivants : » Ce serait une erreur de croire que les papillons corpusculeux donnent toujours une graine mauvaise, industriellement parlant. Si l'on se place au point de vue commercial, l'expression de mauvaise graine doit s'appli- quer seulement à toute graine qui ne donne pas un rendement suffisant et rémunérateur. Dès lors, peut-on appeler mauvaise graine toute graine issue de parents corpusculeux? En aucune façon. Des papillons corpusculeux peuvent donner une graine à rendement industriel. Et même, pour le dire en passant, telle était peut-être la situation de la sériciculture avant l'époque delà maladie actuelle. Je crois que les papillons étaient fréquemment cor- pusculeux, pas assez cependant pour altérer la graine au point de faire échouer les chambrées. Telle est encore présentement la situation au Japon. » Les Japonais ont beaucoup de papillons corpusculeux (i), et la preuve en est que dans les graines japonaises de cette année, dans nombre de cartons du cadeau fait à l'Empereur, par exemple, j'ai trouvé des graines corpusculeuses. Or, il est très-certain que des graines ne sont corpuscu- leuses qu'autant qu'elles sont issues de parents qui étaient à profusion remplis de corpuscules. Je reviendrai tout à l'heure sur cette opinion que la maladie dite actuelle est pour ainsi dire inhérente aux éducations domes- tiques, et que nous ne faisons qu'assister depuis vingt ans à l'exagération d'un état de choses qui a toujours existé dans de moindres proportions. » Je reprends les choses au point où je les ai laissées tout à l'heure, à savoir qu'il résulte de mes observations que la graine issue de parents (i) J'ai eu l'honneur du remettre cet hiver à S. Exe. le Ministre de l'Agricultîire une demande à l'effet d'obtenir de notre consul au Japon des papillons de diverses races, con- servés dans l'alcool. Il sera facile à leur arrivée de constater le fait que j'avance, car les corpuscules ne sont nullement détruits, même par un long séjour dans l'alcool. J'ai trouvé ces petits corps en grande abondance dans des papillons qui m'ont été remis par mon savant confrère, M. Peligot, et qu'il avait conservés dans l'alcool depuis l'année i852. ( i3i ) corpusculeiix peut donner des vers propres à filer leur soie et à fournir un rendement rémunérateur. Non-seulement j'ai observé ce fait, mais j'ai reconnu en outre que de la graine issue de parents très-corpusculeux, assez même pour que beaucoup des œufs et des vers à leur éclosion aient été corpusculeux, et, par conséquent, arrivés dès leur naissance au degré le plus avancé du mal, j'ai reconnu, dis-je, que cette graine pouvait produire des papillons absolument dépourvus de corpuscules. Ce fait est digne de remarque, parce qu'il établit la possibilité de faire dériver des reproduc- teurs sains d'une graine malade au plus haut degré. Cela tient-il à ce que, parmi les œufs d'une ponte appartenant à un mâle et à une femelle très- malades, il peut y avoir quelques œufs sains, ou bien quelques œuts moins malades donnent-ils des vers qui reviennent à la sanlé pendant l'éducation? J'ignore laquelle de ces deux interprétations est la meilleure, et toutes les deux peut-être ont leur raison d'être. Mais au point de vue de la pratique, il importe assez peu de le savoir. » Le fait dont je parle mérite d'autant plus qu'on s'y arrête qu'il est très- rare de rencontrer dans une chambrée industrielle qui a mal marché des papillons privés de corpuscules, ce qui tend à établir l'infection dans les chambrées. » A quelles circonstances faut-il donc attribuer l'existence de ces papil- lons non corpusculeux, c'est-à-dire très-sains, dans ces éducations dont je parle, faites avec des graines que je savais très-mauvaises et issues de papil- lons chargés de corpuscules? Je l'attribuerais volontiers, non pas au fait seul de la petite éducation, mais à la précaution que je prenais d'éloigner jour par jour tous les vers morts sur la litière ou suspects d'une mort prochaine, dans une magnanerie propre, où l'on évitait le plus possible les poussières des litières, des planchers et des tables. Ou verra mieux peut-être tout à l'heure l'utilité de ces précautions bien simples et qui se confondent dans ce que l'on appelle des soins de propreté, faciles à prendre dans toutes les petites éducations. « VI. Telles sont quelques-unes des observations qui me conduisent à proposer cette année le mode de grainage que j'avais déjà indiqué un peu timidement l'an dernier. » Pour faire à coup sur de la bonne graine, adressons-nous d'abord aux papillons non corpusculeux. Nous verrons plus tard à rechercher la limite de tolérance à accorder aux papillons corpusculeux pour en tirer de la graine bonne industriellement. Voici l'un des modes très-pratiques que l'on pourrait adopter. 18.. ( .3u ) » Une chambrée est à son terme; les cocons se font sur la bruyère. Il s'agit de savoir si l'on doit faire grainer, c'est-à-dire si les papillons que fourniront les cocons seront de bons reproducteurs, et si, en toute sécurité, on pourra compter sur leur graine. Telle est bien la question délicate prise du point de vue de sa plus grande utilité pratique. Recueillons dans la ch;iinbrée, un peu partout, sans choix, quelques bouquets de bruyère, offrant ensemble deux à trois cents cocons, et plaçons-les dans une pièce de quelques degrés en moyenne plus chaude que la chambrée où se trouvent les cocons. On s.iit que ces cocons donneront leurs papillons plusieurs jours avant ceux qui seront restés dans la chambrée à une plus basse température. » Etudions ces papillons au microscope. S'ils sont en majorité privés de corpuscules, nous conclurons que la graine sera bonne et qu'on peut faire grainer toute la chambrée si on le désire. Dans le cas contraire, on saura qu'il faut porter les cocons à la filature |)Our les étouffer. » Bien entendu, cette manière de faire n'est pas exclusive des indica- tions ordinaires que l'on peut déduire de la marche générale de l'éducation, non plus que du caractère des taches; car, en général, les vers malades sont plus tachés que les vers sains. » On pourrait s'effrayer, et c'était l'an dernier mon sentiment, lorsque je disais de ce procédé qu'il était plus scientifique qu'industriel, on pour- rait, dis-je, s'effrayer de la nécessité de l'observation microscopique sur laquelle il repose. Mais j'ai pu me convaincre, cette année, que ce petit travail est aussi facile que rapide, et que des femmes et des enfants même poiu'raieut s'en charger. On prend les papillons, on coupe leurs ailes que l'on rejette, et l'on broie tout le corps dans un mortier avec deux ou trois gouttes d'eau, puis on examine au microscope une goutte de la bouillie. Il suffit que l'on ait une fois appris à connaître les corpuscules pour que l'on sache si ce liquide en renferme plus ou moins. » Si des études ultérieures sanctionnaient l'efticacilé de ce moyen, on pourrait peut-être placer des microscopes, un ou deux, dans les mairies ou dans les comices, à l'époque des grainages, sous la direction d'une personne qui se serait rendu familier l'emploi de cet instrument |)our la reconnais- sance du caractère dont nous parlons. On viendrait là étudier les papillons destinés au grainage. » En jetant les papillons dans l'esprit-de-vin, au moment du grainage, on pourrait retarder à volonté l'époque de l'examen de ces papillons et le faire faire où l'on voudrait dans le courant de l'année. ( i33) » Veiit-oii préparer de bonne graine tout à fait pure en petite quantité, on procédera par grainage cellulaire. Les mâles et les femelles des divers couples, qui auront été numérotés, seront étudiés après la ponte, et l'on mettra à part la graine des couples sains. » Veut-on même arriver à de la graine saine en partant de cocons quel- conques très-malades, on élèvera une petite quantité de la mauvaise graine produite par les papillons de ces cocons, en prenant ces petits soins de propreté dont je parlais tout à l'heure et qui paraissent éloigner l'infection, et l'on procédera également par grainage cellulaire avec les papillons issus de cette petite éducation. On trouvera généralement quelques rares couples sains qui serviront de bons reproducteurs pour l'année ou pour les années suivantes. » Ces procédés permettraient la régénération graduelle de toutes les races. » VII. Une objection se présentera peut-être. » J'ai dit qu'une graine issue de papillons corpusculeux peut donner une chambrée à rendement industriel satisfaisant. Dès lors, en ne réservant pour graines que des chambrées dont la majorité des papillons sera sans corpuscules ou qui en renfermeront très-peu, on se privera de chambrées dont quelques-unes auraient pu faire de bonnes graines. C'est vrai; mais l'inconvénient est assez faible, puisque, après tout, on n'aura éloigné ces chambrées à bonne graine industrielle que pour en conserver qui leur se- ront supérieures. » Enfin il ne faut pas s'y tromper : j'indique une voie qui me paraît devoir conduire sûrement à faire disparaître le fléau, mais bien des progrès sont possibles dans cette même direction. Voici un perfectionnement pro- bable de la méthode de grainage que je propose. J'ai dit, en parlant des très- mauvaises chambrées, que les corpuscules apparaissent déjà dans les chrysa- lides jeunes, tandis que dans les chambrées qui ont bien marché et dont les papillons sont néanmoins corpusculeux, c'est en général tout au dernier âge de la chrysalide qu'apparaissent les corpuscules. Or il m'est avis que le pajMllon corpusculeux qui provient d'une chrysalide corpusculeuse dès son jeune âge doit être beaucoup plus malade et plus mauvais reproduc- teur, toutes choses égales, que le papillon également corpusculeux, mais provenant d'une chrysalide chez laquelle les corpuscules n'ont apparu que dans les derniers jours de son état de chrysalide. C'est donc peut-être par l'observation de l'époque à laquelle la chrysalide devient corpusculeuse que l'on pourrait espérer déterminer cette tolérance dont je parlais et qui aiito- ( 134 ) riserait à faire grainer même les papillons corpusculeux. Je me propose de suivre ultérieurement la valeur de ce point de vue. DEUXIÈME PARTIE. » VIII. J'ai déjà fait observer que plus j'accumulerais de preuves que la présence des corpuscules est un signe du mal chez les papillons et la source de l'infection des graines et des chambrées qui en sortent, plus on devrait avoir conhance dans le procédé que j'indique pour vaincre le mal. Or voici des faits dont la signification n'échappera à personne. » Lorsque je suis arrivé à Alais, dans les premiers jours de février, toutes les chambrées étaient encore dans l'état où elles avaient été laissées, l'an dernier, à la fin des éducations. On ne procède guère à leur nettoyage que quelques semaines avant la reprise des éducations de l'année courante. » J'ai examiné au microscope les poussières de ces chambrées. A cet eflet, je recueillais les litières sèches restées sur les tables ou déposées dans quelque coin de la magnanerie, les poussières qui recouvraient le sol, les murs, les canisses. Après un premier tamisage dans un tamis à larges mailles, je me servais de tamis de plus en plus fins, en dernier lieu d'un tamis de soie. C'est alors que la poussière était examinée au microscope. Le résultat constant a été celui-ci : en général, les corpuscules abondent dans ces poussières. Ils y sont souvent en si grand nombre, que, dans une seule magnanerie où l'on avait élevé quelques onces de graine blanche japonaise, en i865, j'ai recueilli 2 litres d'une poussière tellement char- gée de corpuscules, que la plus petite parcelle délayée dans une goutte d'eau en montre par milliers dans le champ du microscope. >» On serait bien tenté de croire, quand on songe surtout que les cor- puscules ressemblent beaucoup à des spores de mucédinées, qu un parasite analogue à la muscardine a envahi les chambrées, et que telle est la source du mal. Ce serait une erreur. Cette poussière était chargée de corpuscules parce qu'il y avait eu dans l'éducation beaucoup de vers corpusculeux morts dans les litières, pourris, desséchés, et que les corpuscules de leurs cadavres et de leurs déjections s'étaient disséminés partout. » Je dépose sur le bureau de l'Académie un peu de la poussière de la magnanerie dont je parle. En l'examinant au microscope, l'Académie pourra se convaincre de l'effrayante multiplication de ces petits corps que je regarde toujours comme une production qui n'est ni végétale ni animale, incapable de reproduction,, et qu'il faudrait ranger dans la catégorie de ces corps réguliers de forme que la physiologie distingue depuis quelques ( '3'; ) années par le nom d'organites, tels que les globules du sang, les globules du pus, etc. » Quoi qu'il en soit, nous allons reconnaître que cette poussière des magnaneries, que l'on éloigne des éducations à leur début en presque totalité par le nettoyage préalable, mais qui renaît en quelque sorte pendant les nouvelles éducations, renferme des éléments toxiques à un haut degré, alors même qu'on en éprouve les effets une année après sa production et sa dessiccation au contact de l'air. w En saupoudrant la feuille de mûrier que l'on donne à manger aux vers avec cette poussière, on provoque une grande mortalité, et, dans l'in- tervalle de peu de jours, on donne lieu à l'un des symptômes habituels de la maladie, la présence des petits. Un seul repas par jour de feuilles salies par ces poussières, alternant avec deux ou trois repas de feuilles ordinaires, amène en quelques jours une mortalité qui s'élève à 20, 5o et 80 poin- 100 du nombre total des vers. Développe-t-on ainsi la maladie avec présence des corpuscules? Non, car les vers morts dans ces conditions n'en ont pas présenté. Mais nous savons que l'absence des corpuscules ne prouve pas l'ab- sence de la maladie. Dans tous les cas, il est sensible que les matières qui composent la poussière des magnaneries sont toxiques pour les vers à soie lorsque cette poussière est très-corpusculeuse. En outre, j'ai cru remarquer que l'effet était plus accusé sur les vers déjà malades ou prédisposés à la maladie que sur les vers sains. » L'expérience est plus concluante lorsque l'on recouvre les feuilles de gouttelettes d'eau ordinaire rendue trouble par les liquides et les solides du corps d'une chrysalide ou d'un papillon très-corpusculeux, Tous les vers soumis à l'expérience ont péri dans l'intervalle de quelques jours. Les mêmes essais répétés, soit avec des poussières minérales, soit avec de l'eau rendue trouble par les substances qui composent le corps d'un papillon sain, n'ont donné lieu à aucune mortalité qui mérite d'être signalée (i). (i) J'aurais désiré placer sous les yeux de l'Académie les résultats de cette expérience. M. Peligot voulut bien me remettre un certain nombre de vers ayant accompli leur quatrième mue depuis quelques jours. Après les avoir partagés en plusieurs lots, j'ai donné à l'un d'eux de la feuille humectée avec une eau rendue trouble par les matières du corps de papillons corpusculeux; mais aujourd'hui ils vivent encore et se préparent à faire leurs cocons. Les expériences de ce genre que j'ai faites à Alais ont porte sur des vers plus petits et avant la quatrième mue. Est-ce là la cause de la différence de l'essai de Paris et des essais d' Alais? Je ne sais. Tout ceci sera l'objet d'études approfondies l'an prochain. ( '36) » Lorsque l'on se représente les éducations industrielles telles qu'elles sont conduites, il est difficile de ne pas admettre, d'après les faits qui pré- cèdent, que, dans les chambrées dérivant de mauvaises graines, beaucoup de vers se perdent par le mode d'infection dont je viens de parler. La leuille ne serait pas malade, l'air que les vers respirent ne serait pas chargé de miasmes délétères; il n'y aurait pas un choléra des vers à soie, ni d'épi- démie mystérieuse dans ses causes. En mal pouvant naître dans une éduca- tion quelconque par des circonstances .propres aux éducations (i), mal héréditaire par infection congéniale; les crottins des mauvais vers, surtout lorsque ces crottins sont humides; les débris des cadavres de ceux qui périssent, toutes circonstances qui accumulent des poussières dangereuses pour la santé des vers, voilà peut-être toute la maladie. » IX. Je suis très-porté à croire qu'il n'existe pas de maladie actuelle particulière des vers à soie. Le mal dont on se plaint me paraît avoir existé toujours, mais à un moindre degré. J'ai déjà dit qu'il existait sûrement au Japon, bien que ce pays nous envoie des graines relativement saines. En outre, M. le préfet du Gard ayant bien voulu faire la demande, un peu par- tout dans sou département, d'anciens cocons étouffés, et M. le général Morin, de son côté, ayant mis obligeamment à ma disposition des cocons conservés par M. Alcan au Conservatoire des Arts et Métiers, j'ai pu m'as- surer que quelques chrysalides de l'année i838, époque à laquelle on était encore loin de se plaindre de la maladie actuelle, offraient eu abondance des corpuscules. Aussi ai-je l'espoir que, si le mal est combattu et écarté avec intelligence, on arrivera à une situation bien meilleure que celle qui a précédé l'époque antérieure à la maladie. n X. En outre, j'ai des motifs sérieux de croire que la plupart des ma- ladies du ver à soie connues depuis longtemps sont liées à celle qui nous occupe, la uuiscardine et, peut-être, la grasserie exceptées. Il ne faut pas oublier que si les éducations d'autrefois étaient à l'ordinaire faciles, régu- lières et rémunératrices, elles ont toujours donné lieu à une grande mor- talité, ne s'élevant pas à moins de 4» à 5o pour loo environ, ai-je oui dire, du nombre total des œufs et des vers à la naissance. Il m'est avis que (i) J'ai fait des éducations dans des boîtes de carton munies de leurs couvercles. Tous les papillons ont été corpusculeux. J'ai tout lieu de croire que les mêmes graines élevées à la manière ordinaire avec renouvellement de l'air auraient fourni beaucoup de papillons privés complètement de corpuscules. ( '37) cette mortalité était pour une grande part sous l'influence de la maladie dite acluetle (i). » Le développement des corpuscules altère, selon moi, à des degrés Irès- divers les humeurs et les liquides du corps des papillons. Sans doute ils peuvent assez peu se multiplier, ou se multiplier dans des organes qui inté- ressent à un assez faible degré la fonction de reproduction pour que la graine des parents corpusculeux ne soit pas malade sensiblement. Il est vi'aisemblable, au contraire, qu'il y a tels degrés d'altération des parents qui correspondent à telles ou telles affections ou genres de morts qualifiés anciennement de maladies spécifiques du ver à soie. Voici, par exemple, ce que j'ai observé relativement à la maladie dite des nwrts-Jhtts^ qui a tou- jours fait de grands ravages, et quia déterminé, conjointement avec la mus- cardine, au commencement du siècle, les intéressantes études de Nysten. Parmi lesécbantillonsdc graines quej'avais préparés l'an dernier, il yenavait un issu de papillons, mâle et femelle, très-corpusculeux, pas de façon, ce- pendant, à rendre la graine corpusculeuse ni les vers. Néanmoins, il est mort de ceux-ci 64 pour loo, entre la quatrième mue et la montée, de cette maladie des morts-flals. J'attribue cette mortalité à ce que la graine née de parents corpusculeux était malade au degré voulu pour provoquer la maladie des morts-flats; car il m'est difficile d'admettre qu'un accident inconnu d'édu- cation ait donné lieu à cette maladie, d'autres essais de la même graine pla- cés à côté de celui-ci et conduits absolument de la même manière ne m'ayant rien offert de pareil. » Voici un autre fait non moins significatif. Dans les expériences où j'ai vu périr tous les vers qui avaient pris quelques repas de feuilles humectées par les débris du corps de papillons très-corpusculeux, si j'avais eu à qua- lifier le genre de mort qui avait atteint ces vers, sans rien connaître de l'ex- périence par laquelle j'avais provoqué leur mort, j'aurais dit qu'ils avaient péri de la négrone, car dès le lendemain de la mort, le corps de ces vers était tout noir. » XI. Je ne saurais mieux faire comprendre la manière dont je me repré- sente la maladie des vers à soie qu'en la comparant aux effets de la phthisie (1) J'ai vu échouer plusieurs éducations sous l'influence de causes mal déterminées. On aurait attribué volontiers ces échecs à la maladie régnante. Pourtant il neu était lien. Je suis porté à croire qu'il y a assez souvent des insuccès provoqués par quel(|iu' circonstance défectueuse pendant la conservation de la graine, ou à l'époque de l'incubation. Il arrive fréquemment que l'on met sur le compte de la maladie régnante des échecs qui ont de tout autres causes. C. R., 1866, ame Semcilie. ( T. LX.1I1, N<> 4.) '9 ( «38 ) pulmonaire. Il s'agit ici, bien entendu, d'effets généraux et de ressem- blances dans les résultats. Je ne prétends pas le moins du monde assimiler ces maladies dans leurs natures propres, qui probablement diffèrent beau- coup. La phthisie pulmonaire est une maladie héréditaire, mais elle est aussi une maladie que mille accidents peuvent déterminer. Elle est donc, pour ainsi dire, inhérente à l'espèce humaine. En outre, le signe physique des tu- bercules n'apparaît qu'à un certain âge. Provoquez des mariages entre parents atteints de cette affection, et la maladie fera peu à peu de grands ravages. De même, je pense qu'en pleine prospérité, en partant de la meilleure graine possible, on pourra donner naissance à des vers qui deviendront par accident corpusculeux, sinon les vers eux-mêmes, du moins les papillons. La meilleure de mes graines de l'an dernier, provenant de parents qui n'of- fraient que de très-rares corpuscules, m'a fourni quatre-vingt-onze papillons sur cent absolument dépourvus de corpuscules (i). Les neuf papillons cor- pusculeux ne l'étaient pas, je crois, par hérédité, mais par accident d'édu- cation, peut- être par contagion. J'en serais plussùr encore si la graine d'où ils étaient issus avait été produite par des papillons absolument sans corpus- cules. Mais la graine totale de ces centpapillons, dont neuf sont corpusculeux, pourraitdonner une bien plus grande proportion de papillons corpusculeux, surtout si tous les neuf papillons infectés le sont à un degré suffisant pour amener un tel résultat. La troisième génération pourrait être plus infectée encore, et ainsi de suite. Cette circonstance se présenterait d'autant plus sûrement, que dans les grainages successifs on ne prendrait aucun soin pour éloigner les papillons évidemment mauvais à la simple apparence de leurs ailes et de leurs corps. Les grainages industriels qui ont été un des effets de la maladie sont ordinairement entachés de ce vice radical, très-préjudi- ciable aux chambrées, et bien fait pour propager outre mesure le mal régnant. » XU. Si l'on se reporte maintenant à ma Note de Tan dernier, on verra que plusieurs des principes qui me servaient de guide et que je n'avais pré- sentés que sous toutes réserves du contrôle de faits nouveaux, plus nom- breux et mieux étudiés, ont aujourd'hui l'appui de preuves décisives. » i" La présence des corpuscules dans une graine ou dans un ver est l'indice du mal le plus profond et le plus avancé. » Toutes les contradictions qui ont été adressées sur ce point aux obser- vations de MM. Cornalia, Vittadini, Lébert sont dénuées de fondement. (i) Dans une éducation de la graine d'un couple de race polyvoltine, graine produite en i8(i6 et dont le niAle et la femelle n'avaient pas du tout de corpuscules, aucun des papillons n'a été corpusculeux. ( i39) » 1° L'absence des corpuscules dans tui ver ou dans une graine ne prouve pas que ce ver, que cette graine ne sont pas malades. » S'il faut condamner une graine, une graine indigène principalement, dont beaucoup d'œufs sont corpusculeux, il est indispensable de ne prêter qu'une confiance réservée à une graine qui ne contient pas de tels œufs. L'étude de la graine, bonne en soi, n'éclaire donc pas suffisamment l'édu- cateur. » Une chambrée dans laquelle on ne trouve pas de vers corpusculeux, ou qui n'en offre qu'exceptionnellement, peut échouer comme rendement, et elle se montre très-souvent défectueuse lorsqu'on la prend comme source de graine pour l'année suivante. » 3° C'est que la maladie, avec présence du caractère des corpuscules, ne s'accuse en général que dans les chrysalides âgées et dans les papillons. ') Le ver non corpusculeux porte donc très-souvent en lui-même la pré- disposition qui le rendra très-corpusculeux dans la dernière de ses méta- morphoses, celle-là même qui intéresse le plus directement sa fonction de reproduction. M 4" Dans aucun cas, les papillons non corpusculeux ne fournissent au nombre de leurs œufs un seul œuf corpusculeux, c'est-à-dire un œuf dont on puisse dire, dès son éclosion, que le ver qui en sort est destiné à périr dans le cours de l'éducation avec tels ou tels des symptômes caractéristiques de la maladie régnante. » Tous les œufs corpusculeux proviennent donc de papillons très-chargés de corpuscules. » 5° La réciproque n'est pas exacte, c'est-à-dire que des papillons char- gés de corpuscules peuvent donner et donnent très-fréquemment une graine dont les divers œufs ne sont pas du tout corpusculeux. I) 6° Non-seulement des papillons plus ou moins chargés de corpuscules peuvent fournir des graines qui n'en contiennent pas, mais en outre ces mêmes graines, élevées avec des soins de propreté ordinaires, particulière- ment en petites éducations, conduisent à des papillons parmi lesquels un plus ou moins grand nombre ne sont pas du tout corpusculeux (i). (i) J'entends par petites éducations des éducations qui peuvent être quelconques, à la seule condition qu'elles soient dirigées avec ces soins de propreté auxquels je fais allusion, tels que délitages à temps utile, éloignement des poussières, suppression fréquente des vers morts ou mourants, aération convenable. Il faut y joindre une bonne conservation de la graine qui ne doit point tramiller, puis s'arrêter, puis reprendre son travail intérieur. Il 19.. ( '4o ) M XIII. En clierchant à déduire des principes qui précèdent, par le rai- sonnement seul, un moyen pratique de produire de la bonne graine, on arrive, en quelque sorte forcément, au procédé de grainage que j'ai indi- qué, car ces principes permettent d'affirmer que le papillon vraiment sain, bon reproducteur par conséquent, est dépourvu de corpuscules. Je parle bien entendu de la maladie régnante; un papillon non corpuscnleux qui serait issu d'un ver prédisposé à la grasserie, par exemple, potu-rait être mauvais reproducteur et fournir une graine dont les vers périraient de la grasserie. J'ai eu une preuve de ce fait cette année. » Que manque-t-il donc au procédé auquel je fais allusion pour que je puisse, dés à présent, le proposer en toute sécurité? Il lui manque le con- trôle des éducations des nombreuses graines que j'ai préparées, en les qua- lifiant à l'avance par l'examen du corps des papillons d'où ces graines sont issues. J'ai fait déjà quelques éducations de telles graines, obtenues en i865, dont le résultat a répondu a mon attente. Mais par les raisons que j'ai fait connaître dans ma Note de l'an dernier, j'avais trop peu de ces graines à ma disposition, et je dois attendre les données des éducations futures avant de me prononcer définitivement. » XIV. Les principes que j'ai posés tout à l'heure me paraissent rigou- reusement démontrés par l'ensemble des observations que j'ai recueillies cette année. Il résulte en outre de ces observations des conséquences qui, poiir être présentement moins bien étayées par l'expérience, méritent cepen- dant l'.ittention sérieuse des savants et des éducateurs. Voici les principales : » 1° Les papillons corpuscnleux sont d'autant plus malades et mauvais reproducteurs que leurs chrysalides ont été plus tôt le siège de la formation des corpuscules. » 2° La maladie actuelle a toujours existé. Il n'y a qu'exagération d'un état de choses en quelque sorte inhérent aux éducations industrielles. u Des causes mal coniuies l'ont développée outre mesure. Cependant il serait facile, par des grainages pratiqués sans autre intérêt que celui de produire des œufs en abondance, et aussi par des éducations dans un air humide, non renouvelé, de faire naître la situation actuelle, même en pleine m'est avis que la graine doit être conservée au froid (cellier au nord dans lés hivers ordi- naires, cellitr plus froid, cave, dans les hivers doux • jusqu'au dernier moment, et sa tem- pérature graduellement élevée ù l'incubation. Il faut y joindre également beaucoup de science pratique dans l'art de conduire les repas au moment des diverses mues. Tout cela avec beaucoup d'air, c'est-à-dire un air renouvelé, un air non stagnant, comme en prcicurcnt de bonnes dispositions de magnaneries pour la venlilation. ( i4i ) prospérité. Il est donc bien probable qu'il n'y a rien de mystérieux ni dans la maladie ni dans ses causes. » 3" La maladie existe au Japon, souvent très-développée dans telles ou telles chambrées individuelles. Mais tandis qu'il est rare aujonrd'luii de trouver en France une chambrée dont tous les papillons ne soient pas cor- pnsculeux, il en existe beaucoup de telles au Japon, surtout parmi les chambrées polyvollines, et dans les autres le nombre des papillons corpiis- culenx est relativement faible en général. » 4° Lf mortalité des chambrées avant l'époque de la maladie était déjà en partie sous l'influence du mal actuel. On a donné des noms spécifiques à des maladies qui ne sont que des formes et des effets de la maladie régnante. » 5" La mortalité des chambrées à mauvaise graine provient non-seule- ment d'une infection de la graine par hérédité congéniale, mais en outre de l'introduction directe dans le corps des vers de feuilles salies par des pous- sières, des déjections, ou des débris de vers morts très-corpusculeux. » XV. Un mot encore en terminant sur les corpuscules considérés dans leur mode de formation. Si j'avais eu à ma disposition les ressources d'un laboratoire, je crois qu'il m'eût été facile de faire une analyse élémentaire de ces petits organites, dont on pourrait préparer vraisemblablement de grandes quantités en opérant à peu près comme on le fait pour isoler la fécule des cellules de la pomme de terre. » Mes observations de cette année m'ont fortifié dans l'opinion que ces organites ne sont ni des animalcules ni des végétaux cryptogamiques. » Il m'a paru que c'est principalement le tissu cellulaire de tons les or- ganes qui se transforme en corpuscules ou qui les produit. Entre les muscles et le tissu cellulaire qui les entoure et les pénètre, on voit quelquefois les corpuscules faire hernie, tant leur abondance est grande. I/envcloppe des poches plus ou moins volumineuses dans lesquelles, ainsi que je le disais l'an dernier, sont renfermés les corpuscules, est peut-être le plus souvent constituée par le lissu cellulaire propre à tel ou tel organe. » Les études auxquelles je me suis livré cette année ont exigé un travail considérable qu'il m'eût été impossible d'accomplir seul. Un jeune physi- cien déjà connu par d'importantes recherches, M. Gernez, n'a cessé de me prêter son concours le plus empressé et le plus intelligent. M. Duclaux, jeune chimiste fort exercé, a bien voulu, également, passer quelque temps auprès de moi et m'a rendu d'importants services. C'est à eux que revient une bonne part des observations sur lesquelles s'appuient les données qui précèdent. Toutefois leurs fonctions universitaires les obligeant ailleurs, je ne dois pas oublier le bienveillant empressement de S. Exe. le Ministre ( «42 ) de l'Instruction publique à accorder toutes les facilités nécessaires pour leur collaboration. Je suis heureux d'en témoigner ici ma vive reconnaissance. Enfin je ne saurais trop louer M. Lachadenède, président, et M. Despey- rous, secrétaire du Comice agricole d'Alais, de leur dévouement sans bornes aux intérêts qui leur sont confiés. » Je déposerai ultérieurement sur le bureau de l'Académie des tableaux nombreux, faisant connaître tout le détail de mes observations. J'espère que l'on sera conduit à leur donner les mêmes interprétations que moi- même; aussi, est-ce avec quelque confiance que j'attendrai les résultats des éducations de tous les échantillons de graines que j'ai préparés cette année. S'ils confirment les idées que je me suis faites au sujet de la nature et de la propagation du mal, j'ai la confiance que toutes les plaintes des séricicul- teurs disparaîtront bientôt. » a Après la lecture de M. Pasteur, M. Combes demande la permission d'exprimer à son illustre confrère sa reconnaissance pour les beaux travaux qu'il vient d'exposer devant l'Académie. M. Combes est sûr d'être le fidèle interprète des populations séricicoles du midi de la France, qui souffrent depuis si longtemps du fléau dont M. Pasteur étudie les causes, pour en découvrir le remède. S'il atteint, comme il y a lieu de l'espérer, le but qu'il poursuit avec la sagacité et la persévérance que nous lui connaissons, il ramènera la prospérité dans nos contrées des Cévennes, qui sont aujour- d'hui réduites à une misère déplorable. Il sera le bienfaiteur de ce pays et aura acquis la gloire la plus pure et la plus durable à laquelle un savant puisse aspirer. » M. DcMAs, qui a reçu, jour par jour, les témoignages de la reconnaissance respectueuse que le dévouement et la persévérance de M. Pasteur ont inspirée aux habitants d'Alais et des Cévennes, se joint à M. Combes et prie l'Académie de décider qu'un nombre assez considérable d'exemplaires de son Mémoire soient mis à la disposition de l'auteur pour être distribués dans le Midi. L'Académie adopte la proposition. MINÉRALOGIK. — Note sur la phosphorescence de la blende hexagonale; par M. Edm. Becqueuei.. o M. Sidot m'a remis quelques échantillons de sulfure de zinc cristal- lisé (blende hexagonale) qu'il a obtenus récemment par volatilisation, et qui sont phosphorescents par insolation à un assez haut degré. » La blende ordinaire est phosphorescente, mais à un degré bien |)his ( '43 ) faible que les cristaux préparés par M. Sidot. Les échantillons que j'ai sont formés de cristaux, agglomérés; ceux qui sont à l'exlérieLU' de chaque agglo- mération sont blancs, et ceux qui sont à la partie centrale sont jaunes : cette teinte jaune, qui rappelle celle des composés d'uranium, est probablement due à un état moléculaire en vertu duquel la phosphorescence a lieu, car les cristaux qui prennent cette teinte sont plus phosphorescents que les autres. Le sulfure de strontium phosphorescent présente, comme on le sait, un effet du même genre. M Étudiés à l'aide du phosphoroscope, les cristaux blancs donnent inie lumière propre d'un beau bleu pour ime vitesse modérée de l'appareil, ce qui indique une persistance de phosphorescence de j^ de seconde au plus ; les cristaux jaunes sont d'un jaune verdâtre pour la plus petite vitesse de l'appareil, puis changent de nuance à mesure que cette vitesse augmente, et passent au bleu de façon à présenter une teinte moins foncée que les précédents, par suite du mélange de la lumière verte à la lumière bleue de courte persistance. Ces cristaux colorés offrent donc par phosphorescence des rayons différemment rélrangibles et de durée inégale, des rayons verts de longue durée et des rayons bleus d'une courte durée. Mais si tous les échan- tillons présentent cette couleur bleue, il n'y a que certains cristaux qui soient lumineux vert. » Ce sulfure de zinc se rnpproche donc des substances telles que le dia- mant, le silicate de chaux (wollastonite), le carbonate de chaux, elc.^ qui changent de nuance dans le phosphoroscope; seulement les couleurs sont différentes. Les diamants, comme on sait, donnent des rayons jaunes de longue durée et des rayons bleu clair de plus courte durée; le silicate de chaux, des rayons orangés de longue durée et des ravons verts de courte durée, etc.; mais les corps qui donnent une couleur bleue dans l'appareil sont peu nombreux. » Puisque certains cristaux restent lumineux avec une teinte verte très-longtemps après l'influence de la lumière, il est facile d'étudier l'action que les difféients rayons du spectre exercent sur eux. Pour cela, j'ai fait adhérer avec de la gomme arabique des cristaux réduits en poudre sur une feuille de carton, afin d'y projeter le spectre lumineux. J'ai con- staté d'abord que la substance présente, après l'insolation, une lumière d'une couleur analogue à celle du sulfure de strontium vert phosphores- cent dont j'ai indiqué la préparation (i); elle n'est jieut-ètre pas aussi (i) Annales de Chimie et de Physique, 3' série, t. LV, p. 46; i85c). ( i44 ) vive, mais elle paraît avoir une durée aussi grande, qui est de plusieurs heures au moins. Seulement, les limites des rayons qui excitent la phos- phorescence ne sont pas tout à fait les mêmes poiu' le sulfure de zinc et pour les sulfures alcalino-terreux : le sulfure de zinc ne présente qu'un seul maximum d'action entre les raies G et 11, à | de la dislance GIl, plus prés de G que de H, et cette action s'étend d'un côté jusque près de F, à la limite du vert et du bleu, et de l'autre jusque vers P, bien au delà du violet. Ainsi la partie active du spectre solaire sur ce corps est située un peu plus du côté du rouge que celles qui agissent sur les sulfures de strontium et de calcium, et se trouve avoir à peu près les limites de la partie active du spectre sur le sulfure de baryum, (^oj'r Mémoire cité plus haut, p. 63 et suiv.) » Une fois la matière excitée, elle est soumise à l'action des rayons qui éteignent la phosphorescence, absolument comme les sulfures alcalino-ter- reux, et présente les effets que j'ai décrits dans des Mémoires antérieurs. Cette partie du spectre va d'un côté depuis F, au conunencement du bleu, jusque bien au delà du rouge, à une distance de la raie du rouge A presque égale à celle qui sépare A de F; elle parait même s'étendre un peu plus dans l'extra-rouge. )) Ainsi, sous le rapport des effets de persistance des impressions lumi- neuses sur les corps, les cristaux de blende hexagonale se l'approchent des sulfures phosphorescents de strontium, de calcium et de baryum. » Le sulfure de cadmium cristallisé, obtenu de la même manière par M. Sidot, n'offre |)as une phosphorescence persistante comme le sulfure de zinc; mais, placé dans le phosphoroscope, il devient liunineux avec une teinte orangée quand on fait tourner très-rapidement la roue de l'appareil ; il donne donc une phosphorescence de cette nuance, mais de très-courte durée. » Quand M. Sidot m'a remis ses échantillons de blende, je m'occupais à rechercher les lignes ou bandes noires pouvant exister dans le spectre so- laire dans la partie extra-rouge; comme aucune action chimique n'y a lieu, on ne peut s'aider de la photographie pour les obtenir. Les actions calo- rifiques pouvaient les indiquer; mais il faut une intensité assez grande pour agir sur des thermomètres ou sur des piles thermo-électriques. Néan- moins, MM. Fizeau et Foucault ont indiqué l'existence d'une large bande obscure située au delà de A et à peu près à la même distance de A que la ligne D. Les effets de phosphorescence, avec les rayons que l'on peut appeler exlincteurSj permettent d'atteindre ce but, non ])as dans toute l'étendue du ( i45 ) spectre extra-rouge, car ces rayons ne s'étendent pas aussi loin que ceux du spectre calorifique, mais enfin jnsqu'à ime certaine dislance. » Voici le procédé d'expérience employé. On éclaire à la lumière diffuse toute la surface phosphorescente, puis, dans la chambre noire, on projette sur la surface un spectre très-pur et très-intense, présentant les lignes noires connues. Au bout de quelques instants, en fermant l'orifice de la chambre noire, on voit que toute la surface est lumineuse, sauf dans la partie située depuis F jusqu'en A et au delà, où la phosphorescence est détruite. S'il y a des raies ou espaces noirs sans action, ils demeurent bril- lants par rapport aux parties voisines du spectre. Par ce moyen, on ne peut opérer que très-vite, car la faible intensité lumineuse de la surface ne permet pas de bien distinguer les lignes. Mais si, à cet instant, on élève la tempé- rature de la carte par derrière, à l'aide d'une lampe à alcool, on voit aus- sitôt la lumière augmenter sur toute la surface de la carte, excepté dans les parties où les rayons les moins réfrangibles ont agi; les lignes lumineuses, dans ce cas, indiquent les raies inactives. » Bien que je n'aie pas terminé le travail que je fais sur ce sujet, je dirai que, après avoir soumis à l'expérience les sulfures alcalino-terreux, j'ai employé le sulfure de zinc^ qui se prête très-bien à ce genre d'expériences par suite de l'extension du spectre dans les régions extra-i-ouges, et j'ai trouvé les mêmes effets avec ces différents corps; j'ai obtenu notamment un large espace inactif, correspondant à celui qui avait été indiqué à l'aide des effets thermométriques, situé au delà de A, à peu près à une distance égale à AD; mais au delà il y a comme un espace plus étroit où la des- truction de l'action a lieu plus vivement que dans les parties voisines. C'est comme une sorte de large ligne active, peut-être divisée en deux, moins large que l'espace des deux raies H, et qui serait une ligne brillante si cette partie du spectre était lumineuse. Plus près du rouge, j'ai observé une autre ligne semblable et plus étroite. » Ces résultats ont été obtenus avec un prisme de flint et avec un prisme de sulfure de carbone. Il serait nécessaire d'opérer avec un prisme en sel gemme et avec une lentille de même substance, car il est probable que le verre agit par absorption dans cette partie de l'image prismatique; mais je n'en ai pas eu d'assez pur pour pouvoir distinguer les raies même de la partie visible. C'est un sujet dont je continue l'étude, et je n'ai parlé de ces résultats préliminaires qu'à l'occasion de la matière active dont il vient d'être question et pour donner l'indication d'une méthode que j'avais déjà fait connaître comme donnant les raies de la partie visible du spectre, et G. R., 1866, a"'* Semestre. (T. LXIII, N" 4.) 20 ' «46 ) qui peiil s appliquer à une partie invisible qui avoisine le louge, mais niouis réfrangil)le que celle-ci. » GÉOLOGIE. — Quinzième Lettre à M. Élie de Beaunioiit sur les phénomènes éruplijs de l'Italie méridionale ; parM. Ch. Saixte-Claire Deville. (Suite et 6n.) « Je terminais ma dernière communication en vous indiquant, aussi bien que je l'ai pu avec les documents dont je dispose, le rôle du cratère supérieur du Vésuve, durant les huit premiers jours de réru|)tion de 1861 . Le neuvième jour ^17 décembre), j'étais à Naples, et j'y suis resté jusqu'au milieu de février 186a. Je vais résumer en peu de mots mes observations durant celte période. » Dés le jour de mon arrivée, j'ai été témoin, de Naples, d'une assez forte projection de cendres. Le nuage atteignit une grande hauteur et fut sillonné par plusieurs éclairs. » Les deux jours suivants (18 et 19 décembre) tout resta dans le calme : mais le 20, étant à étudier la lave, nous observâmes, M. Fouqué et moi, deux projections analogues; le 22 et le 23, le phénomène se renouvela. » Chaque fois, les cendres tombèrent en faible quantité sur la ville de Naples; mais leur abondance fut loin d'égaler la projection du 8 décembre, dont j'ai retrouvé les traces à de grandes distances du Vésuve , sur la pointe extrême des deux presqu'îles de Sorrente et de Baja. » Au reste, lorsque, quelques jours après, le 27 décembre, je montai au sommet du Vésuve, je vis sortir du cratère central, sans bruit, mais avec une certaine violence, des cendres mélangées à de grandes quantités de va- peur d'eau, et apportant avec elles une odeur sensible de soufre, et même peut-être d'acide sulfureux. » Il en fut de même lors d'une autre ascension que je fis le i5 janvier suivant, et j'appris que, les jours précédents, des quantités notables de cendres avaient été projetées et recueillies sur la terrasse de l'Observa- toire. » On peut donc affirmer qu'à partir du moment où la lave parut s'ar- rêter et les éjaculations des cratères adventifs diminuer brusquement, il se fit au cralt-re supérieur une forte explosion, qui entraîna, avec des quantités considérables de cendre, des blocs de plus de i mètre de diamètre, et qui, plus d'un mois encore après, était suivie d'explosions beaucoup moindres et de légères projections. Dans ces dernières, les blocs eux-mêmes n'avaient pas entièrement disparu; car, le 27 décembre, me trouvant, avec JL Fou- qué, sur le cratère supérieur et près du bord septentrional, j'en vis, à quel- ( '47 ) qiies pas de moi, tomber un qui portait environ 3o centimètres de côté, et qui brûla cruellement la main imprudente du guide qui s'en était saisi. » Vers le 3o décembre, les projections du sommet diminuèrent briis- quemetit, et le nuage supérieur du Vésuve, vu de Naples, ne parut qu'assez rarement chargé de matières pulvérulentes (ij. On peut, d'ailleurs, remar- quer que, vers ce moment, la température des émanations inférieures de la fissure commença à s'élever et même leurs caractères chimiques à changer, comme je l'ai dit plus haut. » Y a-t-il eu là encore signe d'antagonisme entre les manifestations du cratère supérieur et celles de la tissure? » Voici, maintenant, ce que j'ai pu recueillir touchant les phénomènes chimiques du cratère supérieur. » Je voiis rappellerai, d'abord, qu'après la grande éruption de 1 855, dès le (i) Je donne ici, en note, l'extrait lies remarques que j'ai consignées, jour par jour, sur l'aspect que présentait la sommité du Vésuve, vue de Naples. l 'j décembre 1 86i . — Lorsque nous arrivâmes à Naples, le volcan donnait à peine quelcjues fumées blanches. Vers 4 beures du soir, il commence à projeter à une grande hauteur une fumée noirâtre et jaunâtre, dans lai]uel!e, vers 5 heures, nous distinguons quelques éclairs. Aucun signe d'incandescence. A 6 heures, tout est calmé. Le i8 et le 19, fumées blanches. Le 20, vers 2 heures, comme j'étais au sommet des bouches de l'éruption, deux fortes projections du cône supérieur; puis calme jusqu'au soir, et toute la journée du 21. Le 22, dès le matin, nous avons vu des cendres. Ce même jour, le guide Giovanni Cozzo- lino est monté au sommet; il a vu tomber quelques blocs, gros comme la moitié de la tète, avec un peu de fumée. La vapeur n'avait aucune odeur acide et n'était nullement incommode. Dans la nuit du 22 au 23, nouvelle recrudescence. Le 23, de grand matin, nous avons vu le Vésuve entouré d'un nuage noir. En nous rendant à la Torre, M. Fouqué et moi, nous avons rencontré les cendres à Résina, et, en arrivant à la Torre, nos habits en étaient cou- verts. A Naples, il en est tombé fort peu. Le 24, môme état. A 5 heures du soir, nous avons vu un éclair à la base d'une projection. La fumée n'était pas très-noire, mais elle sortait éviderament par bouffées. Le 27, ascension du Vésuve. Projections de cendres et blocs incandescents. Ce même état continue jusqu'au 2g, avec quelques alternatives de plus grande ou de moindre intensité : mais il y a toujours projection de cendres noires. Le 3o, diminution sensible dans l'abondance des projections ; la fumée plus blanche; ac- croissement de température dans les mofettes de la Torre. Le 3i, diminution plus sensible encore. Le 2 janvier 1862, la fumée est devenue tout à fait blanche, et le cône supérieur a repris son aspect habituel. Même état pendant tout le mois de janvier, excepté le 10, où l'on a vu do petites projections, accompagnées de vapeurs blanches, et les 12, 1 3 et i4, où le cône a paru entouré de fumées légèrement noirâtres. 20.. { i4« ) lo juin i856, il se forma, dans la grande cavité qui occupait le centre du cratère supérieur, un petit cône d'éruption, que j'ai décrit dans ma Sixième Lettre. Puis, à partir de ce moment, et à divers intervalles, pendant les an- nées i856, 1867 et i858, le volcan subit un grand nombre de crises qui toutes eurent pour théâtre le cône central (1). « Le plateau supérieur du Vésuve, écrivait IM. Guiscardi le ao jan- » vier i858, n'est plus reconuaissable, tant sont grandes les inégalités de » sa surface, tant il est recouvert de laves disloquées et redressées, de blocs » éparset de scories. La PuiUa del Pato, presque indiscernable, manque au » géologue qui cherche une étoile polaire sur cet océan formé d'ondes » solides. » » En mai i858, peu de jours après l'éruption qui détermina sur les pentes du grand cône, au-dessus de l'Ermitage, une énorme acciunulation de sco- ries rougeâtres et vomit la lave qui envahit le Fosso grande, presque tout cet échafaudage disparut dans un inunense eft'onilrement, lequel s'agrandit en- core dans la nuit du 8 au 9 décembre 1861. » Tel était l'aspect général du cratère supérieur lorsque je l'étudiai en décembre 18G1, janvier et février i86i. Le point culminant était toujours le sommet que M. Scacchi avait appelé Puiiia del i85o (a), et le croquis lithographie ci-joint en représente le plan, d'après la petite triangulation, faite par M. le capitaine d'état-major Verneau, attaché au bureau topogra- phiqiie de Naples, qui voulut bien m'accompagner au Vésuve le 12 fé- vrier 1862. » J'ai fait, pendant mon séjour à Naples, quatre ascensions an sommet du volcan, les 27 décembre 1861, 6 et i5 janvier, 12 février 1862. » Il n'y avait, comme je vous l'ai déjà dit dans ma Douzième Lellre (séance du 10 février 1862), outre l'immense gouffre que rej)résente le dessin de M. Verneau, qu'une seule fissure d'où se dégageassent des vapeurs sensibles. Cette fente, représentée par la ligne AB, dans le croquis ci-joint (3), était (1) On lira avec un vif intérêt les Notizie del Vcsuvio par M. le professeur G. Guiscardi. Dans cette brochure de quatorze pages, Tauteur a recueilli, par lui-même ou par ses guides, un très-grand nombre de faits, qui donnent l'histoire du grand cône du Vésuve entie le 10 juin i856 et le 20 janvier i858. (2) L'effondrement de la nuit du 8 au 9 décembre n'a affecté que très-légèrement ce point culminant. En effet, M. le professeur Schiavoni qui, à ma demande, a fait de ce point une mesure trigonométrique le i3 février 1862, lui a trouvé une altitude de 1771™, 3, cette alti- tude étant, en i855, de 1285"", 7. C'est donc une quinzaine de mètres tout au plus dont le sommet aurait été abaissé depuis l'éruption. (3) Ce croquis est extrait d'une Lettre de M. A. Maugct, en date du aS octobre i863, que ( '49 ) placée dans la région orientale du cratère supérieur : sa direction, comme je l'ai fait remarquer dans la Lettre précitée et comme cela résulte aussi / so du croquis ci-dessus, était sensiblement celle de la fissure de 1794- Voici l'histoire de cette fissure pendant que je l'ai observée. » Le 27 décembre, la température de l'air, au sommet, était de —2°, 5 et, de plus, les projections de cendres et de blocs incandescents étaient conti- nuelles. Je ne pouvais donc songer à établir mes appareils d'analyse à quel- ques mètres de la bouche qui les vomissait. Je me contentai de noter ; 1° que les émanations de l'orifice A avaient, aussi loin que je pus étendre ma main sans être brûlé, une température de 73 degrés et étaient légèrement acides; 2° que les émanations de l'orifice B, plus éloigné du centre, n'avaient qu'une température de 5o degrés, étaient neutres et présentaient une odeur de soufre (i) très-bien caractérisée : elles contenaient des traces d'acide sulfhydrique, et, très-probablement, de l'acide carbonique. B Les 6 et i5 janvier, les émanations de l'orifice A ne sont plus acides leur température est tombée à 65 degrés, et elles contiennent, avec de l'air appauvri en oxygène : 6 janvier. i5 janvier. Acide carbonique 3,32 5,qj » Le la février, l'aspect a un peu changé : il s'est formé en A une cavité dont je ne puis plus atteindre le fond, et, là où je puis introduire le thermomètre, je trouve 80 degrés. L'émanation n'est pas encore redevenue acide, mais l'analyse dugazdonne jusqu'à 8,1 pour 100 d'acide carbonique. je cite plus loin. Il représente le cratère tel qu'il était à cette époque; mais les traits essentiels n'ayant pas encore changé, il peut servir à l'intelligence de ce qui se passait en janvier et fé- vrier 1862. (i) J'appelle ainsi une odeur particulière, très-caractéristique, et qui n'est peut-être que celle de l'acide sulfhydrique, en doses extrêmement faibles. ( i5o ) On entend dans roriHce un bruit de soufflet et d'ébuUition : toute la plaine fume, w comme si le feu était très-voisin (i). » Enfin, lorsque, après avoir fait le tour du cratère, je descends la pente qui est tournée vers Torre del Greco ou vers la 6ssnre de 1794» je trouve le cône supérieur jalonué dans cette direction par des dégagements de vapeur d'eau à 5o ou 60 degrés. » Ces faits, qui semblent sans intérêt si on les considère isolément, en acquièrent, au contraire, lorsqu'on les rapproche de ce qui s'observait con- curremment sur la fissure active de l'éruption, et que j'ai rappelé au début de cette Lettre. » On voit, en effet, du 20 au 27 décembre, la fissure au sommet témoi- gner d'une certaine activité, pendant la petite lecrudescence du cratère central que j'ai signalée et qui s'est arrêtée le 3o décembre; puis, l'intensité érnptive au sommet s'affaiblit en janvier, tandis que j'observe, dans la partie inférieure de la fissure, au bord de la mer, l'élévation de la tempé- rature et l'apparition de l'hydrogène sulfuré. » En lévrier, il y a de nouveau interversion ; la température, au bord de la mer, avait déjà diminué de quelques degrés. Je vous écrivais [Quator- zième Lettre) des fumerolles de la lave : « Le 3 février, elles présentaient, à w la fois, une réaction alcaline et la réaction de l'hydrogène sulfuré, et dé- » posaient sur le sel ammoniacal de petits cristaux de soufre. Le i4, elles ). n'agissaient ni sur le papier de tournesol, ni sur l'acétate de plomb ; elles » lie déposaient plus ni soufre, ni sel ammoniac. » » Nous venons de voir, au contraire, l'activité se ranimer au sommet à mesure qu'elle diminuait dans les régions inférieures de la fissure. h A quel degré s'est élevée^ à ce moment, cette réuitégration des forces éruptives dans les régions supérieures du volcan? C'est ce que je ne puis affirmer. Mais il est probable que cette grande chaleur, ces masses consi- dérables de vapeur d'eau qui envahissaient le cratère, se sont accrues au point de miner une grande partie de la voûte; car je vois, au 22 mars 1862, une petite éruption, signalée par M. Guiscardi, déterminer encore l'ébou- lement d'une partie de la Punta del i85o {Notizie vesuviane, citées par E. Sôchting, Fortschritte der Pliysik), et une Lettre de M. Mauget, en d;iie du i5 juin suivant, mentionne le fait suivant : K Le 1 juin, vers 8''3o™ du matin, j'étais à mes travaux de forage de ta » Bolla, situés, comme vous le savez, au pied de la Somma, quand le Vé- » suve, qui était auparavant très-calme, lança tout à coup par son cratère » supérieur d'énormes tourbillons de cendres, qui retombèretit eu pluie (i) C'est la réflexion que je trouve dans mon cahier i6 ïoo,oo 100,00 » Cet extrait confirme les observations de M. de Verneuil, monlie que l'élargissement du cratère se poursuivait rapidement, et témoigne bien, par la nature des émanations, qu'il y avait tendance à ce que l'intensité éruptive s'accrût au sommet. » Même remarque pour l'ascension du 22 octobre i863, faite encore par M. Mauget. » A la fente AB, dirigée N.E.-S.O., s'est ajoutée une nouvelle fissure plus inclinée vers l'est. » L orifice A est tapissé intérieurement de chlorures et d'aiguilles de soufre en très-grande quantité : ses émanations rougissent encore le papier de tournesol bleu, mais n'attaquent plus le papier d'acétate de plomb. Elles ont donc, depuis le mois d'avril, éprouvé une phase d'activité assez grande, qui a diminué et qui reprend de nouveau. » La fumerolle B n'.a plus qu'une température de ZJQ degrés, et ses émana- tions, qui ne noircissent pas le papier imprégné d'acétate depiomb, donnent : Acide carbonique 0,78 0,76 Oxygène '9) 17 20, o5 Azote 79.95 79. '9 100,00 100,00 » Si cette fissure, qui, vous vous le rappelez, coïncide sensiblement en direction avec celle de Torre del Greco, semblait perdre de son activité, d'autres points du cratère supérieur en ont acquis, au contraire. Ainsi, vers l'E.-N.-E., un petit four (m du plan) donne des émanations qui rougissent fortement le papier de tournesol bleu et qui accusent une température de 2 [o degrés; plus loin, des fumerolles, légèrement acides, s'échappent d'une fissure concentrique, à 72°, 5; enfin, plus bas et plus loin du cratère central, près de la Piintn del Pnto, des fumerolles sortent (du point d du plan) avec une température de 62 degrés et la composition suivante : Acide carbonique 2,74 2,48 Oxygène i8,45 18,82 Azote 78,81 79,20 100,00 100,00 t. R., 18G6, arae Semestre. (T. LXIII, l\o 4.) 2 1 ( '54 ) » La tendance à un accroissement d'intensité ériiptive au sommet du Vésuve continuait donc encore à la fin de i863, et a progressivement amené la phase de petites éruptions successives, à laquelle j'ai donné le nom de phase slrombolienne. Tel était^ en effet, l'état du cratère supérieur clu Vésuve lorsque, en i865, M. Fouqué l'a éludié, à son retour de l'Etna. Mais le rôle de la fissure de 1794 ou de 1861 s'était effacé : d'autres directions de fissures avaient hérité de son activité. Si j'allais plus loin, je dépasserais donc le but de cette Lettre, où je m'étais uniquement proposé de faire l'histoire de cette fissure, depuis le jour de sa recrudescence, le 8 décembre 1861, jusqu'au moment où elle aurait cessé de manifester aucune activité. » Mais, dans une prochaine communication, qui sera comme un appen- dice à cette Lettre, je dirai ce que je sais des dernières péripéties qu'n subies le cratère supérieur de l'Etna. Heureux si cet essai, pour lequel me man- quent encore tant de données, pouvait engager les jeunes savants qui ha- bitent le pied du Vésuve ou de l'Etna à entreprendre une tâche qui, j'ose l'affirmer, ne serait pas inutile au progrès de la science! » ANATOMIE VÉGÉTALE. — Des vatsseaux propres dayis les Ombellifères ; par M. A. Tréccl. K L'étude des vaisseaux propres des Ombellifères a été très-négligée par les botanistes, car il n'a été écrit que fort peu de lignes sur ces jolis or- ganes. L'abandon dont ils ont été l'objet, et qui paraît dû à leur défaut de membrane propre, a été tel, que tout ce que l'on «ait à leur égard se résume en ces quelques mots : Ce sont des canaux contenant un suc oléo-résineux, qui existent dans les racines, dans les tiges, dans les feuilles, les fruits, etc. Et encore n'est-on pas d'accord sur leur constitution, puisque certains bo- tanistes les croient limités par une membrane propre. )) Je dirai tout de suite que ces canaux oléo-résineux sont, dans les plantes que j'ai étudiées, des vaisseaux le plus ordinairement continus, ramifiés, anastomosés les uns aux autres et formant un système qui s'étend dans toutes les parties du végétal. Ce système n'a pas de membrane propre; il est limité le plus communément par une rangée de cellules plus petites que les environnantes; mais quelquefois ces cellules ne se distinguent pas du tout ou à peine des utricules adjacentes. » Le suc contenu dans ces canaux est limpide ou IroulDle, blanc de lait ou jaune à divers degrés. Il est limpide dans les Paslinaca saliva, Scandix pccten-Feiieris, Chœrophyllum biilbosum, Btiplevrani fridicosiun, etc. H est blanc de lait dans les parties jeunes des Ferula tiihjitaiia, glauca; Angelica s/lveslris, Smpnium Ohisalrum, Daucus Carota (sauvage), etc.; trouble et ( ^55 ) jaune dans les Sison Àmomurn, Imperaloria Oatiiithiitm ,■ d'un très-beau jaune limpide ou trouble dans les Opopanax Chironium et orientalis. » Parmi les organes qui renferment ce suc, les racines, qu'elles soient adventives ou qu'elles soient des ramifications d'un pivot, présentent un arrangement des canaux oléo-résineux qui n'a pas encore été remarqué. Il existe, en effet, tout près de la périphérie, au milieu ou immédiatement au-dessous d'une mince couche de tissu cellulaire, qui forme comme une sorte de périderme de quelques rangées de cellules un peu allongées hori- zontalement, des vaisseaux propres qui, dans les coupes transversales, sont isolés de distance en distance sur une ligne circulaire. Sur des coupes pa- rallèles au plan tangent, ces canaux s'étendent longiludinalement en décri- vant des zigzags, des angles desquels partent des branches horizontales, qui les unissent aux angles semblables des canaux voisins. Ces branches hori- zontales sont communément écartées de p™™,3o à o™",45. Dans \eSium lan- cifoliu7n,je ne les ai trouvées éloignées que de o""",i5 à o™™,25. (Ex. Opopa- najc Chironium, Imperaloria Oslntlhium, Sison Amomum, Eryngium cjicjan- teum, Buplevrum ranunculoides , angulosum ; jEgopodium Podacfraria, Jnthris.- ciis vulgaris, Seseli varitim, Corinndntm sativitm, Scandix pecten-Veneris, Petro- selinum salivum, J^agoecia cwninoides, Heracleum vernicosum.) Si pour les voir on était incommodé par la présence de l'amidon, on ferait disparaître l'obstacle en plaçant les coupes dans une solution concentrée de chlorure de calcium ou de zinc. » Outre ces vaisseaux propres, les racines en possèdent encore dans l'é- corce sous-jacente. Il y a sous ce rapport de notables différences, surtout en ce qui concerne la quantité. Je ne puis dans ce résumé que signaler quel- ques exemples des plus remarquables. M Le tissu placé sous le périderme que je viens de mentionner est ordi- nairement lacéré et tout imprégné de gaz. Il est composé du parenchyme externe et de \^ partie superficielle des rayons du tissu libérien dit cribreux, qui, n'ayant pu s'étendre, arrêtés par le périderme, se sont plissés et ont déterminé la déchirure des rayons médullaires. On ne peut guère aperce- voir dans ce tissu que des vaisseaux propres épars; mais dans l'écorce plus interne on remarque souvent que les canaux oléo-résineux sont disposés dans le tissu cribreux en séries parallèles aux rayons [Heracleum verruco- sum, Eryngium giganteum, Seseli varium , etc.) ; dans quelques espèces dont l'écorce interne est bien conservée, on peut voir aussi que les vaisseaux propres y sont rangés suivant des cercles concentriques plus ou moins par- faits [Opopanax Chironium, Sison Amomum, Eryngium campeslre, Fœniculum 21.. ( i56 ) vulgure, Buplevnim cxnfjiitosum, etc.). Des coupes longitudinales parallèles au plan tangent v font apercevoir des anastomoses dans les Mprhis odo- raUi, Eryngium campeslre, Opopanax Chironium, etc. Cette dernière plante montre même des réticulations. » Il n'existe ordinairement pas de canaux oléo-résineux dans le système fibro-vasculaire des racines. Cependant de curieux exemples m'en ont été donnés. Dans le système vasculaire de la racine principale de VOpopanax Clii- 7-oniuin, et de ses plus grosses ramifications, les fibres ligneuses sont rempla- cées par des cellules courtes et à parois minces, et ces cellules sont beau- coup plus abondantes vers le centre qu'à la périphérie. En effet, il n'y a au centre qu'un petit groupe irrégulier et lâche de vaisseaux rayés autour du- quel se succèdent, en alternant, des cercles de parenchyme et des cercles de vaisseaux rayés, de manière que les cercles parenchymateux les plus rapprochés de l'axe sont les plus larges, et les cercles vasculaires les plus étroits et les moins denses. Il faut même de l'attention pour voir le cercle vasculaire le plus interne. Le deuxième, quoique très-mince aussi, est plus visible, ses éléments étant plus rapprochés. Au contraire, il existe à la pé- riphérie du corps vasculaire une large couche dans laquelle les vaisseaux sont assez serrés pour donner à l'œil nu l'aspect d'une épaisse couche ligneuse. Eh bien, non-seulement il y a des canaux oléo-résineux dans les cercles parenchymateux qui alternent avec les cercles vasculaires ; il y a encore de semblables vaisseaux propres au milieu de la couche vasculaire externe. Ils y sont dispersés suivant un cercle à peine apparent sous le mi- croscope, parce qu'il est fort rétréci et parce qu'il n'est pas purement paren- chymateux comme les précédents, des vaisseaux rayés y étant mêlés aux vaisseaux propres. Des anastomoses unissent quelquefois ces canaux oléo- résineux et y déterminent même des réticulations. )) Le Myrrliis odorata présente aussi des vaisseaux propres dans le cv- lindre fibro-vasculaire de beaucoup de ses racines; mais ce cylindre a une constitution toute spéciale dont je n'esquisserai ici que la forme la plus complexe. La racine qui me l'offrit avait, autour d'un petit axe muni de vaisseaux rayés, trois zones de faisceaux vasculaires alternant avec quatre couches corticales. L'écorce externe avait la structure propre à beaucoup d'Ombellifères, et contenait des canaux oléo-résineux comme elles. Les antres couches d'écorce, interposées aux cercles des faisceaux, avaient aussi des vaisseaux propres dans les intervalles des rayons médullaires (i). (i) Voici quelques mots de plus sur la structure de cette racine, qui avait 4 centimètres de diamètre. Son écorce e.\térieure, ai-je dit, avait l'aspect ordinaire. Des trois couches vas- culaires concentriques séparées par des couches corticales, les deux externes avaient leurs ( '57) » Les racines adventives de VOEnantlie crocata méritent aussi une men- tion particulière. Leur structure appartient à un tout autre ty()e que les précédentes. Elles ont une sorte d'enveloppe noirâtre qui se détache aisé- ment (en mai), et sous laquelle est une mince couche de cellules étroites et incolores qui se multiplient en séries rayonnantes. Tout le tissu central que celle-ci enserre est constitué par un parenchyme dont les utricules sont pleines d'amidon, et au milieu de ce parenchyme il n'existe pas de cylindre fibro-vasculaire unique. Ce dernier est remplacé par un nombre de faisceaux ' épars que j'ai vu varier de neuf à vingt et un. Ce nombre change aussi dans une même racine à des hauteurs différentes; car une de ces racines avait vingt et un faisceaux près de son insertion sur la tige^ dix-sept vers le milieu de sa longueur, treize vers la partie inférieure de son pivot; plus bas, elle était très-atténuée. Chaque faisceau, composé d'un groupe de vaisseaux autour duquel des cellules étroites sont réparties en séries rayonnantes, a parfois un ou deux vaisseaux propres mêlés à ses cellules superficielles ou seule- ment contigus à sa surface. Un grand nombre d'autres vaisseaux propres, qui s'anastomosent entreeux, sontrépandus dans toutes les partiesdu paren- chyme, jusque dans la petite couche subériforme incolore de la périphérie. » Dans les plantes à racine pivotante, qui se ramifie plus ou moins, sur- tout quand la plante est vivace, la racine est surmontée, comme on sait, par une partie de la tige qui porte les feuilles radicales, et qui semble n'être, à première vue, qu'un prolongement de cette racine. L'écorce en est épaisse et charnue comme celle de cette dernière. Comme elle a aussi la même con- stitution, je ne m'y arrêterai pas dans ce résumé. Je ne dirai que quelques mots d'un état de désagrégation bien remarquable des tissus corticaux qui paraît bien fréquent dans les vieilles souches des Ombellifères. Je le décrirai d'après une très-forte souche d'Herticleiim verrucosum. L'écorce était épaisse, et ses vaisseaux propres, extrêmement nombreux, y étaient distribués entre les rayons médullaires sans donner l'apparence de cercles concentriques. Cette faisceaux tournés dans le même sens et dans la direction normale, c'est-à-dire que le sommet des cônes (ju'ils figuraient sur la coupe transversale était tourné vers le centre do la racine, tandis que les faisceaux de la couche vasculaire interne étaient tournés en sens inverse. De plus, la couche vasculaire externe et la plus interne avaient le singulier privilège de posséder chacune deux couches génératrices, une extérieure et une intérieure, tandis que la zone vas- culaire médiane en était dépourvue. Il y avait donc dans cette racine, de la circonférence au centre : i° une écorce; i" une couche génératrice; 3" une zone de faisceaux vasculaires; 4° une couche génératrice; 5° une écorce; 6" une zone de faisceaux vasculaires; ■j" une écorce ; 8° une couche génératrice; g" une zone de faisceaux vasculaires ; i o" une couche gé- nératrice; 1 1° une écorce; 12" un axe vasculaire. Je décrirai l'origine de toutes ces parties dans une communication spéciale. ( '58 ) écorce était toute désagrégée dans le sens radial; mais ici, en opposition avec ce que j'ai vu dans des racines latérales de la même plante, c'étaientles rayons médullaires qui étaient conservés, tandis que le tissu intermédiaire était tel- lement détruit, qu'après avoir fendu longitudinalement l'écorce, on pouvait suivre à la loupe les vaisseaux propres et les isoler avec la pointe d'une ai- guille (^i). J'ai pu y constater ainsi quelques ramifications bien rares dans le sens du rayon, mais je ne les ai pas vus s'anastomoser dans la direction op- posée, c'est-à-dire parallèlement à la circonférence. Ces vaisseaux propres, autour desquels étaient restées adhérentes quelques rangées de cellules, semblaient former des tubes à parois épaisses dont l'aspect était réellement singulier, quaiid on les voyait à la loupe, sur des coupes transversales, où ils étaient souvent isolés entre les rayons médullaires libres du tissucribreux. » Ainsi, dans l'écorce des racines et dans celle des souches, les vais- seaux propres, rangés dans le tissu intermédiaire aux rayons médullaires, apparaissent tantôt en séries radiales ou épars, tantôt disposés suivant des cercles concentriques. » La moelle de celte partie de la tige présente aussi des différences. En effet, VHeraclewn verrucosum est dépourvu de vaisseaux propres dans la portion la plus infime de cette moelle ; et un peu plus haut, vers l'insertion des feuilles radicales supérieures, ils sont presque nuis. Au contraire, les vaisseaux propres sont très-nombreux dans la moelle de la même partie du 5ese/j varium. Cette moelle, qui se prolonge souvent bien plus bas que l'insertion des feuilles radicales, est pourvue, près de celle insertion, de vaisseaux propres transversaux anastomosés entre eux et avec les verticaux. Ces derniers mêmes se mêlent aux vaisseaux rayés du centre de la racine, quand la moelle a cessé; mais là il est difficile de les obser- ver sur une certaine longueur, à cause des sinuosités que font les vaisseaux rayés de cette région. Les plus longs fragments que l'on y puisse voir sont horizontaux et se trouvent dans des rayons médullaires. « Le rhizome de V Imperaloria Oslnilhiuin, qui n'a que la longueur et le diamètre d'un doigt, laisse apercevoir à l'œil nu, sur des coupes longitu- dinales, des lignes transversales assez rapprochées, qui contiennent un réseau de canaux oléo-résineux et qui correspondent à l'insertion des feuilles radicales. On voit aussi à l'œil nu, au pourtour de la moelle, de deux à quatre rangées longitudinales de cavités elliptiques, pleines d'un suc jaune limpide ou trouble. Ces cavités sont ordinairement comprises entre deux réseaux horizontaux de canaux oléo-résineux ; cependant j'en ai (i) On pouvait isoler de même les lames que constituent les rayons médullaires. ( '59) vil qui avaient l'^'^jSo et 2™™, 90, ce qui équivaut à peu près à la distance qui sépare deux réseaux. Leur largeur était d'environ o™,27. Ces exca- vations sont entourées de cellules comprimées qui peuvent renfermer des gouttelettes d'oléo-résine ou des graines d'amidon. A première vue, on les croit indépendantes des vaisseaux propres; mais un examen attentif ap- prend qne de petites branches obliques ou droites partent des canaux réticulés transversaux et viennent s'ouvrir dans ces curieuses cavités. Il en vient ainsi une s'aboucher à chaque extrémité, et souvent elle le fait im peu latéralement. Il en est de même dans l'écorce, où il existe une ou deux rangées de ces larges ouvertures. Elles y atteignent jusqu'à o"'",75 de diamètre dans la rangée externe, mais celles de la rangée interne peuvent n'avoir que o™™,i4. » L'examen des jeunes rhizomes, qui n'ont que des canaux ordinaires aux places correspondantes, prouve que ces cavités ne sont que des hyper- trophies des vaisseaux normaux. L'étude des racines adventives le prouve également, car les vaisseaux propres les plus externes de leur partie libé- rienne ont (le o^^jSO à o™",3o, sur o""", 1 5 à o™",20 de largeur (leur ouverture étant elliptique). Us répondent aux faisceaux primitifs; les in- ternes, au contraire, qui sont en nombre égal à celui des faisceaux secon- daires, ou en nombre double, n'ont que de o""",o4 à o""",o5 de diamètre. » Ces racines sont de plus pourvues des canaux oléo-résineux superfi- ciels que j'ai décrits en commençant, et qui sont unis les uns aux antres par des branches horizontales. » Je terminerai cette Note par quelques mots sur la structure du rhi- zome de V M cjo podium Podagroria, qui, par sa constitution générale d'une part, et par son écorce d'autre part, opère une sorte de transition entre les tiges aériennes et les souterraines. C'est qu'en effet ce rhizome a des nœuds et des entre-noeuds, tuie moelle fistuleuse avec cloisons transver- sales opposées aux nœuds, comme la tige aérienne (et comme d'autres rhizomes, il est vrai); mais il a, en outre, un système libérien beaucoup plus développé qu'il ne l'est dans aucune tige épigée que je connaisse dans cette famille. Ce système y est représenté par plusieurs groupes de cellules à parois minces ou plus ou moins épaissies, opposés à chaque faisceau vasculaire. Il y a encore sous le périderme une couche conti- nue assez large de cellules épaissies, qui tient lieu des faisceaux du col- lenchyme de la tige aérienne. Des vaisseaux propres sont épars dans cette couche et dans l'écorce plus interne, où je ferai remarquer surtout ceux des faisceaux libériens externes. Ce qui intéresse encore dans ce rhizome, c'est qu'aux nœuds tous ces canaux oléo-résineux sont unis ( i6o ) entre eux par des branches horizontales, et que d autres branches pas- sant entre les faisceaux vasculaires vont relier les vaisseaux propres de l'écorce avec ceux de la cloison horizontale qui est en travers de la moelle, comme dans la tige aérienne. C'est aussi à l'aide des canaux oléi- fères réticulés de celte cloison que les vaisseaux propres de la moelle péri- phérique non détruite sont unis les uns aux autres, et, comme il vient d'être dit, à ceux de l'écorce et même à ceux des racines adventives. « BALISTlQUli, — Note sitr les armes à jeu; par^l. Ségcier. u Dans une précédente communication j'ai expliqué comment, avec une même quantité d'air comprimé à 4o atmosphères, j'avais obtenu avec un fusil à veut des effets balistiques puissants ou presque nuls, suivant la ma- nière dont la puissance de ce même volume d'air comprimé avait été appli- quée au projectile. B J'ai fait remarquer que le maximum d'eftet balistique était réalisé par une émission d'abord fitible, mais progressivement croissante, absolu- ment comme le pratique le chasseur à la sarbacane qui fait parcoiu'ir à sa boule de glaise une partie du tube par un souffle léger, et ne lui imprime toute la vitesse que lorsqu'elle est déjà en mouvement et que par consé- quent sou inertie n'offre plus aux poumons une réaction pénible. » Aujourd'hui je viens placer sous les yeux de l'Académie la preuve maté- rielle qu'avec la puissance de la poudre, appliquée dans des conditions à peu près semblables, on obtient aussi des effets considérables. » Au nom de M. Galant, propriétaire d'une manufacture d'armes de guerre et de chasse, à Liège, je présente à l'Académie des fusils se char- geant par la culasse avec des cartouches préparées de façon à vaincre suc- cessivement l'inertie du projectile au moyen de la compression graduelle d'un corps élastique intercalé entre la charge et la balle. » Constatons les effets, puis nous décrirons les moyens par lesquels ils ont été obtenus. » J'appelle donc l'attention de l'Académie d'abord sur une plaque de tôle de fer doux de i4 millimètres d'épaisseur, percée à la distance de loo mètres avec une balle cylindro-sphérique d'acier du poids de 45 gram- mes, et confectionnée de façon que le centre de gravité de sa masse soit en avant; celte balle est lancée avec 6*%5o de poudre à grains fins. » Puis je place sous les yeux de l'Académie une autre plaque, celle-ci d'acier, de 29 millimètres, également percée à 100 mètres par une balle de même disposition que la précédente, du poids de laS grammes, lancée avec une charge de 25 grammes, c'est-à-dire au ^. ( -61 ) » En examinant la disposition du fusil de rempart qui produit de tels effets, on remarque que le teu est mis à la poudre dans une cartouche mé- tallique, en haut de la charge, sous le projectile même, à l'aide de l'explo- sion d'une capsule détonant à l'intérieur par l'intermédiaire d'un piston ou broche ne laissant passage à aucune fuite de gaz. » Nous avons déjà dit qu'un corps élastique était intercalé entre le pro- jectile et la charge; il se compose d'une superposition de bourres de feutre, dont quelques-unes, les plus rapprochées du projectile, sont imbibées d'une dissolution de corps gras. » L'importance du rôle de cet intermédiaire compressible est facile à constater, puisque les effets balistiques diminuent et que le recul augmente à mesure que l'on en raccourcit la longueur normale. Ajoutons que sa pré- sence supprime aussi l'apparence de flamme à la bouche de l'ai nie, la rem- place par un écoulement d'une espèce de traînée de fumée blanchâtre, et modifie le bruit de la détonation devenu moins aigu, et se rapprochant de celui produit par une arme d'un beaucoup plus gros calibre. » Nous disons que de telles dispositions nous paraissent réaliser les con- ditions que nous avons cherchées dans les armes à vent, puisque la com- pression successive des épaisseurs des bourres de feutre superposées jus- qu'au nombre de cinq permet au projectile d'être ébranlé graduellement avant de recevoir son impulsion totale. » La balle d'acier à centre de gravité en avant, frappe avec certitude, connue on le voit, la plaque métallique perpendiculairement à sa siu'face; c'est toujours bien son extrémité arrondie et durcie qui marche en avant. L'absence presque totale de déformation de cette balle laisse employer tout le travail produit par l'explosion de la poudre en perforation de la plaque. Pour obtenir le mouvement giratoire d'une balle d'acier trempé ou de fonte dure, M. Galant pratique à peu près au milieu de la partie cylindrique une rainure remplie d'un cercle de plomb dont le diamètre excède celui de la balle, précisément de la profondeur des rayures du canon de l'arme. Sui- vant M. Galant, les effets considérables des armes que nous vous présentons de sa part doivent être attribués à la nature et à la forme de sa balle; à son mode d'inflammation de la charge par la partie supérieure, celle qui avoi- sine le projectile; à l'intercalation d'un corps élastique; à la présence enfin d'un corps gras dans la charge, pour lubrifier le canon, faciliter l'impres- sion de sa rayure sur le cercle de plomb de la balle, et faire jouer à ce corps gras le rôle d'une fermeture hydraulique. » Nous ne discuterons pas avec ce fabricant d'armes l'influence plus ou G. R., 186G, -im' Semestre. (T. LXUI, N" 4.) 2 2 ( i6a ) moins "l'aiule de chacune de ces conditions de chargement: nous ferons remarquer sim|)lement qu'il a quelque rapport avec celui du fusil prussien; lui aussi enflamme la charge par en haut, et le corps élastique placé entre la charge et le projectile y est remplacé par nue chambre à air intercalée entre la charge et la culasse mobile de l'arme. » Cette chambre, dont aucune descrij)lion récente du fusil ]>russicn ne fait mention, nous parait, à nous, jouer tout a fait le rôle du corps élastique employé par M. Galant. Qu'il nous soit permis de réclamer personnelle- ment la priorité île cette pensée, eu demandant à l'Académie «le se faire présenter et d'ouvrir le paquet cacheté, déposé par nous en 18/19, 'î*'' '^ contient. Nous laissons aux hommes spéciaux le soin d'apj>récier le mérite des combinaisons mécaniques des fusils de guerre de M. Galant; nous ne nous sommes préoccupé que de ses procédés de chargement, parce qu'ils rentrent dans les conditions que nos expériences nous font regarder comme préférables pour tirer le meilleur parti balistique de la force générée par la poudre. » Pourlant, qu'il nous soit permis, comme vieux chasseur, de dire notre opinion personnelle sur son fusil de chasse. Nous la résumons par ces mots : w Le fusil de chasse se chargeant par derrière, de M. Galant, nous paraît, parmi tous ceux imaginés jusqu'à ce jour, être celui qui est pourvu du mé- canisme le plus simple, le plus solide, enfin le plus élégant, puisqu'à pre- mière vue il ne diffère eu rien des fusils ordinaires se chargeant à la ba- guette. Nous le regardons en conséquence conwne une excellente arme de chasse. » (i A l'occasion de cette conunuuicatiou, M. Regnai'lt prend la parole pour faire remarquer que l'inflammalion de la charge par en haut, c'est-à- dire sous le projectile, a le double avantage d'éviter la projection au dehors d'une partie de la poudre qui suit le projectile dans l'inflannuatiou ordi- naire par en bas, et de maintenir la pou(lr 4 316,239 - 9-^7,7 » On voit que, en prenant le centre de l'aire troublé, on a un accord assez exact; la raison en est manifeste, car alors la profondeur est éliminée, ànou tout entière, au moins en grande partie. Ou voit encore que les des- (") Saut et changement de forme. (') Centre prés du i)ord. {') Centre de l'aire troublée, dans le dessin. C) Mesures micrométriques ( i69 ) sins peuvent donner des résultats assez exacts, et, quoique certainement ils ne soient pas suffisants pour des questions délicates, ils le sont cependant pour un grand nombre de questions relatives aux taches solaires. Ces consi- dérations m'encouragent à faire la réduction de six ans de dessins que nous possédons à l'Observatoire. » Je terminerai en rapportant en abrégé les résultats de la tache parue le 8 janvier et qui a duré pendant quatre rotations. Les deux premières séries ont été déduites simplement des dessins (i), et les autres des mesures faites en pointant au noyau de la manière ordinaire. On remarquera les irrégula- rités offertes par ces dernières à chaque changement de forme dans la tache. La plus remarquable est une grande diminution dans la latitude lorsque la tache est près de disparaître. Jour Jour du mois Longitude Latitude du mois Longitude Latitude 1866. et fraction. héliogr. A. héliogr. >. 1866. et fraction. héliogr. A. héliogr. >. N° 4. N" 18. — Troisième rotation. Janv. 8,004 202 , 297 +7° 9 ',9 Mars 2' 842 2o8°3i +8''. 28' 3 9,967 202,090 +6.54,2 3,884 207,58 +8.47,5 14,000 202,519 +5.57,6 4,882 207,216 +9-'6,9 14,989 202, o53 +6.40,3 5,893 206,86 +8.46,7 n 15,965 202,2/3 +6.48,7 6,907 207,35 +9-30,3 I 8 , 000 2o3, 140 +6.29,8 7,930 207,23 +9- 3,0 19,000 202,485 +6.42,7 10,853 206 , 4 1 +9.10,7 20,000 199,68 (?) +6.53,3('") 11,884 206 , 96 +9.20,3 N" 12. — Deuxième rotation. i3,864 204,65 +9-14,5 .4,896 205,42 +9-24,3 Févr, 3,992. 206 , I 29 +7.50,5 15,209 )i + 9.50,3 5,oo3 205,734 +8.i5,6 5,996 206,635 +8. 3,3 N" 25. — Quatrième rotation. 6,996 206 , 5o2 +8. 7,1 Mars 30,960 206, i53 +9-44,5 8,993 206, 236 +7.56,8 31,933 2o5 , 909 +9.51,4 9,995 206,708 +8. 2,0 Juin 6,904 204,420 +7.5i,5 .1,983 206,763 (') +7.16,. 7,957 2o5,i39 +7- 6,2 12,937 204,538 +8. 8,4 9,924 205,540 +7-59,8('') •5,983 204,1 85 +6.3o,4 (i) A la position donnée par les dessins, on a appliqué la correction due à la déformation de l'image produite par projection, que j'ai publiée ailleurs. C) Observation douteuse. (') La forme est changée dans le noyau. {') Des points paraissent dans le voisinage. C) La tache va se dissoudre. C. R., i8fi6, 2">«^ Semeslre. (,T. LXIII, W 4.) i.3 Arc diurne Selon observé. M. Carringlon «49^ 7 862 ',0 839,7 860,5 842,0 859,5 855,4 862,5 ( 170 ) » Je supprime, pour abréger, plusieurs autres séries d'observations, et je remarquerai seulement que, si l'on compare les arcs diurnes de rotation des taches, surtout de celles de l'hémisphère nord, on trouve une valeur beau- coup plus petite que la valeiu- assignée par M. Carrington à cette latitude. Ainsi on a : Tache n" 4 Tache n° 12 Tache n" 18. Tache n° 25 Ponr rhémisphère sud, on voit qu'à une latitude de 5 degrés correspond la rotation de i4 degrés. De plus, pendant que dans l'hémisphère nord les taches paraissent tendre à s'approcher du pôle, dans l'hémisphère sud elles tendraient à s'approcher de l'équateur, ce qui indiquerait une tendance générale vers le pôle nord. Cette tendance est également manifeste dans les résultats de M. Carrington. On serait même tenté de se demander si la masse entière du corps solaire est réellement arrivée à un axe de rotation per- manent. Mais, à cette grave question, des observations suivies et détaillées pourront seules répondre. » Pour le présent, nous pouvons conclure : » 1° Si la réfraction solaire existe, son effet est beaucoup inférieur à celui de la parallaxe de profondeur, et les observations devront être faites à l'avenir de manière à éliminer cette profondeur; » 2° Que les mouvements des taches se font ordinairement par sauts irréguliers, en connexion avec les changements de forme des taches, les- quels coïncident sans doute avec des éruptions nouvelles qui viennent surgir près de celles qni étaient déjà préexistantes ; » 3° Que ces mouvements généraux sont très-compliqués et ne suivent pas une loi symétrique dans les deux hémisphères. » PHYSIQUE DU GLOBE. — Sur les dépressions barométriques extraordinaire sobser- vées en Italie, dans tes mois d'avril et de mai. Note de M. Ch. Matteucci. « Malgré la répugnance que j'éprouve à occuper les moments de l'Aca- démie avec des recherches de Météorologie nécessairement imparfaites et dont il n'y a pas défaut de nos jours, j'ose néanmoins lui présenter quelques ( 171 ) résultats qui me paraissent importants et bien constatés sur les perturbations de l'atmosphère de la Péninsule pendant les mois d'avril et de mai de celle année, résultats qu'il aurait été impossible de recueillir sans l'aide du service météorologique organisé dernièrement sur nos cotes, et dont j'ai fait mention dans la séance du i5 janvier. Je rappellerai que ce service consiste en vingt ou vingt-deux stations fournies des principaux instruments météorologi- ques, établies dans les ports principaux de la Méditerranée et de l'Adriati- que : les chefs de ces stations, qui sont pour le plus grand nombre des officiers de marine ou des professeurs de physique, donnent tous les matins, depuis le i*"^ avril, au Bureau central, que j'ai établi dans le Musée de phy- sique et d'histoire naturelle de Florence, une dépèche télégraphique conte- nant les variations du baromètre et du thermomètre dans les dernières vingt-quatre heures et les indications de ces instruments dans le moment où la dépèche est envoyée. Le Bureau central forme avec ces éléments un Bulletin contenant la situation générale de l'atmosphère de la Péninsule, qui est transmis aux ports et aux villes principales, en y ajoutant, quand l'état météorologique de l'Europe, qui nous est donné par l'Observatoire de Paris et par les informations télégraphiées de Vienne et de Hollande, l'exige, l'annonce des tempêtes et des forts coups de vent qui menacent nos côtes. » Les observations météorologiques de nos stations sont ensuite enregis- trées et transformées en courbes barométriques , thermométriques des vents, etc. J'ai commencé par former avec les registres des mois d'avril et de mai des tableaux donnant les variations barométriques extraordinaires de nos stations réunies en quatre groupes, c'est-à-dire en stations du nord et du sud de l'Italie sur les deux mers. Pour chacun de ces groupes, formé avec les observations que j'ai raison de croire les plus exactes, j'ai pris les moyennes barométriques, ne tenant compte que des pressions qui sont inférieures ou supérieures au moins de a millimètres à la pression moyenne du lieu. » J'ai ensuite recherché la relation qui devait exister entre les variations barométriques observées dans nos stations et l'état atmosphérique de l'Eu- rope. En profitant du Bulletin international de l Observatoire de Paris et des observations publiées par les Bureaux météorologiques de Vienne, de Lon- dres, d'Utrecht, j'ai pu construire des courbes barométriques de ces deux mois, qui embrassent les stations du Nord et de la Baltique, le centre de l'Europe, les ports de la Manche, la côte occidentale de l'Irlande et de l'An- gleterre, l'Espagne, le Portugal et le golfe de Gascogne. Cette recherche, comme on le verra par la suite, a été très-instructive et m'a aidé à confirmer 23.. ( 172 ) et compléter les conclusions que j'avais tirées de mes premières études sur l'origine et la propagation des tempêtes en Italie, que j'ai communiquées à l'Académie dans la séance du i" mai i865. » Voici d'abord ces deux tableaux, relatifs aux variations barométriques des quatre groupes principaux de nos stations. Un premier groupe com- prend Gènes, Livourne et Porto-Fenajo; un autre Napies et Palerme; sur l'Adriatique, les deux groupes sont Ancône et Rimini; l'autre, Catania, Brindisi et Bari. Valeurs extrêmes de la pression atmosphérique des mois d'avril et mai ( 1 866). HIMUDH. MAXIMUM. WORD ^ORD sur SUD NOftD .NORD SUD StD jouas. Méditer- JOUBS. Adria- JOURS. -Méditer- JOOBS. Adria- JOCHS. Méditer. JOURS Adria- JOCRS. Méditer- JOCRS. Adria- ranée. tique. ranée tique. ranee. tique ranée. tique. ATril. mm Avril. Avril. mm Avril. Avril. D]m Avril. mm Avril. mm Avril. 2 I0j45 2 7>" 3 5,78 mm 8 . 3,06 8 3,70 7 5j05 8 ,'l,5o 6 7, .5 6 3,5o 6 4.72 6 2.87 1 1 2,60 1 1 2,69 9 5,67 i5 2,36 10 2,16 16 2,59 16 3,57 >4 2,19 ■4 2,57 '4 2,12 '4 3,19 32 3,38 22 3,80 22 /i,43 22 3,5i ■ 6 4,75 '7 5,32 '7 3,69 18 3,94 Mai. Mal. Mai. Mai. 25 3,57 25 4,58 25 2,29 25 3,06 2 i5,95 2 i5,o3 I .3,87 , 8,7. Mai. Mai. Mai. Mai. i3 7;72 i3 8,02 ■4 7,>3 i3 4,63 5 2,.'|6 6 2,.->7 5 ,,25 6 3,08 26 7.95 26 7,3i 24 5,52 24 2,8G 19 t,So 22 3,03 22 1 ,01 21 2,58 3o 4>9> 3o 2,85 3i 4,33 3i 3,5o ^^^^■B ^^■^^^H ^^^^■i ^^■HB ■■■^IH ^^^^■■H ■■■■■■ ^^^^■■H ■■n^M ^^^^^IH ^■i^^^^fl » N'osant pas joindre à cette Note les figures qui donnent les courbes barométriques des stations principales de l'Europe que j'ai nommées, je donnerai une description aussi rapide que possible des variations extraor- dinaires du baromètre dans ces stations dans les deux mois d'avril et de mai. » Dans les derniers jours du mois de mars, la pression était à peu près normale sur toute l'Europe. C'est le 1" avril qu'une grande dépression ba- rométrique se manifeste rapidement sur la côte occidentale de l'Angleterre, sur l'Espagne et sur le golfe de Gascogne, sans atteindre le nord. Nous avons vu, dans les tableaux rapportés, qu'une telle dépression, qui a eu lieu à Genève et à Moncalieri le 2, a frappé Gènes et toutes les autres stations du nord le même jour sur les deux mers, parvient à Naples et à Palerme le jour suivant et n'apparaît pas dans les stations sud de l'Adriatique. » Les 4 et 5 avril, le baromètre étant haut dans le nord et dans le centre ( 173 ) de l'Europe, la dépression barométrique continue et s'étend, et un nouveau minimum atteint les côtes occidentales de l'Angleterre, de la France et de l'Espagne. Le 6, un grand minimum s'est produit à Gènes et dans toutes les autres stations des deux mers le même jour, tout en diminuant de valeur rapidement vers le sud et dans l'Adriatique; il faut noter que malheureuse- ment nous ne raisonnons que sur les observations de 7 à 8 heures du matin, de sorte que, quant à la vitesse de propagation de ces perturbations atmo- sphériques, on ne peut tenir compte que des intervalles de vingt-quatre heures. M Ensuite, de fortes pressions se produisent de nouveau sur toute l'Eu- rope; maisà commencer du 1 1 jusqu'au i4, le baromètre, qui reste toujours très-haut en Espagne et dans le golfe de Gascogne, commence à baisser en Ecosse, en Irlande, en Angleterre, dans le nord et sur la Manche, et atteint le i4un minimum. Le i 5 il y a encore uu minimum sur les côtes nord de l'Italie des deux mers, qui atteint les stations du sud le jour suivant. Du 1 5 au 18 la pression est haute dans toute l'Europe ; du 19 au 21, le ba- romètre, toujours très-haut dans le nord en Espagne et sur le golfe de Gascogne, baisse rapidement et atteint un minimum le 21 dans le nord de l'Ecosse, en Irlande, en Angleterre, dans le centre de l'Europe; en Italie, nous avons encore un minimum qui atteint, le 22, toutes les stations des deux mers. » Du 24 au 25, la pression est très-haute au centre de l'Europe et nor- male en France, en Angleterre et sur le nord de l'Espagne; en Italie il y a aussi, le 2 5 un maximum dans toutes les stations. » Du 26 au 29, une grande dépression commence dans le nord, qui, le jour suivant, atteint le centre de l'Angleterre, la Manche, l'Espagne et le golfe de Gascogne. Ce minimum se montre à Groningue, à Greenwich, à Genève, à Bilbao, à Lisbonne, entre le 3o avril et le 1" mai. C'est aussi le i" mai que la dépression commence dans les stations de l'Italie, et nous avons ainsi un minimum qui est le plus grand de tous ceux observés dans ces deux mois (16 millimètres pour le nord et 9 millimètres pour le sud); mais cette fois le minimum commence par le sud, et ce n'est que le joursuivant, le 2 mai, qu'il arrive aux stations de la Méditerranée et de l'Adriatique du nord. » Le i" et le a mai, le baromètre commence à monter dans le nord et dans le golfe de Gascogne, tandis qu'une nouvelle et forte dépression a lieu dans ces mêmes jours sur la côte occidentale d'Irlande, d'Angleterre, et au centre de l'Europe. Dès ce moment jusqu'au 7, les pressions sont hautes ( «74 ) partout, et nous avons un maxntinm le 5 dans les stations de la Méditerranée et le 6 dans celles de lAdriatique. » Du 8 jusqu'au la du mois de mai, la pression restant toujours très- haute en Espagne, à Lisbonne et sur le golfe de Gascogne, le baromètre baisse dans le nord, et le 12 il y a i'"e forte dépression sur les côtes occi- dentales de l'Angleterre, de l'Irlande et de la Manche. Le i3, un minimum de 7 à 8 millimètres se montre dans les stations du nord de la Méditerranée, se propage à peu près dans le même jour sur l'Adriatique et arrive le jour suivant dans les stations du sud. » Du i4 au 23 mai, il n'y a que de hautes pressions partout, excepté sur l'Espagne et le golfe de Gascogne, où le baromètre a toujours baissé. Le 24, les seules stations du sud de l'Italie des deux mers donnent encore un mini- mum de pression, après quoi la colonne barométrique se relève. » Le 25 et le 26, le baromètre monte en Espagne et sur le golfe de Gas- cogne, et au contraire une dépression très-forte se montre au centre de l'Europe, sur la Manche et sur la côte occidentale de l'Angleterre et de l'Irlande. Le 25 au soir, un minimum atteint Genève, et le jour suivant nous avons une grande dépression dans les seules stations du nord des deux mers. » Du 26 au 3o et 3i mai, le baromètre se maintient au-dessus de la nor- male en Portugal, en Espagne et sur le golfe de Gascogne, et baisse lente- ment dans le nord, au centre de l'Europe, en Angleterre, en Irlande. C'est à peu près cette même marche que la colonne barométrique suit sur nos côtes. Le 3o, une grande dépression atteint Valentia et toutes les côtes occi- dentales de l'Irlande et de l'Angleterre, et c'est seulement le jour suivant que le baromètre baisse rapidement sur le golfe de Gascogne. En Italie, nous avons encore un minimum de pression le 3o dans les stations du nord, et le 3 1 dans celles du sud. )) En réfléchissant sur les nombres que nous avons r.ipportés afin de re- présenter les variations barométriques extraordinaires de nos stations, et à la marche de ces mêmes phénomènes en Europe, on est amené nécessaire- ment aux conclusions suivantes : » 1° Les grandes oscillations barométriques qui se sont vérifiées si fré- quemment dans les mois d'avril et de mai de cette année, sur les côtes des deux mers de la Péninsule, ont été constamment précédées par des varia- tions semblables provenant de l'Atlantique et qui se sont manifestées d'a- bord dans le nord, sur les côtes occidentales de l'Angleterre et de l'Irlande, et dans le golfe de Gascogne. Le chemin ainsi parcouru par ces oscillations ( 175 ) dans des intervalles de temps qui ont varié d'un à deux jours est évidem- ment tracé par les stations intermédiaires qu'elles ont traversées avant leur arrivée sur les côtes d'Italie. » 2° Les grandes dépressions barométriques de nos stations de ces deux mois se sont propagées, ou paraissent s'être propagées, d'une extrémité à l'autre de la Péninsule, rarement du sud au nord, le plus souvent du nord au sud, avec une vitesse qui a varié de quarante-huit heures à quelques heures seulement, et qui a été le plus fréquemment estimée de vingt-quatre heures. « 3° En général, la valeur de ces minima a diminué dans le sens de la propagation ; mais c'est toujours dans les stations du nord de la Méditer- ranée qu'ils ont atteint la plus grande valeur, et on les a vus augmenter dans le nord de la Méditerranée, même dans les cas où la dépression s'était propagée du sud au nord. La différence entre les minima du nord de la Méditerranée et ceux des autres stations a été quelquefois du simple au double pour le nord. C'est dans les stations de l'Adriatique et surtout dans celles du sud de cette mer que ces dépressions ont été les plus petites possi- ble, et il est arrivé dans deux ou trois cas que ces minima, ayant eu lieu pour toutes les autres stations, ont manqué pour celles du sud de l'Adria- tique. » 4° Le plus souvent, et toujours dans les cas des plus grandes excursions barométriques, le minimum a été atteint moins rapidement que le maximum successif; ainsi on voit la courbe barométrique de ces deux mois, après avoir atteint un minimum, se relever rapidement à la plus grande pression et rester au-dessus de la normale, en faisant de légères oscillations, pendant un temps beaucoup plus long qu'elle n'était restée au-dessous, mais d'une quantité toujours moindre que la quantité dont elle était descendue. » Voici les nombres qui appuient ces conclusions et qui expliquent aussi la direction des vents (en ne tenant compte que de ceux d'une certaine intensité) qui ont soufflé sur les côtes de l'Italie dans ces deux mois. » Sur soixante et un iours d'observations, il y en a eu trente et un dans lesquels la pression était à peu près égale entre les stations du nord et celles du sud sur les deux mers; vingt-cinq jours dans lesquels la pression des stations du nord était moindre que celle du sud ; et cinq jours dans le cas contraire. » En comparant sous le même point de vue les pressions sur les côtes de l'Adriatique et celles de la Méditerranée, on trouverait vingt-quatre jours dans lesquels la pression était moindre sur la Méditerranée que sur l'Adria- ( '76 ) tique, vingt-six de pression égale et onze dans lesquels la pression sur la Méditerranée a été pins haute que sur l'Adriatique. )) Les pressions moyennes des deux mois avril et mai de cette année ont été les suivantes : Stations du nord 760™'" ,65 Stations (lu sud ^Gi'^^jiS Différence o""" ,48 Pour toutes les stations de la Méditerranée 760™'" ,65 Pour celles de l'Adriatique 761"",! 3 Différence o''"",48 » Entre les seules stations du nord et celles du sud de la Méditerranée la différence a été ©"""jSS, et entre celles de l'Adriatique la différence a été o™™,42. C'est toujours pour les stations du nord que la pression moyenne a été moindre. » Tous les nombres que nous venons de rapporter sont notablement inférieurs aux moyennes généralement admises pour la pression normale de ces lieux. » 5° La règle, que le vent souffle du baromètre haut au baromètre bas, s'est constamment vérifiée pour toutes les grandes dépressions qui ont eu lieu sur nos côtes dans ces deux mois. Ainsi, le vent a été constamment de sud-est plus ou moins fort dans les jours 2, 3, 6, i5 avril et dans les jours 1", 2, 3, i3, 29, 3o et 3i mai, qui sont ceux des grandes oscillations baro- métriques. » En général, le vent a soufflé en sens contraire à celui de la propagation des dépressions; et dans le plus grand nombre de cas, le vent a commencé à souffler et la mer à s'agiter à Naples, avant que le minimum de Gênes fût parvenu à l'extrémité méridionale. » 6" Les hautes pressions, qui ont en lieu en général sous des vents Irès- torlsdunord et nord-est, une fois seulement sur sept ont été accompa- gnées d'une agitation de la mer. Au contraire, les tempêtes plus ou moins fortes avec des vents de sud-est ou de sud-ouest n'ont jamais manqué sous les grandes dépressions barométriques. » 7" Dans les deux mois d'avril et de mai, on a eu pendant trente jours la Méditerranée plus ou moins agitée dans le nord, et trente-trois dans le tud : l'Adriatique n'a été agitée que vingt-cinq jours dans le sud et dix- buit dans le nord. » 8° Le nombre des grandes oscillations barométriques qui se sont véri- ( '77 ) fiées sur les côtes de la Péninsule dans les mois d'avril et de mai de celle année est le même que celui des variations correspondantes qui ont eu lieu sur les côtes nord et nord-ouest de l'Europe, et précisément sur la côte occidentale de l'Irlande et de l'Angleterre. De là la conclusion que l'ori- gine de ces oscillations en ItaKj et des tempêtes cjui les ont accompagnées n'a pu se trouver dans les régions de l'Europe situées à l'est et au sud de la Péninsule. » 9" Pendant ces deux mois, de fortes dépressions barométriques se sont vérifiées dans la Baltique et dans le golfe de Gascogne sans être accom- pagnées par des variations semblables sur les côtes occidentales de l'Ir- lande et de l'Angleterre, et elles n ont pas été suivies par des perturbations semblables d;uis l'atmosphère de l'Italie : vice versa, des dépressions sem- blables qui ont attaqué les côtes occidentales d'Irlande et d'Angleterre sans atteindre le golfe de Gascogne et la péninsule ibérique ont eu con- stamment leur contre-coup sur les côtes de l'Italie. Ces résultats, que j'avais déjà annoncés dans ma dernière conmiunication à l'Académie, mettent hors de doute que les tempêtes qui menacent nos mers sont généralement celles qui, venant de l'Atlantique, attaquent les côtes occidentales de l'Ir- lande et de l'Angleterre et se propagent du sud-ouest au nord-est à travers l'Europe. » 10° Les dépressions barométriques du golfe de Gascogne paraissent donc atteindre rarement les côtes de la Péninsule; et les grandes perturba- tions du 2 et 3 mai, pendant lesquelles le baromètre a atteint le mininuim d'abord au sud et puis au nord de l'Italie, et qui ont été précédées par une grande tempête s'étendant du golfe de Gascogne à la mer du Nord, font supposer que l'influence des tempêtes du golfe de Gascogne se borne à agiter l'atmosphère et la mer dans le sud de l'Italie. » Je ne veux pas achever cette conununication pour laquelle, malgré sa longueur, je réclame de l'indulgence de l'Académie l'insertion dans les Comptes rendus, sans ajouter quelques mots sur des réformes qu'il faudrait introduire, selon moi, dans l'organisation de ces services météorologiques et que je recommande principalement à l'initiative de l'illustre Directeur de l'Observatoire de Paris qui a contribué pour une si grande part à les fonder et à les étendre en Europe. » Dans l'impossibilité où l'on est de confier les stations météorologiques à des physiciens ayant fait une étude spéciale et pratique de cette sorte d'observations, il faut que les directeurs de ces services fassent vuie étude C. R., 1866, ^m» Semestre, (T. LXIII, N» 4.) ^4 (lyS) comparative de leurs stations, afin de parvenir à les réduire au moindre nond)re possible, sans i)orter atteinte au but qu'on se propose. )i Je crois également nécessaire de soiniietlre ces stations à des inspec- tions régulières, faites par des boinmes compétents et dans le cas de juger (le l'état des instruments, de leur installation et de la manière de faire les observations. « En réussissant à réduire le nombre des stations, on aura aussi l'avan- tage de pouvoir les fournir d'appareils enregistrears et de les confier à des observateurs liabiles, qui sont toujours nécessaires pour qu'ils puissent d'eux-mêmes donner en temps utile des avis de tempêtes ou de coups de vent qui menacent les points les plus rapprochés. )) Il faudrait aussi s'entendre pour que toutes les observations de pres- sion et de température fussent publiées en nombres rapportés aux mêmes échelles, et pour que, à la suite des colonnes de la pression, delà tempéra- ture et des vents, on en ajoutât une autre formée des différences entre ces nombres et ceux du jour précédent à la même heure, ou les moyennes de ce jour. » MÉMOIRES PRÉSENTÉS. TUÉoniE DES NOMBRES. — Formule cjénérale des nombres premiers. Mémoire de M. É. DoRMov, présenté par M. Bertrand. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires : MM. Chasles, Bertrand, Hermite.) « Avant de rechercher la formule générale des nombres premiers, je dois faire connaître la loi de formation de certaines quantités qui me serviront de coefficients, et que je nommerai les ohjertifs d'une série de nombres donnés. Étant donné un nombre quelconque de nondnes, quatre par exemple, qui seront c/, b, c, d, j'écris d'abord l'unité i, puis le dernier des nombres donnés d; puis j'opère en multipliant toujours la dernière quantité obtenue par le nombre qui précède le dernier employé, ce qui me donne successivement de + i, {de -i- \)b + d, et enfin [[de -\- i)h -\- d\n + de ■+■ i . Je forme ainsi quatre nouveaux nombres que je nomme objectifs complets ou du quatrième ordre des quatre premiers, et que je distingue entre eux par les noms de premier, deuxième, troisième et quatrième, qui marquent leur ( '79 ) rang. J'appelle de même objectifs tlii troisième ordre ceux que l'on obtient en opérant seulement sur les trois premiers nombres donnés a, Z», c. Enfin, je représente ces nombres par la lettre O suivie de deux indices, dont le premier indique leur ordre et le second leur rang; ainsi le deuxiènie ol)jec- tif du quatrième ordre est 0„,., = r/c + i . La loi de formation des objectifs est indiquée par cette formule g étant le nombre à employer dont le rang dans la série a. h. c, etc., est n — p + i . « On obtient de curieuses propriétés en écrivant les objectifs des divers ordres d'une série de nombres donnés, 5, 2, 3, i, 2, 4, par exemple, dans un tableau disposé comme celui-ci : I ■1 9 J /> 1'^ lOf) 59:1 ' ■' :î I [ :>:. ,■^r, 1 1 '1 1) 'mi 1 ■■ / :is I ■' 1 1 1 '■ 1 Objectifs du Ct^ oi'tlro. Objectifs (lu r)** ordi'O. Objectifs du /[^ ordre. Objectifs du 3" ordre. Otjjcclifs du 9.^ ordre. Oljjeclifs du i*'' ordre. I) On remarquera d'abord que le dernier objectif complet, 593, est le même c[u'il serait poiu' les nombres pi'oposés pris dans l'ordre inverse; puis, que les produits en croix de quatre nombres quelconques formant un carré, comme 1 1, 2,'), 4 ^^ 9, ne différent que d'une unité, et enfin que les pro- duits en croix de quatre nombres |)lncés aux quatre angles d'un rectangle quelconque, comme i3, 593, i et 49, sont soumis à la formule suivante : suivant cpie le deuxième indice du plus |if>til nombre, c'est-à-diie /», si l'on suppose 1)1 > //, est pair ou impaii-. 24.. ( «8o) » Tci, m = 6, Ti = ^, f) = 1 , s = ^, ce qui rlonne I X 593 — I ?) X 49 = — 4 X II, égalité vérifiée par le calcul. » En prenant pour tous les nombres originaires l'unité, on obtient un tableau dans lequel tontes les lignes sont les mêmes. Cette ligne, dont on peut représenter les nombres par A avec un indice, est la suivante : I, 2, 3, 5, (S, i3, 21, 34, 55, 89, i44i etc., et ses nombres jouissent des propriétés indiquées par les fornuiles sui- vantes : AA A A -f-A A A2 A A -I-A2 A2-i_A'- — A A suivant que m et n sont de parité différente ou égale, etc. » Cela posé, je me servirai, pour établir la formule générale des nombres premiers, de cette propriété que, pour qu'un nombre soit premier, il fant et il suffit qu'il ne soit divisible par aucun des nombres premiers plus petits que sa racine carrée. En représentant donc par a^ une indéterminée qui ne peut recevoir que des valeurs entières et plus petites que h, par m, îi et p des nombres entiers quelconques, tout nombre premier N devra être à la fois de la forme 2« + i et de la forme 3p + n^; or, en égalant ces deux expressions et les traitant par l'analyse indéterminée, on obtient la formule N3 = 6mi — 2^3 + 3, qui est complète et exclusive pour tous les nombres premiers N3 plus petits que le carré de 5. De même, en posant Nj = Gn — 2^3 -1-3 = 5/)-)- rt,, on obtient par l'analyse indéterminée N5 ^ Zom 4-6/75-1- lor/j — i5, pour les nombres premiers plus petits que le carré de 7; puis N, = 2io/n — 90 rt, -I- 546 «5 4-910(73 — 1 365, pour les nombres premiers plus petits que le carré de 11, et ainsi de suile^ ( '8. ) On généralise enfin ce calcul, et en désignant par 2, 3, 5,... r, s, f, u la suite natiu'elle des nombres i)remiers, on obtient pour la formule complète et exclusive des nondjres premiers inférieurs au carré de u N, = 2.3.5.. ./'.y./, m + D,fl,H- /QD^cr^ + t. .ï.QCjD^fl^ + . .. +ï.i^.r. . .7 . 5 .C, CjCr- . .CïCsDgrtj + ^ .5. . . 7 . 5. 3C,Ci. . .CïCjCs. Dans cette formule, voici quelle est la signification des quantités C et D. C, représente l'objectif complet de tous les quotients obtenus dans la re- cberche du plus grand commun diviseur entre t e( le produit 2.3.5.../'. 5^, et D, est égal ktCi ± i, suivant qu'il y a dans cette même recherche un nombre impair ou pair d'opérations. » Comme propriétés particulières, on peut remarquer que D, est toujours divisible par le produit 2.3.5...r.J, et que le rapport des coefficients de 1.1,./ 1 • » 1 . e" ' Bi deux nideterminees quelconques a^ et rt^, qui est égal a--; F7^i~' "*^ dépend que de leur rang, et reste le même quel que soit t, c'est-à-dire dans toutes les formules s'appliquant jusqu'à une limite quelconque. » Ainsi, étant connu un certain nombre de nombres premiers, la valeur de Nf est la formule complète et exclusive de tous les nombres premiers plus petits que le carré du nombre premier suivant. » ÉLECTRO-CHIMIE. — Sur la production de iozone. Note de M. G. Planté, présentée par M, Edm. Becquerel. (Renvoi à la Commission précédemment nommée pour les communications relatives à l'ozone, Commission composée de MM. Chevreul, Dumas, Pelouze , Pouillet, Boussingault, Le Verrier, Vaillant, Fremy , Edm. Becquerel.) a Dans un moment où l'attention des physiciens et des chimistes est appelée sur l'ozone, je crois devoir signaler un fait que j'ai observé dans mes recherches sur les courants secondaires, et qui sera peut-être de quelque utilité pour l'étude des propriétés de ce corps. » Les métaux inoxydables, tels que l'or et le platine, ont été considérés jusqu'ici comme étant les seuls qu'on pût employer comme électrodes pour obtenir l'ozone par la décomposition électro-chimique de l'eau. Or, j'ai reconnu que l'ozone pouvait être aussi bien produit par des électrodes de plomb que par des électrodes de platine, et même en plus forte propor- tion. ( l82 ) » On peut s'en assurer faciloment en jjrenant deux voltamètres, dont l'un est formé par des tils de platine, l'autre par des fils de plomb de même longueiu- et de même diamètre, et les faisant traverser par un même cou- rant. El) plongeant des bandes de papier ioduré et amidonné dans des tubes ouverts placés au-dessus du fil positif de cliaque voltamètre, ou les verra bleuir dans 1 un et clans l'autre, et l'on pourra observer cpie le papier plongé dans l'oxygène du voltamètre à fils de plomb bleuit plus rapide- ment et avec plus d'intensité que le papier plongé dans l'oxygène du volta- mètre à fils de platine. » En faisant dégager simultanément l'oxygène ozone des deux volta- mètres dans des dissolutions semljlables d'iodure de potassium, la dissolu- tion soumise à l'action de l'oxygène du voltamètre à fils de plomb se colore plus foitement en jaune que celle qui est traversée par l'oxygène du volta- mètre à fils de platine^ et l'on trouve que la quantité d'iode mise en liberté par l'ozone du voltamètre à fils de platine étant représenté par i, celle qui est fournie par l'ozone du voltamètre à fils de plomb est approximative- ment égale à 1,5. En d'autres termes, la quantité d'ozone donnée par le platine n'est que les |^ de celle qui est obtenue avec le plomb. » La vivacité de l'odeur, la rapidité d'oxydation de l'argent, offrent aussi une différence facilement appréciable. » Cette production d'ozone, plus abondante avec des électrodes de plomb qu'avec des électrodes de platine, est un fait assez difficile à expliquer dans l'état actuel de nos connaissances sur l'ozone. Quand on produit ce gaz à l'aide de l'électricité statique ou d'induction, la nature des électrodes ou des conducteurs métalliques entre lesquels a lieu l'étincelle n'influe pas d'ime manière sensible; car on sait que MM. Fremy et Edmond Becquerel sont parvenus à transformer l'oxygène en ozone dans un tube de verre sim- plement électrisé par influence, et sans l'intervention de fils métalliques d'aucune sorte. Mais quaml on prépare l'ozone à l'aide de la pile, la nature des électrodes joue, au contraire, un rôle prépondérant. Dans le cas pré- sent, c'est un métal plus oxydable que le platine qui produit plus d'ozone. L'oxyilatiori est, il est vrai, tout à fait superficielle; l'épaisseur de la couche d'oxyde n'augmente pas k mesure que le courant fonctioiuie, et le volume de l'oxygène n'en est pas sensiblement diminué, si on le compare au vo- lume; d'oxygène fourni par le platine dans les mêmes conditions. Cepen- dant cette couche d'oxyde exerce une double action ; car elle est la source d'un courant secondaire énergique, et elle facilite en même temps la pro- duction d<' l'ozone. ( i83 ) » Poui' se rendre compte de la manière dont elle agit dans ce dernier cas, on ne pent faire que des hypothèses qu'il serait prémaluré de déve- lopper ici. Je me bornerai donc à conclure, quant à présent, que pour pré- parer l'ozone par l'électrolyse de l'eau, on devra employer des fils de plomb, de préférence à des fils de platine. » MÉCANIQUE APPLIQUÉE. — Des moyens d'annuler les perturbations produites dans le mouvement des macidnes par les pièces de leur mécanisme. Mémoire de M. H. Arnoux, présenté par M. Delaunay. (Extrait.) (Commissaires : MM. Poncelet, Piobert, Morin, Combes, Delaunay.) « Le déplacement des pièces du mécanisme des machines produit dans loin- mouvement des perturbations importantes. En même temps, il met en jeu les réactions des appuis ou des liaisons diverses de ces machines d'une manière fâcheuse et quelquefois dangereuse. Nous voulons montrer ici qu'on peut annuler ces perturbations dans la plupart des machines em- ployées par l'industrie, au moyen de dispositions simples et en général pra- ticables. » Le principe général de la solution est le suivant : » Dans une machine en mouvement^ les pièces du mécanisme ne donne- ront lien à aucune perturbation du mouvement et à aucune modification dans les réactions des appuis ou des liaisons de cette machine, si les forces accélératrices provenant de ces pièces se font constamment équilibre, c'est-à-dire si elles donnent lieu à une résultante nulle et à un couple résul- tant nul. » Cette condition qui est suffisante est en même temps nécessaire, et elle peut se traduire immédiatement dans les deux énoncés suivants : » 1° Les quantités de mouvement provenant des pièces du mécanisme doivent donner lieu à une résultante constante ou, ce qui revient au même, le mouvement relatif de leur centre de gravité doit être uniforme. » 2° Ces mêmes quantités de mouvement doivent donner un couple résultant constant autour d'un point animé de la vitesse générale de la machine » L'auteur entre ensuite dans des détails circonstanciés, pour montrer comment les règles qui se déduisent de ce principe général peuvent s'appli- quer : 1° aux machines directes à un ou plusieurs cylindres; 2° aux ma- chines à balancier ; 3° aux machines oscillantes. ( i84 ) GÉOLOGIE. — Observulions relatives à une communication récente de M. Ley- inerie !>ur tin nouvel éloije à introduire en (jéolorjie ; /)ar M. de Kouville. (Extrait.) (Commissaires nommés précédemment : MM. Élie de Beaiimont, d'Archiac, Daubrée.) " Dans sa communication du 9 juillet dernier siu- un nouvel étage à introduire en géologie, M. Leymerie s'exprime comme il suit : ic L'étage rutilant qui constitue essentiellement cette chaîne, que j'ai » dernièrement étudiée en compagnie de J\IM. de Rouville et Magnan, se » trouve compris entre le terrain à nummulitcsel une assise liasique sous » laquelle il passe en renversement. » » J'ai à taire, pour mon compte, des réserves que je n'ai pas dissirauléesà ces messieurs sur le lieu même de l'observation. J'ai cru y trouver les élé- ments suffisants d'une conviction contraire à la leur. L'horizon rutih'.nt eu question reposerait, suivant moi, à .Saint-Chinian, sur le terrain à nummu- lites qui lui-même est en contact immédiat avec les schistes du terrain de transition. » Mes travaux pour la carte géologique de l'Hérault me ramèneront bientôt dans cette région, et j espère alors être en mesure d'appuyer mes réserves actuelles de faits démonstratifs. » M. Clément adresse de Bordeaux une Note relative à lui nouveau frein, destiné à prévenir les accidents sur les chemins de fer. (Renvoi à la Section de Mécanique.) M. liEOFFUoY adresse à l'Académie un Mémoire contenant 54 1 Tables ma- nuscrites, destinées à la navigation par arcs de grands cercles. (Renvoi à la Section de Géographie et Navigation. ) M. DE Lapi-acve adresse à l'Académie une Note ayant pour tilie : « Trai- tement et préservation du choléra au point de vue rationnel ». (Renvoi à la Commission du legs lîréanf.) ( i85) CORRESPONDANCE. 31. LE Secrétaire de l'Acadésiie de Berlin adresse, an nom de cette Aca- démie, un volume de ses « Mémoires » pour l'année 1864. M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance, un opuscule de M. Vander Mensbrugglie, extrait des « Bul- letins de l'Académie royale de Belgique » et ayant pour titre : « Discussion et réalisation expérimentale d'une snrf^ice particulière à courbure moyenne nulle, » et donne lecture du passage suivant de la Lettre d'envoi : « L'objet de ce travail est la réalisation parfaite d'une surface minima particulière, à l'aide d'un principe fécond dû à M. le professeur Plateau, avec qui j'ai depuis dix ans la bonne fortune de pouvoir travailler : ce prin- cipe permet de produire très-simplement des surfaces parfois extrêmement compliquées au point de vue analytique, et de faire ainsi de la haute Géomé- trie au moyen de minces lames liquides. » M. le Secrétaire perpétuel signale également, parmi les pièces impri- mées de la Correspondance : 1° Un opuscule de M. Leymerie ayant pour titre : « Esquisse géognostique de la vallée d'Aspe » ; 1° Un opuscule de M. Zantedesrlii, imprimé en italien et ayant pour titre : « Les doctrines du P. Secchi sur la prévision des météores et des bourras- ques, et celles de M. Zantedesclii, avec des documents historiques ». TOXICOLOGIE — Sur tes propriétés toxiques du sulfure de carbone, et sur l'emploi de ce licjiiide pour la destruction des rats et des animaux nuisibles qui se terrent. Note de M. S. Cloëz, présentée par M. Chevreul. « Le sulfure de carbone mélangé à l'état de vapeur avec une masse d'air considérable peut être introduit dans les organes respiratoires de l'homme et des animaux sans produire de troubles immédiats; cependant un pareil mélange ne peut pas être respiré impunément pendant longtemps. » Lorsque l'air respiré, au lieu de contenir seulement quelques millio- nièmes de vapeur de sulfure de carbone, en renferme environ ^ de sou volume, le mélange agit alors rapidement sur l'économie animale, et, si l'on n'arrête pas à temps son action, il détermine la mort infailliblement. C. R., i865, 1"" Sr-m« 4.) ^-•' ( '86) » Les effets toxiques du sulfure de carbone ont été constatés expérimen- talement sur diverses es|)èces d'animaux prises parmi les Mammifères, les Oiseaux et les Reptiles. » Première expérience. — Un rat de forte taille a été placé dans une cloche tubulée de verre, de 17 litres de capacité, où l'on avait mis d'avance lui tampon de coton imprégné de sulfure de carbone. Dans les premiers instants l'animal est resté parfaitement calme, il a paru s'assoupir; mais au bout d'une demi-minute il a commencé à s'agiter vivement en cherchant à se soustraire à l'odeur du sulfure : bientôt ses mouvements se sont ralentis, il a éprouvé quelques secousses convulsives, puis il est tombé sur le flanc en continuant à respirer; mais peu à peu la respiration a diminué, et la mort est arrivée quatre minutes après le commencement de l'expérience. » A l'ouverture du cadavre on a constaté ime congestion sanguine dans toute la masse du poumon : le cerveau ne présentait aucune lésion, les ca- vités du cœur étaient remplies de sang noir, l'oreillette droite de cet organe a continué à se contracter pendant plus de deux heures après la mort de l'animal. Les globules du sang examinés au microscope n'ont paru ni dé- formés ni altérés. » Deuxième expérience. — Un lapin adulte a été tenu pendant quelques minutes le nez placé au-dessus d'une éponge imprégnée de sulfure de car- bone : l'animal est resté d'abord bien tranquille, il s'est débattu ensuite fai- blement; on l'a laissé libre alors, mais il n'était déjà plus maît:e de ses mouvements, il paraissait ivre; on l'a forcé de nouveau à respirer l'air chargé de vapeur de sulfure, de manière à produire une insensibilité de tous les mendjres, sans aller jusqu'à la mort de l'animal. On a observé ici les mêmes phénomènes que dans la première expérience. On a enlevé l'é- ponge imprégnée de sulfure au moment où la mort parut imminente. Le lapin abandonné dans cet état est resté près d'une demi-heure sans bouger, sa respiration s'est rétablie lentement; au bout d'une heure il essayait de lever la léle et rie se dresser sur ses pattes, mais les membres postérieurs étaient encore paralysés; une heure plus tard l'animal était debout et man- geait comme s'il ne lui était rien arrivé. » La Irnisiènie expérience, faite également sur un lapin, est la répétition de la seconde, avec cette différence que l'action du sulfure a été prolongée jusqu'à la mort de l'animal, arrivée au bout de neuf minutes. A l'autopsie, on a constaté une congestion sanguine à la base des poumons; le cœur ayant été extrait du corps de l'animal avec les organes respiratoires, on a ( «87 ) constaté que l'oreillette droite a continué de se contracter pendant plus de cinq heures. > Le sulfure de carbone parait agir plus rapidement encore sur les Oi- seaux que siu- les Manuniteres; son action sur les Reptiles est au contraire beaucoup plus lente, comme on pouvait le prévoir : les essais ont été faits sur des moineaux et sur des grenouilles. • » L'application du suUdre de carbone à la destruction des animaux qui se terrent a été faite au Muséum d'Histoire naturelle sur les rats (pii pullu- laient dans divei'ses parties de l'éiablissement, principalement du cote des animaux féroces et dans le voisinage du laboratoire de physiologie com- parée. » Le sulfure de carbone se fabrique aujourd'hui en gr.ind. Ou peut se le procurer tians le commerce à raison de 80 centimes à i franc le kilogramme. Le mode d'emploi de ce liquide pour la destruction des rats est très-simple. On jirend un bout de tuyau de plomb de 1 mèire à i'",2o de long et île 20 millimètres de diamètre. Ce tuyau flexible est ouvert à ses deux extré- mités; un petit entonnoir de fer-blanc de forme cylindro-conique s'adapte par la douille à l'orifice supérieur ; on a soin en outie de percer latérale- ment quelques trous dans la paroi du tube près de son extrémité inférieine pour faciliter l'écoulement du liquide dans le cas où l'orifice du tuyau se trouverait bouché par de la terre. » Avant d'appliquer sur une grande échelle le sulfure tie carbone à la des- truction (les rats, j'ai fait un essai préliminaire dans la petite ailée condui- sant au laboratoire de physiologie comparée. Il y avait là, sur un espace de 5o mètres carrés, plusieurs trous habités et communiquant entre eux par des galeries souterraines; on a fait pénétrer le plus loin possible le tube de plomb dans un des trous, et l'on a bouché provisoirement tous les autres avec des tuiles. On a mesiué alors environ 5o grannnesde suifiue de car- bone dans un petit flacon jaugé, et on a versé le liquide dans l'entonnoir. On a attendu quelques minutes pour retirer le tube, puis on a bouché le trou avec de la terre, en ayant soin de la tasser fortement. » La même opération ayant été faite successivement dans tous les Irons, on a attendujusqu'au surlendemain pour voir l'effet produit. J'avais acquis la certitude, pendant l'expérience, que les terriers étaient habités, car j'a- vais aperçu plusieurs rats traversant les galeries souterraines; or, deux jours après, on trouva tous les trous bouchés. J'en ai conclu que les ron- geurs qui s'y étaient réfugiés étaient morts asphyxiés. » Pour vérifier le fait, on a retourné le sol à la béch»;. Sur inie étendue de 25.. ( '88) 2o Hieires environ, on a déterré ainsi quatorze cadavres de rats asphyxiés dans leur demeure. L'expérience était con pléte et suffisante, mais de nom- breux essais faits depuis lors au Muséum ont confirmé de plus en plus ces premiers résultats. » CIJiMIb;. — Sur tes propriétés de la bleitile hexagonale. Note de M. T. Sidot, présentée par M. Edm. Becquerel. « Le sulfure de zinc cristallisé (blende hexagonale), obtenu comme il est dit dans ma Note du 3o avril dernier, avait pu être jusqu'ici considéré comme étant tout à fait fixe aux plus hautes températures; mais les divers moyens que j'ai employés pour préparer ce corps mettent hors de doute une volatilisation partielle, sinon totale. M Dans cette Note, je dis encore avoir obtenu le sulfure de zinc parfai- tement cristallisé en le volatilisant dans un courant d'azote bien pur; il me restait à prouver, ce que j'ai fait depuis, qu'il se volatilise de même et sans résidu dans l'hydrogène sulfuré et dans l'acide sulfureux. Le sulfure cris- tallisé ainsi obtenu dans ces derniers gaz, et dont j'ai l'honneur de présenter lui échantillon à l'Académie, est tout à fait incolore et se présente en hjngs primes hexagonaux ou lamelleux, d'une transparence parfaite. Ces cristaux présentent en outre la propriété qu'ont déjà certains sulfures d'être phos- phorescents dans l'obscurité, propriété qu'ils conservent pendant assez longtemps. M Pour obtenir la blende hexagonale jouissant de cette dernière pro- priété , il faut faire passer de préférence un courant d'acide sulfureux bien pur sur du sulfure de zinc cristallisé (soit la blende naturelle, soit celle que l'on obtient par la calcination du sulfure amorphe), placé dans un tube de porcelaine très-fortement chauffé pendant quatre à cinq heures au moins. » Je dois ajouter que cette préparation est des plus laborieuses^ car, si l'on veut volatiliser la totalité du sulfure, il ne faut opérer que sur 3 à 4 grammes de matière, et c'est seulement au bout de deux heures de la plus haute température que les cristaux commencent à apparaître dans la partie refroidie du tube et y grandissent assez pour en occuper tout le dia- mètre intérieur. Si, au contraire, on veut avoir une plus grande quantité de ces cristaux, il faudra agir sur un excès de sulfure qui donnera dans le même temps une bien plus grande quantité de cristaux phosphorescents. » 11 n'est pas possible de maintenir cette haute température nécessaire à la volatilisation de la blende au delà de cinq heures, attendu que le tube ( «89 ) finit presque toujours par fondre, non pas par un effet seul de la tempéra- ture, mais par l'action de la silice du tube de porcelaine sur les matières basiques des cendres, d'où résulte, comme on le sait, un verre très-fu- sible. » CHIMIE APPLIQUÉE. — Sw l'emploi de hi nitroglycérine dans les carrières de grès voscjien, près de Saverne. Note de M. E. Kopp, présentée par M. Daubréc. « Les propriétés fulminantes de la nitroglycérine C*H'(NO*)'0°, et la relation d'expériences faites avec celte substance dans diverses localités de la Suède, de l'Allemagne et de la Suisse, ont engagé MM. Schmitt et Dietsch, propriétaires de grandes carrières de grès dans la vallée de la Zorn (Bas- Rhin), à en essayer également l'emploi dans leurs exploitations. » Le succès a été assez complet, tant sous le rapport de l'économie que sous celui de la facilité et de la rapidité du travail, pour qu'on y ait aban- donné au moins temporaireuient l'usage de la poudre, et.que depuis environ six semaines on n'exploite plus ces carrières qu'à la nitroglycérine. » Dès le début, nous avions pensé qu'il fallait préparer cette substance sur place; le transport, soit par navire, soit par chemin de fer, d un com- posé aussi fuimmant et d'une puissance si effrayante nous paraissait inad- missible; les grands malheurs arrivés à Aspinwall et à San-Francisco ont démontré que ces craintes étaient fondées, et que le transport de la nitro- glycérine devrait être défendu d'une manière absolue. » Après avoir étudié dans mon laboratoire, avec l'assistance de M. Keller, les divers procédés de préparation de la nitroglycérine (mélanges de gly- cérine avec acide sulfurique concentré et nitrates de potasse et de soude ou avec les acides nitriques de différentes concentrations), nous nous sommes arrêtés au mode de fabrication suivant, qui a été installé dans une cabane en bois, construite dans l'une des carrières. » i" Préparation de la nitroglycérine . —On commence par mélanger dans vuie tourille de grès, placée dans de l'eau froide, de l'acide nitrique fumant à 49 ou 5o degrés Baume avec le double de son poids d'acide sulfurique le plus concentré possible. (Ces acides sont préparés tout exprès à Dieuze et expédiés à Saverne.) D'un autre côté on évapore dans luie marmite de la glycérine du commerce, mais qui doit être exempte de chaux et de plomb, jusqu'à ce qu'elle marque 3o à 3i degrés Baume. Celte glycérine concentrée doit être sirupeuse après complet refroidissement. » L'ouvrier verse ensuite 33oo grammes du mélange d'acides sulfurique et ( '90 ) nitrique bien refroidi dans un ballon de verre (on peut aussi employer un pot de grès ou une capsule de porcelaine ou de grès) placé dans un baquet d'eau froide, et il y fiit couler leiilenient, et en remuant constamment, 5oo grammes de glycérine. Le point important est d'éviter un échaultement sensible du mélange qui déterminerait une oxydation tiMiiullueuse de la glycérine avec production d'acide oxalique. C'est pour cette raison que le vase où s'opère la transformation de la glycérine en nitroglycérine doit être constatnment refroidi extérieurement par de l'eau froide. » Le mélange étant opéré bien intimement, on abandomie le tout pen- dant cinq à dix minutes, puis on verse le mélange dans cinq à six lois son volume d'eau froide, à laquelle on a préalablement imprimé un mouvemenl de rotation. La nitroglycérine se précipite très-rapideuient sous forme d'une huile lourde, qu'on recueille par décantation dans lui vase plus haut que Iarg3; on l'y lave une fois avec un peu d'eau, qu'on ilécante à son tour, puis on verse la nitroglycérine dans des bouteilles, et elle est prête à servir. » Dans cet état, la nitroglycérine est encore un peu acide et aqueuse; mais cela est sans inconvénient, puisqu'elle est euqjloyée peu de temps après sa préparation et que ces impuretés ne l'empêchent nullement de détoner. » 2" Propriétés de ta nitroglycérine. — La nitroglycérine constitue une huile jaune ou brunâtre, plus lourde que l'eau, dans laquelle elle est inso- luble, soluble dans l'alcool, l'éther, etc. M Exposée à un froid même peu intense, mais prolongé, elle cristallise en aiguilles allongées. Un choc très-violent constitue le meilleur moyen poin- la faire détoner. Son maniement est du reste très-facile et peu dangeieux. Répandue à terre, elle n'est que ddficilemeut inflammable par un corps en combustion, et ne brûle que partiellement; on peut briser sur des pierres un flacon renfermant de la nitroglycérine sans que cette dernière détone; elle peut être volatilisée sans décomposition par mie chaleur ménagée; mais si l'ébullitioii devient vive, la détonation est innninente. » Une goutte de nitroglycérine londjant sur une |)laque en fonte moyen- nement chaude se volatilise tranquillement; si la plaque est rouge, la goutte s'enflamme immédiatement et brûle comme un grain de poudre sans bruit; tuais si la plaque, sans être rouge, est assez chaude pour que la nitro- glycérine entre immédiatement en ébullitiou, la goutte se décompose brus- quement avec une violente détonalion. » La nitroglycérine, surtout lorsqu'elle est impure et acide, peut se dé- ( ^9' ) composer spontanément au bout d'un certain temps avec dégagement de gaz et production d'acide oxalique et glycérique. » Il est probable que c'est à une pareille cause que sont dues les explosions spontanées de nitroglycérine dont les journaux nous ont fait connaître les effets désastreux. La nitroglycérine étant renfermée dans des bouteilles bien bouchées, les gaz produits par sa décomposition spontanée ne pouvaient se dégager; ils exerçaient donc une très-foric pression sur la nitroglycérine, et dans ces conditions le moindre choc et le plus léger ébranlement pouvaient déterminer l'explosion. » La nitroglycérine possède une saveur à la fois sucrée, piquante et aromatique; c'est une substance toxique; en très-petites doses elle pro- voque de forts maux do tète. Sa vapeur produit des effets analogues, et cette circonstance pourrait bien être nn obstacle à l'emploi de la nitro- glycérine dans les galeries profondes des mines, où la vapeur ne peut se dissiper aussi aisément que dans les carrières à ciel ouvert. » La nitroglycérine n'est point un composé nitré proprement dit, ana- logue à la nitro ou binifrobenzine ou aux acides mono, bi et trinitrophc- nisique. En effet, sous l'influence des corps réducteurs, tels que l'hydz-o- gène naissant, l'hydrogène sulfuré, etc., la glycérine est remise en liberté, et les alcalis caustiques décomposent la nitroglycérine en nitrates et glycé- rine. )) 3° Mode d'emploi de la nitroglycérine. — Supposons qu'on veuille détacher une assise de roches. A 2'",5o à 3 mètres de distance du rebord extérieur, on fonce un trou de mine d'environ 5 à 6 centimètres de diamètre, et de 2 à 3 mètres de profondeur. » Après avoir débarrassé ce trou grosso modo, de boue, d'eau rt de sable, on y verse au moyen d'un entonnoir de i5oo à 2000 grammes de nitroglycérine. » On y fait ensuite descendre im petit cylindre en bois, en carton ou en fer-blanc, d'environ 4 centimètres de diamètre et 5 à 6 centi- mètres de hauteur, rempli de poudre ordinaire. Ce cylindre est fixé à une mèche ou fusée de mine ordinaire, qui y pénètre à une certaine profon- deur pour assurer l'inflammation de la poudre. C'est au moyen de la mèche ou fusée qu'on fait descendre le cylindre, et le tact permet de saisir facilement le moment où le cylindre arrive à la siuf'ace de la ni- troglycérine. A ce moment, on maintient la mèche inunobih', et l'on fait couler du sable fin dans le trou de mine, jusqu'à ce qu'U soit entièrement rempli. Inutile de comprimer ou de tamponner le sable. On coiqie la ( 192 ) mèche à quelques centimètres de l'orifice du trou et l'on y met le feu. Au bout de huit à dix minutes, la combustion de la mèche étant arri- vée au cylindre, la poudre s'enflamme. Il en résulte un choc violent, qui fait détoner instantanément la nitroglycérine. L'explosion est si su- bite, que le sable n'a jamais le temps d'être projeté. » On voit toute la masse du rocher se soulever, se déplacer, puis se rasseoir tranquillement sans aiicune projection ; on entend une détona- tion sourde. » Ce n'est qu'en arrivant sur les lieiix qu'on peut se rendre compte de la puissance de la force que l'explosion a développée. Des masses for- midables de roc se trouvent légèrement déplacées et fissurées dans tous les sens, et prêtes à être débitées mécaniquement. » Le principal avantage réside dans le fait que la pierre n'est que peu broyée et qu'il n'y a que peu de déchet. Avec les charges de nitrogly- cérine indiquées, on peut détacher ainsi de 4o à 80 mètres cubes de roc assez résistant. )) Nous espérons avoir démontré par cette notice la possibilité de conci- lier l'emploi de la nitroglycérine avec toutes les garanties de sécurité publique désirables. » M. BoiDix adresse à l'Académie une Note concernant le nombre de per- sonnes tuées par la foudre en France pendant l'année \86^k A 5 heiu'es un quart, l'.^cadémie se forme en Comité secret. La séance est levée à 5 heures trois quarts. E. D. B. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L'Académie a reçu dans la séance du 23 juillet 1866 les ouvrages dont les titres suivent ; Le Jiiidin fruitier du Muséum; par M. J. DECAISiNE, Membre de l'Institut. èb' livr. Paris, 18GG; in-4". Jiullclin lie SUilistiiiue muuicij)ale, pid)lié par les ordres de M. le Baron Haussmann, mois de uuirs 1866. Paris, 1866; br. in-4". Le Mois scieiUifique; parM. I.éopold GlRAUD. i" année, t. I", i'" livrai- son, juillet 1866. Paris, 1866; br. in- 12. (Présenté par M. Élie de Beau- mont.) COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIEINCES. SÉANCE DU LUNDI 30 JUILLET 1866. rilÉSIDENCE DE M. ClIEVREUL, MEMOIRES ET COMMUIVICATIOIVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. ASTRONOMIE. — Sur la réfraction solaire et le dernier Mémoire du P. Secchi ; p;ir M. Paye. « Dans un Mémoire de lundi dernier sur la réfraction solaire, le P. Secchi a mis en pleine évidence, à l'aide d'un système de mesures tout nouveau, un fait capital pour l'étude actuellement si suivie de la constitution phy- sique du Soleil ; il a montré que cette réfraction, qui devrait influer sur les positions apparentes des taches, est insensible, même pour des mesures micrométriques faites avec un puissant instrument et avec tous les raffine- menls qui ont été récemment introduits dans l'observation du Soleil. Ce résultat, auquel notre savant Correspondant était loin de s'attendre, résont, plus directement que je ne l'avais fait moi-même, l'objection qu'il avait opposée à mes recherches sur la parallaxe de profondeur. Je me propose de compléter ici mon Mémoire sur la réfraction solaire, afin de ne rien lais- ser désirer, si faire se peut, sur les conclusions qu'il est permis de tirer du beau travail du P. Secchi. » Cette théorie présente, en effet, une lacune que j'ai signalée moi-même; elle suppose que la hauteur de l.i couche atmosphérique est assez grande pour qu'un rayon lumineux émané tangentiellement de la surface solaire C. R., i8C6, 2n>= Scmcslrc. (T. LXIII, Nû -J.) 20 ( '94) parvieiiDe à l'œil de l'observateur. En présence do l'opinion générale, qui attribue au Soleil une atmosphère très-étendue, j'ai dû m'en tenir à cette supposition. En etïet c'est dans cette atmosphère qu'on t.iit flotter les pro- tubérances lumineuses des éclipses totales dont la saillie sur le disque so- laire dépasse a minutes. D'autre part, la distance périhélie de la grande comète de i8/i3 est d'environ 3 minutes. C'est donc entre set 3 minutes que l'on doit, pour se conformer aux idées généralement reçues, fixer la hauteur de celte atmosphère, c'est-à-dire entre ^ et -^ du rayon. A ce compte ma théorie de la réfraction solaire suffit largement. » Si cependant on voulait admettre une hauteur d'atmosphère extrême- ment fiiible, ou sujjposer qu'il n'y a d'efficace que les couches inférieures dont la densité croîtrait assez rapidement pour empêcher un rayon émis tangentielleinent vers les bords de parvenir à l'observateur, il faudrait mo- difier, comme on va le \oir, non pas mes formules, mais uniquement la si- gnification de la constante inconnue qu'elles renferment. " Désignons, comme dans mon Mémoire du 25 mars dernier, par R le rayon vrai, par (R) le rayon apparent du Soleil, par r la distance d'un point de la surface au centre du disque, par // la hauteur de l'atmosphère en parties du rayon, par l l'indice de sa couche inférieure, par z la distance zénithale a|)paiente de la Terre vue de la tache, par p la dislance héliocen- trique de la tache au centre du disque solaire ; j'ai fait voir que l'équation de la réfraction solaire est R/sinz = /•, équation qui suppose uniquement que les couches sont sphériques et con- centriques et que la densité de la couche extrême est négligeable. » Si A > /— I, on pourra poser, avec M. Adams, R/= (R); par consé- quent, (i) (R)sinr. = /•; d'où j'ai déduit la formule suivante, applicable de zéro à 71 ou 80 degrés de dislance angulaire de la tache au centre du disque, fj = arcsiu-^ + /3tangp, fi étant la constante de la réfraction astronomique sur le Soleil (*). Cette (") .Icn'cTiis plus ici le terme relatif à la parallaxe de i)rofonileur, parce que ce terme, qui affecte toutes les uiesurcs île M. Carrington, disparaît pour celles du P. Sccchi, qui a réussi ù l'éliuiiner eu observant les contours extérieurs de la pénombre, au lieu de pointer sur le ( ^9'^ ) constante est, dans les limites ci-dessus, sensiblement égale à / — i réduit en arc. » Mais si ^ < / — I , alors (R) n'est plus égal à R/, mais à R (i + h). » Puisque ^ est très-petit par hypothèse, comme/ — i est d'autre part très- petit iui-iiième, puisqu'il s'agit de gaz ou de vapeurs, fussent-elles métal- liques, nous pourrons traiter l — i -h h comme une quantité très-petite, et alors, en différentiant le logarithme de l'équation (i), il vient dlR) dz , rfi'R) -rirr -\ = o ou «z = -^ tausr s. (R) tangz (R) » Mais rf(R) _ R (, + /,) _ R/ (R) (R) = 1 + /? - /, puisque R et (R) ne diffèrent que très-peu. On aura donc, en écrivant /3 pour z, d(j = (i + // — /)tangp, p = arc sin — -^- (j3 + i + A — /) tangp, et finalement p = arc sin-— -|- Atangp. » Ainsi, dans ce cas, les mesures du P. Secchi nous feraient connaître non plus l'indice de la couche inférieure comme précédemment, mais la hauteur de l'atmosphère solaire. Il est aisé d'ailleurs de se rendre compte directement de ce changement de signification de la constante p. Lorsque l'atmosphère est très-restreinte, l'effet de ses réfractions (de zéro à ^5 de- grés) sur les positions des taches est très-faible et ne se fait plus sentir qu'in- directement par l'introduction du diviseur (R) dans le calcul de leurs coor- données héliocentriques. Or, dans ce cas, la limite du disque apparent se confond avec celle de l'atmosphère, en sorte que l'effet produit et mesu- rable ne dépend plus sensiblement que de la hauteur de celle-ci. » Les mesures du P. Secchi donnent zéro pour valeur de la constante delà réfraction solaire; mais comme elles sont susceptibles d'erreur, on n'en fond noir des taches comme on le faisait avant lui. J'ai omis également le petit terme r \ . . . Il — 77-r -1 dont nous n'avons pas à nous occuper dans cette discussion. Enfin, au lieu de —•, (R) 2 ' ' R j'écris h évaluée en parties de l'unité R. 26.. ( '96) saurait conclure que l'atmosphère du Soleil n'existe pas. Je supposerai, comme pour les mesures de M. Carringlon, quelles sont assez précises pour déceler dans le coefficient de tangp une valeur de o°,i si cette valeur exis- tait. Cette limite supérieure de l'erreur étant admise (elle est relative à la série entière et non à une mesure isolée), on déduit de l'analyse précédente que : » Si h "> l — I, l'indice de la couche inférieure de l'atmosphère solaire n'atteint pas 1,00175, c'est-à-dire que son pouvoir réfringent n'est pas six fois celui de la couche inférietue de notre propre atmosphère ; » Si ^ < / — I, la hauteur de l'atmosphère solaire n'atteint pas j~ du rayon (*). » Il me semhie donc que les mesures du P. Secchi ne confirment pas seulement les résultats auxquels le calcul des mesures de M. Carrington m'avait conduit pour la profondeur des taches; elles justifient encore ce que j'ai dit et répété depuis plusieurs années sur le peu d'étendue de l'atmo- sphère du Soleil et son peu d'importance dans l'étude de la constitution physique de cet astre. » ASTRONOMIE. — Remarques sur les étoiles nouvelles et sur les étoiles variables; par M. Faye. (Première partie,) « L'apparition d'une étoile nouvelle est un phénomène assez rare, frap- pant, non encore expliqué; j'ai pensé que l'Académie n'accueillerait pas sans intérêt quelques remarques sur ce sujet, à propos de celle qui nous a été signalée en France par M. Courbebaisse. Il ne s'agit pas ici de conjec- tures : je me propose seulement de rapprocher ces phénomènes de ceux des étoiles'périodiques et de les rattacher tous à l'explication que j'ai donnée de la formation et de l'entretien de la photosphère d'un soleil quelconque. » On sait que létoile devenue subitement si brillante au mois de mai der- nier n'est pas nouvelle dans la stricte acception de ce mot : c'est une étoile (*) M. Challis, qui a le premier considéré ce cas [Mcm. of the R. A. S., t. XXXII), a indiqué m même temps un ordre de faits qui ne permettent pas de le considérer comme admissible : ce sont les très-petites dénivellations que les facules produisent sur le contour apparent du Soleil lorsqu'elles atteignent l'extrême bord du disque solaire. Ces petites saillies ont été parfaitement constatées et mesuiées par JI. Dawes d'abord, puis par le P, Secchi. Tenons-nous-en donc au premier cas, et disons que, d'après les mesures récentes de notre savant Correspondant, l'indice de la couche iiiféiicurc de l'alniosplièrc solaire ne saurait atteindre 1,001^5. ( '97 ) ancienne de 9^ grandeur, jusque-là invisible à l'œil nu, le n°2765 du grand Catalogue d'Argelander, qui a présenté un phénomène subit d'exaltation d'éclat. Nos renseignements actuels sur cette remarquable apparition nous l)ermettcnt d'affirmer que cette étoile a atteint son maxinunn j)resque subi- tement dans la nuit du 12 mai, époque à laquelle elle a été vue pour la pre- mière fois par M. Birmingham en Irlande; qu'à partir de cette époque son éclat a décru, mais comparativement avec lenteur, à raison d'une demi- grandeur par jom-, jusqu'au 20 mai, et bien plus lentement encore jusqu'à la fin de juin, époque à laquelle l'étoile est revenue à peu près à son ancien éclat et n'a plus montré de variations appréciables. » En rapprochant ce phénomène de ce que nous savons surlesétoiles nou- velles antérieurement apparues, on est conduit à penser que tous ces faits sont du même ordre; qu'd ne s'agit pas, comme on l'a cru longtemps, d'astres nouvellement formés, mais d'étoiles qui, après être restées long- temps invisibles à l'oeil nu, viennent de subir quelque cataclysme. » Ce dernier mot lui-même n'est pas tout à fait exact; au fond, le phé- nomène des étoiles nouvelles n'est que l'exagération bien altérée du phé- nomène si conunun des étoiles périodiques, car, jusque dans cette exagé- ration accidentelle, ou retrouve des détails propres à ces dernières. » A la vérité, cette thèse rencontre tout d'abord une difficulté dans les idées qu'on s'est faites sur ces deux classes de phénomènes : bien loin d'en chercher le lien, on a jusqu'ici persisté à les séparer radicalement, à les rattacher à des causes toutes différentes. Examinons donc un instant com- ment ces idées se sont formées et ce qu'elles valent. » La première étoile périodique qu'on ait connue est o/ïurro/i de la Ba- leine {Mira Celi) ; elle a été signalée par Fabricius, un des auteurs de la dé- couverte des taches du Soleil. C'est Bouillaud qui, le premier, essaya d'expli- quer ce phénomène alors unique, et d'autant plus frappant qu'il restait encore quelque chose dans tous les esprits de l'antique croyance à l'in- corruptibilité des cieux. Comment concilier cette prétendue incorruptibilité avec les variations périodiques si régulières de Mira Ceti? Bouillaud imagina que l'étoile pourrait bien avoir une face obscure et une face brillante, et qu'en tournant sur elle-même, connue le Soleil, elle nous montrait alterna- tivement ces deux faces avec la régularité qui est le propre des mouvements de rotation clans le ciel. Il suffisait d'assigner une durée de trois cent trente et un jours à cette rotation pour expliquer, et les variations d'éclat de Mira, et la coîistance de sa période. Rien ne s'opposait donc à ce que les choses durassent ainsi éternellement. ( '98 ) » Cette conjecture séparait radiciilenient, comme je l'ai dit plus haut, les étoiles variables des étoiles nouvelles lelles que celles d'Hipparque, de Tvcho, de Kepler. Celles-ci s'étaient allumées tout à coup, avaient brillé quelque temps du plus vif éclat et, finalement, s'étaient éteintes. Ici, évi- demment, une rotation n'expliquerait |)lus rien; aussi personne n'y a-t-il songé. Tyclîo et Kepler conjecturaient que ces astres venaient de se former subitement aux dépens d'une matière cosmique, précédemment éparpillée dans la voie lactée ou dans le ciel entier. Newton pensait aux comètes qui, en tombant sur un soleil à moitié éteint, viendraient ranimer sa com- bustion en lui fournissant des aliments nouveaux. Aujourd'hui on présen- terait un peu autrement l'idée de Newion ; on attribuerait l'explosion subite de lumière et de chaleur, non pas à une combustion, mais à la destruction subite d'une partie de la force vive dont les deux corps étaient animés avant le choc. Mais ici encore nous voilà on présence d'une de ces conjectures ingénieuses que suggèrent si aisément un ou deux faits incomplètement ob- servés. » Aujourd'hui, grâce aux travaux modernes et surtout à l'impulsion donnée à ces études par M. Argelander, ces deux ordres de faits se sont singulièrement multipliés. » Pendant les deux derniers siècles, depuis 1 596, époque de la découverte de Mira Celi, jusqu'à 1800, on n'a pas trouvé au ciel plus de douze ou treize variables. A partir de 1846, on en a découvert près de cent en vingt ans seu- lement. Ainsi leur petit nond)re dans les siècles précédents provenait de l'inattention générale; ce nombre augmente chaque année depuis qu'on les étudie; on est donc porté à croire qu'il y a ici antre chose que des acci- dents ou des exceptions. Il en a été de même des étoiles nouvelles. On n'en comptait guèn; plus d'une par siècle dans les temps passés, tandis qu'au- jourd'hui, gi'Ace à une étude plus suivie du ciel étoile, nous voilà à la troi- sième apparition de ce genre depuis 1848. » Les faits aussi sont mieux connus. Ainsi, pour ne parler que de Mira, la période est loin d'être aussi régulière que la conjecture de Bonillaud l'exigerait : elle varie de trois cents à trois cent soixante-sept jours. De plus l'étoile n'atteint pas toujoiu'S le même éclat à l'époque de ses maxima; elle est quelquefois de 1" grandeur, quelquefois de 2" et même de 3^ Enfin elle est restée une fois quatre ans (du temps d'IIévélius'j sans qu'on la vît. On se tirerait d'embarras en disant que la face lumineuse subit sans doute avec le temps des changements; mais ce faux-fuyant renverserait le fonil même de la conjecture, car, si on admet des variations réelles, la rotation devient inutile. ( '99 ) » Lu rotation n'offrant pas un moyen assez élastique dès la première étoile que l'on étudiait, on eut recours à une conjecture plus souple et plus commode en imaginant autour des étoiles, toujours fixes, toujours inalté- rables, comme il convient à des corps célestes, des masses plus ou moins opaques, telles que des satellites, des comètes ou des planètes circulant autour d'elles et venant s'inteiposer périodiquement entre leur astre central et nous. La conjecture se prête cette fois à tant de combinaisons variées, qu'elle serait capable de tournir des explications pour tous les phénomènes si compliqués qu'ils fussent ; mais un fait nouveau est venu, dans ces der- niers temps, renverser cet échafaudage : je veux parler de la périodicité du Soleil lui-même. Le Soleil est une étoile variable dont la période est d'en- viron onze ans et dont les variations, d'ailleurs très-faibles, ne tiennent à aucun des moyens que l'on avait iuiagiués, mais tout simplement aux particularités de sa constitution physique. Cette belle découverte de M. Schwabe a donné raison aux |)ressentiments du seul savant d'autrefois qui ail raisonné scientifiquement sur cette matière : je veux parler de Pigott, qui faisait remarquer aux astronomes les taches toutes physiques du Soleil, pour leur montrer cpie les vaiiations des étoiles j)ériodiques pouvaient tenir à de simples idiénomènes physiques et non à inie combinaison de mouvements astronomiques. » Les conjectures relatives aux étoiles nouvelles ne tiennent pas davan- tage devant les faits. Autrefois on ne connaissait que les étoiles visibles à l'œil nu ; aujourd'hui que l'on consiruit d'immenses Catalogues de L^ooooo étoiles, on a bien des chances de pouvoir désigner la petite étoile invisible dont l'éclat s'est exalté tout à coup pour un temps très-court, et c'est ce qui est arrivé pour la dernière, (^e ne sont donc pas des for- mations subites. D'autres étoiles nouvelles ont j)résenté tous les caractères de la péiiodicité, avant de disparaître pour les faibles instruments des siè- cles précédents. L'étoile nouvelle d'Anlhelme, si bien observée à Paris par D. Cassini, était dans ce cas, et ses variations d'éclat ont duré deux ans. Ce n'est donc |)as un corps étranger cjui, par sou choc, a produit la première apparition de cette étoile, à moins d'admettre cpie, pendant deux ans, ces chocs se sont répétés à intervalles réguliers. Celle de Jansen, qui apparut en 1600 avec l'éclat d'une étoile de 3* grandeur, el qui disparut en i6n après avoir subi comme la précédente diverses variations successives, est encore plus remarquable. Elle a été revue par D. Cassini en i655 ; elle reparut une troisième fois eu iGG5 (Hévélius), et maintenant qu'elle est revenue à son faible éclat primitif, elle figure définitivement sur le Cata- ( 200 ) logue des étoiles à faibles variations plus ou moins périodiques que les astronomes étudient de nos jours : c'est l'étoile P du Cygne, d';iprès la notation d'Aigelander. M Lorsqu'on parcourt l'ensemble des travaux modernes qui ont si singu- lièrement nudtiplié et précisé nos connaissances siu' les étoiles périodiques, on y trouve toutes les variétés iniaginaldes, depuis les étoiles à périodes presque constantes, comme Algol et â' de Céphée, jusqu'aux étoiles les plus irrégulières, comme R de l'Écu de Sobieski; comme le Soleil lui-même, dont la période, d'après M. Wolf de Zurich, varie de huit à quinze ans. De même pour l'éclat : les unes reviennent sensiblement à la même grandeur à chacune de leurs excursions extrêmes; d'autres font comme R du Ver- seau qui ne dépasse pas ordinairement la 8-9" grandeur et atteint parfois la G-'j*" ; Mira Celi oscille dans ses maxima entre la i"^et la 3* grandeur, etc. Quant à la durée, on en trouve de trois, de douze, de trois cents jours, de cinq ans, de dix ans, etc. Quant à la marche des variations, tantôt il y a un maximum et un minimum bien réguliers, tantôt deux maxima et deux minima inégaux, connue dans p de la I.yre; tantôt des phénomènes beaucoup plus complexes ou même des irrégularités qui ne paraissent suivre aucune loi. » Au milieu de ces variétés si nudtiples, il y a quelques caractères com- muns à presque toutes ces étoiles (i ), c'est la rapidité avec laquelle leur éclat augmente et la lenteur avec laquelle cet éclat décroît ensuite, dés qu'il a atteint son maximum; c'est encore la longue durée du minimum ou de l'invisibilité comparée à la courte durée du phénomène de rexallalioii lumineuse. Or ces mêmes caractères se retrouvent dans toutes les étoiles nouvelles depuis i 572. » Ainsi les analogies entre ces deux catégories d'étoiles sont non moins frappantes que les différences; on passe des unes aux autres par des grada- tions presque insensibles, en sorte que les fails nombreux que nous possé- dons aujourd'hui nous conduisent à examinei- si les étoiles variables et les étoiles nouvelles ne seraient pas autre chose que les étals successifs d'un même phénomène dont le ciel nous offrirait à la fois toutes les phases : les étoiles à éclat constant, les étoiles à faibles variations ])ériodiques; les étoiles à périodes irrégulières; celles qui s'éteignent presque dans leurs mi- nima; celles (|ui cessent de varier pendant un temps plus ou moins long, mais qui reprennent de l'éclat et subissent alors des variations considéra- (1 ) Parmi les U'c-s-rares exceptions, il faut citer Aii^ol. ( 20I ) bles pour s'affaiblir de nouveau pendant un long laps de temps; enfin les étoiles prescpie éteintes qui se ralliunent convulsivement, présentent des in- termittences plus ou moins prolongées, reviennent bientôt à leiu- faiblesse première ou disparaissent tout à fait. Ne dirait-on pas, je le répète, que ce sont là les phases successives et de plus en plus dégradées de la vie d'une seule et même étoile, phases qui, pour cette étoile unique, embrasseraient des myriades de siècles, mais que le ciel nous offre simultanément quand on considère à la fois tous les astres qui y brillent? De même, dans une ville, le spectacle simultané de tous les individus nous fait embrasser d'un seul coup d'œil la succession de toutes les phases qu'un individu pris à part doit traverser jusqu'à sa mort. » Dans la deuxième partie de celte Note, j'examinerai la nature des oscillations qui doivent se produire à la longue dans les phénomènes qui se rapportent à l'entretien de la photosphère de notre Soleil, et je comparerai ces intermittences aux variations d'éclat des autres étoiles. » ANATOMIE vÉGf-TALK. — Des vaisseaux propres dans l< s Ombellifères; par M. A. Trécul. (Seconde partie.) « Craignant de manquer d'espace dans ma précédente communication, je n'ai point donné de résumé historique concernant la question dont je m'oc- cupe en ce moment; c'est pourquoi je vais réparer cette omission en tète de la seconde partie de mon travail. Voici ce que j'ai pu recueillir sur ce sujet. » Malpighi et Grew font mention des vaisseaux propres des Ombelli- "fères. Suivant Grew, ils n'auraient d'autres parois que celles des cellules environnantes; mais ce célèbre anatomiste attribuait la même coiistitution à tous les vaisseaux propres. B Tréviranus [Beitracje; Gottingen, 1 8i i) dit que les parois des vaisseaux propres ne sont formées que de cellules plus petites que les autres et ran- gées verticalement. » Link [Elein. philos, bot.; 1824) distingue des vaisseaux propres les réceptacles des sucs. Il tient ces derniers pour des lacunes du tissu cellulaire pleines d'un suc coloré (racines des Ombellifères). En 1837, dans ses Grund- lehren der Krauterkundc ; Berlin), il leur attribue une membrane propre. » Meyen [Plijlotomie; Berlin, i83o) range les vaisseaux propres des Ombellifères parmi les vaisseaux du suc vital, qu'il considère comme des tubes limités par une membrane. Il abandonna celte opinion dans ses ou- vrages intitulés Secretions-Onjane der P/lauzen et PJlanzen-Physiolocjie, pu- C. R., 1866, a™' Semestre. (T. LXIII, N» S.) 27 ( 202 ) bliés à Berlin en 1837, ^^ pli<ça les canaux rt'sineiix des Ombelliferes parmi les réservoirs des sécrétions dépourvus de nieuibraue. » M. C.-H. Schultz {Mémoires des Savanls étrangers; i833, t. VII, p. 37), qui recommande de bien distinguer, dans les Ombellitères, les canaux rési- neux des vaisseaux du suc vital contenant un latex, ne s'est pas aperçu que dans ces plantes le suc laiteux est toujours renfermé dans ces canaux résineux. >) M. Unger [Analomie und Physiol. der Pflanzen ; i855) classe les canaux oléo-résineux des Ombelliferes parmi les réservoirs des sucs propres, qu'il sépare aussi des vaisseaux du latex. >' M. Lestiboudois {Comples rendus; i833, t. I.VI, p. 819) pense que dans le Ferula tingiuina et plusieurs plantes de la famille des Ombelliferes les sucs propres sont renfermés dans des tubes à parois épaisses. » Enfin, pour notre confrère M. Ducharire (dans le beau volume des Flemmls de Botanique, 1866, p. 5/j, qu'il vient de publier), les vaisseaux propres des Ombelliferes sont de véritables lacunes formées parla résorp- tion des parois de certaines cellules disposées comme en faisceau. » Tel est à peu près tout ce qui a été dit des organes qui font le sujet de ce travail. Dans la première partie, j'ai fait connaître les principaux résultats de mes observations sur les vaisseaux propres des parties souter- raines des Ombelliferes; aujourd'hui, je traiterai de ceux que renferment les parties aériennes. » Dans la lige aérienne, les vaisseaux propres existent dans l'écorce et dans la moelle, et ils y présentent des variations quant au nombre et à la distribution. Eu ce qui concerne leur répartition dans l'écorce, dix modifi- cations sont indiquées par mes observations. Toutefois, il est pour ces ca- naux une position qui est commune à toutes les piaules que j'ai étudiées. Il y a, en effet, toujours un vaisseau propre sous chaque faisceau du collen- chyme si ce faisceau est peu large, deux s'il l'est davantage, et même trois, et rarement quatre. Ce vaisseau propre est souvent enfoncé dans une dé- |)ression de la lace interne de ce faisceau, ou bien il en est à une ties-petitc distance, ou encore il est placé vers le milieu de l'espace pareuchymaleux (pii sépare le faisceau du collenchyme du faisceau fîbrovasculaire opposé. Ea situation des autres canaux oléo-résineux, en se combinant avec les deux précédentes, donne les dispositions suivantes : I) i" Un vaisseau propre sous chaque faisceau du coliencliyme, et d'autres dans le parenchyme voisin des faisceaux fibro-vasculaires {Heradeum ver- riicoswn, Myrihis odnrala, Petroselinuni sativuni, ClKvrojihylhun buU)onim. Conium maculntumi). ( 203 ) » 2° Vaisseaux propres sous les faisceaux du collenchynie, dans le pa- renchyme moyen et dans le parenchyme le plus voisin des faisceaux fibro- vasculaires [Paslinaca saliva, Seseli voiiiim^ Fœniciilutn vtilqnre, etc.). » 3° Vaisseaux propres sons les faisceaux du collenchyme, dans le pa- renchyme subépidermique, dans le parenchyme moyen el dans le paren- chvme voisin des faisceaux vasculaires [Opopanax Cliironium, OEnanthe crocala, Fenila lingitaira, etc.). M 4" Vaisseaux propres sous les faisceaux i\i\ collenchyme, on en partie enclavés en eux vers la face interne ou vers la face externe, ou tout à fait enclavés dans leur intérieur^ el d'autres vaisseauîc propres dans toutes les parties du parenchyme extra-libérien jusque sous l'épiderme et même entre l'épiderme et les faisceaux du collenchyme (5m//7ià/m Olusatnim, Mgopo- dium Podagraria). » 5° Un vaisseau pro|)re au contact de certains faisceaux du collenchyme, et sous certains autres un vaisseau propre vers le milieu de l'espace paren- chymateux qui sépare ces faisceaux du collenchyme des faisceaux fîbro- vasculaires [Juthrisciis vuh/aris). Dnns ]e Simn lancifolium il y a, sous les faisceaux du collenchyme de moyenne grosseur et sous les plus petits, à leur contact ou tout prés d'eux, un vaisseau propre, tandis qu'au-dessous des faisceaux du collenchynie les plus larges, ils sont à distance, vers le milieu du parenchyme; et sous quelques autres faisceaux (pas dans toules les tiges), il y a trois faisceaux propres en triangle dans ce parenchyme moyen : deux sont plus rapprochés du faisceau du collenchyme, le troisième est plus voisin du faisceau fibro-vasculaire. i> 6° Un vaisseau propre vers le milieu de l'espace parenchyniateux qui sépare chaque faisceau du collenchyme du faisceau fibro-vasculaire opposé [Biiplevnnn Gerardi). » j" Un vaisseau propre, vers le milieu de l'espace pareuchymaleux qui sépare les faisceaux du collenchyme des faisceaux fibro-vascidaires, et aussi des vaisseaux propres dans le parenchyme voisin des faisceaux fibro-vascu- laires non opposés à ceux du collenchyme {Lagoecia cuminoidcs, Jinperaloria Osliutliiuin, Caniin Caivi^ Scnndix pecten-Veneiis, Biiplevnmi rammcnloides). » S" Un vaisseau propre vers le milieu de l'espace parenchymateux qui sépare les faisceaux du collenchyme des faisceaux fibro-vasculaires, et, de plus, des vaisseaux propres épars dans le parenchyme moyen et dans le parenchyme voisin des faisceaux fibro-vasculaires [Coriandmm sativum). « 9° Un vaisseau propre vers le milieu de l'espace ()arcnrhymaleux qui sépare les faisceaux du collenchvnie des faisceaux fibro-vasculaires, et ( 204 ) d'autres vaisseaux propres épars dans tontes les parties du parenchyme de- puis lépideinie jusqu'aux faisceaux fibro-vascidaires [Sison^moinuiii). )) io° Pas de faisceaux tin collencliyme ; vaisseaux propres espacés sur uni' ligne circulaire près du système libérien [Buplevrnin Jruticosum, ra- meaux de l'année). » Les vaisseaux pro|)res de l'écorce ne s'anastomosent guère entre eux dans les entre-nœuils, mais, dans les Sinyiiiiuin Olusalruin, Fenila liuyilaua, Antliriscus vulgaris, Bupltvruin fruticosinn, etc., on trouve, prés de l'inser- tion des feuilles, des anastomoses effectuées par des branches horizontales ou obliques. » Presque toutes les Ombellifères ont des canaux oléo-résineux dans la moelle. Cependant, ces canaux paraissent manquer dans la moelle des Bu- l'Ieinitiii Geranii et rauunculoides. Dans les rameaux en fleurs du Biijilcviinu jiutiivsinn, il y a, d;uis les mérilhalles supérieurs, un vaisseau propre pres- que dans chaque espace qui sépare la partie des faisceaux vasculaires sail- lante dans la moelle. Le nombre de ces vaisseaux propres diminue graduel- lement dans les mérilhalles inférieurs, de manière qu'ils ont complètement tlisparu au bas du rameau de l'année en ce moment, sous l'influence delà pression des cellules environnantes qui s'épaississent et les compriment. Les canaux oléo-résincux sont rares aussi autour de la moelle du Scfl/irfjx pecten- Veneris. 11 Dans les plantes fistuleuses, des vaisseaux propres sont ordinairement répartis dans le parenchyme péiiphérique conservé [Anthr'ncus vulgaris, Myrrhis odorata, Carum Carvi, Heracleuin vernicosum, (lissectiini, etc.). Les canaux du centre, s'ils étaient peu nombreux, ont pu être détruits avec le tissu cellulaire; mais dans quelques espèces peu communes, les vaisseaux propres du centre sont conservés, bien que la moelle soit devenue fistu- leuse. Entourés de quelques rangées de cellules, ils forment des cordons (pii s'étendent d'un mérithalleà l'antre {Sm/rniuin Olusatniin). DansV Hera- cleuin Spliundyliuin, la moelle est de même en partie détruite au centre, mais il en reste une portion qui enveloppe- les vaisseaux propres sous la forme de' lamelles par lesquelles ils sont rattachés latéralement à l'étui médidlaire. Leurs extrémités aboutissent, ainsi que dans l'exemple précé- dent, aux cloisons transversales, qui interrompent la cavité des tiges vis-à- vis l'insertion des feuilles. » De semblables cloisons existent aussi en travers de la moelle des plantes non fistuleuses [Opopamix Chiroiiiuin, Ferula liiujilana, Cofiandruin snlivum,Sisoii /Imuinuin, Siuin landjuliiiiii, etc.). » Cette sorte de cloison est composée d'utricules pins petites que It^s ( 205 ) cellules ordinaires de la moelle, mais souvent elle n'est pas complète. Dans VHeracleum vernicosum^ elle peut présenter un petit pertuis au mi- lieu, ou bien ce pertuis est fermé par une lame mince de parenchyme. » En général, la cloison est proportionnée à la dimension de la gaîne. Quand les feuilles inférieures sont tout à fait amplexicaules, la cloison cor- respondante est complète; si, au contraire, les feuilles supérieures devien- nent de moins en moins endjrassantes, les cloisons deviennent incomplètes aussi du côté opposé à la gaine. » H n'existe pas de cloison dans la tige aérienne du Biiplevrum Gerardi, ou mieux elle n'y est représentée que par un faible bourrelet périphérique d'utricules plus petites que les autres cellules de la moelle. » Où elle existe dans les Ombellilères, cette cloison n'a pas partout la même composition. .Sa constitution est influencée par la présence ou par l'absence de faisceaux vasculaires dans la moelle. Quand de tels faisceaux subsistent, soit au pourtour de la moelle seulement [OEnanthe crocala), soit épars jusque dans le centrede celle-ci ( Opopanax Chironium, Feriila Ivu/itann, comnntnis^ ftc.), ces faisceaux prennent part à la composition des cloisons. Ils s'y enlacent et donnent lieu à un plexus, auquel sont mêlés des vaisseaux propres qui ont entre eux de fréquentes anastomoses, et qui mettent en communication les uns avec les autres tous ceux qui parcourent longitudi- nalement la moelle, et même ceux de l'écorce, des bourgeons et des feuilles. » Quand la moelle ne possède pas de tels faisceaux fibro-vascnlHires, les cloisons sont ordinairement dépoiu'vues de vaisseaux trachéens ou Tayés, mais elles possèdent un réseau de canaux oléo-résineiix souvent fort beau [Mcjopodium Podagiaria, Imperaloria Oslruthium, Coiiium macula him, Caniin Carvi, Cliaeroplijlluin bittbosum, Myrrhis odorata, Pastinaca saliva, Heracleum Spliondjlhim, vernico^tini, dissectiini, aiupislifoliinii, ^^iilhrisciis intlgaris (i), etc.). I^es Fceniciiluin vtilyare, pipeiitiiin, diilce, quoique privés de faisceaux vasculaires dans la moelle, offrent malgré cela des cloisons avec plexus de vaisseaux rayés qu'accompagne le réseau des canaux oléo- résineux. Le Buplevrum /luticosum, au contraire, dont la moelle est pour- vue à sa périphérie de vaisseaux propres, rares il est vrai, ne présente pas de ces canaux dans la cloison. (l) Dans VJnt/irisciisvu/gfin.i,\es\Ahseau\pvi>p]es de la cloison ont l'aspect de méats intercelliilaires, et constituent un beau réseau à mailles très-inégales. Ces canaux s'élar- gissent quelquefois beaucoup aux endroits où plusieurs d'enire eux se rencontrent. J'ai mesuré de ces dilatations qui avaient jusqu'à o""",3o et o""",5o sur q""",25 de largeur, à la jonction quelquefois de huit à dix vaisseaux propres. ( 206 ) » J'ai dit plus haut que dans certaines plantes on découvre aisément dans l'écorce, vers la base des feuilles, des vaisseaux propres anastomosés entre eux. Il est remarquable que ces anastomoses ont lieu prmcipalement dans un tissu à petites utricules semblables à celles qui composent la cloi- son, et qui, traversant le corps ligneux à l'aisselle des feuilles, effectue une espèce de prolongation de cette cloison dans l'écorce. C'est à travers ce lissu que s'établit la communication îles vaisseaux propres de la moelle avec ceux de l'écorce, de la feuille et des bourgeons ( Opnpanax Cliiioniiiin, Mgopodhtm Podaqraria, Myrrliis odorala, Feritta tingitaua, etc.) (i). » En général, dans les pétioles des Ombelliféres, que les vaisseaux Hbro- vasculaires soient disposés suivant un arc, ou suivant un cercle, avec faisceaux dans le centre {Pasliiincn, fferacleum) , ou sans faisceaux au centre, ils sont toujours séparés par de larges espaces cellulaires, ce qui n'a pas lieu dans la tige, et ne s'entrelacent les uns aux autres qu'aux endroits qui portent les pétioles secondaires ou les divisions de la feuille. Là éga- lement il est facile de trouver des anastomoses, quelquefois même des réticnlations des canaux oléorésineux mêlés aux faisceaux du plexus vascu- laire. Les vaisseaux propres situés sous les faisceaux du collencliyme sont unis entre eux par des branches horizontales, et de ces branches en partent d'autres qui, passant entre les faisceaux vasculaires, vont les relier aux canaux oléo-résineux épars dans le centre_, lesquels eiix-inenies sont en communication par de semblables ramifications [Smymiuni Oliisn- Intni, Feriild Ibujiiana, Myrrhis odorala, Antliriscm viili/aris, Coriandrum salivum, Heracletim verrucosum, JEcjopodiwn Podafjiaiia, Inijieidtoiia Oslni- tliiuiu, Opopanax Chironium, Petroselinum sativiim). Il en est de même à la base des ombelles. » Toutes ces anastomoses ou réticnlations que Ion observe dans les dif- férentes parties de la plante, et en particulier où les vaisseaux propres (i) Le Bufilrvrum Jruticosum fournit un assez curieux exemple du passage ilcs vaisseaux propres de la moello dans IV-corce et dans les feuilles. A l'insertion de celles-ii, les fais- ceaux qui s'ccailent du cylindre fibro-vasculaire donnent lieu à cinq larges espaces cellu- laires qui, à liavcrs le bois, meltenl la nioello' en coiniiiunicalion avec l'écorce. Sur des coupes transversales, on aperçoit souvent, surtout dans l'esjiarc cellulaire moyen, le [lassage des vaisseaux propres. Deux de ces canaux, partis de la moelle à droite et ,'i gauche de cet espace cellulaire ou large layon médullaire, viennent s'anastomoser au milieu de ce der- nier, puis se liifunpiant, chacune des liranehes s'élend horizontalement de chaque côté dans l'écorce voisine, en s'unissant aux vaisseaux propres de cette région. On oblient assez souvent aussi une autre branche qui, partant de l'un de ces deux vaisseaux propres horizon- laux, se prolonge dans la base de la feuille. ( 207 ) passent d'un organe dans un autre, ne démontrent-elles pas que l'ensemble de ces canaux oléo-résineux forme un sjstème qui s'étend dans tout le végétal? Ce qui se voit dans les feuilles des Àngelica s^lveslris, Opopaiiax Chironium, Inipeniloria Ostrutltiuni, Sm^iniuin Oliisatrum, Myrrhis oduraUi, Fertita lin- gitaita, Lac/oecia cuminoides, etc., tend aussi à le prouver. Il suffit en effet de placer sous un grossissement de 260 diamètres un fragment île lame de la feuille adulte ou mieux encore jeune d'une de ces plantes, potu' voir que les vaisseaux propres des diverses nervures communiquent entre eux, et, comme ces nervures sont réticulées, on peut constater avec facilité que les canaux oléo-résineux forment aussi un réseau. Eu battant \\\\ peu ces frag- ments de feuilles, on verra le suc circuler d'une nervure dans une autre, comme si l'on avait sous les yeux tles laticifères les plus parfaits. La même observation peut être faite sur les deux faces de la feuille, parce qu'il existe des vaisseaux propres sur les deux côtés des nervures primaires, secon- daires, tertiaires et souvent des quaternaires. Ils sont ordinairement plus larges sur le côté inférieur que sur le supérieiu', et dans les nervures pri- maires et secondaires il y en a souvent plusieurs de chaque côté, et davan- tage sur le côté inférieur que sur le côté opposé. Les plus petites nervures peuvent en être privées, ou n'en posséder qu'un seul au côté inférieur. » Les pétales contiennent aussi des vaisseaux propres, mais je ne m'y arrêterai pas ici. Etant souvent simples ou peu ramifiés, ils ont anatomique- ment peu d'importance. » Il me reste à parler des canaux oléo-résineux des ovaires et des péri- carpes. Les botanistes, autant que je sache, n'ont parlé que des vUtce, c'est- à-dire de ces canaux qui dans les fruits sont accusés à l'extérieur sous 1 aspect de stries ou bandelettes, d'où leur nom de vitlœ. Elles furent décou- vertes, suivant Pyr. deCandoile, parRamond, AâusV Heiacleum, mais leur « lude fut généralisée et mise à profit pour la classification par G. -F. Hoff- mann, qui les nomma. » Outre ces vittœ, \\ y a encore d'autres canaux oléo-résinenx dans les ovaires de^bon nombre de plantes de cette famille, sinon dans toutes. Il en existe ordinairement un au côté externe de chaque faisceau vascidaire tlorsal et latéral. Ces canaux sont la continuation de ceux du pédoncule, et par conséquent de ceux de la tige. On voit aisément leur passage du pé- doncule dans les ovaires des Laserpiliitm qaUicum, Opopamix Cliiio)iiuin, Tlinpsin garcjanica, etc. » Ces canaux extra-fasciculaires existent seuls dans les fruits des^stiancin major et Scandix pecten-Veneris. Ils sont accompagnés de vitlœ dans les ( 208 ) Tliapsia gargatiica{k w/^fp dorsales triangulaires), Laserpilium gnlliaim, Peu- cedmmm mnritimtim, Heraclcitm verrucosinn, nih/ustifoliiim. Avec les canaux extra-t'asciciilaires, il y a dans chaque carpelle do l'ovaire du Myrrliis udorata vingt à trente belles vittœ qui n'ont pas été notées jusqu'ici. Les carpelles du Coniutn niaciilaliiin, au moins avant la maturité, désignés aussi comme privés de vitlœ, sont pourvus de colonnes de suc oléo-résineux; mais elles sont si faibles, qu'elles peuvent facilement passer inaperçues. » Les jeunes fruits de VOEnanlIie crocaln méritent une mention particu- lière. La paroi de chaque carpelle est partagée en deux parties par une couche fibreuse continue, au côté externe de laquelle sont les faisceaux vas- culaires. Sur le côté interne de cette couche le tissu cellulaire enserre les villce, mais sur le côté externe sont épars de nombreux canaux oléo-résineux dans le parenchyme. » Je ne suis pas parvenu à déterminer si les vitlœ sont des prolonge- ments des vaisseaux propres de la tige, comme le sont ceux du côté externe des faisceaux vasculaires des ovaires. Tout ce que j'ai pu voir, c'est que, dans V Àrchangelica officinalis, les ovaires n'ont qu'environ treize l'iVto dans chaque carpelle, tandis que dans le fruit il y en a de vingt-deux à vingt- quatre; mais d'autres plantes semblent accuser des atrophies des canaux appelés vilUe dans un âge avancé. )) La longueur des viltœ, surtout par en bas, est ordinairement en rapport avec celle de l'albumen. Pourtant il en est quelquefois de fort courtes mêlées à d'autres qui s'étendent dans toute la longueur du fruit. J'en ai mesuré de o"™,25 de longueur seulement dans VOEnanthe ciocata. Si dans les Heracleum les viltœ ne se prolongent pas dans le tiers inférieur du péri- carpe, on peut d'un autre côté les suivre jusque dans la base des styles, où elles s'anastomosent et forment des mailles (//. i>errucosum). Je n'ai pu ni'assurer cependant si toutes les vittœ sont reliées entre elles on un seul réseau en cet endroit. Dans le Feriila tingitana, les viltœ contractent aussi des anastomoses vers le sommet du péricarpe avec des canaux latéraux qui se courbent là pour se diriger vers les styles. « Je terminerai cette communication par la description d'un phénouiène que j'ai déjà signalé dans VJnstiluI du i'3 août 1862. 11 consiste dans la pro- duction de membranes d'apparence cellulaire dans les canaux oléo-résineux de certaines Composées. De semblables productions s'effectuent dans les viltœ des Ombellifères [OEuanlhe crocatci, Seseli elatuin, Cniiiin Corvi, Hera- cleum, etc.). Le suc oléo-résineux s'y divise en parties le plus souvent iné- gales. Chaque partie se revêt d'une pellicule qui sinuile une membrane cel- (209) lulàire. Cette membrane, ordinairement brune, résiste à l'action de l'acide siilfiuique concentré, et après l'action de l'iode et du même acide, elle ressemble beaucoup à la cuticule du péricarpe. Ce qui ajoute encore à la ressemblance, c'est que dans certains fruits [Canim Carvi, etc.) les petites cellules environnantes résistent aussi à l'action de l'acide, à la manière des cuticules, en sorte qu'alors, à la dimension près, les unes et les autres paraissent être de même nature. » Je me propose de revenir plus tard sur ce sujet intéressant. » ASTRONOMIE. — Urgence d'employer le câble transallantkjiie à relier les longitudes d'Amérique à celles de l'Europe el de l'ancien continent ; par M. Babixet. « Le merveilleux succès obtenu dans la pose du câble télégraphique entre l'Angleterre et les États-Unis ne doit pas nous aveugler sur les chances possibles d'interruption dans le fonctionnement de ce précieux moyen de déterminer les longitudes. M L'action de la mer sur le fer qui entoure ou accompagne le fil ou faisceau central de cuivre me paraît surtout à redouter. » Le câble qui relie la France à l'Angleterre est entouré d'un fil de fer très-gros, ayant environ 8 millimètres de diamètre. Or, en cinq ans, les parties de ce fil qui étaient à nu dans l'eau de la mer ont été chimique- ment attaquées et détruites à une épaisseur de plus de moitié du diamètre du fil de fer. En plusieurs endroits il ne reste plus c{ue 3 millimètres d'épaisseur qvii n'aient pas été rongés. Notez que l'usure par frottement n'est pour rien dans cette destruction partielle du fd hélicoïdal qui enve- loppe les quatre fils télégraphiques intérieurs, lesquels fonctionnent encoie depuis i85i, date de la pose de ce câble énorme exécuté par Craniplon, d'après l'initiative et l'invention heureuse de Bret, dont par là le nom ne périra jamais. » Le fil de fer qui forme les faisceaux qui enveloppent le câble transatlan- tique n'a, en diamètre, que les deux tiers d'un millimètre. H est à craindre qu'il ne soitpromptement détruit, comme cela a eu lieu pour les fragments de celui qui était précédemment arrivé dans la baie de la Trinité, à Terre- Neuve. » Peu de mois après la rupture de ce dernier câble, on essaya d'en retirer des portions qui étaient seulement à une profondeur de 200 à 3oo mètres C. R., 186C, 2"" Semestre. (T. LXIU, N» S.) ^8 ( 2IO ) dans la baie. Or, l'eau de mer avait tellemeut rongé les fils enveloppants, que ces fils ne consistaient plus que dans un ensemble de fi-agments longs de I à 2 centimètres qui rendaient impossible le maniement et le relè- vement d'une partie quelconque de la portion de câble déposée au fond de la baie peu profonde. Le faisceau central de cuivre subsistait seul pour établir la continuité dans le fil télégraphique. Cette détérioration s'était opérée en très-peu de temps. » Ij'objet de la présente Note est d'engager le monde savant à se presser d'utiliser le câble actuel pour relier en longitude l'Amérique à l'Europe d'une manière encore plus précise que n'a pu le faire la belle expédition chronométrique d'Altona, exécutée il y a peu d'années. » On a fait la remarque que si le câble actuel venait à cesser de fonc- tionner après la détermination exacte de la longitude de Terre-Neuve, cette longitude serait payée un peu cher au prix de plus de trente millions. Cela est indubitable; mais enfin, astronomiquement parlant, ce serait un beau résultat obtenu. » De plus, comme les latitudes entre lesquelles le câble actuel a été posé sont précisément celles du grand arc de parallèle que l'on mesure actuelle- ment au travers de l'Europe entière, les deux longitudes des extrémités du câble transatlantique donneront des distances précises sur un ellipsoïde déjà déterminé. Par nos latitudes, la traversée de l'Atlantique est à peu près le sixième du contour entier de la Terre, correspondant environ à quatre heures entre Paris et Terre-Neuve. Il n'est que 8 heures du malin sur la côte orientale d'Amérique tandis qu'il est midi à Paris, et, réciproquement, quand il est midi à Saint-Jean de Terre-Neuve il est déjà 4 heures du soir à Paris. Dans i)lusieurs cas, indépendamment des distances, la con- naissance des différences de longitude est un élément précieux pour rap- porter les phénomènes à la même époque absolue. » BOTANIQUE. — Sur la croissance diurne et nocturne des hampes Jlorales du Dasylirion gracile, Zucc. ; du Phormium tenax, Forst. ; et de /'Agave arae- ricana,L. ; par M. Cu. Martins. « Le Dasylirion gracile, Zucc, est une plante du Mexique, cultivée habituellement en serre froide. Il y a cinq ans, j'en ai mis un pied en pleine terre devant l'orangerie du Jardin des Plantes de Montpellier ; il se déve- loppa admirablement et supporta très-bien les froids de l'hiver. Le 4 juin au soir, le jardinier en chef aperçut une hampe dont la pointe se dégageait ( 211 ) du faisceau des longues feuilles dentées qui entouraient le stipe surbaissé de ce Dasjlirion. Celte hampe avait déjà o^jSS de hauteur; dés ce mo- ment, sa croissance fut mesurée chaque jour à 6 heures du matin et à 6 heures du soir. Rapide jusqu'au i/j juin, cette croissance se ra- lentit peu à peu et ne fut plus sensible à partir du i?> du même mois, où la hampe avait atteint une hauteur de 2™,88i. J'ai construit cette courbe d'accroissement en prenant les jours pour abscisses et les hauteurs observées pour ordonnées ; en la prolongeant inférieurement, je trouve que celte hampe a dû commencer à pousser dans la journée du i" juin : c'est donc en vingt-trois jours qu'elle a atteint cette hauteur de a'",88i, s'élevant en moyenne de o™,i25 en vingt-quatre heures. Mais cette croissance n'était pas uniforme. Pendant les onze premiers jours, la hampe s'est élevée à u™,o83, croissant de o™, 190 par vingt-quatre heures; dans les douze der- niers jours, de o™,798, ne croissant alors que de o",o66 par vingt-quatre heures. Ce ralentissement graduel dans l'accroissement de cette hampe à partir d'une' certaine période est conforme aux lois de l'accroissement de tous les êtres organisés; mais ce qui ne l'est pas, c'est que cet accroissement était plus fort la nuit que le jour. Ainsi, du 4 au 21 juin, la hampe a poussé de l'^jSÔô pendant In nuil, soit en moyenne o™,6oo de 6 heures du soir à 6 heures du matin; pendant le jour, de o'",795 seulement, soit o^joSS de 6 heures du matin à 6 heures du soir. » Le maximum de la croissance diurne en douze heures (o™, to3) a eu lieu dans la journée du 5 juin, et le maximum de la croissance nocturne dans le même laps de temps (o™,i4o) pendant la nuit du 10 au 11 juin. En résumé, le rapport de la croissance nocturne à la croissance diurne est comme i à o,63. Des observations continuées le 11 juin de trois heiu-es en trois heures, jour et nuit, ont montré que la croissance la plus rapide (o™,o23) avait eu lieu entre 3 heures et 6 heures du matin, puis entre 9 heures du soir et minuit (o™,oi9). » On aurait tort de supposer que cet accroissement anormal était peut- être spécial au sujet que j'observais : en effet, en i854) un autre Dasylirion gracile, cultivé dans une grande caisse et renfermé pendant l'hiver dans l'orangerie, a poussé en juillet une hampe qui s'est élevée de i'",i8 pendant la nuit, et seulement de o™,96 pendant le jour. Le rapport des deux accrois- sements fut comme i est à 0,81. La même plante a refleuri en 1862, à la fin de juin et au commencement de juillet, la hampe a poussé de o'",88 pendant la nuit, et pendant le jour de o",75 seulement. Le rapport est comme i à o,85. L'excès de l'accroissement nocturne sur l'accroissement 28.. ( 212 ) diurne a été moindre, comme on le voit, pour un sujet cultivé dans une caisse que pour nu pied végétant en pleine terre. )) Une Lilincée, le Lin de la Nouvelle-Zélande {Phormium tenax, Forst.), élevée dans un vase, m'a offert le même phénomène. Sa hampe florifère commença à pousser le 3 avril i854; elle atteignit en quarante-cinq jours la hauteur de i™,363, et formait lui candélahre portant quarante et une fleurs. Dans cette plante l'accroissement nocturne fut également plus fort que l'accroissement diurne dans le rapport de i à 0,88. » Ces résultats m'ont d'autant plus étonné qu'ils sont en contradiction formelle avec ceux auxquels on est toujours parvenu quand on a comparé l'accroissement diurne avec l'accroissement nocturne de la hampe d'une plante dont la végétation a la plus grande analogie avec celle des espèces dont je viens de parler, c'est l'Aloès-Pitte ou À(jave americana, L. Tous les hota- nistes savent que cette plante, originaire du nouveau monde, maintenant spontanée sur tout le littoral de la région méditerranéenne, pousse sidîite- ment, à un âge différent pour chaque individu, une hampe florale qui s'élève en quelques semaines à la hauteur de G à 8 mètres sous le ciel de Montpellier. Plusieurs de ces hampes, mesurées matin et soir, croissaient toujours plus pendant le jour que pendant la nuit, dans la proportion d'un tiers environ. Sur luie plante de la même famille, V Amaryllis Belladona, L'Her., l'accroissement observé par M. Ernest Meyer était du double pen- dant le joiu'. » Ces faits, sur lesquels M. Duchai Ire a appelé l'attention des observa- teurs dans la séance de l'Académie du 9 avril de cette année, montrent qu'un champ nouveau s'ouvre devant eux. Pour bien analyser ces phéno- mènes, je crois qu'il faut étudier séparément, d'nn côté la croissance lente, régulière et normale des tiges ou des branches, de l'autre celle de ces hampes florales qui s'élèvent tout à coup rapidement à une grande hauteur relativement à celle de la plante, se couvrent de fleurs et de fruits, et en- traînent souvent après elles la mort du sujet épuisé pour ainsi dire par cet excès de végétation. Cette croissance peut être représentée par des courbes dont la forme se ressemble, quoique l'accroissement soit tantôt plus fort pendant le jour, comme c'est la règle pour les tiges et les branches, tantôt plus rapide pendant la nuit, contrairement à tout ce que nous connaissons de l'influence prépondérante de la chaleur et de la lumière sur le dévelop- pement normal des végétaux. » ( 2i3 ) PHYSIQUE DU GLOBE. — Inclinaison de l'aiguille aimantée. Note de M. Antoine dWbbadie. « Le 25 mars 1866, avec une boussole de Gambey et an moyen des vingt- six observations ordinaires, j'ai obtenu 62" Sg'jO pour l'inclinaison de l'ai- guille aimantée. La station était la même colonne où j'ai trouvé, le i3 avril i855, et avec la même aiguille, une inclinaison de 63°23',o. En comparant ces deux valeurs obtenues à près de onze années de distance, on en déduit 4 minutes pour la diminution annuelle de l'inclinaison ma- gnétique. Cette station, dite Bordaherri , est située dans le quartier de Su- bernoa, près Hendaye (Basses-Pyrénées). » Directement à l'est et à une distance de 1700 mètres, au lieu appelé Aragorri, j'ai trouvé pour l'inclinaison : Le i5 novembre i865 62°32','j Et le 24 mars 1866 62" 27',8 » Ces deux stations ont été reliées, par des observations azimufales, à deux sommets d'un triangle de premier ordre dans la carte de l'État-Major. » Comme ces lieux sont situés près de maisons où il pourrait se trouver plus tard des masses de fer qui troubleraient l'exactitude des résultats, j'ai choisi pour station magnétique, à l'avenir, l'endroit ouvert dit Harrigori et situé à l'extrémité du promontoire Larrekayx, qu'on appelle poinle Sainte-Anne dans la carte hydrograijhique de nos côtes. Aragorri est à en- viron 900 mètres au sud de Harrigorri, et, le 23 mars 1866, j'ai trouvé dans cette dernière station 62°39',i pour l'inclinaison de l'aiguille aimantée. » iMÉMOIRES PRÉSENTÉS. ÉLECTRO-CHIMIE. — Sur In production naturelle et artijicielle du carbone cristallisé. Note de M. Lionxet. (Commission précédemment nommée pour une comnnuiication analogue de M. de Chancourtois, et composée de MM. Pelouze, Pouillet, Balard, Delafosse, Fizeau.) Les expériences dont il est fait mention dans cette Note ont été faites, dit l'auteur, en 1846 et 1847 : oubliées depuis par lui, elles Itn ont été remises en mémoire par la Note insérée au Compte rendu du 1 juillet par M. de Chancourtois. Le procédé indiqué est le suivant : on prend une longue et mince feuille d'or ou mieux de platine; on enroule sur elle, en (2l4) hélice, une longue et mince fenille d'étain, de manière que la surface de l'étain soit à peu près égale à la surface du platine restée à découvert. On fait avec le couple métallique ainsi disposé une spirale que l'on plonge dans un bain de sulfure de carbone. Le liquide est décomposé sous l'influence du faible courant qui se produit, le soufre se combine avec l'étain, et le carbone s'agrège en cristaux qui se déposent au fond du vase. La lenteur du dépôt paraît une condition nécessaire pour que le carbone apparaisse à l'état cristallin plutôt qu'à l'état amorphe, et c'est là, suivant l'auteur, le mode de formation des cristaux qu'on trouve dans la nature. CHIMIE GÉNÉRALE. — Expériences sur les phénomènes généraux de la combustion ; par M. BoiLLOT. (Suite.) (Commissaires précédemment nommés : MM. Chevreul, Fremy.) M. Burin DU Buisson adresse à l'Académie une Note contenant quelques faits tendant à confirmer les résultats obtenus par M. Cloëz sur l'action toxique de la vapeur de sulfure de carbone. (Commissaires : MM. Balard, Fremy.) M. Velpeac présente à l'Académie, de la part de M. Delenda^ un Mémoire intitulé : « Sur l'obligation des médecins à pratiquer l'opération césarienne sur les femmes enceintes qui meurent avant d'accoucher ». (Renvoi à la Commission déjà nommée pour les communications précé- dentes du même auteur.) M. DE JoNQuiÈRES adressc une nouvelle rédaction de son Mémoire ayant pour titre : « Essai d'une théorie générale des séries de courbes et de sur- faces algébriques ». Ce Mémoire sera renvoyé à la Commission précédemment nommée. Com- mission qui se compose de MM. Liouville, Bertrand, Bonnet. M. Palmer adresse une Note, accompagnée d'un dessin, ayant pour ob- jet, dit l'auteur, de suggérer la possibilité de construire des hélices fonc- tionnant sous l'eau, à l'usage des navires de guerre, de manière à obtenir une plus grande force de propulsion, et à faire que la partie la |)lus expo- sée du navire ne présente aucune surface plane à l'ennemi. (Renvoi aux Sections de Mécanique et de Navigation.) ( 2l5 ) 31. Makmisse adresse, pour le concours des Arts insalubres, deux opus- cules ayant pour titres: « Infection du sol dans les grandes villes », et « Nouvelles sources d'émanations plombiques ». (Renvoi à la Commission des Arts insalubres.) M. MouRA adresse, pour le concours des prix de Physiologie expérimen- tale, un Mémoire manuscrit « sur les phénomènes de la déglutition révélés par le laryngoscope ». Ce Mémoire a déjà été adressé par l'auteur dans la séance du ii mars 1861. (Renvoi à la Commission du prix de Physiologie expérimentale.) M. PoGGioLi adresse une Note relative au rapport qui existerait entre les quantités d'électricité contenues dans l'atmosphère et l'intensité de l'épi- démie cholérique. M"" DE Béville adresse à l'Académie une Note relative à l'emploi du ci- tron comme contre-poison des venins les plus subtils, et en particulier du choléra. M. Pascal adresse une Note « sur les influences qui déterminent la nais- sance du choléra dans l'Inde ». M. Netter ajoute quelques détails à ceux qu'il a donnés en 1862 sur la nature de l'empoisonnement cholérique et sur le traitement qu'il convient de lui opposer. M. Lebrun écrit également pour indiquer les moyens qu'il croirait effi- caces contre l'invasion du choléra. Ces diverses communications sont renvoyées à la Commission du legs Bréant. CORREàPOIVDANCE. HYDRAULIQUE. — Noie de M. Cialdi, lelalive à un passage du Rapport ver^ baljait sur un de ses ouvrages, dans la séance du 1 1 juin 186G (présentée par M. de Tessan). « Je demande à l'A^cadéinie la permission de lui présenter quelques cour- tes réflexions relatives à un passage du Rapport verbal fait sur mon ou- ( 2.6 ) vragc Sul moto ondoso (tel marc, etc., inséré au Compte reitdu de la séance du 1 1 juin i8G6. )) Je conviens parfaitement que les deux inconvénients signalés dans ce Rapport, relativement à mon expédient pour la construction des ports-ca- naux, pourront se présenter dans l'application ; mais en même temps je me sens rassuré, en considérant que cet expédient proposé par moi offre en lui- inéme les moyens de les cond)atlre efficacement s'ils se présentent en réalité. » Le Rapport dit avec raison : (( i" On peut craindre que les vagues, en s'épanouissant à la sortie de » l'entonnoir qui les dirige, ne laissent déposer les matériaux les plus pe- » sants qu'elles entraîneront à l'entrée même du canal, à l'abri de la digue » du vent, où, il est vrai, leur draguage serait plus facile. » 2° On peut craindre, en outre, que les bâtiments qui tenteront l'entrée » par les vents régnants ne soient trop exposés à la manquer, étant pris de » flanc et portés sous le vent par les vagues rendues plus puissantes par » leur concentration. » Quant à la première objection, j'observe que le Rapport dit justement « qu'à l'abri de la digue du veut le draguage est plus facile ; » et d'ailleurs, l'expérience démontre la vérité de ce que je dis au n° 1587 de mon ouvrage, u qu'avec les machines (pyrodragues) on peut faire des merveilles à l'abri » des digues, là où la mer est calme. « Donc, même en admettant que cet inconvénient puisse se manifester dans la pratique au point d'être nuisible à la navigation, ce n'est pas un obstacle qui puisse empêcher l'application (le mon projet, puisqu'on a le moyen facile et sur pour le vaincre. » Quant à l'autre objection, je crois que l'ouverture de l\0o mètres entre le pied de la digue (/ et la tête de celle de l'ouest c, pourvu qu'on la main- tienne dans cette proportion, donnera, entre autres, l'avantage que le flot- courant développé par les ondes de gauche, concordant avec le courant littoral, qui chemine dans la même direction, n'atteindrait pas une excessive rapidité, et l'entre-choc des lames ne gênerait pas trop l'entrée des navires dans le port-canal (1594). » Mais admettons même ici, comme pour le premier cas, l'inconvénient, c'est-à-dire que par le gros temps les bâtiments puissent craindre « d'être » portés sous le vent par les vagues, rendues plus puissantes par leur con- » centration, et manquer l'entrée (i). » Dans ce cas, les bâtiments auront (i) Il est en vérité difficile de pouvoir admettre que la rapidité du courant et la poussée des vagues puissent autant drosser les navires pendant uu si court trajet et sur un espace re- { 217 ) toujours à leur disposition la digue isolée f/B, où ils trouveront un abri sûr, quelque gros temps qu'il fasse. « C'est précisément pour cela qu'en parlant du projet pour Pesaro, at- tendu la petitesse de ce port et le petit foiuiage des navires qui le fréquen- teront, j'ai cru ce cas plus facile à se produire qu'à Port-S;iïd, et j'ai dit que « si ce procédé rend l'entrée du canal incommode, ou même imprali- » cable aux bâtiments dans les gros temps, le complément de mon expé- » dient (la digue isolée) leur procurera un abri derrière le prolongement » isolé, et ils auront ainsi un port commode et utile dans le plus grand » nombre des cas, et un refuge suffisant dans le cas de grosse mer. » (1564.) Ici donc, aussi bien que dans le premier cas, le projet présente en lui- même le moyen de corriger l'inconvénient, tout en admettant qu'il puisse se produire dans la pratique. » PHYSIQUE. — Sur (es phénomènes dits de surfusion. Note de M. D. Gernez, présentée par M. Pasteur. (( Les recherches sur les solutions salines sursaturées dont j'ai eu l'hon- neur de présenter à l'Académie les principaux résultats l'année dernière m'ont conduit à cette conséquence, que les solutions sursaturées que j'ai étudiées se conservent sans altération entre des limites de température dé- terminées