LEÇONS SUR LA PHYSIOLOGIE ET L'ÂNÂTOMIE COMPAREE DE L'HOMME ET DES ANIMAUX. Tari». — Imprimerie de E. Maktinet, rue Mignon, 2. LEÇONS ^ SUR LA PHYSIOLOGIE ET L'ANATOMIE GOMPÂRÉE DE L'HOMME ET DES ANIMAUX FAITES A LA FACULTÉ DES SCIENCES DE PARIS PAK U. ilILMË i:U^VARD.«î C™.L.H., C.O.M.P.; C.L.N., CE. P., C.C. Doyen de la Faculté des sciences de Pari? , Professeur au Muséum d'Histoire nalureilo ; Membre de l'Iiistitut^Académie des scienres) ; des Sociélés royale-: de Lojidres et d'Edimbourg ; des Académies de Sloikholm, de SaiiU-Pélersbourg-, de Berlin, de Kônigsberg-, do Copenbague, d'Amsterdam, do Bruxelles, de Vieillie, de Hongrie, d? Bavière, do Turin et de Naples; des Curieux de la nature de rAUcmagiic; de la Société Hollandaise des sciences ; de l'Académie Américaine; De la Société des Naturalistes do Moscou ; des Sociélés des sciences d'Upsal, de Go^ttingue, Munich, Tiblenbourg, Lié^e, Somerset, Montréal, l'ile Maurice; des Sociélés Linnéenne et ZoDlogique de L'uilres; des Académies des sciences naturelles de Philadelphie et de San-Francisco ; du Lycéum de New-York; des Sociélés Enlomologiqucs de France et de Londres ; des Sociélés Anthropologique de Londres et Ethnologiques d'Angleterre et d'Amérique ; do l'Institut historique du Brésil; Do.l'Académie impériale de Médecine de Paris; des Sociétés médicales d'Edimbourg, Je Suède et de Bruges ; de la Société des Pharmaciens de l'Allemagne septentrionale; Des Sociétés d'Agriculture Je ['"rance, de New-York, d'Albaay, etc. TOME NEUVIÈME PATtlS VICTOTx MASSON ET FILS PLACE DK L'ÉCOLE-DE-MÉDECINE M DCCC LXX Droit de ti\aduclion réservé. LEGONS SUR LA PHYSIOLOGIE ET L'ANATOMIE COMPAREE DE i/HOMME ET DES ANIMAUX. SOIXANTE -SEIZIEME LEGON \T De l'appareil de la génération chez les Mammifères. Vi- — l^ans la classe des Mammifères, l'appareil de la eérié- D'^po^ï'''^" ^ ' ri o générale. ration se complique beaucoup plus que chez les Vertébrés ovi- pares, surtout dans sa portion subterminale. Dans les deux sexes, les organes copulateurs sont très-perfectionnés, et chez la femelle une portion du canal évacuateur est disposée de façon non-seulement à servir de chambre incubatrice, mais à pouvoir devenir un organe alimentateur de l'embryon; enfin il existe comme complément de cet appareil des glandes particulières, dites mammaires, dont les produits sont destinés à nourrir les jeunes pendant un temps plus ou moins long après la naissance. Ces glandes se trouvent chez le mâle aussi bien que chez la femelle, mais elles ne remplissent leur rôle fonctionnel que chez celte dernière. Les Animaux des autres classes n'en sont jamais pourvus, et elles constituent un des caractères les plus remar- quables du groupe zoologique dont l'étude nous occupe ici. De IX. 1 ^-// L y / 2 REPRODUCTION. là le nom de ^lamniifères, ou Animaux à mamelles, que ces êtres ont reçu. • l'.iïtrences Les ludividus de sexes différents sout en général faciles à dis- tinguer par la conformation des organes génitaux extérieurs, et, dans le plus grand nombre des cas, le maie csl reconnaissable aussi à un ensemble de caractères indicatifs d'une puissance supérieure à celle de la femelle. D'ordinaire il est plus grand, ses muscles sont plus développés; il est plus courageux et il est mieux armé. Lorsque les dénis deviennent des inslrumenls de défense, c'erst toujours chez lui qu'elles sont le mieux adaptées à cet usage, et dans les espèces dont la tète est pourvue de cornes, ces appendices manquent souvent chez la femelle, ou du moins restent plus faibles que chez le mâle. Enfin, c'est aussi chez ce dernier que le système pileux se développe le plus, et constitue parfois une barbe ou une crinière dont la femelle est dépourvue. Appareil § 2. — L'appareil mâle est toujours uni intimement à l'ap- pareil urinaire dans sa portion terminale, et débouche au deliors en avant de l'anus, quelquefois dans un cloaque ou vestibule commun; le plus souvent d'une manière tout à fait indépen- dante du tube intestinal, et même à une assez grande distance de son extrémité. Tesiicuies. Lcs testicules de la plu[)art des Mammifères (1) sont ovoïdes ; quelquefois ils sont globuleux : chez l'Éléphant, le Blaireau et le Raton, par exemple; ou allongés, ainsi que cela se voit chez les Carnassiers amphibies et les Cétacés ('i). En général, leur vo- (1) Vanorchie, ou l'absence de tes- lieu d'occuper leur position ordinaire. Ucules, est une anomalie extrêmement Pour plus de détails sur les anomalies rare : dans l'espèce humaine on en con- de cet organe, on peut consulter utile- naît quelques exemples (a) ; mais dans nient un article sur ce sujet, publié la plupart des cas où l'on a cru que par M. Curling, dans Todd's Ctjclop, ces glandes manquaient, elles étaient of Anat.,t. IV, p. 986-1016. seulement logées dans l'abdomen, au (2) Exemple, chez le Marsouin {h). (a) Voyez Ssppey, Traité d'anatomic descriptive, I lit, p. 5i8. — Godart, Éludes sur V absence congénitale du testicule, llièsc. Paris, 1858. (b) Voyez Canis el Ollo, Tab. Anal, conpar. illustr., pars v, pi. '0, fig, 1, APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. o liime augmente beaucoup à l'époque du rut, et ils sont alors remarquablement gros chez les Rongeurs et les Insectivores; mais ils sont loin de présenter sous ce rapport des différences aussi considérables que chez les Oiseaux (1). Comme d'ordinaire, ces glandes sont revêtues d'une tunique albuginéc, ou membrane fibreuse propre, et enveloppées dans un prolongement du péritoine qui leur constitue une tunique séreuse extérieure. Mais leur position varie beaucoup, et pour bien saisir le caractère des particularités qui se font remarquer à cet égard, il est nécessaire de prendre en considération le mode de développement de ces organes dans l'embryon. Chez tous les Mammifères, les testicules naissent dans la ré- gion lombaire de l'abdomen, près des reins, où ils sont recou- verts par le péritome (2). Chez plusieurs de ces Animaux, ils de Posiiion des lesticules et enveloppes ces organes. (1) Le volume des testicules varie beaucoup chez les différents indi- vidus d'une même espèce : ainsi, chez l'Homme, ces différences sont souvent dans le rapport de 1 à 2. Leur poids varie de la même manière (a). (2) Ainsi, dans l'Homme ces glandes naissent sur le côté interne des corps de Wolff (6), immédiatement au-des- sous des reins et au devant du muscle psoas, à la partie postérieure de la cavité abdominale, dans un repli du péritoine appelé mesolestis ou mésor- chide, et comparable au mésentère. Jusque vers la fin du troisième mois de la vie intra-utérine, les testicules conservent cette position. On trouve dans un mémoire de Haller l'indica- tion des premières observations sur le développement intra-abdominal des testicules et des remarques judicieuses sur le passage de ces glandes au de- hors (c) ; mais c'est principalement a J. Hunter et à ses successeurs que l'on est redevable de la connaissance exacte de ce phénomène {d). (a) Voyez Kraiise, Vermischte Beobachtungen (Miiller's Archiv fûv Analomic nnd PhvsioloQic, 1637, p. 20). — Sappey, Traité d'anatomie descriptive, t. III, p. 548. (b) Voyez tome VII, p. 306. (c) Haller, Optiscula patholog., observ. 28, 1755, p. 56, etc. (d) Voyez W. Hunter, Médical Commentaries, 1762. — J. Hunier, A Description of Ihe Situation of the Testls in the fœtus, with its descent inlo the scrotum {Animal Œconomy, 1706; — Œuvres complètes, trad. par Richelol, t. IV, p. 65, et suiv.). — Pallelta, Nova gubernaculi testis mmteriani et tunicce vaninalis anatomica descriiHw. Mediolani, 1777. — Bergham, De teslium in fœtu posil., etc., 1785. — Seiler, Observ. de testiculorum ex abdomine in scrotum descensu, 1817. Weber, Ueler den descensus testicul:rum bei dem Menschen und eiwgcn Sdugethieren [Verhandl. der Sdchsischen Gcsellscliafl der Wissenschaften ï^it Leivx-ig, 1848, 1. 1 n 24 • — Muller's^rc^iw, 1848, p. 403). REPRODUCTION. restent toujours daus cette position (1); mais chez d'autres espèces ils ne tardent pas à la quitter et à descendre dans la ré- gion inguinale, puisa sortir de la cavité abdominale et à se loger sous la peau. Ce déplacement est porté plus ou moins loin suivant les espèces, et là où il est le plus considérable, les testicules par- viennent sous le périnée, dans une bourse cutanée particulière, appelée scrotum. Lorsque les testicules sont destinés à quitter ainsi leur place primitive, chez l'Homme, par exemple, une sorte de bride, appelée le gubernaculum testis (2), en grande (1) Les Mammifères qui portent les testicules dans rintéricur de la cavité abdominale, et qui sont désignés par quelques auteurs sous le nom de Tes- ticonda proprement dits, appartien- nent principalement aux groupes infé- rieurs, mais il en existe aussi dans plusieurs autres ordres. Ainsi, je cite- rai, parmi les l'acliydermes, l'Élé- phant (a) et le Daman (h). Suivant quelques analomistes, il en serait de même chez les Riiinocéros ; mais chez l'individu dont M. Owen a fait Tana- tomie, les testicules étaient placés à l'extérieur, près de l'anneau ingui- nal (c). Parmi les Insectivores, on cite le Ten- rec (d). La même disposition est géné- rale et dominante chez les Amphibiens, les Siréniens (e), les Cétacés propre- ment dits (/) et les Monotrèmes (g). (2) llunter fut le premier à décrire ce cordon conducteur qui, chez le foe- tus de l'Homme et des autres Mam- mifères, dont les testicules deviennent extérieurs, s'étend de la partie in- férieure de chacune de ces glandes au pubis, en traversant le canal ingui- nal. L'axe de ce gubernaculum testis est occupé par une substance molle et gélatineuse, qui se compose de tissu con- jonctif en voie de développement (h), et qui est entouré d'un faisceau de fibres musculaires. Cette gaîne char- nue est à son tour recouverte d'une couche de tissu conjonctif lâche, et le tout est logé dans un repli du péri- toine. A son extrémité inférieure, ce faisceau musculaire se divise en trois portions, dont l'une se fixe à l'arcade crurale (ou ligament de Poupart), dans Tinlérieur du canal inguinal; une (a) Arislote, Histoire naturelle des Animavx, tracl. de Camus, liv. II, chap. ix, t. I, p. 65. — Camper, Hisl. anatom. d'un Éléphant mâle, p. 35, pi. 4, fii,', l. (b) Stanniiis et Siebold, Manuel d'anatomie comparée, t. II, p. 509. (c) Owen, On the Anatomy ofttie Indian Rhinocéros [Trans. of the Zool. Soc, 1862, vol. IV, p. 36). (d) Cani.» et Ollo, Tab. Anat. compar. illustr., pars v, lab. 9, lig. 2. (e) Par exem|ik', le Lamcniin ; \oyez Daiibenion (BulTon, Mammifères, pi. 404, fig. 6, édit. in-8). (f) Par exemple, le Marsouin ; voy. Hunier [Illuslr. Catal. of the Physiol. Séries of comp. Anal, m the Muséum of the Coll. of Surgeons, t. IV, pi. 57). — Cariis et Ollo, Tab. Anat. compar. illustr., pars V, lab. 9, fit; 1). (g) Exemfle : l'Orniihorhynque ; vuy. Meckel, Op. cit., fig. 8, fig. 2. {h) Curlinçr, Observ. on the Strticture of the Gubernaculum and on the descent of the Testis in the fxtus (Lond Med. Gazelle, 1841). — Arl. Testicle (Todd's Cyclop. of Anat. and Physiol. , t. IV, p. 982). APPAREIL OR LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. 5 partie musculaire, s'étend de chacun de ces organes jusqu'au bord antérieurdu bassin, et s'y engage dans un canal oblique qui traverse de part en part la paroi de l'abdomen, au-dessus de l'ar- cade du pubis, entre une sorte de pont tendineux appelé arcade crurale et les aponévroses des muscles adjacents. Ce passage, qui a reçu le nom de canal inguinal (ou sus-pubien), débouche donc au dehors dans le tissu conjonctif sous-cutané (1), et son entrée est occupée par la portion correspondante du péritoine, dont les parois de la cavité abdominale sont partout tapissées. Les choses restent dans cet état pendant un certain temps, mais peu à peu le testicule s'éloigne des reins, descend vers le canal ingui- nal en poussant devant lui ]e gubernaculum, qui, se renversant comme un doigt de gant, y forme une gaine cellulo-musculaire. autre s'insère au pubis et à la gaîne apouéviotique du muscle droit de l'abdomen ; enfin, la troisième, située entre les deux précédents, sort de l'anneau inguinal pour gagner le fond du scrotum et s'y fixer au darlos. Plusieurs anatomistes ont méconnu l'existence de fibres musculaires dans le gubernaculum; mais aujourd'hui l'exactitude des observations de Hun- ier, sur ce point, a été mise hors de doute, et l'on sait, par les recher- ches des micrographes, que ce cordon renferme des fibres musculaires striées, aussi bien que des fibres musculaires lisses (a). (1) Le canal inguinal est un passage ménagé entre le bord supérieur de l'ar- cade crurale ou ligament de Fallope, qui se fixe, d'une part à l'épine supé- rieure et antérieure de l'os iliaque. d'autre part au pubis, et les parties adjacentes des parties musculaires ou aponévrotiques des parois de l'abdo- men. En dessus, il est limité par les muscles oblique et transverse; eu avant, il est cloisonné par l'aponévrose du grand muscle oblique, et en arrière par le fascia transversalis, lame apo- névrotique qui se rend du muscle trans- versal à l'arcade. On donne le nom d'anneau inguinal à l'orifice inférieur ou extérieur de ce canal, situé à l'angle inférieur et interne de l'aponévrose du muscle grand oblique de l'abdomen. Pour plus de détails au sujet de la structure de ce passage, je renverrai aux ouvrages spéciaux sur l'anato- mie descriptive de l'Homme , par exemple le traité de Bourgery et Ja- cob 1 1. 11, pi. 69 et suiv.) ou V Allas de !\1M. Bonamy et Beau (t. ill, pi. 57). (a) Donders, Dood door yEthevisatie, verlorene zamentreckbaavheid van hel Hart, Cryptorchis, Gubernaculum Hunteri {Nederlandsch Lancet, 2' série, 1849, I. V, p. 38'-2). — Robin, Recherches sur la nature musculeuse du gubernaculum teslis et sur la situattun du testicule dans l'abdomen (Mém. de la Soc. de biologie, 1850, t. I, p. 1). — Follin, Recherches sur les corps de Wolff, thèse. Paris, 1850. 6 REPRODUCTION. La portion du péritoine qui adliérait à la suiiace du testicule accompagne cet organe dans ce mouvement, et, entraînant à sa suite la portion adjacente de cette membrane séreuse, déter- mine la formation d'un prolongement appendiculaire de ce sac, qui traverse aussi le canal inguinal et communique librement avec la cavité de l'abdomen par son extrémité supérieure. Le testicule, toujours enveloppé de la sorte, franchit ensuite l'ori- tice externe du canal inguinal, et se loge à l'extérieur du bassin sous la peau, dans un repli delà portion inférieure du petit sac péritonéal, qui constitue ainsi autour de cette glande une double enveloppe, appelée tunique vaijinale^ dont la cavité débouche supérieurement dans l'abdomen (1). Quelques semaines avant (1) Les anatomistes se sont beau- coup occupés de la cause déiernii- ïuinle de la descente du testicule. En général, on attribue ce phénomène à Faction des fibres musculaires du gu- bernacuhim testis, et les objections que quelques auteurs ont faites à cette explication (o) me paraissent dépendre de ce qu'ils avaient négligé de prendre en considération l'action de la portion de ce faisceau contractile, qui, après avoir traversé l'anneau inguinal, va s'insérer au scrotum. Chez l'adulte, cette portion médiane du muscle sus- penseur est encore représentée par une bride de tissu conjonctif dense, qui remonte du scrotum sur la face inférieure du testicule, dans l'espace compris entre les deux replis qui unis- sent le feuillet pariétal de la tunique vaginale au feuillet viscéral de la même membrane (6). Lorsque, par suite d'une anomalie organique, le gubernacidum s'insère à l'épididyme, au lieu de se fixer comme d'ordinaire au testicule lui-même, c'est la pre- mière de ces parties qui descend dans les bourses, tandis que le testicule peut rester dans l'abdomen ou dans le canal inguinal (o). Il est aussi à noter que le muscle crémaster manque chez les Animaux dont les testicules restent toujours dans l'intérieur de l'abdomen, tels que l'Eléphant, etc. Je dois ajouter cependant que les recherches faites récemment sur la structure du gubernaculum chez di- vers Mammifères, par un anatomiste d'Edimbourg, M. Cleland, sont défa- vorables à l'cxplicalion donnée ci- dessus. En effet, chez l'embryon du !\Touton et de la Vache, cet anatomiste n'a pas trouvé de fibres musculaires dans l'intérieur de ce cordon sous- pf'ritonéal [d). {a) Voyez Burdacli, Traité de physiologie, t. III, p. 592. (6) Curling', art. Testicle (Todd's Cyclop. of Anal, and Physiol., t. IV, p, 983, dg. 637). (c) Follin, Etudes anatoniiqnes et pathologiques sur les anomalies de pontion et les atrophies du testicule (Arch. gén. demédecine, juillet 1851, p. 271). (d) i. Cleland, The Mechanism of the Giibernaculuni testis, Edinburgh, 185C. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. 7 la naissance de l'enfant, ce déplacement est d'ordinaire effectué, et le canal inguinal est si large, que le testicule peut facilement retourner sur ses pas pour rentrer dans la cavité abdominale ou franchir de nouveau ce détroit. Le sac vaginal communique aussi avec cette cavité par un large col qui traverse le canal in- guinal, mais bientôt ces passages se rétrécissent; peu à peu le canal inguinal s'oblitère, et alors le fond du prolongement va- ginal du péritoine se trouvant séparé de la portion intra-abdo- minale de la grande poche séreuse dont cette tunique est un appendice, cesse de communiquer avec l'abdomen (4), et con- stitue autour du testicule un sac sans ouverture (*2). Par l'effet de ces changements, le testicule cesse donc de pouvoir ren- trer dans la cavité abdominale (o), et se trouve suspendu à (1) La surface interne et libre de ce sac membraneux est tapissée d'une couche de tissu ulriculaire épitliélique dont les cellules, minces et transpa- rentes, ont 0'",01 à C^sOIS de dia- mètre, et dont le noyau est bien appa- rent (a). (2) En général, l'occlusion du canal inguinal est très-avancée au moment de la naissance, et souvent elle est même déjà complète, soit d'uu côté seule- ment, soit partout (6). Lorsque le col de la tunique vaginale reste ou- vert, il arrive fréquemment que la sé- rosité sécrétée dans la cavité du péri- toine descend dans cette bourse et y détermine chez les nouveau-nés un gonflement que les pathologistes con- naissent sous le nom d'hydrocèle con- génitale. C'est aussi ù raison de la non- oblitération du canal inguinal que les hernies sont très-fréquentes chez les enfants qui viennent de naître. (3) Il arrive parfois que dans l'es- pèce humaine, les testicules n'accom- plissent pas cette migration, et restent dans l'intérieur de la cavité abdomi- nale. Cet état anormal existe tantôt d'un côté seulement et plus rarement des deux côtés ; on le désigne sous le nom de cryptorchie ou (Tectopie, Go- dart, à qui l'on doit un travail très- élendu et très-approfondi sur ce sujet, réserve le nom de cryptorchie pour les cas dans lesquels les deux testicules sont restés inclus dans l'abdomen, et appelle monarchie, l'arrêt d'un seul de ces organes. Pour plus de détails sur ces anomalies, je renverrai à l'ouvrage de ce jeune anatomiste pleiii de zèle, dont la mort prématurée est à re- gretter (c). (a) Kollikcr, Eléments d'histologie, p. 561. — Canis, Traité d'anatomie comparée, t. II,- p. 424. (b) Ciimper, Vcrl andeling over de Oonaaken der meenigviildige breuken in de eersgehoorene Kinderen {Verliandelingen uitgegeeven door de HoUandsche Maatchappyc drr Weetenscluippen te Haarlem, ■1761, t. VI. part. 1, p. 235). (c) Gudarl, Éludes sur la wonorchie et la cryptorchie chei l'Homme, 185T (extrait des Mém. de la Société de biologie pour 1855). s REPRODUCTION. l'extrémité externe du canal inguinal par une sorte de cordon formé principalement par le gubernaculum testis retourné au dehors et garni des fibres musculaires que nous avons remar- quées dans l'épaisseur de cette bride. Le muscle suspenseur ainsi constitué est fixé au pourtour de l'anneau inguinal, et a reçu le nom de muscle crémaster (1). 11 forme autour du testicule une sorte de bourse charnue, très-mince et fort incomplète, que quelques anatomistes appellent h tunique énjthrouk (2), et par ses contractions il fait remonter cet organe contre le pubis (3). 11 est aussi à noter que l'on donne souvent le nom de tunique fibreuse commune à la couche de tissu conjonctif mêlée de quelques fibres élastiques, qui s'étend à la face in- terne de la tunique charnue, depuis l'orifice interne du canal inguinal jusqu'au-dessous du testicule, et qui relie ces parties entre elles [h\ (1) M. J. Cloqiiet et quelques au- chez les Animaux où les testicules ne très anatomistes pensent que le cré- sortent de Tabdomen qu'à l'époque masler ne préexiste pas à la descente du rut. du testicule, et qu'il est formé par (2) Le nuiscle crémaster constitue des fibres du bord inférieur du une sorte de bourse très-mince, dont muscle oblique interne entraînées en le col embrasse les vaisseaux nourri- bas, lors du passage de celte glande ciers, ainsi que le canal évacuateur par l'anneau insruinal (a) ; mais cette du testicule, et dont l'extrémité supé- opinion n'est pas admissible, etilunter. rieure s'évase pour aller se confondre avait raison de dire que le cré- avec les fibres des muscles abdomi- master (ou musculus testis) se porte naux adjacents sur les côtés de l'anneau d'abord du pubis dans l'intérieur de inguinal (b). l'abdomen pour constituer la partie (3) En général, ces contractions ne principale du gubernjculum, puis se sont pas sous l'empire de la volonté, renverse en dehors comme un doigt de mais dans quelques cas exceptionnels gant, sans être en aucune façon un il peut en être autrement (c). démembrement du muscle petit obli- (/i) Quelques anatomistes considèrent que. Cela est surtout facile à constater cette tunique dite fibreuse comme une (a) J. Cloquel, Mémoire sur le muscle crémaster {Journal de médecine, de chirtirgie et de pluirmacie, ISIS). — Follin et Goiibaiix, De la crijptorchidie chez l'Homme el les principaux Animaux domesiiqxies (.Vdm. de la Soc. de biologie, 1855, p. 293). (6) Voyez Bourgery, Traité de l'anatomie de l'Homme, t. H, p. 40, pi. 82, fig'. i. — Bonaniy, Beau et Broca, Allas, t. III, pi. 57, fig. 2. (c) Godart, Op. cit., p. 28. — Hutchinson, Practical Observ. in Surgery, p. 4 80. APPAREIL DE L.V GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. Chez la plupart des Mainmiteres, l'anneau inguinal qui livre de la sorte passage aux testicides (1) reste ouvert, ainsi que le col de la (unique vaginale, et même chez beaucoup de ces animaux ce passage conserve toujours son calibre primitif, de manière que ces glandes peuvent facilement rentrer dans la cavité abdo- minale ou se montrer de nouveau au dehors. Cette disposition se rencontre chez la plupart des Rongeurs (-2) et des Insecti- vores (^3), ainsi que chez les Chéiroptères, et c'est principale- ment à l'époque du rut que les testicules vont se placer sous la peau, soit dans le pli de l'aine, soit dans le périnée. Chez quelques Mamnnfères, ils demeurent toujours dans l'une ou l'autre de ces deux dernières positions, sans y avoir de loges spéciales ; ainsi ils sont serrés sous la peau de l'aine chez les Chameaux (4) et les Loutres, et ils sont placés de la portion de raponévrose fascia lata qui aurait été entraînée par le testicule lors de la descente de cette glande dans le scrotum [a) ; mais cette opinion ne paraît pas être fondée, et même, dans la plupart des cas, la tunique en question est ù peine fibreuse [h). On l'appelle tunique commune , parce qu'elle entoure le cordon spermatique aussi bien que le testicule. (1) Tantôt la descente des testicules de la cavité abdominale dans les bourses s'effectue plutôt que dans l'espèce humaine : chez le Bœuf, par exemple ; mais d'autres fois ce phé- nomène n'a lieu que plus tardivement : ainsi, chez les Solipèdes, les testi- cules restent souvent engagés dans le canal inguinal jusqu'à l'âge de six à dix mois. La manière dont leur dépla- cement se fait est à peu près la même que chez l'Homme {c). (2) Notamment chez les Écureuils, les Rats, les Cochons d'Inde, les Agou- tis, le Porc-épic, le Castor, l'Ondatra. Chez le Lapin, les testicules restent souvent à l'entrée du canal inguinal, leur extrémité postérieure, formée par l'épididyme, faisant seule saillie dans le scrotum (cl). (3) Les Taupes, les Musaraignes, les Hérissons (e). (4) Quelques anatomistes avaient pensé que le scrotum manque chez les Chameaux, mais Emert a con- staté que, chez ces animaux, il en existe un qui est assez bien carac- térisé (/■). (a) i. Cloquet, Recherches analomiques sur les hernies, thèse, 1817. (b) Sappey, Traité d'anatomie descriptive, l. III, p. 535. (c) Voyez Chauveau, Anatomie des Animaux domestiques, p. 178, lig-. 197. (d) Lereboullet, Recherches sur l'anatoinie des organes génitaux des Animaux vertébrés, \>. 8, pi. 6, llg. 71 {Nota Acta Acad. nat. curios., t. XXIII). (t) Hunier; voyez Catat. ofthe Mus. of the Collège ofSuriieons, Physiol. Séries, t. IV, pi. 54. if) Voyez Canis, Anatomie comparée, t. II, p. 424. 10 REPRODUCTION. même manière sous la peau du périnée chez les Civettes. Mais chez les Quadrumanes (1), la plupart des Carnassiers et des Ruminants, les Solipèdes et plusieurs autres Mammifères, ils descendent plus bps, et ils sont logés, comme chez l'Homme, dans un scrotum, ou bourse cutanée, qui est suspendu sous le pubis, à la partie antérieure et inférieure du bassin (2), ou plus en arrière, près de l'anus (â). La peau qui forme ce sac est hérissée de poils épars, et son pourtour est fixé aux parties adjacentes du périnée et du pubis par des expansions fibreuses qui en occupent la partie supé- rieure. Sur la ligne médiane du corps , un prolongement analogue descend en manière de cloison entre les deux moitiés du scrotum [li), et dans le point d'insertion de la lame verti- cale ainsi constituée, celui-ci présente chez le fœtus un sillon tjui le divise en deux parties. Mais, parles progrès du dévelop- pement de l'organisme, les bords de ce sillon se rapprochent, et, en se soudant entre eux, donnent naissance à une ligne sail- lante appelée raphé. Alors les deux bourses, qui primitivement étaient distinctes, se confondent extérieurement en un seul sac (l)Cliez les Quadi-iimanes, les tcsti- riili's sont en gC-néral serrés contre le pubis, près de l'anneau inguinal. (2) Chez les Marsupiaux, les testi- cules ne traversent le canal inguinal qu'après la naissance, et sont reçus dans une bourse pédonculée qui se trouve suspendue au pubis, à une dis- lance assez considérable en avant de l'orifice génito-urinaire [a). (3) Chez les Chats, les Mangoustes, les Ours et plusieurs autres Carnas- siers, les testicules sont placés en arrière du bassin, au-dessous de l'anus. (/i) Cette cloison du scrotum, dont plusieurs anatpmistcs de répo([ue de la renaissance avaient dit quelques mois, a été étudiée d'une manière irès-appro- fondie par Raw, anatomiste hollandais du xvn* siècle, et par plusieurs autres auteurs (6j. (a) Exemples: Didelphis philander ; voy. Canis et OUo, Tab. Anat. compar. itlustr., pars v, tab. 9, fig. 0. — Didelphis virginiana et D. cancrivora; voy. Hunter, Catalogue of the Muséum of the Coll. nf Surg., t. IV, pi. 51 ; — Eytioux et Laurent, Recherches sur les Marsupiaux {Voiiage de la Favorile, ZooL., t. I, pi. 1, (ig. 2 et 9) ; — Martin Sainl-Ange, Op. cit. (Mém. de lAcad. des sciences, Savants étrangers, t. XIV, pi. 3, fig. 1). i,b) Raw, Epistola ad Ruyschium de septo scroli, 1G99. — Klcisniann, De seplo et raphi scroti, dissert, inaiig. Berolini, 1864. APPAREIL DE LA fiÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. 11 scrotal, mais à l'inlérieiir ils restent encore séparés par la cloi- son verticale de structure fibreuse dont je viens de parler. Une couche de tissu musculaire à fibres lisses, appelée dartos, tapisse la face interne de ces bourses scrotales, et par ses con- tractions détermine dans celles-ci des rides nombreuses (1). Chez quelques Mammifères, le sillon primordial qui, chez l'Homme, s'eftace pour être remplacé par le raphé, s'agrandit ;iu contraire, et il en résulte que les deux testicules ont alors chacun une bourse particulière : par exemple, chez le Lièvre ('2); mais d'autres fois l'union de ces deux moitiés de l'appareil réceptaciilaire de ces glandes est encore plus intime; il n'y a point de cloison médiane à l'intérieur, et les deux tes- ticules sont logés dans une cavité commune. Cette dernière disposition se voit chez divers Marsupiaux, tels que les Kanguroos. En résumé, nous voyons donc que, chez les Mammifères dont les testicules sont extérieurs, les enveloppes de ces glandes sont très-nombreuses, et consistent dans le scrotum, le dartos, (1) La plupart des fibres du dartos, qui arrivent sur la ligne médiane, passent d'un côté à l'autre, de sorte que cette tunique contractile est coni- nuuie aux deux bourses; mais d'autres fibres se réflécbissent sur la cloison verticale composée de tissu conjonc- lif et de tissu élastique, de façon à rendre cette cloison contractile comme lo reste du scrotum. ('2) Chez les Levrauts, les scrotums ne sont pas apparents, parce que les testicules ne sont pas encore sortis de l'abdomen; chez l'adulte, ces bourses sont situées de chaque côté dans l'aine, entre la verge et la cuisse (a) ; leur disposition est à peu près la même chez le Lapin. Chez les Roussettes, les deux bourses sont très-éloiguées l'une de l'autre (6) . Chez les Solipèdes, il existe au-des- sous de chaque anneau inguinal une bourse particulière formée par le dar- tos, et ces deux sacs sont simplement adossés l'un à l'autre sur la ligne mé- diane (c), mais la portion correspon- dante de la peau, qui y adhère forte- ment et qui constitue le scrotum, forme pour les deux bourses une seule en- veloppe. (a) Daulienlon, Description du Lièvre (Biiffon, Mammifères, t. III, p. 318, ^il. 95, fig. 1 , édit. in-S). (b) Qiioy et Gaiinai'il, Voyage de rA.stro!,il)c, ZûOL., l. I, pi. 10, fi;-!:. 13. (c) Voyez Chaiiveau, Anatomie comparée des Aniiniux domestiques, p. 7S8, fig. 199. 1 '2 REPRODUCTION. la tunique érylliroïde, la tunique commune, enfui la tunique vaginale, qui est double, puisqu'à la manière des poches séreuses en général, l'une de ses portions, repliée en dedans, adhère à la surface de l'organe inclus, tandis que l'autre portion enca- puchonné le tout. Ainsi que je l'ai déjà dit, cette dernière tu- nique forme chez l'Homme un sac fermé de toutes paris et ne communi(juant pas avec la cavité abdominale; mais cette dispo- sition est extrêmement rare : on l'observe chez le Chimpanzé, tandis que chez presque tous les Singes (i), ainsi que chez les autres Mammifères, le col de la tunique vaginale reste ouvert et débouche dans l'abdomen, lors même que les testicules ne doivent pas quitter le scrotum pour remonter dans cette grande chambre viscérale. Artères § 3. — Lc déplacement des testicules qui s'opère chez le fœtus détermine dans l'arrangement des vaisseaux nourriciers de ces glandes une particularité remarquable. En général, l'artère qui se rend à un organe naît d'un tronc adjacent et ne va pas très- loin sans se ramifier; mais pour les artères des testicules il en est autrement : ces vaisseaux naissent de l'aorte, près des artères rénales, et vont de là jusque dans les bourses, en tra- versant les canaux inguinaux, sans donner naissance à aucune branche importante, puis se distribuent dans les testicules et leurs annexes. Or, il est facile de comprendre que cela dépend de la position primitive occupée par les testicules tout à côté du tronc aortique, et de l'allongement progressif de leurs ar- tères à mesure qu'ils s'éloignent de la région lombaire pour descendre dans le périnée. Les veines suivent une marche (1) Chez rOrang-Oiitan (a) et le vaginale et rabdomen reste libre. U Gibbon (6), par exemple, la conimu- en est de même chez le Cercopithecus nicaiion entre la cavité de la tunique sahœus (c). (a) Owen, Notes (Œuvres de Hunier, trad., l. IV, p. 74). (b) Hunter, Essays and Observations, t. II, p. 9. (c) Idem, ibid., p. H. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. 13 analogue en remontant vers le tronc de la veine cave, et ces divers vaisseaux, accompagnés de nerfs et accole's au canal évacuateur des testicules, constituent, avec le muscle crémas- cordon, 1er, une sorte de corde, au moyen de laquelle cette glande se trouve suspendue dans le scrotum. C'est ce suspenseur que l'on désigne sous le nom de cordon spemiatique. § /î. — La tunique albuginée, ou tunique propre du testi- (j^^p. cule, à laquelle adhère le feuillet interne ou réfléchi de la tunique '^ "' 5"'°''^' vaginale, recouvre de toutes parts cet organe, et se compose de deux lames de texture fibreuse qui, chez l'Homme, sont diffi- ciles à séparer, mais qui sont très- distinctes chez quelques autres Mammifères, le Sanglier, par exeuiple. Vers le bord postérieur et supérieur du testicule, elle présente un épaississe- ment, et se prolonge en dedans, dans la substance de la glande, où elle forme une sorte de crête ou de cloison médiane qui loge les principaux vaisseaux sanguins, et qui a été appelée le corps dllighmore (1) ou mediastinum testis. D'autres expansions, constituées par du tissu conjonctif, partent de ce prolongement en s'irradiant et en plongeant entre les divers faisceaux des tubes séminifères, divisent la substance du testicule en un nombre considérable de lobes et de lobules. La forme du eorps d'Highmore varie un peu chez les différents Mammi- fères, mais ces particularités n'offrent rien qui puisse nous intéresser ici (-2). § 5. — Lorsqu'on examine à l'œil nu la substance du testicule, structure ou la croirait formée d'une matière pulpeuse, homogène, et plus (!) Highmore, médecin anglais du ne s'avance que très-peu dans la sub- xviie siècle, fut le premier à décrire stance du testicule, et presque aussitôt ce corps, mais sans donner une idée Tespèce de crête verticale qu'il forme bien exacte de sa structure (o). se résout en une multitude de la- Ci) Chez l'Homme, la portion basi- nielles cloisonnaires minces et diver- laire ou initiale du corps d'Highmore gentes (6). \a] Kighmore, Corporis humani descriptio anatomica, 1652, n. 31. ib) Voyez Kôlliker, Traité d'histologie, p. 553, flg. 259. du testicule 1/j REPRODUCTION. OU inoiiis grisâtre; mais lorsqu'on l'observe au microscope, et après l'avoir convenablement disposée, on reconnaît aisément qu'elle se compose d'une multitude de tubes capillaires con- tournés sur eux-mêmes et réunis en paquets, de façon à con- stituer les lobes et les lobules compris entre les expansions cloisonnaires de la tunique albuginéc, et convergeant, vers le corps d'Highmore (1). Ces tubes sont les canaux spermo- gènes (^2). Cbez l'Homme, ils ont environ 0""\15 à 0""",25 de diamètre ; leurs parois sont plus épaisses que celles des cana- licules analogues dans d'autres glandes, et l'on peut y distin- guer une tunique externe fibreuse, une tuniijue moyenne ou (1) Voyez, à ce sujet, les observations le tesiiciilc de rHomme , un excellent de Duvenioy (a). travail analomiquC;, accompagné de (2) Graaf fut le premier à donner figures qui ont été reproduites par la une idée nette de la structure du tes- plupart des auteurs plus récents (/"). ticule(6). Environ un siècle après, Albi- r3elle Cliiaje (de Naples) s'est igale- nus réussit à injecter au mercure les ment occupé de ce sujet chez divers canaux conslilnlifs de l'épididynie, et Mammifères {g). Hallcr donna de nouveaux détails sur (3) Ces lobes sont piriformes et va- la disposition des conduits qui vont de rient en nombre : sui\ant Monro, il y la glande à cette portion complémen- en aurait 150 ; M. Kolliker en compte taire (c). En 1755, A. Monro fils de 100 à !250 (^) ; Ai. Sappey a donné poussa les inji étions mercuriclles jus- comme terme moyen 275 («); enfin, que dans les canaliculesspermaliques, d'après les calculs de Krauss, il y en et fit mieux connaître la structure aurait plus de ZjOO (j). Ces didV'rpnces de l'épididynie {d). FMus récemment, dépendent en partie des variations A. Cooper étudia mieux qu'on ne individuelles, et en partie de l'incerli- l'avait fait avant la disposition de la lude qu'il y a souvent entre ce qui tunique albuginée (e). Enfin M. Lauth doit être considéré comme des lobes (de Strasbourg) publia en 1832, sur ou comme des lobules. (a) Cuvier, Anatomie comparée, 2" éOit., t. VIII, p. 105. (b) Graaf, Tractatus de vironnn organis generationi inservientibus, 1668. (c) Albinus, Amœnil. Acad., 17.55, lib. II, cap. vi. — Halier, De vasis seminalibus obsevvaliones, programma^ 1745. — Opéra minora, t. II, p. 1. (d) Al. Monro, Dissert, inaug. de testibus et de sem.ine in variis Animalibiis, Eriinb., 1755 (Smellie, Thesaurits mcdicus, l. Il, p. 317). (e) Asll. Cooper, Obscrv. on the Structure and the Diseases oftlie testis, 1830. (/■) E. A. Laulh, Mémoire sur le testicule Immain (Mém. de la Soc. d'histoire )ia(urelle de Strasbourg, t. I). (g) Delle Cliiaje, Miscellanca anatotnico-pathologica, 18-17, I. I, ]>. 44, pi. 24-27. (h) Kolliker, Eléments d'histologie, p. 554. (i) Sappey, Traité d' anatomie , 1. 111, p. 555. (j) Krauss, Op. cit. (MùUer's Archiv, 1837, p. 23). APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. 15 membrane basilaire, et une tunique interne ou épithéliale, com- posée de cellules polygonales (1). Leur longueur est très-con- sidérable (2), et à leur extrémité initiale ils sont terminés en cul- de-sac, mais ils s'anastomosent souvent entre eux au moyen de branches transversales, de façon à constituer un réseau, et ils décrivent de nombreuses tlexuosités (3). Successivement ils se réunissent entre eux pour former des conduits plus gros, et vers l'extrémité amincie de chaque lobule ils se réduisent ainsi à un petit nombre de tubes presque rectilignes. Ceux-ci, ou des troncs résultant de la réunion de plusieurs d'entre eux en un tronc commun, pénètrent dans le corps d'Highmore, et par leurs anastomoses y donnent naissance à un réseau très- serré (/)), dont partent les canaux excréteurs ou vaisseaux effé- (1) La tunique externe est consti- tuée par du lissu conjonctif vague- ment fibrillaire, sans mélange de fibres musculaires, mais offrant toujours des traces défibres élastiques. La tunique interne, beaucoup plus mince, ne se compose que d'une seule couche de cellules qui sont pâles et finement granulées chez l'enfant, mais plus ou moins chargées de granulations grais- seuses chez l'adulte (a). (2) Les calculs que plusieurs anato- mistes ont faits pour évaluer la lon- gueur et le nombre de ces tubes sémi- nifères ne reposent que sur des bases très-incertaines ; aussi les résultats obtenus sont-ils peu concordants, et si je les cite ici, ce n'est que pour mon- trer que toujours les chiffres sont très- élevés. Lautii pense que dans un tes- ticule humain de moyenne grandeur il y a environ 8ZiO tubes séminifères, et il estime en moyenne à environ 1750 pieds (ou environ 562 mètres) la longueur totale de ces vaisseaux (6). M. Sappey porte cette évaluation à 850 mètres (c), et M. Monro l'élevait à 157Zi mètres. (3) Ces branches anastomotiques, dont la découverte est due à Lauth, sont souvent très-longues, de façon à constituer des anses qui masquent plus ou moins complètement la partie initiale ou caecale des tissus sémini- fères (d). Le nombre des caecums qui doivent être considérés comme l'ori- gine de tous ces tubes est en général de 2 à 7 (e)par lobe ; on n'en rencontre que rarement dans le voisinage du corps d'tiighmore. (4) Appelé rete testis, rete vascu- lorum. (a) Kôllikcr, Traité d'histoloijie, p. 555. {b) Laulli, Op. cit., p. 44. (cj Sappcj-, Op. cit., t. III, p. 55G. (d) Laulh, Op. cit., pi. 4, \ig. 5 ; pi. 'S, lig. 19. — Kollilicr, Éléments d'histologie, p. 354, fig. 260. (e) Sappey, Op. cit., t. III, p. 559. 16 REPRODUCTION. rents du testicule (1), qui, au nombre de 7 à 15, traversent la tunique albuginée pour pénétrer dans l'épididyine (2). Chez les autres Mammifères, on rencontre quelques variations dans l'arrangement des canalicules spermatiques (3) et dans la disposition des parties accessoires du testicule, particulièrement (1) VasaGiciafiana, scu vam eff'e- reniia testis. (2) Les artères des testicules, connue je l'ai déjà dit, sont logées dans le cordon spermatiquo et pénètrent dans ces glandes par le corps d'Higlimore. Quelques branches superficielles che- minent dans l'épaisseur de la tunique albuginée; mais les autres s'avancent davantage vers le centre, puis rayon- nent vers la circonférence en suivant les cloisons interlobulaires, et leurs divisions forment autour des cana- licules spermatiques un réseau à longues mailles. Les veines accompagnent les ar- tères, et, en remontant le long du cor- don pour aller gagner le tronc de la veine cave abdominale, elles forment un plexus appelé vaisseaux patnpini' formes. Les vaisseaux lymphatiques des tes- ticules sont également très-dévelop- pés, et suivent le cordon pour se rendre aux ganglions lombaires (a). (3) Chez le Lapin, chaque lobule du testicule a la forme d'une longue ban- delette repliée sur elle-même et con - slituée par deux tubes sécréteurs extrêmement longs, repliés de façon à former de nombreuses anses, et mar- chant en sens contraire pour se réunir au miheu du paquet et donner nais- sance à un canal unique, lequel se jette dans le rete testis, sans se réunir préalablement à ses congénères (b). M. Marliu Saint-Ange pense que ces conduits vont déboucher dans un ré- servoir situé sur le bord interne du testicule, et dont partiraient six ou sept petits canaux qui, après s'être anastomosés entre eux, constitueraient l'épididynic (c); mais' le réservoir hi- termédiairc dont il est ici question ne me paraît pas exister. Chez le Sumndol, la structure inté- rieure du testicule est plus simple, et la tunique albuginée de cette glande est si transparente, qu'elle permet de voir la disposition des vaisseaux sper- matiques qu'elle renferme. Ces tubes sont placés parallèlement entre eux dans une direction perpendiculaire à l'axe du testicule, cl lorsqu'ils arri- vent à la surface de l'organe, ils se recourbent brusquement pour revenir sur eux-mêmes dans une direction opposée ; ils paraissent ne pas se ra- mifier ni s'anastomoser, et ils percent la tunique albuginée en nombre con- sidérable, pour aller former l'épidi- dyme ((/). (a) Paiiizza, Osservaiioni antropo-iootomicù-tisiologiche, pi. 8. — Liidwig et 'Ionisa, Die Lymfwege des [lodens und ihr Verhdltniss xic den Blul-und- Samen-gefdssen {Silzungsbericht der Akad. der lV'isse/!«c/t., Wien, 1861, I. XLVI, p. 221, pi. J). (6) Lereboullet, Op. cit., p. 10, pi. 1, lig. 1. (c) Martin Saint-Ange, Op. cit., p. 8. (d) Prévost et Dumas, Sur l'appareil géndratcur des Animaux indien iÀiin. des sciences nal , i8'24, t. I, p. nS, pi. 11, lig. 8 et U). Al'I'ARKIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. 17 dans la forme du corps d'Highmorc (1); mais l'étude de ces détails n'a été que peu approfondie, et n'offre pas assez d'im- portance pour que nous nous y arrêtions ici. Vépidiclyme est un corps d'apparence glandulaire, qui se EHiHjmo trouve accolé ou suspendu au testicule, et qui fait partie des voies séminifères. Chez l'Homme, il est piriforine, replié en manière d'anse, et appliqué directement sur le testicule, auquel il adhère par ses deux extrémités. Son extrémité supérieure, (pii est renflée, est désignée cominnnément sous le nom de tête, et l'on appelle queue la portion atténuée qui le termine inférieurement. En y pénétrant, les canaux efférents du testicule se resser- rent beaucoup et décrivent de nombreuses circonvolutions, de laçon à former un cerlain nombre de paquets coni(]ues (2) dont la réunion constitue le renflement lobiforme dont je viens de parler sous le nom de tête de l'épididyme. Ces mêmes vais- seaux se réunissent ensuite entre eux successivement, et don- nent ainsi naissance à un tronc commun, qui augmente peu à peu de calibre et se pelotonne sur lui-même d'une manière pres({ue inextricable. Chemin faisant, ce conduit évacuateur reçoit une branche accessoire provenant d'un petit appendice constitué par un tube de même apparence, qui se termine en cul-de-sac, et qui est pelotonné comme le reste de l'épidi- dyme (3). Enfin, dans la portion caudale de l'épididyme, le tronc commun devient de moins en moins flexueux, et à quel- (1) Pour plus de détails au sujet de le testicule, et font saillie à rcxtréniiié la disposition du corps d'Highmore et supérieure de cette glande, au-dessous des cloisons qui en partent, je renver- de l'origine de Tépididynie. rai aux observations de Duvernoy {a) (3) Ce diverticulum a été désigne et aux traités d'anatomie humaine (6). sous le nom de vas aberrans [nw (2) Ces corps pyramidaux, ou cônes llaller, et de conduit déférent borgne séminifères, ont la pointe dirigée vers par A. Cooper. (a) Cuvior, Analomk comparée, I.VIII, p. 107. 'b] Voyez l'Atlas de MM. Bluh, Bunauiy ot Biocii, l. 111, pi. dO. IX. 2 18 UEPRODUCTION. que distance du testicule il constitue un tube presque droil, qui a reçu le nom de canal déférent. Ce conduit évacuatcur, de même que l'épididyme, est revêtu d'une tunique (iijreuse, et entre cette enveloppe et la membrane muqueuse qui en forme la paroi propre (1), on trouve une couche de libres musculaires lisses (2) et un plexus de nerfs très-forts (3). 11 remonte dans l'épaisseur du cordon spermatique, vers l'aimeau inguinal, traverse cet orifice pour pénétrer dans la cavité abdominale ; puis plonge dans le bassin, gagne la partie postérieure et in- férieure de la vessie en se rapprochant de son congénère ; enfin, après s'être réuni avec un organe accessoire sur lequel je reviendrai bientôt, et après avoir changé encore une fois de nom (7i), il va déboucher dans le commencement du canal de l'urèthre, sur les côtés d'une petite éminencc appelée verii- montamim , La forme de Tépididynic varie beaucoup chez les divers Mam- mifères, et parfois sa portion caudale semble occuper presque toute la longueur du conduit évacuateur, car celui-ci est très- fluxueux jusqu'auprès de son extrémité uréthrale. Celte dispo- sition est surtout remarquable chez les Mammifères dont les (1) CcUc uieinbranc muqiieiiso est la portion pelvienne du canal défcrcnl, blanche et plissée longiludinalemcnt ; et envoient des branches dans la sub- elle offre dans sa partie intérieure stance du testicule ; ils paraissent venir une foule de petites dépressions qui tous des plexus vésicaux latéraux et lui donnent un aspect réticulé, et elle moyens, du plexus hémorrhoïdal et du est revêtue d'une couche de tissu épi- plexus bypogaslrique (6). thélique pavimenteux, (Zi) La portion terminale du canal (2) Cette tunique musculaire se déférent qui est commune à ce conduit compose principalement de libres Ion- et à la vésicule séminale a reçu le nom gitudinales; à sa partie moyenne on y de conduit éjaculateur, mais celte trouve aussi des hbres circulaires ou distinction, qui peut être utile dans obliques. Les éléments de ce lissu sont Tanalomie descriptive de l'homme, des fibres-cellules rigides et pâles (o). n'est pas applicable à la plupart des (3) Ces nerfs sont nombreux dans Mammifères. (a) liôllikcr, Éléments d'hisloIO(jie, p. 562. (()) Swai:, JServes of the htiman Budij, jil. 5 cl l. 5, fig. 1). (6) Ciivier, Anatomie comparée, i'° édit., t. V, pi. 51, fig. 2 et 3. — Martin Saint-Ange, loc. cit., pi. 7", fig. 1. (c) Exemple : le Didelphe crabicr ; vnypz Martin Saiiit-Angc, loc. cil., p!. 3, fig. 2. (d) Voyez Cliauvcaii, Analomic comparée des Animaux domestiques, p. 782, p. lOR. (e) Olivier, Analomie comparée, t. VIII, p. 127. Canal Jéforcnl. 20 HEl'RODUCTION. Je Bélier. Chez divers Rongeurs, la portion terminale de ces tubes est entourée d'un anneau de glandules (1), et chez l'Homme on reconnaît encore des indices de ce mode d'organisation ; mais chez les Carnassiers, les organes sécréteurs en dispa- raissent presque complètement et n'y produisent qu'un cpais- sissement à peine sensible ("2). Il est aussi à noter que chez quelques Mammifères les deux canaux délerents, au lieu de se rapprocher sim[)lemcnt l'un de l'autre, se soudent entre eux à leur extrémité inférieure, de façon à ne former dans ce point ([u'un cylindre unique et médian, bien que leurs cavités restent distinctes. Presque tou- jours ils débouchent isolément dans rurèthre, mais parfois ils se confondent complètement vers le bout, et communiquent avec le canal génito-urinaire par un orifice commun situé sur la ligne médiane (3). Vésicules (]hez plusieurs Mammifères, l'Homme par exemple, la por- tion subtcrminale de chacun de ces conduits évacuateurs du sperme porte latéralement un organe appendiculaire qui rem- plit à la fois les fonctions d'un réservoir pour la semence, et d'un instrument de sécrétion dont les produits se mêlent à ce (J) Chez les Rais (a), par exemple. de Tlnde, et représentée par cet ana- Chez le Castor, 1j portion glanduleuse tomiste dans un dessin appartenant à de ce conduit est fusiforme (^),et chez la bibliothèque du Muséum, mais elle le Hamster elle est plus développée (c). n'est ])as constante; car M. Owen ne (12) Chez le Chien, on aperçoit encore l'a pas trouvée dans l'individu dont quelques traces de ce renflement glan- il a lait l'anatomie (e). Pallas en a dulaire {d). signalé aussi l'exislence chez un Ron- (3) Cette disposition a été constatée gcur très-voisin du Lièvre, le Lago- par Vicq d'Azyr chez le Rhinocéros mys ogotona (/"). (n) Duvevnoy et LerebouUet, Idoles sur les Mammifères de l'Algérie (Mém. de la Soc. d'hist. nal. de Strasbourg, t. III|. {[)} Wcbcr, Zusâtzeiur Lehre vom Dau und von den Verrichtungen der Geschlechtsorgane, y]. {Abhandlung bei Begriindung der Sâchsischen Gesellschaft der Wissetischaflen , Leipsi^, 1S4C). (c) Pallas, Novœ species quadrupediim e Glirium ordine , 1778, pi. 17, fig. 1. {d) Weber, loc. cit., pi. 7, %. 2. {fil Owpn, On Ihe Anatomy of the Indian Rhinocéros {Trans. of the Zool. Soc, 18i')2, i. 1\', 1^ 49, pi. 10 et 17, W'j;. 4). (/'J l^alla>, NoViC specics quadrupedum e Glirium ordine, 1778, p. 08, pi. 4, L!, li-. 15. féminales. Canal Je i'urèiliro. AI'PARFIL DR LA GÉNÉRATION DF.S MAMMIFÈRES . 51 liquide. On désigne ces organes sous le nom de vésicules sémi- nales, et l'on appelle conduit éjaculateur le canal excréteur qui canai ' ' VA tjacukiteuf, leur est commun avec le conduit déférent, et qui parait être tantôt la continuation directe de celui-ci, d'autres fois un complé- ment de ce même tube fourni par le col allongé de la vésicule. Dans tous les cas, le canal déférent, ou le canal éjaculateur qui y fait suite, va s'ouvrir dans l'urèthre. Il est aussi à noter que les fibres musculaires logées dans l'épaisseur des parois du canal éjaculateur sont plus développées que celles de la portion précédente du canal déférent. Quant aux vésicules séminales, je n'en parlerai pas avec plus de détail en ce moment, me proposant d'y revenir lorsque je traiterai de l'ensemble des organes sécréteurs qui se trouvent dans la même région. § 6. — Ainsi que je l'ai déjà dit, chez tous les Mammifères, l'appareil excréteur des testicules, constitué d'abord par des canaux qui sont des dépendances directes de ces glandes, se complète par voie d'emprunt, en utilisant une portion du conduit évacuateur de l'urine. En effet, les canaux déférents débouchent toujours dans l'urèthre, plus ou moins près de la vessie, et le sperme ne peut arriver au dehors qu'en traversant le tube qui est spécialement destiné à livrer passage à l'urine. Toujours aussi ce conduit génito-urinaire, qui fait suite à la vessie, et qui est constitué comme celle-ci par une membrane muqueuse, pourvue d'une couclie épaisse de tissu epithélique et entourée de fibres musculaires (1), est en connexion avec un appendice (1) La couche inusculeuse du canal tissu fibreux ordinaire et du tissu de l'urèthre se compose principale- conjonctif (a). ment de fibres lisses, et renferme du D'autres libres musculaires qui sont [a] Kôlliker, Beitrage zur Kenntniss der glalten Muskelii [Zeitsclirift fur tvissenschafl. Zoologie, 1848, t. I, p. 67 el suiv.). — Hancock, On the Physiuloijij of the maie Vnthra (Lancet, 1852). — Structure of the Urethra, 1852. — Ellis, An Account of tlie Arrangement of Ihe muscidar Substance of ihe Urinary and cirtain of the Cenerathe Organs of the human Bodg [Medico-cltirurgical Transactions, t. XXXIV, p. 3ï7). — L'ffelinann, Zur Anatomie der llainruhre {Zeilschr. fur rat. Med., 180.<, i. X\1I, [>. 2j*i. 22 REPRODUCTION. copulateur tubulaire. Ce dernier canal appartient parfois exclu- sivement à l'appareil génital, et ne sert pas à l'évacuation de l'urine; mais en général l'appareil urinairc, après avoir été mis à contribution pour compléter les voies excrétoires de l'ap- pareil génital, emprunte la portion terminale de ces dernières pour se compléter à son tour, et alors l'urèthre se compose de deux portions dont la seconde fait suite à la première et constitue avec elle un tube unique. Le canal génito-urinaire, dépendant de l'appareil rénal, forme ce que les analomistes désignent souvent sous le nom de portion pelvienne^ ou de portion mem- braneuse de l'urèthre ; le (Conduit qui y est ajouté et qui sert toujours au passage de la semence, mais n'est pas toujours mis au service de l'excrétion urinaire, est la portion spongieuse de l'urèthre^ ou canal de la verge. Cette diversité d'origine des deux portions du canal , qui d'ordinaire sert alternativement à l'évacuation, soit de l'urine, soit de la liqueur séminale, est mise en évidence par le mode d'organisation des Monotrèmes. Chez ces Mammifères sin- guliers, le conduit commun fourni par l'appareil urinaire, et correspondant à la portion membraneuse de l'urèthre, va dé- boucher dans le cloaque; le canal du pénis s'y embranche près de son extrémité inférieure, mais ne donne pas accès à l'urine ; ce liquide est versé directement dans le cloaque, et la portion spongieuse de l'urèthre n'entre en fonction que pendant le coït, striées, et qui se contractent sous Tin- iiiée entre les deux feuillets du fascia fluence de la volonté, sont coniiguës à profond du périnée agit de la sorte, cl la portion membraneuse de l'urèthre fournit à ce canal une expansion dont et en déterminent la constriction. J. Millier a décrit la disposition avec Ainsi une couche charnue mince si- soin (a). (a) Voyez Sar.loiini, Septemdecim Tabulai, tab. xv (Op. pos(h., edit. Cirandi, 1775). — Wilson, Description of the Muscles surrounding part of the Urethra [Medico- ehirurg . Transactions, 1815, t. I, p. 175). — Guihrie, Anatomy and Diseases of the. Urinary Organs, 183G, p. 30 et suiv. — J. Millier, L'eber die organischen Nerven der ercctden mannlichen Geschleehtcorgane (Mémoires de l'Académie de Berlin pour 1835). APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES 5L\MMIFÈRES. 23 lorsque, par l'effet de la turgescence du tissu ércclile circon- voisin, son orifice supérieur se dilate pour recevoir le sperme, et qu'en même temps l'orifice urinaire ou cloacal se trouve fermé par l'action des muscles adjacents (1). Dans certains cas tératologiques, on a vu quelque chose d'analogue chez l'Homme: le canal de l'urèthre débouche au dehors par une fissure située au périnée, derrière la racine de la verge, et ce dernier organe ne servait plus à l'excrétion de l'urine (2). Mais dans l'état normal chez fous les Mammifères, à l'exception des Ornithorhynques et des Echidnés, il n'existe aucune ouverture dans les parois de la portion membraneuse de l'urèthre, et ce canal se continue sans interruption avec la portion spongieuse du même conduit, qui va se terminer à l'extrémité de l'appendice copulateur. Quehptefois, chez le Sanglier par exemple, la portion membraneuse de l'urèthre débouche à la partie supérieure d'un cul-de-sac formé par l'extrémité supé- (1) Ainsi, cliez rOrnitliorhynque , dont les organes mâles ont été très- bien représentés par Meckel, la portion membraneuse de l'iirètbre, ou canal nrélhro-génilal, reçoit comme d'or- dinaire les canaux déférents vers sa partie supérieure, mais déboucbe di- rectement dans le cloaque un peu au devant de Textrémité du rectum, de façon à verser directement l'urine dans cette portion terminale du tube digestif (a). Le pénis naît à la portion inférieure du canal uréthro-génital, et dans l'état de repos cet appendice est logé dans une grande poche pré- putiale qui s'ouvre dans le cloaque, à quelque dislance au-dessous de l'ori- fice urinaire; il est bifurqué vers le haut et traversé dans toute sa longueur par un canal étroit qui naît du conduit urétbro-génital près de la terminaison de celui-ci, et se divise inférieurement en deux branches pour aller s'ouvrir au deiiors, à l'extrémité de chacun des glands formés par la bifurcation du pénis. Chez l'Echidné, la dispo- sition des organes copulateurs est e'i peu près la même que chez l'Orni- ihorhynque , si ce n'est que chaque branche terminale du pénis se in- furque, en sorte que le canal génital débouche au dehors par quatre ori- fices (6). (2) On donne le nom iVhypo^padias ù celte monstruosité, qui parfois si- mule l'hermaphrodisme. {a) Meckel, Ornithorhynchi paradoxi descriptio anatomica, p. 50, pi. S, fi^-. 2, 3 cl 4. — Martin Saint-Ansro, Op. cit. (Mém. de IWcad. des sciences, Sav. élninij, t. XIV, p. 30, pl. 5, lig. 1-4). (6) Martin Saint-Ange, Op. cit., pl. 7, llg. 1-4. réilii. '2/| REPRODUCTION'. lieure de la portion spongieuse du même canal (1), mais d'ordi- naire ces deux tubes sont unis bout à bout. Je rappellerai que la porlion pelvienne ou membraneuse de l'urèlhre du mâle correspond à la totalité du canal urétla^al chez les femelles, où l'analogue de l'appendice copulateur reste rudi- mentaire et n'est pas tubulaire. On y remarque, à peu de dis- tance du col de la vessie, une saillie médiane appelée veru- montanum ou crête uréthrale{^), qui en occupe la paroi postérieure et qui est bordée latéralement par des sillons lon- gitudinaux où débouchent les glandes prostatiques. La porlion suivante du canal de l'urèlhre, qui appartient plus directement à l'organe copulateur, fait jjarlie de l'appendice érectile appelé pénis, lequel est destiné à pénétrer profondément dans l'appareil femelle et à y porter la liqueur fécondante. § 7. — Le pénis, ou verge des IMammifères, est toujours situé en avant ou au-dessous de rorifice anal; mais sa position est d'ailleurs sujette à des variations assez grandes, que l'on peut rapporter à cinq types principaux. Ainsi, dans la grande division des ^lammifères Didelphiens, c'est-à-dire chez les .Monotrèmes elles Marsupiaux, cet organe est logé dans l'in- térieur du cloaque et ne parait pas au dehors quand le muscle sphincter est contracte (3). Cliez beaucoup de Rongeurs, les Lièvres et les Rats par exemple, il se dirige en arrière et va aboutir tout près de l'anus, sans être cependant compris dans l'espèce de bourse formée par le sphincter. Chez la plupart des .^tammifères, il s'avance jusqu'au pubis, et ensuite on le voit (1) Une disposition analogue existe (3) Ainsi, chez la Sarigue de Vir- cliez les Uuminanls. ginie, l'orilicc du fourreau de la verge (2) Les analomistes désignen' aussi se trouve imméilialement en avant cette crête médiane sous les noms de de l'ouverture anale (a) et est coni- capitt GaUinaijinii> et de coIUcu'ms pris dans le même sphincter. seininalin. > {a} Hunier, voyez Catal. of the Mus. o( the Coll. of SwQeons, Physlot. Séries, t. IV, (il. 51. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. 25 tantôt se recourber en arrière ou en dessous, pour se terminer aussitôt ou pour se rapprocher de l'anus, ainsi que cela a lieu chez divers Rongeurs (1) ; d'autres fois s'avancer vers l'ombilic dans un repli de la peau, qui le lient suspendu sous la ligne médiane de l'abdomen, ou bien devenir libre et pendant au devant de l'arcade pelvienne (2). Cette dernière disposition ap- partient aux Quadrumanes et aux Chéiroptères, aussi bien qu'à l'Homme (3); mais le mode d'organisation précédent est le plus ordinaire. En eiïet, la verge est fixée sous l'abdomen par un fourreau adhérent, chez les Carnassiers terrestres et aqua- tiques, les Proboscidiens, les Solipèdes, les Pachydermes, les Ruminants et les Cétacés (4). il est aussi à noter que dans ce dernier cas, cet organe se dirige d'ordinaire en ligne droite d'arrière en avant, mais quelquefois sa longueur est trop considérable pour qu'il puisse se loger ainsi dans sa gaine cu- tanée, et alors il s'y infléchit de façon à y décrire une ou plu- sieurs courbures. Chez l'Éléphant, par exemple, la verge se replie en forme de double S italique (5). (1) Clioz rAgouti, cette courbure de la verge est très- remarquable (a). (2) La base de la portion libre de la verge est fixée au pubis par des ex- pansions fibreuses appelées ligaments . suspenseurs du pénis. Quelquefois ces ligaments sont renforcés par des fibres contractiles, qui constituent une paire de nuiscles releveurs de la verge : par exemple, chez les Cynocéphales. (3) Un mode de conformation ana- logue se voit aussi chez le Dugong (6). (4) La verge est suspendue à la paroi de l'abdomen par du tissu con- jonctif plus ou moins fort, qui se trans- forme même en un ligament élastique, lorsque le poids de cet appendice de- vient très-considérable, comme chez l'Eléphant. 11 existe aussi une paire de muscles élévateurs du pénis chez certains liongeurs, tels que les Lièvres et les Cochons d'Inde et chez certains Marsupiaux. (5) Chez les Piuminants, la verge, dans l'état de rétraction, se recourbe aussi à sa base, et cette disposition est déterminée principalement par l'action d'une paire de muscles qui s'implan- tent latéralement sur le corps caver- neux, et qui se rendent au bord de l'anus, où ils se continuent avec des cordons fibreux dont l'extrémité pos- (a) Hunter, voyez Catal. of the Collège of Suvgeons, Physiol. Séries, t. IV, pi. 52 et 5. [b] Quoy et Gaimard, Voyage d» t'Aslrulalie, Mammifères, pi. 27, lîg. i et (!. 26 REPRODUCTION. La portion de la peau qui avoisine l'extrcmilé libre de la verge se réfléchit en dedans pour se continuer avec la mem- brane muqueuse qui revêt cette extrémité, et pour former ainsi une espèce de gaine ou de sac appelé jorep^ce, dans l'intérieur duquel cet organe se retire d'ordinaire pendant l'état de repos, mais dont il se dégage lors de l'érection. Sou vent ces changements sont aidés par l'action démuselés particuliers, appelés rétrac- teurs et protracteurs du fourreau, chez le Bœuf par exemple (I). En général, le pénis est à peu près cylindrique dans toute sa longueur, mais, ainsi que nous le verrons bientôt, son extrémité varie beaucoup dans sa forme, et parfois se bifurque plus ou moins profondément. De même (juc chez certains Reptiles et Oiseaux dont il a été question dans la dernière leçon, le pénis des Mammifères est formé principalement par le corps caverneux, organe qui est composé de deux cylindres de tissu érectile, réunis plus ou moins intimement entre eux de façon à offrir à leur face pos- térieure une gouttière ou canal médian ; mais le conduit ainsi Icrieurc est fixée au sacrum. ïlilnier a tii-s-bien représenté ces muscles ré- tracteurs de la verge chez la Clièvre (o), mais Ciivier paraît les avoir confondus avec les rétracteurs du prépuce. Chez le Cheval, ces muscles sont repré- sentés, et on les désigne communément sous le nom de cordons snspenseurs de la verge (b). Chez l'Eléphant, ces muscles manquent, ou plutôt sont re- présentés par les muscles qui ont été considérés par quelques anatomistes comme étant des élévateurs de la verge, et qui naissent du pubis pour aller s'attacher au gland (c). (1) Les muscles rétracteurs du four- reau consistent en une paire de mus- cles qui s'avancent sur les côtés de la verge, de la région périnéenne jus- qu'au manchon prépulial, et qui le tirent en arrière. Les muscles pro- tracteurs du fourreau, composés de plusieurs languettes, naissent des pa- rois de l'abdomen en avant de l'ou- verture préputiale, et se réunissent sur le bord postérieur de ce pli cu- tané, de façon à constituer une sorte de sphincter en forme d'anse. Ces divers muscles ont été très-bien représentés, chez le Bœuf, par M. Chauveau (d). [a] Voyez Catalogue of the Muséum of ihe Collège of Surgeons, Physiol. Séries, t. IV, p.l. 5G. (6) Voyez Chauveau, Traité d'anatomie comparée des Animaux domestiques, p. 788. (c) Camper, Description anatomique d'un Éléphant mâle, p. 34, pi. -i, fig. 1. {d) Cliauvoau, Traité d'anatomie cumparéc des Animaux domestiques, p. 789, llg. 200. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. 27 constitué, au lieu de servir directement au passage de la liqueur fécondante, loge un tube particulier qui reçoit ce liquide de la portion pelvienne de l'urèthre et le porte au dehors. Ce tube est susceptible d'entrer dans un état de turgescence comme le corps érectile auquel il est uni, et il constitue le canal dont j'ai déjà parlé sous le nom de portion spongieuse de l'urèthre. Son extré- mité est d'ordinaire plus ou moins renflée et est appelée gland. Une enveloppe commune de structure fibreuse et très-élastique entoure ces parties et les réunit entre elles (i). Enfin, chez un grand nombre de Mammifères, l'appendice copulateur est renforcé par un os dii pénial, qui est logé dans sa profondeur et (]ui en augmente la rigidité. Nous passerons en revue ces différentes parties. Les deux cylindroïdes qui constituent le corps caverneux sont écartés entre eux à leur extrémité postérieure, et y forment à la base du pénis deux prolongements, que les analomistes désignent sous le nom de racines de la verge. Presque toujours ces parties initiales du corps caverneux sont de forme conique, et sont solidement fixées aux branches ischio-pubiennes du bassin ; enfin des muscles appelés ischio-caverneux les recouvrent en grande partie, et, lorsqu'ils se contractent, les compriment (2). Chez les Cétacés, où le bassin est rudimentaire, les racines de la verge ne sont pas amincies de la sorte, mais elles adhèrent non moins intimement aux os pelviens (3). Enfin, chez les Mar- ' Corps caverneux. (1) On désigne ceue tunique fibreuse sous-cuinnée sous le nom de fascia ■pp.nis. En avanl, elle se perd sur la surface du gland, et en arrière elle se confond avec les aponévroses du périnée, des aines et du pubis. On y distingue deux plans de fd^res (a). (2) Les muscles ischio-caverneux naissent du bord interne de la tube- rosité de l'ischion, et se dirigent en avant sur les côtés du périnée, pour aller embrasser les racines de la verge. Chez rilomme, ils sont grêles et médio- crement allongés (6) ; chez l'Éléphant, ils sont fornrés de quatre portions. (3) Ce sont principalement les mus- fa) Lacaucliie, Traité d'hydrotomie, 1853, p. 50. [b) Voyez Bourg-ery, Anatnmie de l'Homme, I. II, pi. iOi. 58 RKPRODtCTION. supiaux, elles sont libres, et ne tiennent à l'ischion que par le tendon du muscle ischio-caverneux , qui enveloppe chacune d'elles. 11 est aussi à noter que chez les Kanguroos elles se bifurquent. Dans le reste de leur étendue, les deux moitiés du corps caverneux sont intimement unies entre elles. D'ordinaire elles offrent à leur face inférieure, sur leur ligne de jonction, une dépression en forme de gouttière, qui loge la portion spon- gieuse de Turèthre, mais quelquefois les bords de ce sillon se rencontrent en dessous, de façon à le transformer en un canal qui engaîne com|)létement le corps spongieux (1). Ce mode d'organisation exceptionnel existe chez les Kanguroos. Les corps caverneux sont constitués essentiellement par une sorte de cliar[)ente fibreuse et des réservoirs sanguins. La char[)ente fibreuse se compose d'une tunique extérieure ou gaîne, et d'une multitude de trabéculcs qui se détachent de la paroi interne de cette gaîne, et se réunissent entre eux de façon à circonscrire incomplètement une foule de petites aréoles en .communication les unes avec les autres. La tunique est composée de tissu conjonclif et de tissu fibreux élastique ; son épaisseur varie beaucoup suivant les espèces et devient parfois très-considérable, chez les Cétacés surtout ; elle est d'un blanc opaque, et l'on y remarque de nombreux i)ertuis qui livrent pas- sage aux vaisseaux sanguins. Sur la ligne médiane, où les deux corps caverneux sont intimement unis entre eux, les portions adjacentes de cette enveloppe se confondent, et constituent au milieu du pénis une cloison longitudinale plus ou moins in- cles iscliio-caveineux qui lixent les (1) Il en résulte que dans une sec- racines de la verge aux os slylifornies lion transversale de la verge, le corps dont se compose le bassin rudinicnlaire caverneux affecte une ligure annii- des Cétacés (a). laire (6). (a) Exemple : le Marsouin ; voyez Hunier (Catalogue of llie Muséum of the Collège of Surgeons ; Plajsiol. Séries, t. IV, pi. 47 et 48). — Carus et Otlo, Tab. Anat. compar. illustr., pars v, pi. 'J, fig. 1. (6) Cuvier, Leçons d'anatomie comparée, i" ('•liit., i. V, pi. i9, fii^-. 3. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. 29 romplèle. Souvent elles disparaissent même entièrement dans ce point, de sorte qu'il n'existe dans l'intérieur de la verge aueune cloison médiane, et qu'il ne semble y avoir qu'un seul corps caverneux impair. Cette dernière disposition se rencontre chez la plupart des Pachydermes, les Ruminants, les (Cétacés, l'Ours, le Blaireau, et quelques Quadrumanes, tels que le Saï. f.a cloison est au contraire complète chez d'autres Singes (1), le Chien, le Rhinocéros, etc. Enfin, elle existe d'une manière partielle chez l'Homme, chez plusieurs Singes, tels que les Cynocéphales, et chez les Makis (12). Les trabécules qui subdivisent en aréoles la cavité générale du corps caverneux, consistent en filaments et en lamelles de couleur rougeatre, formées de tissu conjonctif, de fibres élas- tiques et de fibres musculaires lisses (3). Beaucoup d'entre (1) Une cloison coniplèle a ilé con- (3) Depuis les premières observa- stalt^e chez le Callilrichc et chez le lions de Vésale et de Malpighi sur la Mandril (a). struclurc du pénis, la disposition gé- (2) Chez la plupart des Cercopi- néralc dos trabécules du tissu caver- Ihèques, la cloison ne s'étend pas au neux, et des cavités qu'elles circon- delà de la partie moyenne du corps scrivent, a été étudiée par beaucoup caverneux. d'auteurs [h) ; mais on a été en désac- (a) Ciuier, Anatomie comparée^ t. VIII, p. 20r>. (b) Vésale, De corporls liumani fabrica, lib. V, cap. XIV, p. G29. — Malpiglii, Opeva omnia, t. U, p. 221 . — Hunier, Observ. on Ihe Animal Œconomy, et Œuvres, Irad. par Riclielot. t. IV, p. 93. — G. Duvernoy, De pinguedine, prosUitx musculis, nervis, vasis sanguineis, corporibus nerveo-sponowsis, eorumquc septo; balano pénis; urelhrcc bulbo, ejusque coijore spongioso {Comment. Acad. scient. PetropoUlanœ, 1729, t. Il, p. 372y. — Cuvier, Anatomie comparée, i" cilil., t. V, p. 204. — Tiedeniaiiu. Ueber den sclnuammigen Kbrper der Piuthe des Pferdes (MockaVs Deutsches Archiv far die Physiologie, 1816, l. II, p. 95, pi. 3, lit;-. 1-3). — Notice sur les corps caver- neux, etc. (Journal complémentaire du. Dictionnaire des sciences médicales, t. IV, p. 283). — Ribes, Exposé sommaire de quelques recherclies anatomiques (il/m. de la Société médicale d'émulation, t. VI!!, p. 005). — Moresclii, Comment, de urethrœ corp. spong. glandisque structura, 1817. — Mascagiii, Voyez Paniixa, Osservaiioni antropo-iootomico-fisiologiche, 1830. — Home, Comparative Anatomy, Syi\t\^\e\n., pi. ()5-(57. — Kobelt, Die mdnnhchen und tveiblechen Wolluslorgane, 18-ii. — Herbery', De creclione pénis, 1844. — Kiilliker, Ueber das anat. imd physiol. Verhalten der cavernësen Kurper der indiuili:hen Sexualorgane [Yerhandl. der Wiirzburg med.phys. Ces., 1851). — Koli'.raiisch, Zur .i7iat. und Physiol. des Deckenorgane, 1854. — EUis, Op. cit. (Medico-chirurgical Transactions, t. XXXIX). — Langer, Ueber das Gefâsssystem der mdiinlichem Schwellorgane (Sitziingsbericht der Wiener .Midd., 1803, t. XLVI, p. 120). — .\insi que plusieurs autres analomisles dont les noms sont citci plus bas. âO REI'RODUCTION. elles renferment des vaisseaux sanguins, et leur surfaee est garnie partout d'une couehe de tissu épithclique qui adhère intimement aux parties sous-jacentes. Il en résulte que les espaces ou méats circonscrifs par cette espèce de charpente à claire-voie sont tapissés par de l'épilhélium, et ces cavités sont en communication avec le système vasculaire adjacent, de façon à recevoir le sang dans leur intérieur (1). En effet, les ramus- coi'd touchant la nature de ces brides. Leur structure musculaire est particu- lièrement manifeste chez le Cheval, et a été démontrée par l'action des réactifs chimiques, aussi bien que par la constatation des caractères phy- siques de ces parties (a). Cela a été révoqué en doute par quelques ana- tomistes (6), et il est à noter que la proportion de tissu musculaire et de tissu fibreux qui entre dans la com- position de ces parties varie beaucoup suivant les espèces. Chez le Taureau, les parties fibreuses sont très-déve- loppées (c). (1) Les anaiomisles ne sont pas d'accord sur le mode de terminaison des artères dans le corps caverneux et dans les antres tissus érectiles. Ainsi que l'a constaté J. Millier, l'artère ca- verneuse ne se divise pas dichoto- miquement, comme le font d'ordinaire les vaisseaux de même ordre, mais émet latéralement une multitude de branches qui se terminent par un bou- quet de ramuscules. Ces ranniscules sont en général très-flexueux, et sou- vent (principalemeut dans l'état de reposdu tissu érectile)ilssont recourbés en tire-bouchon, disposition qui leur a valu le nom iVartères hélicines [d]. Millier croyait qu'ils se terminaient en cul-de-sac dans rinlérieur des cellules du corps caverneux, et M. KiiUiker, tout en reconnaissant que cela n'est pas, pense que la portion en forme de doigt de gant à laquelle serait duc cette apparence, se continue jusqu'au sinus veineux correspondant sous la forme d'un canalicule très-étroit (e). Mais il paraît, d'après les recherches de MM. Valenlin, Ilenle, Bouget, Sap- pey, etc., que ces formes sont dues en majeure partie à la manière dont l'in- jection ou la dissection ont été faites, et que les artères dites hélicines, après s'être recourbées, et quelquefois avoir formé des anses, débouchent directe- ment dans les petits sinus du tissu érectile {[]. i (a) J. Millier, Eericht {Arch. fur Annt., 4 835, p. 28). (b) Krausu, Anatomische Jicmerkungen (Hecker's Annalen der gesammten Heilkiinde, 1834, t. XXVni, |i. 141). (c) Lacauchie, Traité dliydrotomie, p. Gl. (d) J. Millier, Enldcckung der bei der Ereclion des vidnnlichen Gleides vArksamen Arterien {Archiv fur Anal, und PhysioL, 1835, p. 202, pi. 3). (e) Kôlllker, Traité d'histologie, p. 567. (/") Valenlin, Ueber den Verlaitf der Blutgeftisse in dem Peiiis des Mcnsclicn und einiger Sâugethiere (Miiller's Archiv, 1838, p. 182). • — Rouget, Recherches sur les organes érectiles [Journal de jjliysiologic de lirowii-Sénuaril, 1838, t. I, p. 326. — Sappey, Traité d'analoiiiie descriptive, I. lit, p. 581. — E. Wilson, art. Penis (Todd's Cyclop. of Anal, und PhysioL, l. III, p. 917). APPAREIL DE LA GÉNÉP.ATION DES MAMMIFÈRES. âl Cilles des artères profondes du pénis y débouchent, et elles con- stituent un vaste système de sinus qui communiquent entre eux, et se vident dans les troncs veineux circonvoisins par un cer- tain nombre de courts canaux de décharge appelés veines émissaires du pénis. Les cellules du corps caverneux sont donc des réservoirs sanguins très-analogues aux lacunes interor- ganiques qui, chez beaucoup d'Animaux inférieurs, tiennent lieu d'une portion plus ou moins considérable du système veineux (1), et comme leurs parois sont très-élastiques, elles sont suscepti- bles de se distendre et d'augmenter de capacité lorsque le sang y arrive plus abondamment que d'ordinaire, ou que des obstacles s'opposent à l'écoulement de ce liquide dans les troncs veineux adjacents. Lu substance spongieuse du corps caverneux se gonfle alors, et quand la gaine hbreuse de ce corps est fortement dis- tendue, elle devient rigide, état qui constitue l'érection, phéno- mène sur lequel nous aurons bientôt à revenir. J'ajouterai que cette partie de la verge est pourvue d'un grand nombre de lilets nerveux appartenant au système ganglionnaire [2). (1) Les sinus sanguins du tissu aréo- laire du corps caverneux pourraient être considérés aussi comme le résultat de la dilatation brusque des radicules veineuses, qui s'anasiomoseraient très- souvent entre elles, de manière à for- mer des réseaux, et qui se contour- neraient très-irrégulièrement de façon à perdre tout aspect tubulaire (a). Les observations de Cuvier, sur la struc- ture du pénis de l'Éléphant et de quel- ques autres grands Mammifères, ainsi que les recherches de Tiedeniann sur la verge du Cheval, sont favorabl s à cette interprétation des choses (6); mais les cavités en question n'ont pas de parois propres, et ne sont limitées que par les trabécules circonvoisines dont la surface est revêtue d'une mince couche de tissu épithéliquc. (2) Le plexus nerveux du pénis du Cheval et de l'Homme 'a été étudié avec soin par J. Millier, qui en a donné de très-belles figures (c). (a) J. Millier, Ueber die organischen Nerven der erectilen mânnlichen Gesehlechtsorgane des Menschen uud der Sdugethiere (Mém. de L'Acad. de Berlin pour 1835, p. 121, ji!. 2 et 3j. (b) Hunier, Obscrv. on certain parts of the Animal Œconomy, p. 4S, — Ribes, Expusé sommaire de quelques recherches aiiatomiques {.)Iém. de la Société médicale d'émulation, l. VII, p. 605). — E. Wilsoii, art. Penis (Todd's Cijclop. of Anal, and Pkijsiol., t. III, p. 91"). (c) Guvier, Leçons d'analoiuie comparée, t. VIII, p. 204. — Tietleniaïui, i'eber den schtuammigen Kôrper des Ruthe der Pferdes (Meckcl's Deulsckcs Archiv fUr die Physiol., 1810, t. II, p. 'J5, pi. ï!, lit;. 1, -2, 3). 32 REPRODUCTION. roriion La portion spongieuse ou pénienne de l'urèthre, qui s'unit spongieuse *"" , de rûrèihre. OU coFps Ctivemeux de la verge, est également susceptible de turgescence, et sa structure n'en diffère que peu, si ce n'est que son axe est occupé par le tube excréteur. On y trouve aussi une tunique fibreuse (1) circonscrivant un système de petites aréoles sanguifèresqui sont incomplètement séparées entre elles par des trabécules délicates, et qui se distendent par l'afflux du sang dans leur intérieur. Les caractères de ce tissu érectile qui entoure toute celte portion terminale de l'urèthre ne pré- sentent aucune particularité importante à noter (^2) ici, mais le cylindroïde ainsi constitué varie un peu quant à sa forme. Son extrémité postérieure est renflée, et constitue à l'entrée de la rainure pratiquée à la face inférieure du corps caverneux, entre les racines de ce corps ou un peu plus en arrière, une saillie appelée bulbe de l'urèthre (3). D'ordinaire ce renflement est ova- laire et médian, mais quelquefois il se divise en deux branches. Cette dernière disposition est commune aux Marsupiaux (û), et se rencontre aussi chez quelques Rongeurs, notamment chez le Rat d'eau (5). 11 est aussi à noter que le bulbe de l'urèthre repose sur une paire de petits muscles dont les fibres vont de la ligne médiane du périnée à la partie adjacente des corps caverneux (6), et qu'il est relié aux branches ischiatiques par (1) Cette tunique est moins forte (4) Ces deux branches du bulbe sont que celle des corps caverneux. libres, et chacune d'elles est enveloppée (2) On peut remarquer cependant par un muscle particulier, comme celi qu'en général, la substance spon- a lieu pour les racines du corps ca ver- gieuse de l'urèthre ressemble davan- ncux. Ces muscles paraissent être les tage à un timple plexus veineux. analogues des muscles transversaux (3j Quelquefois le bulbe de Turèthrc du périnée, est placé plus en arrière. Ainsi, chez (5) Chez le Chameau, le bulbe de les Cynocéphales, il se trouve sous l'urèthre présente aussi les rudiments l'anus, tandis que les corps caverneux de deux branches, ne commencent qu'en avant des tube- (6) Ces muscles, appelés éjaculateurs rosités ischiatiques (a). ou bulbo-caverneux, à raison de leurs (a) Cuvier, Analomie comparée, 1. Vlil, p. 215. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. 3o des faisceaux musculaires (1). La portion suivante du corps spongieux est généralement assez grcle, et dans les espèces où la verge est soutenue par un os pénial très-gros, la couche de tissu érectile qui y entoure le canal de l'urèlhre disparaît presque complètement vers le bout de cet appendice; mais en général elle devient au contraire beaucoup plus épaisse près de l'ex- trémité de la verge, et donne à cette partie une forme arrondie ou renflée. Il est aussi à noter que presque toujours le corps spongieux est intimement uni au corps caverneux dans toute la longueur de celui-ci (2), et le dépasse plus ou moins à son ex- trémité pour constituer le gland, partie dont la forme varie beaucoup suivant les espèces, et sur la disposition de laquelle j'aurai bientôt à revenir. rapports anatomiques, sont bien dis- tincts entre eux chez quelques Mammi- fères, tels que les Marsupiaux et cer- tains Rongeurs ; mais (rordinaire ils sont unis si intimement sur la ligne médiane, que les anaiomistes les con- sidèrent comme ne formant qu'un seul muscle impair. Telle est leur dispo- sition chez rHomme, où ils recouvrent la presque totalité de la portion péri- néenne de Turèthre ; en arrière, ils s'unissent aux muscles sphincter de l'anus et transverses du périnée, et leurs fibres se dirigent obliquement en avant et en dehors (a). Chez le Cheval, les deux muscles bulbo-caverneux sont complètement confondus sur la ligne médiane, leurs fibres sont transver- sales, et ils s'étendent jusque dans le voisinage du gland {b). D'autres fois, au contraire, ces muscles ne s'appliquent que sur le cul-de-sac formé par le bulbe de l'urèthre, en arrière du point de jonction de celui-ci avec la portion pelvienne du même tube, et ils sont sans action sur le canal traversé par l'urine : par exemple, chez la Marmotte et l'Ecureuil. Chez l'ichneumon, ces muscles sont réduits davantage et n'exercent leur action que sur les glandes de Couper. (1) Ces fibres, disposées oblique- ment, constituent les muscles trans- versaux du périnée, et d'ordinaire suivent le bord postérieur des muscles ischio-caverneux : par exemple, chez l'Homme (c) et chez le Cheval (d). (2) La Gerboise de Mauritanie fait exception à celte règle. MM. Duvernoy et Lereboullet ont constaté que la por- tion extra-pelvienne de l'urèthre reste libre dans presque toute son étendue, et n'est unie au corps caverneux que par du tissu conjonctif (e). (a) Voye? Bouigery et Jacob, Anatomie de l'Homme, t, II, pi. d04. (b) Voyez GurI, Dig Anatomie des Pferdes, pi. 12, liij. 2. (c) Voyez Bourgery, Op. cit., t. II, pi. 104. (d) Voyez Gurl, Op. cit., pi. 12, fig. 2. (e) Duveinoy cl Lereboullet, Notes et renseignements sur les Animaux vertébrés de l'Algérie, p. 47, pi- 4, lig- 10 {Mém. de la Soc. d'hist. nat. de Strasbourg, t. UIj. ix, 3 34 REPRODUCTION. Os Chez beaucoup de Mammifères, la rigidité de la verge est de la \erge. assurée, non pas seulement au moyen de la turgescence des corps érectiles dont je viens de parler, mais encore à l'aide d'un os qui s'étend sur une longueur plus ou moins considérable dans l'épaisseur de cet appendice, au-dessus du canal de l'urè- Ihrc, et qui remplit les fonctions d'un tuteur. Cet os pénial existe chez les Quadrumanes (1), les Chéiroptères, presque tous les Carnassiers (2), les Phoques, les Rongeurs (3) et les Baleines. Son développement est d'ordinaire en raison inverse de celui du corps caverneux, et quelquefois môme il forme la plus grande partie de l'appendice copulateur : par exemple, chez le Chien, la Marie, la Loulre, le Blaireau, le Raton et l'Ours. Son extrémité basilaire est solidement unie à la charpente fibreuse du corps caverneux (4), et en général il s'avance dans l'intérieur du gland au-dessus de la portion terminale du canal de l'urèthrc. Sa forme varie beaucoup suivant les (1) Exemples : le Chimpanzé, VO- (3) Exemples : le Castor (j), raHg(a),lcCallilnchc(6),le]Nycticèbe. l'Agomi (/*;), rÉcurcuil (0, la Cior- (2) Exemples : le Chien (c), le boise (m), TUélamys (n). Lonp {dj, le Blaireau (e), l'Ichneu- (h) Chez les Chiens, les Maries, les mon (/■), la LouUe (y), la Fouine (/O, Loutres, les Ours, les Phoques, etc., le Coati (*). Les Hyènes eu sont dé- la cavité du corps caverneux cesse pourvues. où Tos pénial commence, et sa tu- (a) Crisp., On Ihe os pénis of the Chimpanzé and the Orang {Proe. i,ool. Soc, 1863, p. iH). (b) Cariis et Otio, Tab. Anal, compar. illustr., pars V, pi. 9, lig. 10. (c) Uaiibeiitoii, Œuvres de Buffon, édit. in-8, MAMMiFiiiiEs, pi. :>d, fig;. 7 et 8. (d) Canis et Otto, Tab. Anat. compar. illustr., pars v, pi. 9, %. H. (e) Daubenlon, loc. cit., t. XIX, pi. 111, iig. 2, 3 et 4. (/■) Ciivier, Analomie comparée, \" édit., t. V, pi. 47, fig. 2. (g) Carus et Otto, loc. cit., pi. 9, llg. 12. (A) Carus et Otto, ibid., fig. 13. (î) Perrault, Jtfémoires pour servir à l'histoire naturelle des Animaux,^' parlie, p. 21 , pi. 38, ng. P. {j) Daubenlon, Description anatomique (Buffon, Œuvres, édit. in-8, t. XX, pi. 187, fij. 3). — Pallas, Novœ species Quadriipedum, e Gliriitm ordine, pi. 17, (ig-, 1, b, c, d. (k) Daubenlon, loc. cit., pi. 199, fig. 2. |/) Idem, loc. cit., pi. 131, fig. 4. {m} Duvemoy et Lereboiillet, Op. ci(., pi. 4, fii,'. 12 (Mém. de la Soc. d'hist. nat. de Strasbourg, t. III). (n) Calori, Sulla siruclura deW Hdanns cafcr [Mem. délia Accad. délie scienze de llologiia, 1854, t. X, pi. 12, fig, 21). Al'l'AUElL DE LA GÉNÉliATlON DES MAMMIFERES. 35 espèces : ainsi, chez la Baleine, où son développement est très-considérable, il est cylindroïde, presque droit et renllé en massue à son extrémité libre ; chez le Raton, il est courbe en S (1). Ainsi que je l'ai déjà dit, cet os manque chez beaucoup de Mammifères : les Ruminants, les Pachydermes, les Insectivores et les Édentés, par exemple ("2). Chez l'Homme, il est quelque- fois représenté par un petit cartilage prismatique situé au mi- lieu du gland (o) ; mais cette anomalie est rare, et d'ordinaire on n'en aperçoit aucune trace. Le gland, ou portion terminale de la verge, qui, dans l'état d'érection, se déploie hors du prépuce, est formé le plus ordi- nairement en entier ou en majeure partie par un renflement du corps spongieux, qui dépasse l'extrémité du corps caverneux et qui porte le méat urinaire ou orifice du canal del'urèthre {li). En général, il est arrondi ou conique (5), indivis ou faiblc- Glaiv.l. nique fibreuse se confond avec le périoste de ce dernier. (1) U est aussi à noter que, chez le Raton, rextrcmitc de l'os pénial est renflé en forme de tète bilobée (o). (2) Les Lamentins et les Dauphins sont également dépourvus de Tos pénial. (3) Ce petit cartilage a été observé chez des INègres et chez quelques Hommes de race blanche dont le pénis était très-volumineux (6). {li) Souvent la partie terminale du gland est formée presque entièrement par l'extrémité de l'os pénial , qui s'avance en forme de stylet au-dessus du méat urinaire : par exemple, chez le Coati (c) et chez l'Ecureuil volant ou Pleromys {d). (5) Chez le Sanglier, par exemple, le gland est grêle et conique (e). Chez le Chameau, le pénis se ter- mine par un appendice de substance dure et conique, qui est courbé en forme de crochet et se dirige transver- salement {[). Chez le Dugong, son extrémité est conique, mais sa portion subtermi- nale a la forme d'un bourrelet bi- lobé ((/). (a) Daubenlon, Description du Raton (Buffoii, Œuvres, t. XX, p. 395, pi. l'J2, ûg. 3, éJit. in-8). (b) Mayer, Ueber die Structur des Pénis (Froricp's Notizen, 1834, n» 883, t. XLI, p. 36). (c) Perrault, Mém. pour servir à l'histoire naturelle des Animaux, 2" partie, pi. 38, fig'. F, ((() Carus et Otto, loc. cit., pi. 9, fig. 3a et Sb. (e) Daubenlon, Deseription anatomlque (Buiroii, Mammifères, édit. in-8, l'I. 33/. (/■) Pcrranlt, Op. cit., 1'° partie, p. 78, pi. 8, 11g. L. (<1^ Ev. lluiue, Lectures on cumpar. Anal., t. IV, pi. HO, fife'. •• 36 REPRODUCTION. ment bilobé(l); mais chez certains Mammifères, notamment les Monotrèmeset la plupart des Marsupiaux (2), il est fourchu, et quelquefois chacune de ses branches terminales est à son tour divisée vers le bout, en sorte que son extrémité, au lieu d'être simple, est quadrifide. Cette dernière disposition se rencontre chez l'Echidné (3). Quelquefois le canal de l'urè- thre s'arrête à la base de la fissure médiane, dont résulte la bifurcation du gland : par exemple, chez les Sarigues et les Phalangers; mais d'autres fois, chez l'Ornithorhynque et chez les Péramèles notamment, ce conduit excréteur se divise en deux pour pénétrer jusqu'au bout de chacune des branches ter- minales du pénis. La peau qui revêt le gland est toujours très-délicate et d'une grande sensibilité; en général, elle ressemble beaucoup à une membrane muqueuse et présente de nombreuses papilles (û). (1) Pour plus de détails sur la coniques (d). Chez la Manuose et forme de la verge, je renverrai à le Cayopolin, ces divisions sont irès- VAnatomie comparée de Cuvier , longues et creusées sur leur face an- 2»^ édition, t. VIII, p. 220 et suiv. lérieure d'une gouttière longitudi- (2) Chez les Marsupiaux , qui ne nale. niellent has qu'un petit par portée, les (3) Ces quatre lobes terminaux sont Kanguroos par exemple, le pénis est arrondis et creusés d'une fossette où simple (a); mais cliez les autres es- vient aboutir une brandie du canal de pècesde cet ordre, ainsi que chez les l'urèlbrc {e). Chez le Phascolomo, le OrniUiorhynques {h), il est plus ou gland est fail)lcment quadrilobé, mais moins profondément divisé. Chez le le canal génito-urinairc s'arrête à la Koala, le gland est seulement biiobé(c). base de ces divisions (/"). Chez la Sarigue de Virginie, il est (û) Chez le Cheval, ces papilles sont divisé en deux branches courtes et très-longues et pédiculées sur la por- (a) Exemple : le Kanguroo géant; voy. Cuvier, Anat. comparée, i" édit., pi. 49, f\g. i et 2. — Le Potoroo, ou Hypsiprymnus ; voy. Owen, Marsupialia (Todd's Cyclopcudia of Anatomy, t. III, p. 3H, fig. 235 A). (6) Home, Lectures on comparative Anatomy, t. IV, pi. d3i, ll.uf. 1. — Meckel, Oniithorhynchi paradoxi descriptio anatomica, pi. 8, i'ig. 2 et 3. (c) Owen, Op. cit. (Todd's Cyclop., t. III, fig. 135 A). (rf) Cowper, An Account of the Anatomy of those parts of the maie Opossum thaï differ from the female {Philos. Trans., 1704, p. 1583, pi. 1, fig. 2, et pi. 2, fig. 3, 4). — Owen, Op. cit. (Todd's Cyclop., t. Ill, p. 312, fig. 130). (e) Cuvier, Analomie comparée, 1" édit., t. V, pi. 51, fig. 1 et 2. — Martin Saint-Ange, Op. cit. {Mém. de IWcad. des sciences, Sav. clr., t. XIV, pi. 7, fig. 4). (/■} Cuvier, Op. cit., p. 91, pi. 50, fig. 1 et 2. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. 37 Souvent elle est garnie aussi d'épines ou d'écaillés épider- miques, qui sont destinées, soit à exciter les parois du vagin, soit à faciliter la rétention de la verge dans l'intérieur de cet organe pendant le coït. Comme exemples de Mammifères dont le gland est fortement armé de crochets rétenteurs, je citerai les Ger- boises (1), les Agoutis (2), les Cochons d'Inde (3) et les Monotrèmes (/i). C'est aussi pour mieux maintenir le pénis dans la cavité tion préputiale des téguments du gland (a). Les vaisseaux lymphatiquesdu gland ont été récemnaent l'objet de recher- ches nouvelles (b). (1) Chez la Gerboise de Mauritanie, le gland est trilobé, et, indépendam- ment des petites épines épidermiques qui hérissent la surface de son lobe supérieur, il est armé d'une paire de longs stylets cornés et courbés vers le bout, qui s'appuient sur l'os pénial (c). La conformation du gland est à peu près la même chez la Gerbille d'E- gypte id). (2) Chez l'Agouti, le gland, creusé d'un sillon dans toute sa longueur, est hérissé de petites papilles roides et piquantes dont la pointe est dirigée en arrière, et en outre il est garni latéralement d'une paire de lamelles osseuses dont le bord est découpé en dents de scie (e). (3) M. Rymer Jones décrit de la ma- nière suivante le pénis du Cabiai. Il est pourvu d'un os lamelleux qui s'avance jusqu'à l'extrémité du gland, et au-des- sous de l'orifice de l'urèthre se trouve une poche contenant deux longues épi- nes cornées qui font saillie au dehors, lors de l'érection; la surface du gland est hérissée de crochets ; enfin il existe un peu plus en arrière une paire de lames cornées à bords denticulés (/"). Chez les Insectivores décrits par M. Peters sous le nom de Rhyncho- rion, l'extrémité du pénis est armée d'une crête denticulée {g). [h) Chez rOrnithorhynque, les épi- nes qui garnissent la portion terminale de chaque branche du pénis sont très- nombreuses et très-fortes {h). (a) Burckhardl, Ueier den Bau der Haut {Bericht ûbei' die Verhandl. der naturforschenden Gesellsch. m Basel, iin Jahre 1835, p. Gj. (b) Sappey, Injection, préparation et conformation des vaisseaux lymphatiques, 1843. — Belaiff, Recherches microscopiques sur les vaisseaux lymphatiques du gland {Journal d'anatomie, l§G(j, t. III, p. 465). (c) Duvernoy et LerebouUet, Op. cit., p. 48, pi. 4, fig. 12 (Mém. de la Soc. d'hist. nat, de Strasbourg, t. III). (d) Carus et Otlo, Tab. Anat. compar. illustr., pars v, pi. 9, fig. 4. (e) Daubenlon, Description de l'Agouti (Buffon, Œuvres, édit. in-8, t. XX, p. 442, pi. 198, fig. 1 et 2, et pi. 199, fi^. 1). (f) Rymer Jones, A gênerai Oiitline of the Animal Kingdom, 1841, p. 725, fig. 333. (g) Peters, Reise nach Mossambique, t. I (Saugethiere, pi. 24, fig-, 7, 7 a, 1852). ; (h) Meckel, Ormlhor. parad. descript. anat., pi. 8, llg. 2 et 3. — Martin Saint-Ange, Op. cit. (Mém. de l'Acad. des sciences, Sav. étr., t. XIV, pi. 5, fig. 4 et 5). Organes sécrcleurf. Glandes fariélales. 38 I^RPRODUCTION. vaginale, que le premier de ces organes présente chez le Chien une particularité fort remarquable. A la base du gland, le corps spongieux de l'urèthre présente un second renflement composé de deux lobes, dont la saillie devient très-considérable lorsque l'érection est complète (1). Chez le Chat, il existe une disposi- tion analogue, quoique moins bien caractérisée. § 8. — Des organes sécréteurs, dont le nombre est souvent très-considérable et dont le développement est parfois énorme, débouchent dans le canal génifo-urinaire ou dans le voisinage de son orifice externe, et doivent être considérés comme des dépendances de l'appareil mrde. On peut les classer en trois ca- tégories, savoir : les glandules pariétales de Curèthre^ qui sont logées dans l'épaisseur des parois de ce conduit, ou disséminées entre les fibres musculaires qui en dépendent ; les glandes accessoires du canal excréteur, qui, toutenétant indépendantes de l'urèthre, entourent ce conduit et y versent leurs produits, soit directement, soit par l'intermédiaire de l'extrémité inté- rieure des canaux déférents ; enfin, les glandes annexes de la verge, qui débouchent à l'extérieur, soit dans le prépuce, soit dans le voisinage moins immédiat de l'orifice génito-urinaire, et fournissent des matières odorantes dont le principal usage paraît être de provoquer le rapprochement sexuel. Les glandes pariétales de l'urèthre sont des glandules soli- taires et disséminées, qui sont logées sous la tunique muqueuse de ce canal, et qui consistent en fossettes ou en petites cavités tubulaires simples ou rameuses, terminées par des caecums ou (1) Ce renflement pénial acces- soire (a) est situé à la base de la portion libre de la verge, et embrasse les parties latérales et supérieures de l'os pénial ; il est indépendant du corps caverneux et ne communique pas directement avec le gland. Sa tur- gescence ne devient complète qu'a- près celle des autres parties de la verge, et c'est pour cette raison qu'elle ne se manifeste qu'après l'introduc- tion de cet organe dans le vagin. (a) Daubenton, Description anatomique (Buffon, Œuvres, Mammifères, édit. in-8, pi. 39, fig. 4 et 2) . — Cariisct Otto, Tah. Annt. compar. illitstr., pars v, pi. 9, (Ig. 9. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. o9 par des ampoules, et affectant alors la forme de petites grappes éparses. Elles présentent quelques différences sous le rapport de leur position ou de leur structure, et dans les traités d'ana- tomie descriptive on les distingue entre elles sous les noms de glandes de Littre et de lacunes de Morgagni^ mais leur histoire n'offre pas assez d'intérêt pour nous arrêter ici (1). § 9, — Les organes appendiculaires que je réunis sous le nom de glandes accessoires du conduit génital mâle for- ment, d'ordinaire deux groupes, situés, l'un dans la région pel- vienne, près de l'embouchure des canaux déférents, l'autre dans la région périnéenne, à l'origine de la portion péniale ou spongieuse de l'urèthre. Ce second groupe se compose des glandes de Cowper. Le premier est en général beaucoup plus complexe; il comprend les vésicules séminales, dont j'ai déjà eu l'occasion de parler, un organe appelé prostate, et certains appendices du canal de l'urèthre dont la détermination précise offre quelque difficulté. C'est dans l'ordre des Rongeurs que Glaiulos accessoires. (1) Les glandules muqueuses des parois de l'urèthre sont Irès-nom- breuses et logées pour la plupart dans l'épaisseur de la tunique musculaire de ce canal. Les plus iniportantes sont les glandes de Littre, ainsi nommées en riionneur d'un membre de notre ancienne Académie des sciences, à qui l'on est redevable des premières bonnes observations sur leur disposition ana- tomique (a). Les unes sont de petites papilles piriformes, simples ou agré- gées, tapissées par un épitbéliimi cy- lindrique, et fort semblables aux glandes mucipares des parois de la vessie; d'autres sont racémeuses ou constituées par des caecums tubuleux très-flexueux et réunis en grappes (6). Quelques auteurs réservent plus par- ticulièrement le nom de glandes de Littre pour les glandules nuiqueuses de la portion mem])raneuse ou pel- vienne de l'urèthre (c). Les orifices de ces cavités mucipares, et d'autres fos- settes qui se trouvent principale- ment dans la partie spongieuse de l'urèthre (d), ont été décrits sous le nom de lacunes de Morfjagni ; mais il est à noter que quelques-unes de ces dernières dépressions paraissent ne pas être tapissées d'un épithélium sé- créteur (e). (a) Littre, Description de Vurèthre de l'Homme {Mém. de l'Acad. des sciences, iTOO). (6) Voyez KÔlIiker, Traité d'histologie, p. 205, 500. (c)Sa|ipey, Traité d'analomie descriptive, t. UI, |i. 019. (d) Gruaf, Tractatus de viroruin organis generationi inservientibus, IGGS. — Morgagni, Advers. anat., t. IV, p. 32. (e) Kijlliker, Op. cit., p- 567. vésicules séminatee. liO REPRODUCTION. ce groupe de glandes accessoires pelviennes est le plus dé- veloppé, et il en résulte qu'il y aurait avantage à les étudier d'abord chez ces animaux; mais on les connaît mieux dans l'espèce humaine, et c'est à l'aide des noms sous lesquels ces organes y ont été décrits qu'on les désigne chez les autres Mammifères ; par conséquent, c'est l'Homme que nous pren- drons pour premier terme de comparaison. Les vésicules séminales, ainsi que je l'ai déjà dit (1), sont des appendices des conduits déférents, et s'ouvrent dans ces canaux à quelque distance en amont de leur embouchure dans l'urè- thre. Chez l'Homme, ces réservoirs sont très-développés, et consistent en un tube caecal, rameux, irrégulièrement dilaté d'espace en espace, et contourné sur lui-môme de façon à former de chaque côté du col de la vessie une masse ovalaire qui est revêtue d'une enveloppe générale, et qui présente l'apparence d'une vésicule à parois bosselées (2). Son extrémité inférieure se rétrécit en forme de col, et se confond avec la partie adjacente du conduit déférent, à 2 ou 3 centimètres de l'orifice uréthral de ce tube. Ces vésicules séminales renferment un liquide transparent et légèrement visqueux, qui se transforme facile- ment en une substance gélatiniforme ; souvent on y trouve (1) Voyez ci-dessus, page 20. (2) Ouelques anatomistes représen- tent les vésicules séminales comme étant des poclios membraneuses divi- sées en alvéoles à l'intérieur (a); mais lorsqu'on dissèque avec un peu de soin les parties constitutives de ces organes, on reconnaît qu'ils sont composés d'un tube rameux dont les divisions offrent une apparence variqueuse, et se sou- dent intimement entre elles de façon à former une sorte de pelote {b). Les parois du tube rameux qui constitue chaque vésicule séminale sont composées de la même manière que celles du conduit déférent. Du tissu conjonctif réunit entre eux les replis formés par ce tronc et par les branches en doigt de gant qui en nais- sent. Enfin, le tout est recouvert d'une enveloppe fibro-cellulaire qui se com- pose de deux lames, et qui renferme beaucoup de fibres musculaires hsses, aussi bien que du tissu conjonctif. (a) Martin Saint-Ange et Grimaux, Histoire de la génération de l'Homme, p. 91, pi. 5, fig. 2. — Bonamy, Beau et Broca, Atlas d'anat. descript., t. III, pi. 62, fig. i et 2. (6) Weber, Op. cit., pi. 1, fig. 1 ; pi. 2, fig. 1-4. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. Ûl aussi des spermatozoïdes, et, de même que les canaux éjacu- lateurs, leurs parois sont contractiles (1). Chez plusieurs autres Mammifères, il existe aussi des réser- voirs appendiculaires en connexion directe avec les canaux déférents. Chez les Quadrumanes, la disposition de ces vési- cules séminales est à peu près la môme que chez l'Homme (2). Chez le Cheval, elles prennent un grand développement, mais leur structure se simplifie, et elles ne consistent qu'en une paire de sacs dont le col va rejoindre la portion terminale de chaque conduit déférent (3). On trouve aussi chez quelques Rongeurs, (1) MM. Vircllow et Kolliker y ont déterminé des contractions énergiques au moyen du galvanisme, sur le ca- davre d'un supplicié, peu de minutes après la mort (a). (2) Chez les Singes, les vésicules sé- minales ont, avec les canaux défé- rents, les mêmes rapports que chez l'Homme {b}, mais elles sont en géné- ral plus ramifiées, et elles sont parfois très-volumineuses (c). Chez les Makis, elles paraissent être représentées par une paire de gros boyaux coniques dont la cavité est simple, et dont l'ou- verture est commune avec celle des canaux déférents. Pour plus de dé- tails à ce sujet, on peut consulter VAnaiomie comparée de Cuvier, et la description des préparations du cabi- net Hunlérien du Collège des chirur- giens, à Londres (d). (3) Chez les Solipèdes, ces réservoirs ont la forme de grands sacs ovoïdes et membraneux, dont les parois sont minces et composées de deux tuniques, savoir, d'une membrane muqueuse et d'une couche musculaire située entre la précédente et le péritoine (e). Leur canal excréteur s'accole à la partie terminale du conduit déférent, mais ne s'anastomose avec celui-ci que près de son embouchure dans l'urèthre (f), et il y a lieu de douter qu'ils aient les fonctions qu'on leur attribue généra- lement. En effet, Hunter a constaté que le contenu de ces sacs ne ressemble (a) Kolliker, l'eber einige an der Leiche eines Hingerichteten angestelte Yersuche und Beobachtimçen (Zeitsrhrift fur wissensch. Zoologie, 1851, t. 111, p. 41). (6) Exemple : le Macaque à courte queue {M. cynomolgus); voy. Leuckart, art. Vesicula PROSTA- TICA, dans Todd's Cijclop. of Anat. and Physiol., t. IV, p. 1416, fig-. 874. — Le Cynocéphale hamadryas ; voy, Leydig-, Zur Anatomie der mânnlichen Geschlechtsorgane {Zeitschr. fur wissenschaftl. Zoologie, 1850, t. II, pi. 3, fig. 29. (c) Par exemple, chez l'Orang-Oulan [Simia satyrus) ; voy. G. Sandifordt, Ontleedkundige Beschouwing van een volwassen Ovang-Ulan {Verhandelingen over de Naïuurlijke Geschiedems der Nederlandsche oveszeeschebez-ittingen Zoologie, i^Zl, pi. 7, Cig, 4). {d} Cuviei', Anatomie comparée, t. VllI, p. 102. — Descriptive and illustrated Catalogue of the Physiologlcal Séries of comparative Anatomy contained in the Muséum of the B. Collège of Surgeons in London, 1838, t. IV, p. 102. (e) Exemple : le Cheval; voy. Cliauveau, Anatomie comparée des Animaux domestiques, p. 782, fig. 198. — L'Ane; voy. Leuckart, Op. cit. (Todd's Cyclop., t. IV, p. 1420, ûg. 878). (0 Weber, Op. cit., pi. 3, ùg. 1 (Scichsische Gesellsch. der Wissensch., 1846, t. I). Proslale. 42 REPRODUCTION. le Surmulot par exemple, des appendices sécréteurs analogues, quoique peu développés, dont le conduit excréteur va débou- cher dans le canal déférent près du verumontanum, et chez le Castor ces vésicules acquièrent un volume très-considé- rable (1). Mais les organes annexes que les analomistes dési- gnent sous le nom de vésicules séminales, chez la plupart des Animaux de cet ordre, ainsi que chez les Insectivores, ne me paraissent pas en être les représentants. Les Carnivores et les Ruminants, ainsi que les Marsupiaux et les Monotrèmes, en sont privés (2). § 10. — La prostate, dans l'espèce humaine, est une glande agrégée qui entoure, en avant et sur les côtés, le commence- ment de l'urèthre, et qui se compose de vésicules pirilbrmes ou sphériques réunies en petites grappes, entremêlées de beaucoup de fibres musculaires et s'ouvrant sur les côtés du verumon- milleincnt au sperme, et ne diffère pas chez les étalons et les chevaux hon- gres (o). Chez l'Éléphant, on trouve aussi, au côté externe de cliaquc canal éjaculateur, une grosse poche dont le canal excréteurdébouchedansTurèthre par le même orifice que ce dernier. Lesanatomistcs la considèrent comme une vésicule séminale, mais par sa structure elle ressemble extrêmement à une prostate. (1) Les vésicules séminales du Cas- tor consistent chacune en un paquet de gros tubes branchas, conlournés sur eux-mêmes, et unis par du tissu conjonctif, de façon à former une masse ovoïde d'aspect cérébroïde, si- tuée au côté externe de la portion ter- minale du canal déférent, et débou- chant avec cekii-ci par un canal éjacu- lateur très-court (6). Chez le Surmulot, ces organes ne sont représentés que par un petit pa- quet de cœcums piriformes très-sem- blables à ceux de la prostate, mais s'insérant sur la partie subterminalc du conduit déférent par un canal excréteur commun. (2) L'absence des vésicules sémi- nales a été constatée aussi chez le Tatou (c). {a) Hunter, Sur les glandes situées entre le reclum et la vessie, et qu'on appelle vésimles séminales [Œuvres, t. IV, p. 88). (6) Brandt et Ratzeburg, Mcdicinische Zoologie, t. I, [il. 4, fig. 1 . — Weber, Op. cit., pi. 6. (c) Owcn, voy. Catal. of Ihe Muséum of the Coll. of Surgeons, t. IV, p. 100. APPAREIL DR LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. li^ tanum (1). La matière qu'elle sécrète paraît être analogue à celle fournie par les vésicules séminales (2). Chez presque tous les IMammifères, il existe une ou plusieurs glandes analogues à la prostate de l'homme (3), mais dont la (1) La substance glanduleuse de la prostate de rHomnie est très-dense et d'une couleur ?;risrougeàtre. On trouve dans cette glande de 30 à 50 grappes de vésicules nettement pédiculées et beaucoup de faisceaux de fibres muscu- laires pâles (rt). Elle est revêtue d'une tunique fibreuse ou capsule qui est en continuité avec le fascia de la vessie urinaire, et elle se compose de deux lobes principaux ou lobes latéraux, entre lesquels on trouve en arrière une portion fibreuse qui simule parfois un lobule impair (6). (2) Il se forme d'ordinaire, dans les culs-de-sac des glandes prostatiques, des concrétions qui augmentent avec l'âge, et qui chez les vieillards pren- nent parfois un développement très- considérable (c). M. Virchow a trouvé que ces calculs sont composés d'une substance albuminoïde soluble dans l'acide acétique, et semblable à celle qu'on rencontre dans les vésicules sé- minales (d) ; lorsqu'elles sont volumi- neuses, elles renferment du phosphate de chaux (e). (3) Chez les Quadrumanes (/") et chez les Chéiroptères, la conforma- tion de la prostate est assez semblable à ce que nous venons de voir dans l'espèce humaine ; chez les Carnas- 5;iers, ces glandes sont généralement très-petites (g). Chez les Rongeurs , la prostate est souvent très-développée et composée de plusieurs groupes de cœcums clavi-, formes, dont les canaux excréteurs se réunissent de façon à donner à ces glandes une structure subracémeuse (h) . (a) Millier, De glandularum secernentium structura: penitiori, pi. 3, Rg. 15. — H. Jones, Observations respccting the origin and gracoUs certain conâ'etions in the pro- static gland {Médical Gazette, new séries, t. V, p. 328). — Kolliker, Eléments d'histologie humaine, p. 563. — Ellis, Op. cit.(Trans. of the Medico-Chirnrg. Soc, 1856, t. XXXIX, p. 330). — Jarjavay, Recherches anatomiques sur l'urèthre de l'Homme, 1856, p. 117 et suiv. — Schmt, Ontleedkundige beschouwing der menschelijke Voorstanderklier. Lciain, ISâ-i, pi. 2, fi-. 2. (6) Ev. Home, An Account of a small lobe of the Uuman prostate Gland wliich lias not yet bcen taken notice ofby Anatomists (Philos. Trans., 1806, p. 195). — Mercier, Recherches sur la prostate des vieillards, 1836. — Recherches anatomiques, pathologiques et thérapeutiques sur les maladies des organes urinaires et génitaux, ISil. (c) Dupuytren, Sur les calculs de la prostate (Bull, de l'Acad. de méd., t. VU, p. 135). — C. H. Jones, On calculous concrétions of the Prostate (Médical Gazette, 1847j. (d) Kolliker, p. 564. (e) Prout, On the Nature, etc., of Diabètes, Calculus, and olher affections of the Urinary Organs. (f) Exemple : le Cynocéphale hamadryas ; voy. Levdig-, Op. cit. (Zeitschrift fiir wissensch. Zoologie, 1850, l. Il, pi. 3, fig. 29). (g) Exemple : le Chien ; voy. Prévost et Dimias, Op. cit. (Ann. des sciences nat., 1824, t. I, pl.3, fig. 1). — Le Chat; voy. Prévost et Dumas, loc. cit., t. I, pi. 9, fig'. 1. — Le Putois ; voy. Prévost et Dumas, loc. cit., t. 1, pi. 1, fig. 1. (h) Exemple : le Castor; voy. Miiller, De gla7idul. secernentium struct. penitiori, pi. 3, fig-. 1. — Le Hamster ; voy. Miiller, Op. cit., pi. 3, fig-. 10. — Le Hat; voy. Miiller, Op. cit., pi. 3, fig. 11. /|/l REPRODUCTION. siructure est souvent un peu ditïérente, par suite du faible développement du tissu musculaire dans l'épaisseur de ces or- ganes, de l'allongement des canaux sécréteurs qui prennent l'aspect de tubes piriformcs, ou du grand développement de leur canal excréteur commun, qui parfois s'élargit en un réser- voir central (1). Chez quelques Mammifères, cet appareil glandulaire se sub- divise en plusieurs portions parfaitement distinctes entre elles. Ainsi, chez l'Éléphant, il existe de chaque côté deux prostates faiblement lobulées et pourvues d'une grande cavité centrale, qui débouchent isolément dans l'urèthre par un canal excréteur particulier (2). Chez le Lapin, la [)rostate forme quatre paires de lobes bien distincts entre eux (3). J'ajouterai que les organes appendiculaires, d'un volume très-considérable, auxquels on donne généralement le nom de vésicules séminales chez le Hé- risson, me paraissent être plutôt des prostates accessoires {k). (1) La stinctnre intime de la pro- state a été étudiée avec soin chez un grand nombre de Mammifères par M. Leydig (o). (2) Ainsi que je l'ai déjà dit, les poches que l'on considère géné- ralement comme les vésicules sémi- nales de l'Éléphant (6) ont la même structure que ces lobes prostatiques, et elles pourraient bien être des parties du même appareil sécréteur, ce qui porterait à trois paires le nombre des prostates chez cet animai. (3) Les lobes prostatiques des trois paires principales sont pédicules; ceux de la quatrième paire sont re- présentés par un petit groupe de vé- sicules allongées, et on les désigne quelquefois sous le nom de prostates accessoires (c). (Zi) Chez le Hérisson, deux paires de glandes très-volumineuses et pédoncu- lées s'insèrent au canal de l'urèthre tout auprès de l'embouchure des ca- naux déférents, mais sans s'anastomo- ser avec ceux-ci {d). L'une d'elles, cor- respondant à la prostate ordinaire, est moins grande que l'autre et se trouve couchée sur le col de la vessie (e); Ces glandes sont divisées en plusieurs lobes et se composent de tubes rameux terminés en cul-desac. Quelques aiia- (a) Leydig, Zur Anatomie der mdnnlichen Geschlechtsovgane (Zeitschrift. fur ivisscnsch. Zooh, 1856, t. II,p 1. pi. 1-4). (6) Cuvier, Anatomie comparée, t. VllI, p. 4 65. (c) Marliii Sainl-Aiige, Op. cit., pi. 2, fig. 4. (d) Hunier, Catalogue of the Muséum of the Collège of Siirgeons, t. IV, pi. 55. — Prévost et Dumas, Sur la génà-ation {Ann. des sciences nat., t. I, pi. 10, ûg. i). {e) Voyez Cariis et Olto, Tab. Anat. compar. illustr., pars v, pi. 9, fig. 5. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. ft5 11 est aussi à noter que chez beaucoup de Mammifères, le volume (le la prostate varie beaucoup avec les saisons, et augmente con- sidérablement à l'époque du rut (l). §11. — Enfin, il existe chez l'Homme, à la partie postérieure de l'urèthrc, entre les deux canaux éjaculateurs, un petit appen- dice vésiculaire, ou sac membraneux, qui débouche au sommet du verumontanum (2). Cet organe, découvert par Morgagni, n'a que peu d'importance physiologique; mais dans ces derniers Vésicule wcbérieniie, ou ulérus masculin. tomistes les ont décrites sous le nom de vésicules séminales accessoires. Les autres glandes accessoires de cette région de svoies génito-urinaires sont des grappes qui montent de chaque côté de la vessie ; elles se compo- sent de tubes entortillés et rameux réunis en groupes, de façon à consti- tuer plusieurs lobes insérés sur un canal excréteur commun. En général, on les considère comme des réser- voirs séminaux, mais MM. Prévost et Dumas ont constaté qu'elles ne ren- ferment jamais de spermatozoïdes (a). Il est aussi à noter que leur embou- chure dans Turèthre est complète- ment indépendante de Torifice termi- nal du canal déférent. (1) Hunter a constaté que chez la Taupe la prostate est à peine visible en hiver, mais devient très-grosse au printemps, à l'époque du rut (b). Cet anatomiste a fait des observations ana- logues chez quelques autres Mam- mifères. (2) Cet appendice, que Ton désigne quelquefois sous les noms de vésicule prostatique, de sinus prostaticus, de sinus pocularis, de vesicula sperma- tica spuria, ou d'utérus cystoïdes, est un petit diverliculum de l'urèthre qui est tapissé par un prolongement de la membrane muqueuse de ce canal, recouvert d'une couche épaisse de fibres élastiques et très-riche en glandules. Ainsi que je l'ai déjà dit, il se trouve entre les deux conduits éjaculateurs, derrière le col de la ves- sie. En général, sa longueur n'est que d'environ 1 centimètre, mais on cite des cas dans lesquels elle était de plus de 3 centimètres (c). D'ordi- naire il est piriformc et arrondi au bout, mais, chez quelques enfants nouveau-nés, on y a trouvé un pro- longement filiforme dont l'extrémité était bifide ((/). Dans un cas d'hypo- spadias décrit par M. Theile, cette vésicule présentait un développement remarquable (e). (o) Prévost et Dumas, Op. cit. (Ann. des sciences nal., 1824, 1. 1, ji. 170). (b) Hunier, Observations sur Véconomie animale {Œuvres, t. IV, p. 92). (c) Adams, Prostate gland (Todd's Cijclop. ofAnat. and Physiot., t. IV, p. 151). — VVeber, Op. cit. {Abhandl. der Sàchsischen Geselischaft der Wlssenschaflen, 1840, l.I , pi. 1, lig. 1. (d) H. Meckel, Ziir Morphologie der Harn uni Geschlechtswerkz-euge, 1848, p. 48, pi. 2, %. 23. (e) Thclle, Analomischc Untersiichung eines Hijpospadias (.Muller's Arcliiv fiir Anat, uni Physiol., 1847, p. 17, pi. 3, fig. 4). /|6 KErilODtCTlON. temps les anatomistes s'en sont beaucoup occupés, à cause des questions théoriques qu'il a lait naître. M. Weber l'a considéré comme l'analogue de la matrice chez la femme, et l'a désigné sous le nom d'utérus masculin. Au premier abord, une pareille assimilation peut paraître fausse j mais, lorsqu'on tient compte du mode de développement de l'appareil de la génération dans les deux sexes, elle semble ne pas être dépourvue de fonde- ment. En effet, l'organe dont il s'agit paraît résulter de l'atro- phie d'un appendice tubulaire qui, chez l'embryon, côtoie le canal wolfien, et qui correspond au tube destiné à former chez la femelle l'oviducte aussi bien- que l'utérus. En ce moment, l'examen de cette question serait prématurée, mais bientôt j'au- rai l'occasion d'y revenir (1). Cet organe appendiculaire, auquel on donne parfois le nom de vésicule wébérieune lorsqu'on ne veut rien })réjuger quant à (1) Morgagni dt^crivit cette vésicule appendiculaire avec assez d'exacti- tude {a) ; Albinus en donna une figure (b); et, dans ces derniers temps, plusieurs chirurgiens qui se sont par- ticulièrement occupés des maladies des voies urinaires en ont fait une étude attentive. Mais ce sont les vues de M. E. Weber (c) qui ont le plus con- tribué à donner à l'histoire de cet or- gane un intérêt scientifique. La publi- cation de ses observalions sur ce sujet a provoqué des recherches d'anatomic comparée, parmi lesquelles je citerai principalement celles de MM. Leuc- kart, Kobelt, Leydig et Wahlgren ( |ier. (1) Chez un Cerf nouveau -né, M. Leuckart a trouvé, entre les canaux déférents, dans un repli du péritoine, un appendice qui s'insérait à Turèllire et se bifurquait supérieurement, mais qui élait filiforme el dépourvu de cavité (a); chez un fœtus, cet appen- dice était tubulairp, et son embou- chure dans Turèthre était bien dis- tincte. Ciiez le Bœuf, le même auteur a trouvé, immédiatement au-dessous des orifices éjaculatcurs, une petite ouverture médiane qui donnait dans la cavité tubulaire d'un petit organe wébérien caché sous la prostate. (2) chez le Cochon, cet appendice consiste en un cylindre très-grèle qui se bifurque supérieurement pour lon- ger le bord interne des canaux défé- rents (6). Chez le Marsouin {Delphinus pho- cœna), l'appendice wébérien a la forme d'un petit sac impair et allongé, logé dans la prostate sous le veramonta- nuin (c). Sa conformation est à peu près la même chez le Karval (d). (3) Jadis ces glandes étaient dési- gnées sous le nota de prostates infé- rieures (e). Leur découverte appar- tient à Méry, et non à Cowper, dont les observations sont postérieures à celles de l'anatomisle français que je viens de citer (/). Aussi les désignc-t-on quelquefois sous le nom de glandes de Méry {g). (a) Leuckart, Op. cit. (Todd's Cyclop. of Anal, and PhysioL, t. IV, p. 1421, fig. 879). (b) Weber, loc. cit., pi. 4, fig-. 5. (c) Leydig, Op. cit. {Zeitsr.hr. fur wissensch. ZooL, 1850, t. Il, pi. i, fig. 13). (d) Leuckart, Op. cit. (Todd's Ojclop.. t. IV, p. 1421, ûg. 881). (e) Duverney, Œuvres anatomiqucs, 1701, t. II, p. 2'J4. (0 Méry, Observations au atomiques (Journal des savants, 1G84, n" 17, p. 304). — Cowper, Descriplion of iwo Glands and their excretory duels late/y discovercd in the humaii Body {Phdosophical Transactions, 1699, t. X\I, n" -254, p. 304). ((;)Gubler, Des glandes de Méry, etc. (tiièse, 1849, n' 17ii). — Jarjavay, Op. cit., p. 95. 52 RErROULCTlON. (le chacun d'eux se réunissent en un tronc commun qui dé- bouche dans l'urèlhre par un orifice très-étroit. Les glandes de Cowper ne manquent que rarement chez les Mammifères, et parfois elles sont les seuls organes sécréteurs qui soient annexés au canal génito-urinaire. Ainsi les Mono- trèmes, qui ne possèdent ni vésicules séminales, ni prostates, ni appendices wébéricns, ont de chaque côté du cloaque une glande ovalaire dont le conduit excréteur va déboucher dans la partie initiale du canal du pénis (1). Chez les Marsupiaux, les glandes de Cowper sont très-dévc- loppées ; souvent on en compte trois paires (2). Chez les Singes, les Makis, les Chéiroptères et quelques Insectivores, elles sont en même nombre que chez l'Homme, mais leur volume est plus considérable (3); elles sont aussi très-grosses chez l'Hyène et chez quelques autres Carnassiers (4), mais elles manquent chez (1) Ces glandes sont pourvues d'une el composées d'un grand nombre de cavitfî centrale, et leur canal excréteur tubes courts, groupes autour de con- csl très-long (a); un uuisclc très-fort duits ranieux (r/). les enveloppe, et détermine par ses Chez le Desmau de Russie, elles sont contractions Texpulsion de leur cou- allongées et courbées en genou (p). tenu. Chez la Taupe, elles sont situées {'2) Par exemple, chez la Sarigue de sous la peau, près de la base de la Virginie (6), le Cayopolin, les Phalan- queue, assez loin de Turètlire, où gers, le Phascolome, le Kanguroo ou elles débouchent par un canal long et Hypsiprymne (c). Suivant Duvernoy, étroit (/'). il n'y en aurait que deux paires chez (/i) Chez les Hyènes, les glandes de la Sarigue. Cowper sont composées de lobes bien (3) Chez le Hérisson, les glandes de distincts. Cowper sont remarquablement grosses Chez le Chat, elles sont moins déve- ((i)Meckel, Ornithorhynchi paradoxi deseriptio anatomka, 18-20, p. 52, pi. 8. fig. 2 et 3. {b: Cowper, Description of two Glands. {Phil. Trans., 1690.) — Geoffroy Saint-Hilaire, Études progressives d'tin naturaliste, pi. 5, fiçr. 3. (c) Owen, art. Marsupiaux (Todd's Cyclopœdia of Anat. und PhysioL, t. III, p. 311, fig. 135). (d) Vovez Hunier, Catalogue of the PhysioL Serks of Comp. Anat. contained in the Muséum of the R. Collège of Surgeons, t. IV, pi. 55. Voyez Carus et Otto, Tab. Anat. comp. illustr., pars v, pi. 9, fig. 5. le) Bra'ndt, Bemerkung iiber dcn innern Dau des Wuychuchol (Archiv fiir Naturgcschichte, 1836, t. I, p. iVJ). {f) Voyez Miiller, De glanduîarum secern. striict. penlt., pi, 3, (Ig 2. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. 5o d'autres animaux du même ordre, tels que les Ours, les Ratons, les Martres, les Chiens et les Loutres, ainsi que chez les Phoques ; chez les Rongeurs, les Pachydermes et les Rumi- nants, elles sont en général bien développées (1). § 1o. — Les glandes annexées à la verge ne consistent ordinairement qu'en un petit nombre de follicules situés autour du gland, sous le repli préputial, et sécrétant une matière onc- tueuse destinée à lubrifier la surface de la portion terminale de la verge (2) ; mais chez quelques Mammifères elles prennent un très-grand développement : par exemple, chez le Chevrotain porte-musc et le Castor. Chez le premier de ces Animaux, elles forment sous la peau du ventre une grosse masse lobulée dont le centre est occupé par une poche ovalaire qui s'ouvre au de- vant du prépuce, et qui sert de réservoir pour la matière grasse sécrétée dans leur intérieur. Cette substance, dont l'odeur est remarquablement intense, est employée comme parfum et comme médicament : c'est \e musc {2>) . Une poche préputialc filanJes de la vpr^t;. loppées, mais cependant elles sont plus grosses que les prostates ((/). Chez i'Ichneunion, les canaux excré- teurs de ces deux glandes s'accolent entre eux, mais débouchent séparé- ment au fond du cul-de-sac formé par le bulbe de l'urèthre. (1) Chez beaucoup de llongeurs, les glandes de Cowper sont allongées et lobulées latéralement (6). (2) Chez l'Homme, ces follicules sébacés, désignés sous les noms de glandes jjrépuliales ou de glandes de Tyson (c), sont de petites poches simples ou branchues, et à col étroit, disposées en cercle autour du gland. La substance qu'elles sécrètent est un liquide gras, d'un blanc jaunâtre, qui répand une odeur forte, et qui, en se desséchant, prend une consistance caséeuse. (3) Le Moschus moschi férus (d), que l'on appelle souvent le Chevrotain porte-musc, mais que l'on ne doit pas ranger dans le genre Chevrotain ou Tragulus, est un pelit Ruminant très- voisin des Cerfs, bien que sa tète ne soit pas armée de bois et que ses (fl) Voyez Prévost et Dumas, Op. cit. {Ann. des sciences nat., 1824, t. I, pi. 9, lig. 1). (b) Exemple : le Cochon d'Inde; voy. Prévost et Dumas, Op. cit. (Ann. des sciences nat., 1824, t. 1. pi. M, %. 1). (c) Tyson, anatomiste anglais du xvii* siècle, fut le premier à les faire connaître. Littre les décrivit également (Mém. de l'Acad. des sciences, 1700), et, plus récemment, Burkhardt en a éga- lement traité (Froriep's newe Notu-en, 1838, t. VI, p. 118). (d) Voyez Atlas du Règne animal de Cuvier, Mammifères, pi. 86, fig. 1. 5/j REPRODUCTION. analogue se trouve chez l'Antiiopc onclueuse (1), et chez le Castor un appareil glanduleux de même nature, mais beaucoup plus développé, sécrète la matière odorante qui est connue en pharmacie sous le nom de castoréum (2). Chez plusieurs autres dents canines soient très-saillantes (a). Il habite toute la partie centrale de l'Asie, et l'on en fait une chasse très- active : ainsi on iHalue à pins de 300 000 le nombre d'individus tués chaque année pour subvenir au com- merce de Canton. L'appareil moschi- fère de ce petit Animal est une poche formée par un prolongement de la peau du prépuce et tapissée de glan- dules sébacées, qui se trouve entre l'ombilic et le prépuce. La slriictiire en a été étudiée par plusieurs anato- mistes {b\, mais n'est encore que très- iniparfailement connue sous le rapport histologique. Le musc est une substance onc- tueuse qui, à l'état frais, a la consistance du miel, mais qui devient solide et gru- meleuse par la dessiccation; son odeur dépend de la volatilisation d'tme ma- tière dont la diffusibilité est extrême- ment grande. L'analyse chimique y a fait découvrir de l'albumine, une sorte de résine, de la cire, beaucoup de carbonate d'ammoniaque et divers sels minéraux (c). (1) Palias a constaté l'existence de celte poche glanduleuse préputiale chez y Antilope (juUurosa de l'Asie centrale (d), mais il est fort douteux que la matière sébacée sécrétée par cet organe soit odorante comme le musc [e). (2) Chez le Castor (/■), il existe sur les côtés du prépuce une paire de grosses glandes lobulées et piriformes, qui sont creusées chacune d'une grande cavité, dont le col, dirigé en arrière, va se joindre à son congénère et débou- cher dans une fossette médiane située à la partie dorsale et postérieure du prépuce, à peu de distance de l'anus. Ces glandes sécrètent le castoréum et sont suivies d'une seconde paire de sacs sécréteurs qui s'ouvrent isolément sur les côtés de l'anus, et qui ne pro- duisent pas la même matière odorante. (n) Alplionse Milne Edwarrts, Recherches sur la famille des Chevrotains {Ann. des sciences nat., 5' série, 1804, t. II, p. 49). (6) Sliroeti, Historia Moschi, cap. x, p. 25. — Gmelin, Descriptio Animalis moschiferi {Novi Comment. Acad. PctropoL, 1752, t. IV, p. 400, pi. 9, fig 1). — Palias, Spicilcgia znologica, fasc. XIII, p. 29, pi. G, fie;. 4-10. — Branilt et Ralzebourcr , Mediciitische Zoologie, t. I, p. 45, pi. 8, fig. 2. (c) Thieiiiaiin ; voy. .loliii, Tnbl. chim. du Règne animal, p. 13lj. — Giiibourt et Blondeau, Journal de pharmacie, t. III, p. 105. — fieiger el Heemann ; vny. Gmelin, Handbuch der Chcmie, t. Il, p. 1449. (d) Palias, Spicilegia zoologica, fa.«c. XII, p. 58, pi. 3, fig. 15. (e) Alphonse Milne Edwards, Op. cit., p. 76. (/■) Gotiwaldt, Bemerkungen ûber den Biber. Nùrenbfirg, 1782, pi. B, fig. 1 , pi. F et jil. G. — Eoun, Anatome Castoris. Lugd. Bat., 1806, pi. 1, fig. 1. — Brandt et l'.aizeburg, Medicinische Zoologie, t. I, pi. 4, fig. 1-3. — J. Millier, De glandularum secernentiuni structura pcnitiori, p. 41, pi. 2, fig. 5. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. 55 Rongeurs, tels que les Rats(î), les Campagnols et les Hams^ ters, on trouve des glandes prépuliales dont le volume est con- sidérable, et l'on doit considérer comme les analogues de ces organes une paire de glandes ovalaires qui, chez le Lièvre, sont logées dans l'aine, et expulsent leurs produits par un orifice situé de chaque côté du prépuce (2). § lii. — Les glandes anales, qui sont très-développées chez certains Mammifères, principalement les Carnassiers, peuvent aussi être rangées parmi les annexes de l'appareil génital, car la matière odorante qu'elles sécrètent paraît être destinée princi- palement à exciter l'appétit sexuel de la femelle : chez la Civette, par exemple, ces organes sécréteurs sont très-développés, et leurs produits ont quelque analogie avec le musc (3). ('■landes aiuiles. (1) Duverney fit connaître la dispo- sition de ces glandes prépuliales du Rat (a). (2) Les glandes inguinales des Lièvres sont de forme ovalaire, et elles débouchent dans une petite aréole seniilunaire dépourvue de poils (6). Elles produisent une humeur jaunâtre et très-puante. Ces glandes existent aussi chez le Lapin (c), mais elles manquent chez les Lagomys, lîongeurs qui sont d'ailleurs très-voisins des Lièvres. (3) Cet appaieil consiste en une paire de poches piriformes placées entre l'anus et l'orifice du prépuce, réunies inférieurement et s'ouvrantau dehors par une fente longitudinale commune, dont les lèvres sont garnies de longs poils. La surface interne de ces réservoirs est sillonnée en tra- vers, tapissée d'une couche épider- mique et garnie de quelques poils; leurs parois sont épaisses et glandu- leuses (d). Enfin une tunique muscu- laire l'enveloppe et sert à en chasser le contenu. Chez la femelle, l'appareil moschiière est disposé de même (e). 11 y a en outre une paire de glandes anales très-grosses. Chez la Loutre, il existe de chaque côté de l'anus une poche à parois mem- braneuses qui débouche au bord de cet orifice (/"); des follicules très-pe- lils s'y ouvrent et y versent une ma- tière mucilagineuse dont l'odeur est (a) Duverney, Œuvres anatomiqiies, t. II, p. 299. (b) Dmhea\on^ Description du Lièvre (Buiron, Mammifères, t. III, p. 319, pi. 94 et 93, tdil. in-8). (c) Daubeiilon, loc. cit., pi. 90, bg. 1. (d) Morand, Nouvelles observations sur le sac et le parfum de la Civette [Mém. de l'Acad. des sciences, 1728, p. 403, [d. 20 et 21). (ê) Lapeyi-onnie, Description anatomique d'un Animal connu soiis le nom de Musc {Mém. de l'Acad. des sciences, 1731, p. 443, pi. 25 et 26). — Brandi et Ratzeboui-g, Medicinische Zoologie, t. I, pi. 2, fig. 2-4. if) Daubenton, Up. cit. {Buffun, Mammifbres, t. IV. p. 98, pi. 115, (ïg. 2 et 3, édil. in-8). Éreciion du pénis. ^'Q HEPRODUfTION. Chez richneumon, une poche analogue entoure l'anus (1). Enfin, chez l'Hyène et le Blaireau, cette glande débouche au dehors, entre l'anus et la base de la queue (2). On trouve aussi des glandes anales vésiculaires chez plusieurs Ron- geurs (3) et chez les Phoques. Elles manquent dans les autres ordres de Mammifères, mais elles y sont souvent représentées par des follicules plus ou moins nombreux (4). § 15. — Dans l'état de repos, l'organe copulateur est plus ou moins flasque et contracté; mais, pour remplir ses fonc- tions, il doit être au contraire gonflé et rigide. Ce change- très-piquante (a). Les glandes anales sont disposées à peu près de la même manière chez les Putois, les Martres, etc. (1 ) Chez richneumon (b) , cet appareil sécréteur se compose de trois séries de glandes, savoir : 1" une poche dont la surface interne présente un grand nombre d'orifices donnant dans des follicules piriformes d'où suinte une humeur jaunâtre, épaisse et huileuse ; 2" une paire de vésicules anales qui débouchent dans la poche précé- denie ; 3° une triple rangée de glan- dules conglomérées, s'ouvrant isolé- ment le long du bord supérieur de l'anus. (2)Chez l'Hyène, il existe au-dessus de l'anus une fente transversale qui conduit dans deux poches situées cha- cune au centre d'une glande lobulée, et présentant à leur partie supérieure l'embouchure d'un long canal excré- teur qui naît d'une seconde paire de glandes analogues aux précédentes. Le nombre total de ces bourses est donc de quatre (c). Les lobules sont consti- tués par autant de petites glandes racémiformes (d) Chez le Blaireau, cet orifice sécré- teur est situé de même, mais il donne dans une bourse cutanée, simple, dont les parois sont glanduleuses et lais- sent suinter une matière grasse très- odorante (e). (3) Chez les Marmottes, il y a trois de ces sacs glandulaires, et leurs con- duits excréteurs s'ouvrent isolément sur le bord de l'anus, au milieu d'au- tant de papilles qui font saillie au de- hors lorsque l'Animal est inquiet. Chez les Cabiais, le Paca et l'Agouti, il en existe une paire. (i) Par exemple , chez le Desman de Russie {f) , le Macroscélide de Rozet ('hen N,Tven der erectilen m^nnlichen Geschlechtsorgane {Mém. de l'Acad. de Berlin pour 1835). — Kolielt, Op. cit., p. iO, pi. i, fig. 3. 60 REPRODUCTION. cloaque comme chez les Oiseaux et les Reptiles ; mais chez les Mammifères ordinaires l'appareil génito-urinaire devient com- plètement indépendant de l'appareil digestif (1). Le conduit qui transporte au dehors les produits de l'ovaire se compose donc presque toujours des trompes ou oviductes, de l'utérus ou chambre incubatrice, du vagin, et du vestibule génito-urinaire. Comme exception à cette règle, je citerai les Monolrèmes, qui n'ont pas de vagin proprement dit. La forme générale de cet appareil varie beaucoup dans cette classe d'Animaux ; mais les principales différences que l'on y rencontre ne dépendent d'aucun changement dans son mode de composition organique, et résultent seulement de la coa- lescence plus ou moins étendue de ses deux moitiés constitu- tives, qui tantôt sont distinctes entre elles dans presque toute leur longueur, tandis que d'autres fois elles se réunissent et se confondent sur le plan médian du corps, de façon à ne plus former qu'un organe unique. Cette fusion ne s'étend jamais ni aux ovaires, ni aux trompes ou oviductes, et quelquefois elle ne dé[)asse pas les limites du vestibule génito-urinaire, de sorte qu'il existe deux vagins et deux utérus faisant suite (1) Il existe dans la classe des Mam- grand nombre de Rongeurs elles sont niiftircs plusieurs formes organiques entourées par les fibres d'un même intermédiaires aux deux modes de muscle spbincter. Chez le Castor, Tes- slruclure indiqués ici, et la ligne de pèce de vestibule commun formé par démarcation entre les Animaux qui ont la région génito-anale ainsi circon- un cloaque commun et ceux qui en scrite constitue une sorte de bourse sont dépourvus est loin d'être nette- très-contractile, qui mérite tout à fait ment tracée. En général, chez les le nom de cloaque, et ne diffère pas no- Mammifères Didelphiens, la vulve est tablement de celui de plusieurs Marsu- séparée de l'anus par un isthme de la piaux. peau, et ces deux ouvertures sont Comme exemple d'un grand écarte- complétement indépendantes l'une de ment entre l'anus et la vulve, on cite l'autre; mais chez quelques Carnas- le /?(/. 295). APPAREIL DE LA GÈNÉKATION DES MAMMIFÈRES. 61 aux deux oviductes ; mais presque toujours elle affecte le vagin ; dans beaucoup de cas, elle gagne la portion inférieure des uté- rus, et quelquefois elle s'avance jusqu'au fond de cet organe, qui, de même que le vagin, devient alors unique et médian dans toute sa longueur. Quelques Marsupiaux de la famille des Sarigues nous offrent un exemple de Tindépendance complète des parties qui appar- tiennent en propre à l'appareil femelle (l). Le vestibule uréthro-sexuel est très-dé veloppé chez plusieurs Mammifères inférieurs, mais se raccourcit beaucoup chez ceux dont l'organisation est la plus perfectionnée; chez les Mono- trèmcs, où l'appareil génital débouche dans un cloaque com- mun, ce canal est très-long et tient lieu de vagin (2). L'entrée des voies génito-urinaires affecte ordinairement la vestibule forme d'une fente longitudinale dont les deux bords, appelés grandes lèvres de la vulve, sont garnis de poils extérieurement et tapissés en dedans par une membrane muqueuse très-vas- culaire. Quelquefois cet orifice est transversal, par exemple uréthro-sexuel. (1) Par exemple, le Cayopolin («). Chez d'autres, la même disposition existe en réalité, mais est moins ap- parente à cause du rapprochement de la portion supérieure des vagins qui sont accolés l'un à l'autre. (2) Chez rOrn^thorhynque (a) et chez l'Ecliidné (6), le vestibule génito- urinaire est séparé du cloaque par un sphincter, el près de son extrémité supérieure où s'ouvre la vessie uri- naire, se trouvent les orifices des urè- thres, ainsi que les embouchures des deux utérus {h). Il n'y a donc là rien qui puisse être assimilé au vagin des Mammifères ordinaires. Le vestibule génito-urinairc est très-allongé chez le Kinkajou (c). (a) Voyez Owen, On lac génération of Marsupial Animais {Philos. Trans., 1844, pi. 6, fig. 5). (6) Voyez Evrard Home, Lectures on comp. Anat., Supplem., 1828, t. VI, pi. 60, fig'. 1,2, 3. — Meckel, Ornithorlajnchi paradoxi descriptio anatomica, pi. 8, fig'. 1. — Duvernoy, Fragment d'anatomie comparée sur les organes de la génération de l'0)'nitho~ rhynque et de l'Échidné, pi. 1 , iiç;. 5 {Mém. de la Société d'histoire naturelle de Strasbourg, t. I). — Owen. On the Jlammarij glands of the Ornithorhynclius {Philos. Trans., 1832, pi. 15, fig. 1 ; pi. 17, fig. 1). — Article Marsupialia (Todd's Cyclopœdia of Anat. and Physiol., t. III, p. 393, lig. 171). — Martin Saint-Ange, Etude de l'appareil reproducteur {Mém. de l'Acad. des sciences, Savants étrangers, t. XIV, pi. 0, fig. 1 , 2 et 3;. — Viacovic, Dell' apparechio sessualc de' Monotremi (Sitzuiigsbcriclit dcr Wiciicr .\kaJ. . 1852, t. IX, pi. 20, lig. 1). (c) Voyez Carus et Otto, Tab. .\nat. compar. illuslr., pars v, pi. 8, fig. ô. G2 REPRODUCTION. chez l'Hyène, et d'autres fois circulaire, notamment chez les Rongeurs. Clitoris. Le méat urinaire en occupe la partie inférieure (ou antérieure lorsque la position du corps est verticale), et en avant ou au- dessous de cet orifice se trouve un organe érectile analogue au pénis du mâle, et appelé clitoris. Cet appendice ressemble à la verge par sa structure aussi bien que par sa forme, si ce n'est qu'il est d'ordinaire plus ou moins rudimenlaire (1), et que dans l'immense majorité des cas il n'est point perforé. Souvent, cependant, il est creusé d'une gouttière qui fait suite à l'urèthre. Chez les I\Iakis et les Loris, cette ressemblance est portée encore plus loin, car le canal urinaire parcourt le clitoris dans presque toute sa longueur ("2). Il est formé principalement (1 ) c'est chez les Singes d'Amérique que le clitoris acquiert son plus grand développement. Chez les Alèles, cet or- gane est remarquablement long, mais il n'est que peu érectile et ne doit son grand volume qu'à une accumulation de tissu graisseux (a). Le volume du clitoris est aussi très- grand chez la plupart des Carnassiers et des Rongeurs (6). Chez un Éléphant femelle, dont Perrault a fait l'anatomie, le clitoris était si grand, que pendant la vie de l'animal on avait cru que celui-ci était un mâle (c). Dans l'espèce humaine, cet organe est en général peu dé\ eloppé ; mais on cite des cas dans lesquels il avait les proportions du membre viril de riiomme {d). Il paraît que le cliloris est plus grand chez quelques races nègres que chez les peuples cauca- siques (e). ('i) Chez le Chien, le Chat et plu- sieurs autres Carnassiers, un sillon lon- gitudinal qui part de Torifice de l'u- rèUu-e est creusé sur le dos du clilo- ris. Chez les Loris et les Makis, le canal de Turèllire se prolonge sur le dos de cet organe jusque près de sa pointe (/■). « En général, le clitoris est situé près du bord de la vulve, mais quelquefois il est placé beaucoup plus profondé- (a) Fugger, De singulari clitoridis in Simiis gêner is Atelis magnitudine, i83b (\oy.m\\er's Archiv, 1836; Berickt, [>. lvi). (b) Exemples : le Surmulot; voy. Caïus et Otto, Tab. Anal. comp. illustr., pars v, pi. 8, fig. i. — Le Lapin ; voy. LerebouUet, Op. cit., pi. 10, fig. 102. (c) Perrault, Méin. pour servir à l'histoire nalurelle des .inimaux, 3* partie, p. 152, pi. 20, fig. 3, T; pi. 21, fig. 1. (d) Voyez à ce sujet : — Hallor, EUmenta physiologiœ, t. VII, piirsit, p. 81. Huschke, Traité de splanchnologie, Irad. par Jourdaii, p. 477. (e) Home, On Hermaphrodites {Phiios. Trans., 17'J9, p. lt;2). (f) Voyci! Cuvicr, Analoniic comparée, l. Vill, p. 233 et suiv. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. 63 par un corps caverneux dont les branches s'insèrent sur les branches ischio-pubiennes (1), et, chez les espèces où le pénis du maie contient un os, on trouve aussi chez la femelle, dans l'inlérieur de cet organe, un cartilage ou même un os. Son ex- trémité antérieure (ou inférieure) est libre et plus ou moins comparable au gland (2); elle est ordinairement simple, mais elle est bifurquée chez les Marsupiaux à pénis fourchu (o), et elle se continue en arrière avec des replis membraneux situés sur les côtés de la vulve, auxquels on a donné les noms de petites lèvres ou de mjmphes [h). Enfin, la portion termi- nale de cet appendice, pourvue de beaucoup de nerfs et de ment, par exemple chez la CiveUe; et d'autres fois il est logé dans une poche à orifice étroit ou dans un cul-de-sac préputial, ainsi que cela se voit chez la Louve et chez l'Ours : chez ce der- nier, il est recourbé en double S. (1) La disposition des vaisseaux san- guins du clitoris a été étudiée avec beaucoup de soin par M. Kobelt («). (2) Il est cependant à noter qu'ana- tomiqueraent cette assimilation man- que de justesse, car le gland du pénis est formé, non par le corps caverneux, mais par un développement de la por- tion terminale du corps spongieux de l'urèthre (6). (3) Par exemple, chez le Didelphe crabier (c). (k) Dans l'espèce humaine, les nym- phes sont en général plus petites que les grandes lèvres, mais parfois elles les dépassent, et chez quelques races elles pendent même très-bas entre les cuisses, disposition qui est portée re- marquablement loin chez les femmes boschimanes, où elles constituent ce que l'on a appelé le tablier des Hot- tenlotes {d). On connaît des cas dans lesquels les petites lèvres étaient doubles ou même triples (e). (a) Lacuire, Appareils éreetiles che% la Femme, thèse. Paris, tS56, p. 20. (b) Kobelt, jDe i'oppacdi (h4 se»s (jifc'?ii. 472. (/■) E. Geoffroy Saiiit-llilaire, Cours de l'histoire naturelle des Mammijères., 18J8, livr. xviii, p. 23. IX. 5 66 REPRODUCTION. Carnassiers (i) et chez plusieurs autres Mammifères (2). D'au- tres fois ia ligne de démarcation entre le vagin et le vestibule uréthro-sexuel est indiquée primitivement par un étranglement circulaire qui se dilate peu à peu et finit par s'effacer après plusieurs portées : chez le Chien et le Chat, par exemple. Enfin, chez la Truie et chez divers Ruminants, l'hymen est représenté par une bride transversale, de façon que la vulve communique avec le vagin jiar deux orifices (3). § 17. — Le vagin, qui, chez presque tous les Mammifères, fait suite au vestibule génito- urinaire et conduit à l'utérus, est un canal long et très-cxteusible, destiné spécialement à recevoir le pénis pendant le coït (Zi). Ainsi que je l'ai déjà dit, cet or- gane manque chez les Monotrèmcs, mais il est double chez la plupart des Marsupiaux (5), et môme chez beaucoup de ces der- niers Mammifères les deux vagins se confondent dans une por- (1) Diiverney a trouvé chez rOurs brun lia repli incuibraneux, épais, en forme de lèvre, situé en avant de ren- trée du vagin et réduisant cet orifice à une simple feule transversale. Cet anatomiste a constaté une disposition analogue chez l'Hyène (a). (2) Par exemple, chez le Phoque (6) et le Rhytiiia (c). (3) M. Owen a constaté cette dispo- sition non-seulement chez la Truie {d), mais aussi chez la Jument, l'Anesse, la Vache et le Paresseux ; il pense qu'elle est commune à tous les Ruminants qui n'ont pas encore reçu le mâle (e). Quelquefois l'hymen est percé de deux trous dans l'espèce humaine (/"). Chez la Jument, souvent la membrane hyméniale est parfois percée d'un ou de deux trous {g), et dans la première copulation elle se rompt avec perte de sang (/i). (û) Chez l'Éléphant, le vagin paraît manquer, car le méat urinaire n'est séparé de l'orifice de l'utérus que par un repli membraneux, et c'est le vesti- bule uréthro-sexuel quireçoil le pénis du mâle pendant le coït (/). (5) Chez le Cayopollin, ou Didelphis dorsigera, les deux vagins sont à peu (a) Duvernoy, Mém. sur l'hymen {Mém. de l'Acad. des sciences, Savants étrangers, t. I), (6) Lobslcin, Obs. d'anal, cump. sur le Phoque à ventre blanc, p. 30 (Journ. deméd., t. XXIX). (c) Stellcr, De bestiis marinis (iSov. Comment. Acad. PetropoL, 1749, t. II, p. 289). (d) Owen, Op. cit. {Philos. Trans.., 1834, pi. C, i]g. 2). (e) Exemple, le Lama; voy. Carus et Otto, Tab. Anat. camp, illustr., pars v, pi. 8, fig. 5). (/■) Owpn, loc. cit., pi. 6, fig. 1. (g) Cliauveau, Analomie comparée des Animaux domestiques, p. 799. (h) Grève, Kleine Beilrdge zur vergleichenden Anatomie und Physiologie (Meckel's Deutsches Archiv fur die Physiologie, 1820, l. VI, p. 53], (i) Mayer , Deitràge zur Anatomie der Elephanlus {I\'ûva Acta Acad. nat. curios., l. XXII, pars U, p. 38). APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. 67 tion de leur longueur, de façon à constituer une seule cavité médiane où débouchent les deux utérus (1). Chez quelques espèces, le fond du cul-de-sac résultant de la réunion de la portion supérieure de ces deux tubes vecteurs communique directement avec le vestibule génito-urinaire par un oritice médian (2). Enfin, chez tous les Monodelphiens, le vagin constitue un tube impair qui oiîcupe la ligne médiane du corps. Il est situé entre le rectum et la vessie, et, de môme que ces organes, il traverse d'ordinaire le bassin ; mais, près cylindriques dans toute leur lon- gueur, et forment de chaque côté une anse flexueuse ; ils se dilatent un peu dans leur portion moyenne, et se rap- prochent l'un de Tautre à leur extré- mité supérieure, mais sans se confon- dre (a). Les deux vagins sont égale- ment distincts chez les Phalangers volants, etc. (1) La Sarigue présente un exemple très-instruciifde cette coalescence des vagins. Deux canaux débouchent isolé- ment dans le vestibule génito-urinaire et restent parfaitement distincts entre eux jusque dans le voisinage des uté- rus ; mais là ils s'élargissent et se réu- nissent sur la ligne médiane de façon à constituer un réservoir en forme de sac, qui à l'extérieur paraît être simple, mais qui à l'intérieur est divisé en deux loges par une cloison médiane. Cha- cune de ces loges renferme l'orilice terminal de l'utérus correspondant (6). Chez le kanguroo géant {Macropus major), le réservoir médian, formé par la réunion de la portion supérieure des vagins, est beaucoup plus grand, et la cloison qui le divise intérieurement est incomplète (c). Chez le f'otorou, ou Kanguroo rat [Hypsiprymnus), le cul-de-sac formé par la dilatation et la confluence de la portion supérieure des vagins se déve- loppe beaucoup plus, et se replie sur lui-même de façon à entourer non- seulement sa partie initiale, mais aussi les deux utérus qui viennent y débou- cher (d). Chez le Crabier ou grande Sarigue de Cayenne {Did. cancrivora), le récep- tacle commun où débouchent les deux utérus est plus nettement séparé de la portion tubulaire des deux vagins (. lO'J). (6) Voyez Owen, On the Génération of Marsupial Animais [Philos. Trans., 1834, pi. C<,ùs;. 4). (c) Voyez Buffon, Op. cit., pi. 102, fis;-. 2. (d) GccifTi'oy Saint-Hilaire, Anatomie philosophique, pi. 17, fis. 13. (e) Owen, On the Génération of Marsupial Animais (Philos . Trans., 1834, p. 351). (/■) Voyez Lereboullet, Anatomie des organes génitaux, pi. 10, fitr. 102 (AVn'a Acta Acad. nul. curios., t. XXUI). — Maiiin Saint-Anse, Op. cit., pi, 5, fia-. 3. 70 REPRODUCTION. qui est commun (luxdeux organes (1). Ils sont également libres dans une portion considérable de leur longueur, mais ils de- viennent confluents dans la moitié ou le tiers de leur longueur : chez les Carnassiers, les Insectivores, les Pachydermes, les Ruminants et les Cétacés (2). D'autres fois la fusion des deux (1) Chez le Rat, la confluence des utérus a lieu presque à rextréniité de ces organes (a) ; chez le Surmulot (6) et chez l'Arvicole ampliihie, ou Rat d'eau (c), le corps commun de l'utérus est un peu plus long. Chez la 'J'ruie, les utérus ne se réu- nissent qu'à leur extrémité infé- rieure (d). (2) Les anatomistes désignent en gé- néral sous le nom de corps de l'utérus la portion commune des deux organes, et appellent cor7ies de l'utérus la por- tion supérieure de ceux-ci restée indé- pendante. Cela vient de ce que ces auteurs ont pris pour point de départ l'utérus de la femme, qui est un or- gane simple, et qu'ils ont considéré la partie bitubulaire des utérus doubles comme étant le résultat de la bifurca- tion de ce réservoir unique. Chez les Carnassiers, les cornes uté- rines sont en général à peu près de la longueur de la portion commune ou corps de la matrice (e). Il en est à peu près de même chez le Cheval (/"). Chez le Lama {g) et la Girafe, les deux utérus ne sont confondus que dans le tiers de leur longueur {h). La portion commune de la chambre titérine est encore plus courte chez la Vache («), la Chèvre (j) et la r.iche (/.•). Chez l'Éléphant, les deux utérus sont séparés dans presque toute leur Ion- (a) Voyez BiifTon Mammifères (cdit. in-8 de Verdière), pi. 135, i'ig. 3. (b) Voyez Buffon, Op. cit., pi. 141, (\g. 1. (c) Carus et Ollo, loc. cit., pi. 8, (ig. 1. {(l) Voyez Buffon, Op. cit.. pi. 3i, tig. 1. — Leisering, Atlas der Anatomie des Pferdes und ilbrigen Haiisthiere, pi. 41 , fig. 9. (e) Exemples : La Lionne ; voy. Carus et Otto, Tab. Anat. Comp. illustr., pars v, pi. 8, fig. 7. — La Panthère ; voy. Buffon, Op. cit., ]A. 211, lig. 2. — La Genelte; voy. Buffon, Op. cit., pi. 235. — Le Zibet; voy. Buffon, Op. cit., pi. 231, fig. 1. — La Fouine; voy. Trcviranus, Ueber die Verbindung der Eierstôck mit den Muttertrompeten in einigen Fam. der Sâugetliiere (Zeitschrifl fiir Physiologie, 1824, t. I, pi. 8, fig. 1). — Le Chien ; voy. Buffon, Op. cit., pi. (i, fig. 1. — La Loutre ; voy. Buffon, Op. cit., pi. 118, fig. 2. — Le Phoque; voy. BulTou , Op. cit., pi. 398, fig. 1; — P.osenthal, Zur Anatomie der Lechunde (NovaAcad. nat. curios., 1831, t. XV, pi, ^^, fig. 1). — Le Kinkajou (Cercoleples) ; voy. Carus et Otto, Op. cit., pars v, pi. 8, fig. t5. (/■) Voyez Gurlt, Anat. des Pferdcs, pi. 20, fig. 1 et 2. — Leisering, Op. cit., pi. 24, fig. 4. {g) Voyez Carus et Otto, Tab. Anat. comp. illustr., pars v, pi. 8, fig. 5. (/i) Owen, Notes on the Nubian Giraffa {Trans. of tlie Zool. Soc, t. II, pi. 46, fig, 1). — Joly et Lnvocal, Recherches sur la Girafe, pi. 6, fig. 1 (Mém. de la Soc. d'hist. nat. de Strasbourg., t. III). (i) Voyez Jorg, Abbildunge7i der Organe des thierischen Korpers, 1. 1, pi, 7, fig. 1. — Leisering, Op. cit., pi. 40, fig. 3. (j) Voyez Rouget, Op. cit., pi. 5, fig. 3 (Journal de physiologie, 1858, t. 1). (kj Perrault, Mém, pour servir à l'histoire naturelle des .animaux, 2* partie, pi. 46, fig. k. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈBES. 71 utérus en une poche unique est portée plus loin, de façon que cet organe a la forme d'une poche médiane , dont le fond est bicorne, et même chez les Makis cette fusion est portée très-loin (1). Enlîn, chez la Femme, ainsi que chez plusieurs autres Mam- mifères, la confluence est complète, et l'utérus est simple et piriforme ou triangulaire (2). Sa portion inférieure, séparée du corps ou portion renflée de l'organe par un léger rétrécissement nommé isthme de la matrice, s'allonge en manière de col, et s'engage dans la partie supérieure du vagin, de façon à y faire saillie (3). Ce mode d'organisation existe chez les Singes (4), les Tardigrades et les Édentés. Les parois de l'utérus sont en général beaucoup plus épaisses que celles du vagin (5), et l'épithélium pavimenteux qui revêt gueiir, et la cavité commune que Per- rault a décrite comme étant le corps de cet organe pourrait bien être Tana- logue du vagin (a). (1) Chez le Loris grêle, les cornes de l'utérus sont très-bien caractérisées (6). (2) Chez l'embryon, la matrice est au contraire bicorne, et ce mode de conformation est d'autant plus marqué^ queledéveloppement est moins avancé. A l'époque de la naissance, cet organe est presque cylindrique, el ce n'est que vers l'époque de la puberté qu'il devient piriforme. Il représente alors un cône renversé et aplati d'avant en arrière, dont la base est arrondie. (o) L'orifice de l'utérus, dirigé trans- versalement, occupe le sommet de la partie qui fait ainsi saillie dans le va- gin et qui est désignée sous le nom de museau de tanche. (Z|) L'utérus est piriforme chez la plupart des Singes (c), quelquefois cependant le fond de cet organe est faiblement bilobé (d). (5) Cette épaisseur n'est pas partout la même, de façon que la forme de la cavité intérieure necorrespond pas tou- jours à celle de l'organe considéré exté- rieurement. Ainsi, chez la Femme, cette cavilé est triangulaire, et sa face supé- rieure est surbaissée par suite de l'é- paisseur beaucoup plus considérable de la paroi correspondante au milieu que sur les côtés. Cette disposition est d'ailleurs beaucoup plus marquée avant la conception que chez les Femmes qui ont eu plusieurs enfants. (a) Perrault, Mêm. pour servir à l'histoire naturelle des Aitimaux, 3' partie, pi. 2. — Hunter, voy. Descriptive and illustrated Catalogue o( the Muséum of the Collège of Sur- geons, t. IV, p. 170. (6) Voyez BiilTon, Op. cit , pi. 464, fig. 4. (e) Par exemple, chez le Maiip-ahey ; voy. Bnfî"on, Op. cit., pi. 429, fig'. 2. {d} Par exemple, chez le Palas; voy. Buffon, Op. cit., pi. 427, Cig. 4. — Le Mycetes fvscus; voy. Carus et Otto, Tah. Anat. comp. i'ilustr., pars V, pi. 8, fig. 8. 7"2 REPRODUCTION. la face interne de ce dernier canal y est remplacé par une couche de cellules épithéliques portant des cils vibratiles. Ony distingue trois tuniques. L'une, externe, de nature séreuse, qui est formée par la portion adjacente du péritoine, et qui se continue de chaque côté pour constituer une paire de grands replis appelés ligaments larges de Vutérus (1). La tunique moyenne est com- posée d'un tissu musculaire dont les éléments sont des fibres- cellules fusiformes, courtes et à noyau cellulaire, entremêlées à une quantité plus ou moins considérable de tissu conjonctif. Le mode d'arrangement de ces fibres est en général Irès-difii- cile à distinguer, surtout quand les parois de l'utérus présen- tent beaucoup d'épaisseur, comme dans l'espèce humaine (2). (1) Dans l'espèce humaine, ainsi la disposition a été étudiée avec beau- que chez les autres Mammifères où coup de soin par M. Rouget, chez la Tutérus est simple, on remarque aussi Femme et plusieurs autres iMainmi- deux paires de replis analogues de la fères (6). Il est aussi l\ noter que le tunique périlonéale, qui se portent, bord supérieur de ces cloisons mem- l'une en avant, sur le pubis, l'autre braneuses est subdivisé en trois por- en arrière, sur le sacrum, et qui sont lions que l'on désigne sous le nom appelées les ligaments ronds de l'até- d'ailerons. rus. Les ligaments larges sont beau- (2) Jadis beaucoup d'analomistes coup plus développés, et s'étendent n'admettaient pas l'existence de fibres latéralement de façon à constituer une musculaires dans les parois de l'uté- cloison transversale qui divise le petit rus de la Femme, soit d'une manière bassin en deux parties et qui loge absolue, soit lors de la gestation (c). les oviductes et les ovaires. Entre les Leur présence a cependant été re- deux lames de la membrane séreuse connue dès l'époque de la renaissance qui forme ces plis, il existe du tissu de l'anatomie (d), et depuis quelques cellulo-vasculaire et divers faisceaux années on en a fait l'objet d'obser- de libres musculaires striées (a), dont vations nomljreuses, non-seulement à (n) Rainey, On thc Sh'uctuve and use of Vie ligamenlura rotiimlum iileri (Philos. Trans., 4 850, p. 515. pi. 39, llij. 1 et 2). {b) Hoiiuret, Hecherches sur les organes érecliles de la Femme et sur l'appai'eUtubo-ovarien (Journal de physiologie , 1858, t. I, p. 350, pi. 1. Ilç;. i ; pi. 3, liif. 2, 3, 4 ; pi. 5, lig-. ?,). (cj Monro, Structure of the Utérus (Edinhuvgh médical Essays, t. I, p. 450, 470. — J. G. Waiter, Beobacht. ilber die (JeburtsUteile des weibUchen Gcschlechts, § 35. — Blumenbach, Institut. physioL, 1787, g 38. — Azzof^iiiili, De uteri constructione, g 22. — r.ilike, L'eber die Structtir de.r Gebdrmutter, 1793. — Sriit'llie, Trcatise on the Theory of Midivifery, p. 97. ((/) Vesale, De corp. humani fabr., 1512, p. 057. — Ilaller, Eléments physiologiques, t. VII, p. C>i. — Waisberg', Commenlationes, p. 307. APPARFIL BE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. 7o Il est aussi à noter qu'en général ces fibres cliarnues sont plus développées autour du col de l'utérus que sur le corps de cet organe, et y forment une sorte de sphincter. La tunique interne de l'utérus est une membrane muqueuse qui adhère très-inti- mement aux parties sous-jacentes et qui est très-épaisse. Sa surface libre, revêtue, comme je l'ai déjà dit, d'un épithé- lium vibratile, présente en général des rides ou des rugosités plus ou moins saillantes et nombreuses, qui tantôt n'existent que dans sa portion inférieure ou cervicale (1) ; d'autres l'état de grossesse (a), mais aussi dans l'élat de repos de l'organe incuba- teur (6). Chez les Mammifères dont l'utf'-rus est allongé et intestiniforme, les fibres musculaires de cet organe sont plus faciles à étudier, et leur contractilité a été constatée par des observations directes : ainsi on y a vu des mouvements y être provoqués, soit par des excita- lions mécaniques (c), soit par le gal- vanisme (d). On distingue dans cette tunique moyenne trois couches de fibres mus- culaires, dans chacune desquelles cel- les-ci sont, les unes transversales, les au- tres longitudinales ou obliques ; c'est la couche moyenne qui est lapins épaisse. (1) Chez la Femme, la surface interne du corps de l'utérus est presque lisse, mais il existe dans la portion cervicale de cet organe des saillies formées par des replis de la tunique muqueuse, sou- tenues parles prolongements de la cou- che musculaire sous-jacente et disposées d'une manière très-remarquable sur chacune des parois (antérieure et pos- térieures) du col; une de ces saillies, plus forte que les autres, est dirigée longitudinalement, et il en part de cha- que côté des saillies secondaires obli- ques, de façon à ressembler aux ner- vures d'une feuille à axe médian (e). Les anciens anatomisies donnaient à ces systèmes de plis palmés, le nom iVarbre de vie. Souvent on trouve aussi dans les parois de cette portion de l'utérus des vésicules closes qui sont remplies d'une matière muqueuse, et qui ont été désignées sous le nom LVanifs de Naboth (/"). Les villosités qui garnissent la mu- queuse utérine sont de formes varia - (a) Calza, Ragioname7ito sopra il meecanismo délia gravidenza{Saggi delU Acad. Padova, 1780, t. I, p. 41, pi. 1 à H ; l. Il, p. 35, pi. 1 et 2). — Héiie, Recherches sur la disposition des libres musculaires développées pendant la gros- sesse, 1864. (ft) Kasper,.flisse;'J. de structura uteri fibrosa, 1840. (c) Haller, Elementa physiologia:, t. VIII, p. 59. ((/) Wagner, Comment, de [eminarum in gravidilate mutationibus, p. 179. (e) Robin, Mémoire pour servir à l'histoire anatomique et pathologiqtie de la membrane muqueuse utérine, de son mucus et des œufs, ou mieux des glandes de Naboth (Arclùves géné- rales de médecine, 4» série, 1848, f. XVII, p. 257). (/■) Farre, art. Utérus (Todd's Cyclop., Supplém., p. C25, fig. 424, 420 et 431). — Guyon, Etudes sur les cavités de l'utérus (Journal de physiologie, 1850, t. II, p. 180). — Cornil, Rech. sur la structure de la muqueuse du col utérin (Journal d'anntomie, 1804, t. I, p. 380). Ik REPRODUCTION. fois prennenl un grand développement, ei forment parlout, d'espace en espace, des saillies arrondies appelées cotylédons o\i caroncules, mode d'organisation qni se rencontre chez la plupart des Ruminants (l), et qui est en rapport, comme nous le verrons bientôt, avec la manière dont les relations organiques ont lieu entre la mère et son produit pendant la gestation. Il importe également de noter que cette tunique muqueuse loge dans son épaisseur une multitude de petites glandes utérines dont les orifices sont béants à sa surface. La plupart de ces orga- nites sont de simples tubes terminés en cul-de-sac ; mais il en est qui sont plus ou moins racémeux (2), et chez quelques Mam- bles, t't ressemblent beaucoup à celles qui les sépare entre elles est à peu de la tunique interne de l'intestin près ég:al à leur diamètre. Dans le col grêle {a). de riiti^riis on trouve des follicules (1) Chez le Mouton, par exemple, anfractueux et desglandules en forme ces saillies ont la forme de gros tuber- de grappe (e), qui débouchent au fond cules arrondis et souvent un peu des sillons de l'arbre de vie ; les uns étranglés à leur base (6). et les autres paraissent devoir être Les cotylédons utérins sont très- considérés comme des cryptes mu- développés chez la Girafe (c). queux, tandis que les glandes utérines Ci) Dans l'espèce humaine, les proprement dites ne sécrètent pas de glandes utérines, dont la structure a mucus et ont des usages spéciaux. Les été étudiée avec soin par Weijer et par orifices de ces follicules du col utérin plusieurs autres anatomisles (rf), sont sont irréguliers, et donnent h la sur- logées dans les parois du corps de l'uté- face de cette portion de la membrane rus non gravide, et consistent en petits interne de l'utérus un aspect caver- tubes cylindriques droits ou légère- neux, lorsqu'on l'examine à la loupe, ment flexneux, en général simples et Le mucus sécrété par les glandes du terminés en culs-de-sac. L'intervalle col de l'utérus est alcalin (f). (a) Ki-ause, Handbuch iler Anatomie, t. I, p. 5G5. — Bischoff, Traité du développement, p. i02. (6) Cohbolci, art. Ruminantia (Tortd's Cyclop., Siipplém., p. 544, Ctg. SfiC). (c) Owen, On the Anat. of the ^ubian Giraffa, etc. (Trans. of ihe Zooi. Soc, t. II, pi. 4G, fig. 1). (d) E. H. Weber, Zusâtze ziir Lehre vom liaue und den Verricht. der Geschlechtsorgane. — Sharpey ; voyez Eléments of Physiology by J. Mùller, Irans. by Baly , 1842, t. II, p. 1574, fig. 209, etc.). — Berres, Œsterreichische Jahrbûcher, Bd. XXIII, S. 538. — Robin, Méin. pour servir à l'histoire de la membrane muqueuse utérine (Arch. gén. de médecine, i^ série, t. XVII). — Reichert, l'eber die Bildung der hinfâlligen Haute {liiiWer's Archiv fur Anat. und PhysioL, 1848). (e) Sappey, Traité d'anatomie, t. III, p. 672. (f) Donné, Cours de microscopie, p. 155. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES MAMMIFÈRES. 75 niifères ils offrent, memeduraiil la période de repos de l'appa- reil reproducteur, des dimensions considérables : chez la Vache, par exemple, où ils affectent la forme de vaisseaux contour- nés en spirale (1). A l'époque de la gestation, ces cryptes ou glandules se développent énormément, et jouent un rôle très- important dans l'établissement des connexions placentaires de l'embryon. J'aurai donc à revenir bientôt sur leur histoire. J'ajouterai que les parois de l'utérus sont très-vasculaires (2) et recouvrent diverses branches nerveuses fournies par les plexus adjacents (o). § 18. — Les oviductes, ou trompes de Fallope, font suite à l'utérus, et, lorsque cet organe est double, la ligne de démarca- tion qui le sépare de ces conduits n'est pas toujours bien mar- Ov'nliicles. (1) Ces glandes tabulaires ont été décrites sous le nom de vasa spi- ralia (a) . {'2) Les vaisseaux sanguins de la matrice et du vagin sont très-dévelop- pés, et leurs branches, très-flexueuses, constituent do chaque côté de ces or- ganes un appareil sanguifère très-re- marquable, dont la disposition a été particulièrement étudiée par M. Rou- get (6). Les artères proviennent en partie des artères iliaques internes, en partie des artères ovariennes ; elles y arrivent par les ligaments larges, et les capillaires qui en naissent forment à la surface de la tunique muqueuse un réseau dans les mailles duquel sont logés les orifices des glandes utérines. Les veines sont beaucoup plus déve- loppées, et l'ensemble de ce système vasculaire forme de chaque côté du vagin, aussi bien que de l'utérus, un corps spongieux analogue à un tissu éreclile. (3) Les nerfs de l'utérus appartien- nent pour la plupart au système gan- glionnaire, mais il s'en trouve aussi qui proviennent de la moelle épinière. L'étude en a été faite avec beaucoup de soin dans l'espèce humaine (c). (a) Bui'ckliardt, Observ. de uteri vaccini fahrica, tSSi, pi. 1 (voy. Bencht ûber die Verhand- iungender \aturforschenden Gesellschaft in Basel, 1835, p. 10). (fc) I\oug-et, Recherches sur les organes érectiles de la Femme, etc. (Journal de physiologie, 1858, t. I, p. 320, pi. 1, fig. 7), (c) Tiedeniann, Tabuhc nervoruni uteri, 1822. — r;. Lee, On the Anat. of the Nerves of the Utérus (Philos. Trans., 1841. — On the ganglioned Nerves of the Vterus [Philos. Trans., 1841, p. 209; 1842, p. 173; 1846, pi. 14). — Snow Beck, On the Nerves of the Utérus (Philos. Trans., 184G, p. 219). — Jobert (de Lamballe), Recherches sur la disposition des nerfs de l'utérus (Comptes rendus de l'.Acad. des sciences, 1841, p. 882). — Kilian, Die Nerven des Utérus (Zeitschr. fiir ration. Med., 1851, t. X). — Hirschfield, Note sur les nerfs de l'utérus (Gaz., méd., 1852). — Boullaiid, Quelques mots sur l'utérus, 1853. 76 REPRODUCTION. quL'ê. Ce sont des tubes élroits plus ou moins repliés sur eux- mêmes et dilatés vers leur extrémité supérieure, qui, de même que chez les Oiseaux, les Reptiles, les Batraciens elles Poissons plagiostomes, est béante dans l'intérieur de la cavité abdominale. L'espèce d'entonnoir constitué par leur portion terminale est désigné d'ordinaire sous le nom de/3au!7/on, et se fait remar- quer par la disposition frangée ou lacérée de ses bords (1), mode de conformation qui n'existe pas chez les Vertébrés ovi- pares. Cette ouverture évasée se trouve dans le voisinage immé- diat de l'ovaire, et peut s'appli(|uer sur cet organe de façon à l'embrasser plus ou moins exactement (2). Chez beaucoup de Manmiifères les ra|iports du [lavillon avec l'ovaire sont assurés au moyen d'un repli du péritoine qui encapuchonné plus ou moins complètement ces organes. Chez le Chien, le Chat, etc., la poche ainsi constituée est ouverte du côté de l'abdo- men (3) ; mais dans d'autres espèces, par exemple les Ours et (1) Ainsi que Graaf l'a fait rcmar- conduit, qui est creusé en goiittit-re qucr, on ne peut bien voir les franges et qui s'élend jusqu'à la partie adja- du pavillon qu'en disséquant celte par- cente de Tovaire. tie sous l'eau, précaution que les élu- (3) Chez la Chienne, la poche mem- diants en médecine négligent trop sou- braneuse, ainsi constituée, ne présente vent. La disposition de celte bordure qu'une fenle très-élroite, et ses parois est très-variable, et c'est chez les sont garnies de fibres musculaires (6). jeunes Femmes que les franges margi- Le mode de conformation de ce ca- nales paraissent être les plus nom- puchon péritonéal est à peu près le breuses (a). Les anciens anatomistes même chez le Cochon d'Inde (f). Chez désignaient cesdéchirures sous le nom le Lapin, la fente est plus large l id. à 11 40 id. id. à 12 35 id. id. à 13 11 id. id. à 14 31 id. id. à 15 72 id. id. à 10 35 id. id. à 17 2C id. id. à 18 24 id. id. à 19 U id. id. à 20 2 id. id. à 21 i id. id. ■1 25 (a). Dans l'île de Madère, où la tempé- rature ne varie que très-peu, les dif- férences de cet ordre paraissent être beaucoup moins considérables. Ainsi, sur 228 cas recueillis par M. Roberlon, il ne s'est trouvé que 2 individus dont les menstrues s'étaient établies avant l'âge de quatorze ans, et 31 qui, à ce moment, avaient dépassé di.v-sept ans, tandis qu'en Angleterre sur 5Ù0 individus le même auteur compta : 3 qui avaient été réglées à 9 ans. 14 19 35 66 99 104 85 54 34 16 8 2 1 id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. à 10 à 11 à 12 à 13 14 15 IG 17 18 . 19 à 20 à 21 à 22 (6). Jl est aussi à noter que la préco- cité paraît augmentée par un régime abondant, le séjour des villes, etc. (t) Le flux menstruel est en général précédé par la sécrétion d'une matière odorante provenant des glandules de la vulve cl la production plus abondante du mucus vaginal. Ce liquide devient ensuite sanguinolent, et bientôt la proportion de globules bématiques y devient tellement considérable, qu'il ressemble presque à du sang normal, mais il ne contient que peu de fibrine, et dans la plupart des cas n'est pas (a) Raciborsky, Op. cit., p. 9. (()) Roberlon, Un the Age of l'uherlu in the islanil of Madeira {Kdinburgh Med. and Surg. Journal, 1840, l. lAM, p. 281). FONCTIONS DE L\ GÉNÉRATION CHEZ LES MAMMIFÈRES. 89 du corps (1); par l'agrandissement du larynx et des change- ments correspondants dans la voix; enfin par le développe- ment des spermatozoïdes dans la liqueur séminale élaborée par les testicules, et l'excitabilité plus grande des organes reproducteurs. Il est aussi à remarquer que chez les individus rendus stériles, soit par quelque vice organique, soit par la castration, ces changements dans l'ensemble de l'économie ne se manifestent pas ; le diapason de la voix reste élevé, le système pileux conserve le caractère juvénile, et les formes gé- nérales se rapprochent de celles de la femme ou de l'enfant (2). coagulable ou ne l'est que très-impar- de cinq ou six jours environ, mais sou- faitement. Denis (de Commercy) y a vent elle se prolonge davantage (c). trouvé alors pour 1000 parties : La non-apparition des menstrnes dans les cas d'atrophie congénitale Eau 825,0 des ovaires a été signalée par pi usleius Mucus 45,3 auteurs, et l'on trouve aussi dans les F'i^rine 0,5 annales de la chirurgie des exemples ^"^""""^ '^^•^ de la cessation des règles à la suite de '^^'"''°'*"" *^^'* l'extirpation de ces glandes (d). Graisse, matières minérales, etc. il,5{a). ,n „, . , (1) Nous reviendrons sur ce sujet La proportion d'eau et de mucus y lorsque nous étudierons le système té- est du reste très-variable, suivant les gumentaire. individus, aussi bien que suivant la (2) C'est à raison de cette influence période à laquelle on observe cephé- de la castration sur le diapason et sur nomène, car après un certain temps le timbre de la voix que jadis, en l'écoulement reprend peu à peu le ca- Italie, on pratiquait souvent cette opé- ractère muqueux. Le sang évacué de ration sur des enfants dont on voulait la sorte provient principalement des faire des chanteurs pour le service des parois de la matrice, dont les vaisseaux chapelles et des théâtres. Ces castrats capillaires sont alors très-turgides, et sont imberbes et ont les formes arron- dont la couche épithéliqiie se ramollit dies. L'état des organes de la généra - ou se dilate (b). tion chez les eunuques a été étudié La durée de chaque menstruation récemment par M. Billiarz, médecin est très-variable ; en moyenne, elle est au Caire (e). (a) Denis, Recherches expérimentales s^ir le sang humain, p. 166. (6) Pouchet, Théorie positive de l'ovulation spontanée, p. 241. (ci Hrierre de boismont, Op. cit. (Mém. de l'Acad. demédecine, 1841, t. IX, p. 128). {d) P. Polt, Œuvres chirurgicales, 1777, t. I, p. 492. (e) Bilharz, Beschreibung der Genitalorgane einiger scfuuarzen Eunuchen, nehst Bemerk. ûber die Beschreibung der Clitoris und kleinen Schamlippen ^Zeilschrift fiir wissenscli . Zoolo- gie, 1860, t. X, p. 281). 90 REPRODUCTION. On sait aussi, par l'observation journalière des effets de la cas- tration sur le Taureau et le Cheval, que l'impuissance rend ces Animaux plus dociles et les dispose à s'engraisser facile- ment (1). La cessation de la fécondité chez les femelles est au contraire très-souvent accompagnée de particularités extérieures qui donnent à celles-ci un aspect masculin (2). Des changements non moins considérables mar(|uent le pas- sage de l'enfance à l'âge viril chez beaucoup d'autres Mammi- fères. Ainsi, chez plusieurs Animaux de cette classe, le pelage est tacheté ou rayé chez les jeunes individus, mais se colore (1) Les Chevaux hongres (ou châ- trés) sont moins vigoureux et plus doux que les étalons on Chevaux en- tiers. Le Bœuf (ou Taureau châtré) est aussi plus disposé à prendre de la graisse. La castration exerce une in- fluence très-remarquable sur les bois des Cerfs. Elle en empêche la chute lors- que ces prolongements frontaux exis- tent au momentdel'opéraiion, et elleen empêche le développement lorsqu'elle a été pratiquée après qu'ils sont tom- bés et avant qu'ils aient repoussé (a). Suivant Grève, les défenses du San- glier ne s'allongent pas chez les indi- vidus châtrés (6). L'influence du cha- ponage, ou castration, sur les Coqs est encore plus prononcée ; quand cette opération a été faite de bonne heure, non-seulement l'Animal a la chair très- tendre et s'engraisse bien, mais il ne chante plus. (2) L'extirpation des ovaires exerce aussi sur la constitution de la Femme une influence remarquable: pratiquée dans le jeune âge, celte opération em- pêche le bassin de s'élargir et les ma- melles de se développer ; le pubis reste dénudé, les règles ne s'établissent pas. Il paraît que dans quelques parties de l'Asie on a souvent l'occasion de ren- contrer de ces eunuques femelles, et qu'elles ont quelque chose de viril dans leur aspect et dans le timbre de leur voix. Cette cause de stérilité est sou- vent accompagnée d'un développement de barbe plus ou moins prononcé. Du reste, cette apparence virile, et même le développement de la bar])e, s'observent souvent chez les femmes qui ont cessé d'avoir leurs menstrues, et qui par conséquent sont devenues stériles. Ces femmes-hommes n'avaient pas échappé à l'attention d'IIippocrate, et les Romains les désignaient sous le nom de viraginea. Des faits du même ordre se présen- tent chez les Animaux : ainsi parfois les Biches ont la tête ornée de bois comme le Cerf, et l'on a constaté qu'elles sont alors stériles (c). Il est aussi à noter que chez les Oi- seaux on observe des phénomènes analogues : ainsi les vieilles femelles (o) Buffon, art. Cerf, Hist. nat. {Œuvres, édit. in-8, t. XVIII, p. 89). (6) Grève, Kleine Beitr. zur vergl. Anat. und Physiol. (c) Wililungen, Taschenhuch fiïr Forst- iind Jagdfreunde, p. il. FONCTIONS DE LA GÉNÉRATION CHEZ LES MAMMIFÈRES. 91 uniformément à l'époque de la puberté (1). C'est aussi à cette période de la vie que la crinière se développe chez le Lion, et que le front des Cerfs s'arme des prolongements osseux appelés bois. On remarque d'une manière plus générale qu'à ce moment les forces musculaires augmentent rapidement et que de nouveaux- instincts se manifestent. Les mâles cessent ordinairement de vivre en bon accord entre eux et se séparent ou se combattent; en même temps ils recherchent les femelles, et, guidés par qui ont cessé de pondre prennent sou- chez un Faisan doré qui offrait cette vent le plumage des niàies. Beaucoup particularité, j'ai constaté que les ovai- d'exeniples de ce genre ont été cités (a), res étaient atrophiés, et Yarrell a souvent constaté que, dans (1) La livrée des jeunes Sangliers les cas de ce genre observés chez de est un exemple remarquable de ce jeunes individus, les ovaires étaient mode de coloration transitoire du sys- dans un état morbide [h). Ces jours-ci, tème tégumentaire. (a) Par exemple, chez la Poule, par : — Arislote, Hist. Anim., lib. XVIII, cap. xxxvr. — Tucker, Ornithologia Damnonsensis . — Buller, On the Change of plumage exhibited bij many species of Birds in an advanced period of Life (Mem. of the Wernerian Soc, t. II!, p. 183). — Jameson, Note, etc. (Edinburgh new Philosophical Journal, 182G, 1. 1, p. 309). — Grève, Bruchstûcke zur vergl. Anat. und Physlol., p. 45. Chez le Faisan commun, par : — Mauduit, Encyclop. méthod., Ornithol., t. II, p. 3. — Hunter, Account of an extraordinary Pheasant {Philos. Trans., 1780, p. 527). — Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Sur des femelles de Faisans à plumage de mâles (Mém. du Muséum, 1825, t. XII, p. 220, et Essais de zoologie générale, 1841, p. 498). Chez le Faisan doré, par : — Blumenbach, De anomalis et vitiosis quibusdam nisus fonnalivi aberrationibus, p, 8 {Commentationes recentiores Soc. scient. Gottingmsis, l. II). — Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Op. cit., p. 228. Chez le Faisan argenté, par Bechstein, Nattirgeschichte Detitschlands , t. III, p. 1210. Chez le Faisan à collier, par Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Op. cit., p. 228. Chez la Dinde, par Bechstein, Op. cit. Chez le Paon, par : — Hunter, Op. cit. {Œuvres, t. IV, p. 113). — Gerbe, art. Oiseaux du Dictionnaire universel d'histoire naturell£, t. IX, p. 15. — Jameson, loc. cit. Chez la Perdri.K, par : — Monlagu; voy. Jameson, loc. cit., p. 310. — Yarrell, On the Change in the Plumage of some Hen-Pheasants {Philos. TcaMS., 1827, p. 263). Chez le Canard, par Tiedemann, Zoologie, t. 111, 1814, p. 306. Chez le Coucou, par Peyraudeau ; voyez le Bulletin des sciences naturelles de Férussac, t. XIII, p. 243. Chez le Cotinga, par Dufresne (Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Op. cit., p. 228). Chez le Pinson, par M. Florent Prévost (Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, loc. cit.). Chez des Veuves, par Blumenbach, Op. cit. (6) Yarrell, Op. cit. {Philos. Trans., 1827, p, 268). Un Bouvreuil observé par Ménétriès paraît avoir été aussi une femelle à plumage de mâle. {Cata- logue raisonné des objets de zoologie recueillis pendant un voyage au Caucase, 1832, p. 43.) 92 REPRODUCTION. l'odeur que celles-ci exhalent, ils les poursuivent souvent de très-loin. Chez la plupart des Mammifères, cet élat d'activité des facultés reproductrices s'interrompt hienlôt(l) , pour recommen- cer après un repos plus ou moins prolongé (2). Chez beaucoiTp d'Animaux de cette classe, la périodicité de ce phénomène, que (1) La durée du temps pendant le- quel les femelles sont en chaleur varie suivant les espèces. Ainsi, chez la Chienne, cet état peut durer neuf ou dix jours; chez la Jument et la Vache, il cesse beaucoup plus tôt, ei chez la Brebis il ne dure i;uère que vingt - quatre heures. (2) Pendant cette période d'activité fonctionnelle des organes reproduc- teurs, ceux-ci sont dans un état de tur- gescence plus ou moins grande. Les testicules grossissent et les glandes ac- cessoires se gonflent. Chez quelques Mammifères, les tes- ticules changent aussi de position à cette époque {a). 11 est aussi à noter que chez le Chameau l'époque du rut est caractérisé par la sécrétion d'une matière très-oilorante, et que chez le Dromadaire le voile du palais fait sou- vent saillie hors de la bouche de façon à simuler une véhicule (6). Chez la femelle, l'état de rut est en général indiqué par la congestion san- guine des organes génitaux externes, et la sécrétion plus abondante du mu- cus par les parois du vagin. Chez les Singes, ce gonflement des bords de la vulve est souvent énorme, et dans beaucoup de cas il est suivi d'évacua- tions sanguines qui constituent de véri- tables menstrues (r). Dans quelques Singes, tels que le I\liésus, on a ob- servé aussi à ces époques des signes de turgescence dans certaines parties de la face {d). J'ai constaté que chez les Tatous il y a aussi des écoulements sanguinolents chez les femelles en cha- leur, mais le retour de ce phénomène n'est pas régulier. Souvent l'état de chaleur est accompagné d'un écoule- ment analogue chez la Vache et chez le Buffle (e). Chez l'Éléphant femelle, l'état de rut est accompagné d'un déplacement de la vulve qui se porte peu à peu en arrière, de façon à changer com- plètement la direction du jet uri- naire(/'). (a) Voyez ci-dessus, page 9. {l) Voyez tome VI, page 27) . (c) Fréd. Cuvier, Du rut (Aun. du Muséum, 1807, t. IX, p. 418. — Rengger, Naturgeschichle der Sàttgelhiere von l'araguay, 1830, p. 49. — Ehi-eiiberg, i/ebec de/i Cynoceplialus {Abhandl. der Berlin. Akad., 183^, p. 351). — Isid. Geoffroy Saint-Hilairu ; voy. Brescliut, Recherches sur la gestation des Quadrumanes (Mémoires de VInslitut, 1845, t. -MX, p. 402 et suiv.). (d) F. Cuvier, aii. Singes à queue de Cochon, p. 2, et art. Rhésus femelle, p. i (Histoire des Mammifères, t. I. (e) KMeii, Bemerkungen ûber physiologische Gegenstands (Meckel's Deulsches Archiv fur die Physiologie, 1823, t. VIU, p. 332). — Nuinaii, Over de periodische ontlaslung von bloed uil de Geslachtsdeelen bij sommige huisdleren (Tijdschrift voor Naturliike geschiedenis in Physiologie, 1838, t. IV, p. 334). (f) G. Cuvier, art. Éléphant des Indes, p. C> (l.acépède et Cuvier, Ménagerie du Muséum, 1801). FONCTIONS DE LA GÉNÉRATION CHEZ LES MAMMIFÈKES. 93 l'on appelle le rut, est Irès-marquée chez le mâle aussi bien que chez la femelle : dans la grande famille des Cerfs, par exemple ; mais en général l'intermittence de l'aptitude à la procréation n'est complète que chez la femelle, et c'est surtout chez elle que cette propriété se réveille avec régularité à des époques tixes. Son retour est d'ailleurs subordonné à diverses circonstances. Ainsi, presque tous ces Animaux refusent le maie lorsqu'ils sont en état de gestation (1), et pour plusieurs d'entre eux l'activité fonctionnelle de l'appareil reproducteur est suspendue pendant l'allaitement des jeunes; mais il arrive Iréquemment qu'une femelle non fécondée à l'époque ordinaire entre de nouveau en chaleur quelque temps après. L'abondance et la nature des aliments influent également sur ce phénomène ; mais ce qui semble régler principalement les époques de rut, c'est le rap- port entre la marche des saisons et le moment où le travail de la gestation étant terminé, les nouveau-nés verront le jour. En effet, par suite d'une de ces harmonies naturelles, dont l'é- tude des Animaux nous a déjà fourni de fréquents exemples, les choses sont en général disi)0sées de telle sorte (\m pour chaiiue espèce la mise bas a lieu pendant la saison la plus favorable à l'existence des jeunes, et que l'époque du rut précède cette saison d'un espace de temps égal à la durée de la gestation. Ainsi, dans la grande majorité des cas, c'est l'été qui est le plus favorable aux jeunes, et c'est au printemps que le rut se déclare chez les espèces dont la gestation est de courte durée, tandis que c'est en hiver que cet état d'aptitude à la pro- création se montre d'ordinaire chez celles dont la gestation dure trois ou quatre mois (2). C'est généralement en automne (1) La Truie l'ail exceplion à ceUc décembre à lévrier, el la durée de la règle. gestation de ces animaux est de trois (2) Les Loups sont en chaleur de mois (a). L'Isatis, qui habite les con- (o) Fréd. Cuvier, Du rut {Annales du Muséum, 1807, t. IX, p. 122J. 94 REPRODUCTION. que les signes de chaleur se manifestent chez les femelles qui portent neuf ou dix mois, et à cette période de l'année les es- pèces à courte gestation, où l'état de rut peut s'être renouvelé deux ou plusieurs fois pendant la durée de la belle saison, ces- sent presque toujours d'être disposées à l'accouplement (1). Des rapports analogues existent entre le moment du rut et la marche des saisons chez les espèces dont la gestation se prolonge pen- dant près d'un an, car chez celles-ci la femelle entre en cha- leur presque aussitôt après avoir mis bas ; de sorte que l'année n'est pas perdue pour la multiplication de sa race, et que sa progéniture vient cependant au monde dans la saison conve- nable. 11 est aussi à remarquer que pour des Animaux qui ne diffèrent que peu entre eux, mais qui habitent des régions où la marche des saisons n'est pas la même, les temps de rut varient d'une manière correspondante. Ainsi, dans les parties froides ou tempérées de notre hémisphère, le Chat est en rut vers le mois de janvier ou de février, en sorte que ses petits naissent au printemps ; mais transporté depuis plusieurs siècles dans l'Amérique centrale, où la température reste à peu près la même pendant toute la durée de l'année, cet Animal a cessé d'entrer en chaleur à une -époque déterminée (•2). Chez nous, pour les trées septcnirionales et qui porte neuf semaines seulement, entre en rut vers la fin de f(5vrier (a). (1) Ainsi, le Chat sauvage, aussi bien que le Chat domestique, peut entrer en rut deux fois par an, en février et en automne. Beaucoup d'autres petits Carnassiers sont dans le même cas : la Fouine, le Furet, par exemple. La Taupe est en rut pour la première fois au commencement de l'hiver, et pour la seconde fois en été. La Souris, le Rat et beaucoup d'autres petits Rougeurs sont aptes à la pro- création trois ou quatre fois par an, ou même davantage. (2) M. Roulin, à qui nous devons la connaissance de ce fait curieux, a fait la même remarque au sujet du Chien (6). (fl) i. C. Gmelin, Animalium quorutndam qtiadrupedum descriptio {Nova Comment. Petrop., n55, t. V, p. 358). (b) Roulin, Remarques sxir quelques changements observés dans les Animaux domestiques transportés de l'ancien dans le nouveau continent (Ann. des sciences nat,, 1829, i. XVI, p. 29;. FONCTIONS DE LA GÉNÉRATION CHEZ LES MAMMIFÈRES. 95 Chiens, cet élatse déclare vers la fin de l'hiver, et en Australie, où la marche des saisons est l'inverse, ces Animaux entrent en rut en juillet (1). Je citerai également à ce sujet les différences qui existent sous ce rapport entre la Vache, qui est un animal originaire des régions temj)érées, et qui entre en chaleur au commencement du printemps, et le Bison d'Amérique, qui habite un pays où l'été n'arrive que très-tardivement, et qui n'est en rut que vers le mois de juin (2). Ainsi qu'on peut le prévoir d'après tout ce qui vient d'être dit, le caractère du climat influe également sur le retour plus ou moins fréquent de l'état tle rut. Dans les régions où le climat est extrême, c'est-à-dire où les différences entre la température de l'été et celle de l'hiver sont très-considérables, la périodicité de ce phénomène physiologique est en général à plus long terme que dans les contrées tropicales où la chaleur règne sans interruption. Ainsi, chez les grands Mammifères de l'Inde et de l'intérieur de l'Afrique, les signes d'aclivité procréatrice se manifestent souvent à de très-couris intervalles, et les nais- sances ont lieu en toutes saisons. Cela se voit non-seulement chez les Singes (3), mais aussi chez plusieurs Pachydermes et (1) Cela a élé constaté sur un Din- go, ou Chien indigène de l'Australie, qui a vécu à la ménagerie du Mu- séum («). (2) Des différences inverses existent entre le Phoque commun de nos mers et les espèces de la même famille qui habitent les mers polaires : le premier est en rut au mois de septembre et met bas en juin, tandis que le Phoque du Groenland et le Phoque à capuchon s'accouplent en octobre. Mais il ne faudrait pas trop généraliser les con- clusions à déduire de ces faits. Ainsi le Phoque à trompe des mers du Sud est en rut aussi au mois d'octobre (6), bien que ce moment de l'année soit, quant aux saisons, ie correspondant du mois d'août dans notre liémi- sphère. (3) Le retour mensuel de l'état de rut a été souvent constaté chez divers Singes, notamment le Mangabey, les Macaques et les Cynocéphales (c). (a) Fréd. Cuvier, Histoire naturelle des Mammifères, art. Chien de la Nouvelle- Hollande. (b) Péron, Voyage aux Terres australes, t. II, p. 34. (c) Fréd. Cuvier, Histoire des Mammifères, t. I. 96 REPRODUCTION. Ruminants, tels que l'Éléphant (l), la Girafe (*2), des Anti- lopes et divers Cerfs propres aux pays chauds (3\ Les saisons exercent moins d'iniluence sur les Animaux éle- vés en domesticité, et, comme je l'ai déjà dit, l'abondance des aliments peut huter le retour de l'aptitude à la procréation (/i). Ainsi, à l'aide d'un régime convenable, on peut provoquer le rut chez la Jument à toutes les époques de l'année, surtout lorsque l'excitation déterminée par la présence du mâle vient corroborer l'action des aliments stimulants. L'âge des individus exerce aussi quelque inlluence sur l'é- poque de l'année où la puissance procréatrice se réveille. Ainsi les jeunes Animaux sont en général plus tardifs, sous ce rapport, que ne le sont les vieux. Chez les Cerfs, par exemple, cette différence est très-marquée (5). (1) La Ciirafe fonicllc qui a vécu très loiiglciiips dans la nicnagciic du .Muséum donnait des signes de cha- leur tous les mois («). (2) On ne possède que peu d'obser- vations directes sur ce sujet, mais on sait que les Eléphants femelles que l'on prend pour les réduire en servi- tude, et qui sont pleines au moment de leur capture, mettent bas en toutes saisons (6). (3) Ainsi j'ai pu constater dans la ménagerie du Muséum que le Cerf du ^lalabar, l'Axis, le Cerf cochon et le Cerf de Virginie se reproduisent en toutes saisons. Il en a été de même pour les Lamas. Les Antilopes de Sôm- mering, dont la gestation dure sept mois, ont mis bas en janvier, en mars, en août et en novembre. Enfin l'Hip- popotame, qui porte environ dix mois. a mis bas en mai, en juillet et en août. (i) Il est probable que la différence entre la fréquence du rut chez les es- pèces sauvages du genre Canis et chez nos Chiens domestiques dépend prin- cipalement de cette cause. Le Loup, le Chacal et le Renard n'entrent en cha- leur qu'une fois par an, tandis que chez le Chien cet état se manifeste sou- vent deux fois par an. (5) Chez ces Animaux, la saison du rut coïncide toujours avec la mue des bois, et les circonstances qui accélèrent Icdéveloppementde ces prolongements frontaux hâtent aussi le moment où le mâle recherche la femelle. Ainsi, lors- que le printemps a été tardif et que la croissance des bois n'a pas commencé en temps ordinaire, l'époque de la mue de ces appendices, c'est-à-Jire (a) Fréd. Cuvier, art. Girafe {Histoire des Mammifères, par F. Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire). (b) Corse, On the Manners, Habits and nalural History of the Eléphant {Philos. Trans., n99, p. 3i). FONCTIONS DE LA. GÉNÉIÎATION CHEZ LES MAMMIFÈRES. 97 Il est d'autres différences du même ordre, dont il est moins facile de se rendre compte. Ainsi, en général, le rut se déclare vers la fin de mars chez la Jument, et environ deux mois plus tard chez l'Anesse, dont la portée est de même durée. Le Bou- quetin des Alpes est en chaleur au mois de janvier, mais on assure que le Bouquetin des Pyrénées entre en rut au mois de novembre, et chez l'TEgagre ce phénomène se manifeste en automne (1). 11 est également à noter que les circonstances dont je viens de parler comme influant sur les époques de rut peuvent exer- cer une action analogue sur le degré de la puissance procréa- trice, lors même que celle-ci n'est pas sujette à des intermit- tences périodiques et s'exerce d'une manière continue. En effet, des recherches statistiques sur la proportion mensuelle des naissances montrent que, dans l'espèce humaine, le nombre des conceptions varie suivant les saisons, et se trouve subor- donné jusqu'à un certain pointàl'étatde l'alimentation publique. Ainsi, en France, la fécondité est la plus grande au printemps et descend au minimum pendant l'automne et le commencement de l'hiver ; les différences extrêmes arrivent plus fard dans nos départements méridionaux que dans la région septentrionale de ce pays, bien que les différences de latitude n'y soient pas très-considérables. Ce retard, en rapport avec la marche des le moment où leur croissance éinnt terminée, ils se dépouillent de leur enveloppe cutanée, est retardée pareil- lement, et il en est de même pour le rut. Dans les circonstances ordinaires, notre Cerf commun est en rut dès la se- conde moitié de septembre, lorsqu'il est vieux; pour le Cerf dix cors, c'est- à-dire d'un âge moyen, cet état ne se manifeste que dans la première moi- tié d'octobre, et pour les jeunes indi- vidus il est retardé jusque vers la fin du même mois. (1) Pour plus de détails sur l'époque du rut cbez divers ÎMammifères, on peut consulter un mémoire de h\ Cu- vier, et un article dans lequel Duvernoy a rassemblé beaucoup de renseigae- ments à ce sujet (a). ((() Fi-cd. Cuvicr, Du rut {.\nn. du Muséum, t. IX, 1807). — Diiveinuy, article l'RorAGATioN (Uiclionnaire universel d'histoire naturelle, (.X, p. 511 cl suiv.). IX. 98 REPRODUCTION. saisons, se marque encore mieux lorsque l'on compare le midi de la France à la Belgique ou à la Hollande; et dans riiémisphère austral, où l'été correspond à notre hiver, on observe le même renversement dans les époques du maximum ei du minimum des conceptions. Les temps de disette ou d'abslinence coïnci- dent aussi avec une diminution dans le nombre relatif des con- ceplions, et les époques d'insalubrité exerceront une influeiiee analogue. En un mot, tout ce qui affaiblit l'organisme diminue la puissance propagatrice, et ce qui excite l'économie sans la débiliter, tend à augmenter celte puissance (1). Ovulation. § 2. — ■ Les signes indicatifs de l'aplilude à la procréation, que nous venons de passer en revue chez les Mammilcres fe- melles, se lient d'une manière intime à une autre série de phé- nomènes beaucoup plus importants qui ont leur siège dans l'ovaire et qui doivent maintenant nous occuper, savoir, la production et la chute des œufs. Pendant longtemps les physiologistes n'ont eu que des idées très-incomplètes ou même Irès-fausses sur le rôle des ovaires dans la procréation. Les uns pensaient que ces organes sécré- taient comme les testicules du maie un liquide prolifique (2), et d'autres les considéraient comme n'intervenant pas dans le travail embryogénique. Ainsi, Harvey supjjosait qu'un liquide séminal produit par la matrice elle-même donnait naissance à l'œuf du Mammifère, et que cet œuf n'était autre chose que le sac membraneux dans lequel l'embryon est logé pendant son séjour dans cette chambre incubatrice (3). Sténon fut mieux (1) Un de mes anciens amis et col- et a été partagée par la plupart def5 laborateurs, Villermé, a publié un tra- auteurs de l'époque de la renaissance, vail très-intéressant sur ce sujet (a). (3) Ainsi que j'ai ou déjà l'occasion (2) Cette opinion remonte à Galien de le dire, Harvey fit un grand nombre (a) D. Pi. Villermé, De la distribution par mois des conceptions et des naissances de l'Homme, considérée dans ses rapports avec les saisons, avec les climats, etc. [Annales d'hygiène publiqjie, 1831, t. V, p. 55). FONCTIONS DE L^ GÉNÉRATION CHKZ LES MAMMIFÈRES. 99 inspiré lorsqu'il assimila à Fovr.ire des Oiseaux les organes appe- lés jusqu'alors les testieules de la femme et des femelles des autres Mammifères ; mais cette opinion ne reposait encore que sur des bases peu solides, lorsque Régnier de Graaf en fit le sujet de recherches expérimentales, et constata le développement normal des vésicules ovariennes dont j'ai déjà eu l'occasion de parler brièvement dans la dernière Leçon (1). Ce physio- logiste prit ces vésicules pour de véritables œufs (2). Cependant on ne tarda pas à lui objecter que jamais on ne trouve dans les de recherches sur la génération, et il en formula les résultats généraux en disant : «Tout être vivant provient d'un œuf. » Mais il pensait que l'œuf de la Fennne et des autres Mammi- fères prenait naissance dans l'utérus. Ayant ouvert un grand nombre de Daims et de Biches peu de temps après l'accouplement , il n'apercevait rien qui fût de nature à lui faire adtnettre que l'œuf préexistât à la fécondation ou descendît de l'ovaire dans l'uté- rus; il en conclut que ces glandes dé- signées alors sous le nom de testi- cules femelles ne jouent aucun rôle appréciable dans l'acte de la reproduc- tion, et il les assimila aux ganglions lymphatiques du mésentère [a). (1) Voyez ci-dessus, page 83. (2) Fallope et plusieurs autres ana- tomistes des XYi"^ et xvii'= siècles (h) avaient aperçu dans les ovaires de la Femme des vésicules remplies d'une humeur limpide ; mais les uns consi- déraient ce produit comme étant un liquide prolifique, et d'autres le sup- posaient étranger aux fonctions de la génération. Sténon, guidé par l'ana- tomie comparée, soupçonna l'analogie qui existe entre ces glandes et les ovaires des Vertébrés ovipares, et il leur donne le nom qu'elles portent aujourd'hui {<■) ; mais ces vues ne re- posèrent sur des bases solides que lors- que Régnier de Graaf eut institué sur sur ce sujet une série d'observations et d'expériences sur le développement ella rupture des vésicules ovariennes, ainsi que sur la présence des vésicules dans l'utérus à la suitcde cette rupture. Il admit donc que l'œuf de la Femnn; et des autres Mammifères résulte, non pas d'un liquide formé dans l'utérus ou versé dans cet organe, soit par les ovaires, soit par les trompes, mais se constitue dans les ovaires, et passe de là dans la matrice pour s'y déve- lopper {d). {a) Harve;v, Exevcilallones de ijeiiei'aiiv7>e Animalium, 1G51 {Opéra umnia, p. 493). {b) Fallope, Observationes analumicœ, 1502, p. 118. — Castro, De universa Mulierum medicina, 1603,- 1, cap. iv, p. 8, — Riolan, Anthropographia, 1618, t. Il, p. 214. (c) Siéiion, Elementurum myulogiœ specimcn, etc., 1667, p. 117. — ûbserv. anatomicce ipeclanles ova viviparorum, obs. 88 {Actes de Copenhague). (d) R. de Graaf, De Mulierum vrijnnis gcncralioni inservieulibus Iravlatun iwvus, 167s!. 100 REPRODUCTION. trompes des vésicules aussi volumineuses (\uc le sont ces pré- tendus œufs ovariens; on rencontrait parfois dans ces canaux évacuateurs des cellules arrondies et remplies d'un liquide albu- mineux, mais ces corpuscules étaient toujours très-petits, et ne ressemblaient en rien aux grosses vésicules dont la surface de l'ovaire était garnie avant la conception et dont la rupture pa- raissait avoir eu lieu (I). Il régnait donc encore une grande obscurité relativement aux fonctions de l'ovaire, lorsque de nos jours la question a été nettement tranchée par les observa- tions d'un naturaliste éminent, M. de Biier (2). § 3. — Des ovules à l'état de germe, ou tout au moins des corpuscules assimilables aux protoblasles, dont j'ai parlé dans une précédente Leçon (3), existent dans l'ovaire des Mammi- fères longtemps avant que l'activité fonctionnelle de l'appareil reproducteur se manifeste. Ainsi, dans l'espèce humaine, aussi bien (|ue chez divers animaux, on a pu constater la (!) Haller fit adopter assez générale- ment l'opinion que le liqiiiilc seul des vésicules de de (Iraaf épanché dans la trompe à la suite de la fécondation fournissait les matériaux nécessaires à la constitulion de Tœuf utérin (a) ; et dans leur beau travail sur la généra- tion, publié en 18!2/i, MM. î'révost et Dumas, sans s'expliquer sur ce point, insistèrent sur les différences de volume qui existent toujours entre les vésicules graafiennes et les jeunes ovules trou- vés dans les trompes {b). (2) Les deux physiologistes français que je viensde citer avaient aperçu dans l'intérieur des vésicules de de Graaf, chez des Chiennes, un petit corps sphé- riqueàpeu près du volume des ovules qu'ils avaient observés dans les trom- pes ; mais ce corpuscule leur ayant paru plus transparent, ils n'insistèrent pas sur ce fait et ne crurent pas de- voir y attacher de l'importance (c). Ce fut en 1827 que M. C. E. Biier démontra l'existence de l'œuf propre- ment dit dans l'intérieur de la vési- cule de de Graaf, sa sortie de ce réceptacle, et son passage dans les trompes [d). (3) Voyez tome VIII, p. 388. (a) Haller, Elem. physiol, l. VIII, p. 52. (b) Prévost et Dumas, De la génération dans les Mammifères, et des premiers indices du déve- loppement de l'embryon (Ann. des sciences nat., 1" série, 1824, I. III, p. i22 et suiv.). (c) Prévost et Dumas, Op. cit. (.\nn. des sciences nat., 1824, t. III, p. 135). (d) Bàer, Epistola de ovi Mammalium et Uominis genesi, 1827. — Comment. (Heusinger's Zcilschrift, i. Il, p. 125). — Lettre sur la formation de l'xuf, trad. pai- hreschcl {Répertoire d'anatomie, t. IV, pi. 6). FONCTIONS DE LA GÉNÉRATION CHEZ LES MAMMIFÈRES. 101 présence de vésicules de ce genre non-seulement chez des enfants très-jeunes, mais encore ctiez l'embryon (1). Lorsque l'ovaire des Mammifères commence à se constituer, il ne consiste qu'en une accumulation de globules ou de cellules d'apparence ordinaire, dont les unes se transforment en fibres ou en vaisseaux, et dont d'autres donnent naissance aux folli- cules graafiens (2). Le nombre de ces cellules est immense (3), et pendant fort longtemps la plupart d'entre elles restent extrêmement petites ; mais bientôt quelques-unes s'accroissent assez pour devenir visibles à l'œil nu, et l'aspect du tissu de l'o- vaire est alors comparable à celui d'une roche amygdaloïde (4). (1) Ce fait avait été remarqué par Valiisnieri (a), mais n'avait que peu fixé l'altenlioiî des physiologistes, lorsqu'en 1837 Carus publia des ob- servations sur l'existence de vésicules de de Graaf renfermant des ovules chez des filles nouveau-nées (6). M. Va- lentin publia bientôt après des recher- ches sur la formation de ces vésicules chez le Cochon nouveau-né, ainsi que chez quelques autres jeunes Mam- mifères, et vers la même époque M. Barry étudia ces phénomènes chez le Chien, le Chat, la Vache, etc. (c). (2) Jusque dans ces dernières années les anatomistes confondaient sous le nom général de slroma le tissu fibroïde de l'ovaire et ses utricules rudimen- taires. Les follicules ovariques dont ils parlaient étaient seulement ceux dont le développement était plus avancé, et dont le nombre était par conséquent peu considérable. M. Barry a appelé l'attention sur l'existence, la grande abondance et Textrème petitesse des vésicules graafiennes rudimentaires, et nous apprend que, dans l'espace d'un pouce cube, la substance de l'ovaire de la Vache doit en renfermer à peu près 200 millions {d). (3) M. Sappey a cherché à se rendre compte du nombre des vésicules ova- riques rudimentaires qui existent dans l'ovaire de la Femme, et à Taide de mesures micrométriques il a cru pou- voir évaluer, chez un enfant de deux ou trois ans, ce nombre à plus de 800 000; dans un cas (chez une pe- tite fille de quatre ans), il estime à 1150 000 le nombre de ces cap- sules exisiantes dans les ovaires, et chez des fœtus de huit, de sept, de six et même de cinq mois, il trouva ces organites en plus grande abon- dance (e). (Zi) Le tissu de l'ovaire ainsi farci (a) Valiisnieri, Istoria délia generazione delV Uomo e degli Animali (Opéra, t. II, p. 105). (b) Carus, Aujfindiing des ersten Ei-oder Dotterblâschens in sehr frûlien Lebensperioden des meiblichen Korpers, elc. (Miiller's Archiv fur Anat. und PhtjsioL, 1837, p. 442). — Décotiverte de l'ovule primitif [Annales françaises et étrangères d'anatomie, t. I, p. 414). (c) Martin Barry, Rcsearches in Embryologij {Philos. Trans., 1838, p. 301). j concermng Animal inipreynalion {Philos. Trans., 1797, p. 159). FONCTIONS DE LA GÉNÉRATION CHEZ LES MAMMIFÈRES, ill coïl s'eiigagent dans les ovidactes et y remontent très-haut, quelquefois même jusque dans le pavillon (1). Enfin on a ob- servé encore la présence de ces filaments fécondateurs sur la la même époque par Giossmeyer et par Cruilishaiik. (a) n'introduisirent clans la science aucun fait important. D'autres recherches faites plus récem- ment par Bhmdell et par Haussmann conlirmèrent les résultais obtenus par Haighton, mais n'y ajoutèrent rien de bien nouveau (6). Les expériences faites de IS/il à 18/iZi par]\l. BischoiT furent plus significatives ; car, dans un cas, cet auteur trouva des œufs dans les trompes, chez une Chienne dont l'utérus avait été lié et coupé «avant l'accouplement ; il en constata égale- ment dans les trompes d'une Brebis et d'une Truie qui étaient en rut au moment de l'expérience , mais n'a- vaient pas été couvertes (c). (1) Fallope, Uuysch, et plusieurs au- tres physiologistes, disent avoir trouvé du sperme dans l'ulérus ou même dans les trompes, cliez des Femmes mortes immédiatement après le coït ; mais comme ces auteurs n'employè- rent pas le microscope pour constater les caractères de ce liquide, on ne peut atlMclier que peu d'importance à leurs observations {d). Leeuwenhoek a reconnu la présence des sperma- tozoïdes dans les cornes de l'utérus chez la Cliienue et chez la Lapine (e). MM. Prévost et Dumas ont constaté des faits analogues , mais ces phy- siologistes n'ont pu découvrir de sper- matozoïdes, ni dans les trompes, ni sur l'ovaire (/). Plus récemment, d'autres observateurs , notamment ;\].\l. Bairy , Wagner, BischoiT et antres , ont trouvé des spermato- zoïdes jusque dans les pavillons delà trompe, et même sur la surlace de l'ovaire (r/). La cause du transport des spermatozoïdes de lu cavité copula- trice jusqu'à la surface des ovaires a été l'objet de diverses hypothèses et n'est pas encore parfaitement déter- (a) Grossmeyer, De fecundatione et conceplione hutnana. GoUingiic, n89. — Cruikshank, Vil the existence of Ova in the Fallopian tubes of Babbits thvee days after imprégnation {Philos. T)-ans., 1797, p. 197). (6) Blunriell, Researches physiological and Pathological^ 1825, p. 32. — Haussmann, Ueer die Zeugung des wahren weiblichen Eies, 1840. (c) Bisclioff, Mém. sur la mom' 1831], — Astley Cooper, Op. cit.,p\. 7, fig. 4. (/■) Voyez Rudolphi, loc. cit., pi. 3, lig. 7. — Aslley Cooper, Op. cit., pi. 8. (jj) Voyez Aslley Cooper, Op. cit., pi. 10, l]g. l. (h) J- Millier, De glandulan'.m secernentium struclura pemtiori, p. 48. — D*-'schainpè, Op. cil. APPAREIL MAMMAIRE. 120 peut être revêtue intérieurement, et les muscles sous-jacents. Presque toujours elles affectent une disposition symétrique de chaque cote de la ligne médiane et occupent la face ventrale mamoiies. du corps, mais elles varient beaucoup quant à leur nombre et à leur position. Chez les Animaux qui ne produisent d'ordi- naire qu'un seul petit à la fois, il n'y a en général qu'une seule paire de ces glandes ; mais chez les espèces qui sont multipares, leur nombre augmente, et il existe presque toujours une cer- taine concordance entre le nombre de ces organes et le nombre des individus dont la portée se compose, en sorte que chaque nouveau-né peut toujours irouver une tétine à sucer. Chez quelques petits Mammileres, on compte jusqu'à sept paires de mamelles, et il est à noter que leur nombre est d'autant plus variable chez les différentes espèces d'un même groupe zoolo- gique que ce nombre est plus élevé. Quelquefois même il cesse alors "d'être constant chez les différents individus d'une môme espèce. Chez les Animaux, même de petite taille, qui se rap- prochent de l'Homme par l'ensemble de leur organisation, tels que les Singes (1), il n'existe, ainsi que dans l'espèce humaine, qu'une seule paire de ces organes ('2) ; il en est de môme pour la plupart des Mammifères de très-grande taille, notamment l'Éléphant, le Rhinocéros, l'Hippopotame, le Tapir, les Soli- pèdes, les Siréniens et les Cétacés. Mais chez presque tous les Ruminants il y a quatre mamelles (3). Ces organes sont en (1) Il n'y a que deux mamelles chez la Femme, mic seconde paire de ma- tous les Quadrumanes, à Texceplion melles. des Loris, qui en ont quatre. Les (3) Dans les genres Chèvre et Mou- Chauves-Souris n'ont aussi qu'une seule ton, il n'y a qu'une seule paire de ces paire de mamelles, mais les Cliéiro- organes qui soient bien développés, ptères du genre Galéopithèque en ont mais on trouve, outre la paire de deux paires [a). telines principales, une paire de ma- is) On connaît quelques cas térato- melons rudimentaires, et quelquefois logiques dans lesquels il existait, chez même ils se développent presque au- (fl) Canlraine, Obs. sur l'apfar. mammaire des Caléopilhéques (Bull, de l'Acad. de Bruxelles 1839, t. VI, 2« [larlie, p. ()5j. ' IX. 9 lâO rxEPRODLCTlON. même nombre eliez ! ou D. canerivora); voy. Milne Edwards, .itlas du Règne animal de Cuvicr, Majimifèrf.s, pi. 4ri,llg-. 1, ia. 134 RRPRODLCTION. quelque raison, à une matrice extérieure, car c'est en effet une chambre où les jeunes, nés dans un état de faiblesse et d'imper- fection extrême, restent presque immobiles pendant fort long- temps et achèvent leur développement. Chez quelques Animaux de ce groupe naturel, les replis cutanés qui constituent ce réceptacle ne sont que peu mar- qués ; mais d'ordinaire ils sont très-grands et logent dans leur épaisseur une partie de larges muscles sous-cutanés, de façon à avoir beaucoup de force et à pouvoir fermer l'ouver- ture que leurs deux lèvres laissent entre elles. 11 est aussi à noter que chez tous les Marsupiaux, ainsi que chez les Mono- trèmes, où il n'existe cependant aucune poche de ce genre, les parois de l'abdomen sont renlbrcées en dessous par deux branches osseuses qui s'appuient sur l'arcade du pubis et s'avancent vers l'ombilic (1). Chez le Didelpliis dorsigera , elle est au coiilraiie loui à fait nidimen- taire (a). (1) Tyson et plusieurs autres ana- lomistes ont décrit la structure de h poche niannnaire des Marsu- piaux (6), mais le travail le plus com- plet sur ce sujet est dû à M. Morgan, et a eu pour objet le Kanguroo. Sur la ligne mt'-dianc du ventre, la peau se replie t^ur elle-même de façon à sVn- foncer profondément entre les parois musculaires de l'abdomen et les par- lies correspondantes des téguments commune. Une couche épaisse de fibres musculaires sous-cutanées, qui recou- vre Tabdomen en dessous et sur les côtés, se trouve comprise en partie entre les deux lames des replis cutanés ainsi formées, et constitue avec elles la paroi inférieure de la poche, dont le fond est occupé par la portion de la peau intermédiaire à ces rep'.is, qui a!lhèr(î directement aux parois de l'ubdomen et recouvre les glandes mammaires. Quelques-unes des libres qui constituent ce pannicule charnu, ou muscle pcaucier ventral, sont dirigées transversalement , mais la plupart d'entre elles se portent d'avant en ar- rière, entourent l'entrée du sac en ma- nière de sphincter, et vont se terminer sous le pubis, où elles se fixent en partie au bord antérieur de la vulve, de façon à pouvoir, en se contractant, rapprocher cet orifice de l'entrée de la (a) Voyuz Owcn, ail. Marsupialia (Todd's Cyclnp. of Anal, and Vhysiol., t. III, p. 328, ûg. d43). (6) Tyson, Anatomy ofthe Opossum (Philos. Tvans., t. XX, p. 1050). — Duvprnoy, Sttr la dissection de deux femelles du Didelpliis virginiana (Bulletin de la Société philomatique, I. III, p. IfiO, pi. 19). — 1<. Geotfrov Saini-Hilaire, art. Marsupiaux (Ulct. des sciences nat., t. XXIX, p. 231). APPAREIL MAMMAIRE. 135 Les glandes mammaires existent dans les deux sexes; mais FoncHons chez le mâle elles restent à l'état rudimentaire (1) et ne sont le ç^iande. niaiiimaires siège d'aucun travail sécrétoire, si ce n'est dans quelques cas exceptionnels (2). Chez les femelles, ces organes ne se déve- loppent aussi que très-peu pendant le jeune âge, et ne deviennent poche mammaire (a). Les letincs oc- cupent donc le fond on lace dorsale de cette espèce de bourse cutanée, et, dans Tétat de repos de l'appareil mammaire, ces appendices sont sou- vent complètement rétractés, de façon que leur existence n'est indiquée que par un pore ; mais à l'époque de l'al- laitement, ils se renversent au dehors et acquièrent une longueur très-consi- dérable (6). Les glandes mammaires elles-mêmes sont logées dans d'autres muscles qui sont également irès-déve- loppés et qui s'avancent obliquement du bord des os iliaques jusque sur la ligne médiane de l'abdomen, où ils se rencontrent, et, chemin faisant, ils se divisent en deux feuillets entre les- quels ces organes sécréteurs se trou- vent compris. Ces muscles, larges et minces, forment donc une sorte de sangle sous-ventrière qui renferme dans son épaisseur les glandes niain- niaires, et qui, en se contractant, doit les comprimer de façon à contribuera la sortie du lait contenu dans leur in- térieur (c). Il est aussi à noter qu'.une gaîne charnue analogue au petit mus- cle sous-aréolaire dont il a été question ci-dessus chez la Femme, entoure les canaux lactifères dans le mamelon el s'étend ensuite sur la glande elle- même, de façon h y constituer une mince tunique charnue {cl). Les os marsupiaux ne concourent pas à la formation de la poche, mais s'avancent entre les muscles larges qui cloison- nent en dessous la cavité abdominale et qui portent à leur face externe l'ap- pareil mammaire tout entier (e). Sui- vant M. Pappenheim, le sphincter de la bourse mammaire de la Sarigue {Didelphis virginiana) serait formé par une portion des muscles droits de l'abdomen {(). (1) La structure des glandes mam - maires de l'Homme a été étudiée ré- cemment par M. Luschka {(j). (2) La sécrétion du lait dans l'appa- reil mamru.iiredu mâle a été observée dans l'espèce humaine aussi bien que chez quelques Quadrupèdes : ainsi Aristote parle d'un Bouc qui présen- tait ce phénomène (/i), et dans ces {a) Morgan, A Description ofthe Mammary Organs of the Kanguroo {Trans. of the Linn. Soc, t. XVI, pi. i). (b) Owen, On the Génération ofMarsxtpial Animais {Philos. Trans., 1834, pi. T, fig. 14). — Morgan, Op. cit., pi. 2, 3 et 5. (c) Idem, ibid., pi. 5. (d) Idem, ibid., pi. 8, fig. 1 et 2. (e) Idem, ibid., pi. 6 el 7. if) Pappenheim, Sur l'anatomie de la Sarigue femelle ICumptes rendus de l'Acad. des sciences, 1847, t. XXIV, p. 186). (g) Luschka, Die Anatomie der mânnlichen Bnistd.rûsen (Miillpr's Arckiv fUr Anat , iSâi, p. 402). (h) Aristote, Histoire des Animau.v., Irad. de Camus, t. I, p, iCi'i. loG REPRODLCTION. aptes à remplir leurs fonctions qu'à l'époque de la puberté. Us se garnissent alors d'une multitude de cœcums ampulliformes qui bourgeonnent en quelque sorte à l'extrémité des canaux galactopbores et augmentent rapidement de volume (1); mais ils n'en restent pas moins inactifs jusqu'au moment où, la ges- tation étant arrivée à son terme, ils vont être appelés à fournir aux nouveau-nés une nourriture spéciale (2). dernières années pUisienrs exemples analoguesonl été enregistrés (u). Chez l'Homme, la production de lait a été également assez abondante pour pou- voir suffire à l'alimentation d'un nour- risson (6). (Ij Dans l'espèce humaine, les glan- des mannuaires commencent à se for- mer du quatrième au cinquième mois de la vie intra-utérine, et chacune d'elles ne consiste alors qu'on une sorte d'excroissance vorrucifornie de la couche muqueuse de l'épiderme, qui s'enfonce dans une fossette du derme. Bientôt après, dos bourgeons se déve- loppent sur ce tubercule, et constituent la première ébauche dos lobes de la glande future. A l'époque de la nais- sance, on compte douze ou quinze de ces prolongements, dont l'extrémité est renflée, et leurs pédoncules sont creusés d'un canal excréteur centrai, tapissé d'une couche épithélique. Chez l'enfant, ces liourgeons se multiplient et se ramifient, mais d'une manière très lente; les branches sont des cy- lindres pleins vers leur extrémité, et les ampoules terminales ne s'y mon- trent avec leurs cavités qu'à l'époque de la puberté. Les vésicules galacto- gènes ne se développent même que d'une manière incomplète avant la conception, et ce n'est que pendant la première grossesse que ce travail or- ganogénique s'achève (c). En général, il s'opère aussi à cette époque un changement dans la coloration de l'a- réole, qui, d'une teinte rosée chez les jeunes filles, prend alors une couleur brune. (2) Chez les enfants nouveau-nés, on voit souvent suinter des glandes mammaires un liquide qui ressemble beaucoup à du lait, et qui résulte pro- (a) Hallcr, Elementa pliysiologiœ, t. VII, pars 2, p. 18. — Blumonbach, Vergl. Anat., 1805, p. 594. — Is. Geoffroy Paint-Hilaiie, Sur %tn Bouc laclifère {Comptes rendus de l'Acad. des sciences, t. XXI, 1845, et t. XXXIV, 1852, p. 380). — Schlossberger, A7iahjse dcr Milch eines Bock {Ann. der Chemie uni Phann., 1844, t. V, p. 431). (6) Robert, Bishop of Cork, Letter concerning a man who give suek to achild [Philos. Trans., 1741, no4Gl, t. XLT, p. 813). — Hiimboklt, Voyage aux régions équinoxiales du nouveau continent : Helalion historique, t. I, p. 310. — Franklin, Narrative of a Journal to Ihe shores of the Polar sea, 1819, p. 157. — Albers, ilastitis pubescentium virilis (Hôser's Archiv fur die gesammte lUedicin, 1844, t. \I, p. 272i. — Dureglison (voyez Carpenter, Principles of Human Physiology, 1S53, p. lOGI). (c) Lantrer, Op. cit. (Denkschrilt der Wiener Akad., 1851, t. Hl). — Kdibker, ÉU'ments d'histologie, p. 59G. COLOSTRUM. 137 Lorsque le travail sécrétoire commence à s'établir dans f^^'osuum l'appareil mammaire, des cellules graisseuses se développent dans l'intérieur des vésicules galactogènes, et sont peu à peu entraînées au dehors avec des débris d'épithélium au milieu d'un liquide jaunâtre et albumineux ou même visqueux, dans lequel on voit flotter les corpuscules granuleux provenant des utricules adipeuses dont je viens de parler. On désigne cette liumein' sous le nom de colostrum (1). bablement de la fonte de la portion centrale des cylindres constitutifs de cet organe, lorsqu'ils se creusent pour devenir des canaux ; mais cette sécré- tion s'arrête bientôt, et pendant toute l'enfance les mamelles restent dans un état de torpeur complète. Elle a été observée chez les garçons aussi bien que chez les petites filles (a). (1) M. Donné, qui a fait une étude microscopique très-attentive de celte espèce de lait imparfait, et y a trouvé, outre les globules laiteux qui, au lieu de nager librement, sont liés entre eux par une matière visqueuse, des corpuscules d'un aspect granuleux et de formes variées, qui paraissent être constitués par des cellules renfermant une multitude de granules graisseux groupés autour d'un globule laiteux central (6). Peu à peu ces corpuscules granuleux diminuent de nombre. Sui- vant M. d'Outrepont, ils disparais- sent ordinairement vers le troisième jour (c), mais M. Donné en a aperçu pendant beaucoup plus longtemps, no- tamment au dixième jour. L'analyse chimique du colostrum et du lait normaldela Femme adonné les résultats suivants : Eau Graisse . . . Caséine . . . Sucre (le lait. Cendres. . . Colostrum. 828,0 50.0 40,0 70,0 3,0 Lait normal. 887,6 25,3 34,3 48,-2 2,3 (d). Le colostrum de la Vache présente des caractères analogues : il a été ana- lysé par plusieurs chimistes (e), et il (a) Korgagni, Adversaria anatomica V; animadversio i {opéra omnia, t. I, p. 140). — Scanzoni, Ueber die Milchsecretion bel Neugebornen [VerlLandl. d. Phys. Med. Gesellsch. in Wûrzbitrg, 1851, t. H, p. 300). — Natalis Guillot, De la sécrétion du lait chei, les enfants nouveau-nés {Arch. gén. de méd., 4853). — Cobbokl, Milk from Mamma {MoiiUdij Journal, dS.")*, t. XVIII, p. 271). — Gubler, Mém. sur la sécrétion et la composition du lail chez les enfants nouveau-nés des deux sexes {Mém. de la Soc. de biologie, 2" série, 1855, t. II, p. 283). (b) Donné, Cours de microscopie, p. 398 et suiv., 1844. — Du lait, et en particulier de celui des nourrices, 1833. (c) D'Outrepont, Zeitschrift fi'ir Geburtskunde, 1840. (d) Fr. Simon, Animal Chemistry, t. II, p. 50. (e) Chevallier et Henry, Mén. sur lelait {Journaldechimie médicale, 'i' série, 1839, t. V, p. 193). — Boussingault et Lebel, Hecherches stir l'influence de la nourriture des Vaches, sur la quan- tité et la constitution chimique du lait {Ann. de chim. et de phys., 1839, t. LXXI, p. 72). — Fr. Simon, Animal Chemistry, t. II, p. 01. — Lassaigne, Examen chimique du lait de Vache avant et après le part (Ann. de cUimie et de physique'^ iS'S'i. t. XLIX, p 31). — Moleschoit, Chem. u. mikroskop. Notizen ûber die Milch (Vierordt's Archiv fur physiol Heilkunde, 1852, t. XI, p. 090). .ç> vV OGIC/Î/ C^VCoOS ,7vW C L I B R A n vi P^ ' jUL 4?/ 4 38 REPRODUCTION. Lait. § '^- — Le lait qui est sécrété par l'appareil dont nous venons d'étudier la structure, et qui constitue, comme chacun lésait, la nourriture de tous les jeunes Mammifères, ressemble beaucoup par sa composition chimique au jaune de l'œuf, et réunit toutes les conditions qui sont caractéristiques des ali- ments parfaits (1). C'est une sorte d'émulsion formée par des matières grasses dans un état de division extrême et tenues en suspension dans de l'eau chargée de matières albuminoïdes, sucrées et salines, coraposiiion L'aliuieut azoté qui se trouve en dissolution dans ce liquide chimique , i"» > du lait, est essentiellement la caséine^ dont nous avons doja eu a nous occuper lorsque nous étudiâmes la constitution du sang (2). Sa composilion chimique paraît être la même que celle de l'albu- mine (3); elle est presque insoluble dansl'eau, mais elle forme; avec les alcalis et même avec les carbonates alcalins des com- posés solubles, et c'est à raison de la potasse et de la soude contennes dans le lait qu'elle se trouve en dissolution dans ce liquide. En effet, le lait dans son état normal est presque tou- jours légèrement alcalin, et tant qu'il conserve celte (jna- lité, la caséine ne s'en sépare pas; mais lorsqu'un acide y est contienl en géïK^ml assez d'all)iinicn Deyeux publièrent snr ce sujoi un pour être coagulable par la chaleur. Uailé spécial (6). L'analyse du colostrum de la Cliicnne (2) Voyez tome I, page 168. et de l'Anesse a fourni des r(îsullats (3j Les analyses faites par MM. Du- analogues (o). niaset Cahours prouvent aussi que la (1) L histoire chimique du lait a été composition élémentaire de la caséine l'objel de beaucoup de travaux. A la est la même dans le lait provenant de lin du siècle dernier, Parmenlier et diirérents Mammifères (c). {a) Ctievallier et Henry, Mémoire sur le lait {Joitrnal de pharmacie, 1839, I. XXV, p. 332). (6) Paniiciitier et Deyeux, Mémoire sur celte question : Déterminer par l'examen comparé des propriétés physiques et chimiques, la nature des laits de Femme, de la Vache, de la Chèvre, de Brebi.i et de. Jument (Mém. de la Société de médecine, i 787, p. 415). — Précis d'expériences et d'observations sur les différentes espèces de laits, considérées dans leur rapport avec la chimie, la médecine et l'économie rurale, iii-8, an VU. (c) Dumas et Cahours, Mém. sur les matières azotées neutres de l'organisation (Aitn. de chimie et de physique, 3* série, ■1842, t. VI, p. 411). LAIT. 139 versé ou s'y développe (1), cette matière se précipite sous la forme de grumeaux blancs qui ressemblent beaucoup à de l'albumine coagulée, qui serait pulvérulente (2). Il est aussi à noter que la pepsine rend également la caséine insoluble (3), et que certains acides, tels que l'acide pbosphorique et même l'acide acétique en excès, en opèrent la dissolution. La caséine n'est pas la seule substance protéique qui d'or- dinaire se trouve* dans le lait; on rencontre aussi dans ce liquide un peu d'albumine (/i), et quelques cliimistes croient devoir distinguer de ces deux corps une autre matière azotée (jui a (1) Il s'acidifie très- facilement, et quelquefois, cliez la Vache, il a été modifié de la sorte pendant son sé- jour dans les glandes mammaires; mais, dans l'état normal, il est plus ou moins alcalin au moment de sa sortie de l'organisme (a). Le lait de la Femme à l'état nor- mal est également toujours alcalin ou neutre, ainsi que cela a été constaté par un grand nombre d'observa- teurs (6), notamment par M. I^lsasser chez 385 nourrices, et par M. Rullen- raanndans "272 cas (c). Le lait de la Chienne paraît être gé- néralement un peu acide. (2) L'acide phospborique ne pro- duit pas cet effet. La solidification de la caséine, et par conséquent la coagulation du lait, est déterminée par beaucoup de substan- ces, dont les unes produisent cet effet en s'emparaut de l'eau contenue d uis cette substance (l'alcool, par exemple), d'autres en s'y combinant et en don- nant naissance à des composés insolu- bles : c'est de la sorte qu'agissent la plupart des sels métalliques, le tan- nin, etc. Une plante nommée Pin- guicula vulgaris \omt da la singulière propriété, non-seulement d'aigrir le lait, mais de le rendre si visqueux, qu'on peut l'étirer en fils. Dans le nord de la Suède, le lait ainsi mo- difié est employé comme aliment {d). L'action des bases et des acides sur la caséine a été étudiée récemment par MM. Millon et Commaille (e). (3) C'est à raison de cette propriété de la pepsine que la présure coagule le lait (voyez tome VII, page 32). (à) Comme l'albumine est ordinai- rement en trop petite quantité dans le lait normal pour que ce liquide se coagule par l'ébnllition, cette substance a passé inaperçue dans la plupart des (a) Donné, Cours de microscopie, p. 350. (6) Beuscli, Ueber die Gegenwart des Milchenshers in der Milch der Fleisehfresser {Ann. dev Cliemie und Phann., lSi7, t. LXI, p. 2'2i). — Riiff, vojez Oay, Phtjsiological Chemistry, p. 274. (c) Els-a-ser, On lluman Milk [iVuntlily Journal ofMed. Se, 1854, l. XVIII, p. 356). ((/) Berzelius, Traité de chimie, t. VIII, p. 631. («) Millon et Coiiiiiiaille, De l'apiiuté de la caséine pour les bases, etc. {Comptes rendus de VAcad. desseiences, 1805, t. LX, p. 118 et 859 ; t. LXI, p. 221). lÛO REPRODUCTION. reçu le nom de lactoproléine ; mais il est fort douteux que ce produit soit un principe immédiat particulier (1). Le suoe de lait, qu'on désigne aussi sous les noms de lactose ou de lactine (2), est soluble dans 6 parties d'eau froide el dans 2 parties d'eau bouillante. 11 est susceptible de cris- talliser en prismes, et dans cet état sa composition chimique est la même que celle de l'acide lactique monohydraté (3) ; aussi sous l'influence de certains ferments, peut-il facilement se transformer en cet acide (û), tandis que par l'action d'autres analyses ; mais son existence a été constatée par Doyère, ainsi que par phisieurs autres cliimisles {a). (1) MM. iNIillon et Commaillc don- nent le nom de lactoproléine à une substance albuminoïde qui reste en dissolution dansle pj'tit-liiil après que l'on a déterminé la coagulation de la caséine et de l'alhumine par l'addition d'une certaine quanlilé d'acide acéti- que et par l'ébullitioii (6). Cette ma- tière n'est coagulée, ni par l'acide azotique, ni par le bicldorure de mer- cure, mais est précipitée par le réactif appelé liqueur nitro-mercurique. Ces chimistes ont reconnu la présence de cette matière protéiqne daus le lait de Vache, de Chienne, de Brebis, d'Anesse et de Femme. (2) La découverte du sucre de lait paraît dater de 1619 et être due à un chimiste nonnué Bertholdi (c). Four- croy en ht une élude alleiilive (d). Le nom de lactose lui fut donné par M. Dumas, et celui de lactine par AL Baudrimoiit (e). (3) L'acide lactique fut découvert par Scheele en 1780, dans le petit-lait aigri (/"). {!\) La composition de la lactine est représentée par la iornude C24H2402*; celle de l'acide lactique par C6ll505,HO. Chauffée à 120 degrés, la lactine perd !2 équivalents d'eau, et à 130 degrés elle en abandonne encore 3 ; elle se trouve par conséquent réduite à C2. 482. (e) Dum.is, Traité de chimie, 18 43, t. VI, p. £95. — Baudrimtinl, Thèse sur l'état actttel de la chimie organique, 1838. (/) Scheele, Upuscula chemira, t. Il, p. 311. LAIT. 1^1 agenls il se comporte comme les sucres ordinaires et donne naissance à de ralcool ainsi qu'à de l'acide carbonique (^). Les matières grasses du lait constituent le beurre ('2) ; mais cette substance n'est pas un principe immédiat, c'est un mélange de margarine, d'oléine, de butyrine (5), de caprine et de ca- proïne, composés qui tous paraissent être dus à la combi- naison de la glycérine (4) avec des acides organiques particu- liers auxquels on a donné les noms d'acide margarique, d'acide oléique, d'acide butyrique, etc. Le lait contient aussi quelques autres substances organiques, mais elles n'ont que peu d'importance (5). M. Poggiale profite de l'action rédiic- que les recherches de M. Heintz ten- trice de cette substance sur le tarirate dent à faire penser que la substance cupro-potassique, ou bien encore de désignée généralement sous le nom son influence sur le plan de polarisa- de margarine se compose de quatre tion de la lumière (a). corps gras neutres qui se distinguent (1) On sait depuis longtemps que entre eux par les acides résultant de les Tartares fabriquent avec le lait leur saponification (e); mais dans l'état de la jument une liqueur enivrante actuel de la science, ces distinctions appelée koumiss {b). n'influent pas sur l'étude physiolo- (2) C'est principalement aux beaux gique du lait. travaux de M. Chevreul sur les corps (3) La butyrine est une huile très- gras que l'on est redevable des con- analogue à l'oléine, mais qui s'en dis- naissances que les chimistes possèdent tingue par l'acide volatil qui s'en sé- aujourd'hui sur la composition du pare lorsqu'on l'a traitée par un acide, beurre et sur les propriétés des ma- Elle est peu odorante, mais l'acide tières qui s'y trouvent ou qui dérivent butyrique a au contraire une odeur de ces principes immédiats (c). Plus particulière très-intense, qui est celle récemment, la composition du beurre du beurre rance. a été étudiée de nouveau par quelques (6) Voyez tome 1, page 191. autres chimistes {d), et je dois ajouter (5) Ainsi, en traitant le lait de la (a) Pog-iïifile, Dosage du sucre de lait, etc. {Comptes rendus de l'Acad. des sciences, 1849, t. XXVni, p. 505). (6) Pallas, Sammlung liist. Nachrichten ilber die mongolischen Yôlkerschaflen, 177G, t. I, p. 133. — Note sur le sucre de lait {Bulletin de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg. 1837, t. II, p. 120). (c) Clicvrenl, Recherches chimiques sur les corps gras d'origine animale, 1823, p. 250 et suiv. {di Bronieis, Ueber die in der Butter enlhallenen Fette und Fettsauren {Aniialen der Chemie und Pharm., 1843, t. XLII, p. 4G). — Lerch, Ueber die (leischigen Sâureu der Butter (Ann. der Crf^m. and Pharm., 1844, t. XLIX, p. 212). (e) Heintz, Ueber den Wallnith (l'oggenioriï' s Annalen, 1852, t. LXX.WII, p. 21}. GInbules (lu liit. .]/jO UKPRODUCTION. Les matières minérales qui se trouvent normalement dans le lait sont des chlorures de sodium et de potassium, des phos- phates alcalins, des phosphates de chaux et de magnésie, enfin un carbonate alcalin. Les composes potassiques y sont plus abondants que les produits sodiques, et les phosphates terreux V existent en plus forte proportion que dans le sang (1). Il est aussi à noter que beaucoup de substances qui ont été introduites dans le torrent de la circulation, soit avec les ali- ments, soit de toute autre manière, sont excrétées par les glandes mammaires, et se trouvent par conséquent dans le lait, dont elles modifient les propriétés; mais ce sont là des accidents (]ui n'influent pas sur la constitution essentielle de ce liquide ('2). Examiné au microscope, le lait se montre composé d'un li(pii(ie transparent et légèrement jaunâtre que l'on peut ap- Varlic par du sulfure de carbone, on riiosphaïc .le soiulc o." lo . — de cliaux U.Jou on sépare une niatieic odurauto qui _ ^^ „Kigiiésie .... 0,050 rappelle le pailuni du fourrage ou — de fer 0,001 (c). l'odeur particulière d'auU-cssidîstances alimentaires; mais le même résultat Ces résultats se rapprochent l.eau- n'a pas été obtenu en agissant sur du co.ip de ceux obtenus ^<^« ^'^ '^'^ ^»« "^''^^ P^'' ''l .""'^'- Laprésencede l'urée a été constatée Hn (d) ; mais dans les expenena^^ aussi dans le lait de la Vache (6). faiios plus anciennement p;.r AlAl. falf (1) i;analyse des cendres du lait et Sclnvarlz, la proportion de pl.os- de Femme a fourni, pour 100 parties pliate de chaux était plus élevée (e). de ce liquide: (2) Pour plus de détails .1 ce su- jet, je renverrai aux reclierçlies de Soude pi ovenani delà d.îcompo- ^j^]^ Chevallier Cl 0. Ilcnri, Péligot, sillon du laclalc sodique. . . 0,030 ' ' Chlorure de potassium 0,070 RCCS (/J. (a) 1-cfort, Sur Vexislence de Vurée dans le lait des Animaux herbivores {Comptes rendus de VAcad. des sciences. iSQ6,uL\n, p. VJOU .,.,,,, . aqca. i itx (b) Millon et Commaille, Analyses du lait {Comptes rendus de l'Acad. des sciences, 180*. t. IA.\, ^ {c) Weber, Vntersuch. der unorganischen Jiestandtheile der Kulmileh (Poggeniorifs Anna- len der Physik und Chem., i849, t. LXXVI, p. 300). (d) llaidkn, Veber die Sahe und die Analyse der Kulmilch (Ann. der Chemieund Phann., 1843, t. XI.V, p. 363). . . (e) Sdnvaiiz, Dissert, inaug. sislens nova experim. cire. tact, pnncip. consiit. Kiei, i»i.j. (f) Clievallicr et 0. Hemy, Mànoire sur le lait {Journal de chimie médicale, 2' série, 4 839, ' _Lpéli"-ot, Mém. sur la composition chimique du laitd'Anesse {Ann. de chimie, 1836, ' — Recs, art. MiLK (Todd's Cyclop. of Anat. andPhyaioL, l. III, p. 362). LAIT. U3 peler du sérum, et d'une multitude de cori)uscules sphériques ou globules tenus en suspension dans le Iluide dont je viens de parler (1 ). Ces globules, dont le volume varie beaucoup (2), sont brillants au centre, et à cause de leur grand pouvoir réfrin- gent, ils paraissent noirâtres sur les bords lorsqu'on les ob- serve par transparence; mais on n'y aperçoit aucune membrane enveloppante, et par la simple inspection il est très-diffîcile de décider si ce sont seulement des gouttelettes de matières grasses ou des cellules à parois minces contenant la graisse dans leur intérieur (3). Pour résoudre la question, il tant avoir recours à certaines manipulations (i) ou à l'action des agents (1) La découverto des p;lobules tlu lait est due à Lceuwenlioeck. Pour l'histoire des travaux faits sur ce sujet par les autres niicrograplics, je ren- verrai à Touvrage de M. Mandl (a). ('.2) Les globules du lait ont en gé- néral de 0""",002 à 0"'™,005 de dia- mètre (6) ; ils présentent à peu près les mêmes caractères chez les diffé- rents Mammifères où on les a exami- nés, excepté cepemLint chez le Lapin. Les globules du lait de Chèvre (c) et du Chameau à deux bosses paraissent être beaucoup plus petits que ceux du lait de Vache. Plusieurs auteurs pensent que le lait à l'état normal contient aussi des globules caséiques. Mais ces corpus- cules paraissent être produits par un premier degré de coagulation et dus au développement de traces d'acide lactique, qui précipiteunpcu de caséine dans un étal de division extrême. (3) Les micrographes ont été très- partages d'opinion à ce sujet. (4) Ainsi Lélher et l'alcool, qui dis- solvent rapidement les graisses, n'atta- quent pas les globules du lait tant que CCS corpuscules sont dans leur état normal ; mais si on les soumet préala- blement à Faction de l'acide acétique, qui est un dissolvant pour les substan- ces albuminoïdes, dont ils paraissent être revêtus, ils disparaissent prompte- ment dans l'un ou l'auti e des réactifs indiqués ci-dessus. Ces globules se dis- solvent également dans rétlier ou dans Talcool, lorsque, par une ébullition prolongée dans ce liquide ou par d'au- tres moyens, on rompt leurs parois membrani formes. Les phénomènes que l'on remarque pendant que les glo- (a) Leeuwenlioeck, Microscopical Observations (Philos. Trans., 1674, n" 103, t. IX, p. 23j. — Opéra omnia, t. II, p. 12 ; t. IH, p. 106. — Mandl, Anatomie microscopique, t. I, St^ partie, p. 45 et suiv. — Haiting, Histologische Aanteekeningen {Tijdschrifi voor Natuurlijke geschiedenis en Physiologie, 1845, l. XII, p. 39l. — Lammerls von Bueren, Onderzoekingen over de Melkbolletjes [Nederland Lancet, 2* série, 18411, t. IV, p. 722). (6) Kolliker, Traité d'histologie, p. 595. (c) Donné, Cours de inicroscopie, p. 372. ihh REPRODUCTION. cliimiques qui sont de nature à dissoudre la graisse, et alors on acquiert bientôt la conviction que certains de ces corpuscules sont formés d'une sphéride de graisse revêtue d'une couche mince de substance albuminoïde (1). Du reste, rien ne prouve que cette enveloppe soit une cellule organisée (2), et il est fort possible qu'elle soit produite seulement par la saponifi- cation d'une portion de la goultelette de graisse, dont les acides gras, en enlevant de l'alcali à la caséine circonvoisine, détermi- neraient la précipitation d'une couche mince de cette substance coagulablc, ainsi que cela a été observé par Acherson dans les émulsions formées au sein d'un liquide albnniineux (3), et l'on a constaté expérimentalement que la graisse agitée avec de la caséine se comporte de la même manière (/t). billes laiteux sont attaqués par Tacide acétique plus ou moins étendu d'eau, tendent également à faire penser que ce sont des utricules membraneuses d'une délicatesse extrême renfermant de l;i graisse (o). Il est aussi à noter que, d'après iM. jMulder, la quantité de graisse que l'éther peut enlever au lait augmente avec le temps écoulé depuis la traite, ce que Ton explique par la destruction progressive de rcnveloppe des globu- les par suite de la fermentation (b). (1) M. Dumas conclut aussi à Tcxis- tence d'une membrane autour des globules butyreux d'après les résultats de l'expérience suivante : Si l'on dis- sout du sel marin à saturation dans le lait, la filtration de ce liquide donne un sérum parfaitement limpide con- tenant tout le caséum soluble, le sucre de lait et les sels. Or, malgré les la- vages prolongés à l'eau salée, on re- trouve toujours une matière caséeuse associée au beurre de ces globules, et conséquemmont insoluble dans l'eau salée (c). (2) Les globules du lait présentent à un liant degré le mouvement brow- nien, mais ce phénomène physique n'implique en aucune façon l'existence de propriétés vitales dans ces petits corpuscules (d). (3) Voyez tome I, page 80. {Il) Fr, Simon a observé ce phéno- mène en agitant de la graisse dans une dissolution de caséine provenant du cristallin (c). (a) Clialin, Sur le lait de la Chamelle à deux bosses (Journal de pharmacie, 4* série, 18(35, t. I. P. 2G4). (6) Henle, Traité d'anatomie générale, t. II, p. 522. Alex. Mùller,, Ueber die Susse Milchgdhrung xind die Deslimrnung des Fcttgehaltcs der Milch ohne Eindampfung derselben (Journ. jiir prakt. Chemie, 18(H, t. LXXXII, p. 13). {c) Dumas, Constitution du lait des Carnivores {Ann. des sciences nul., 3' série, 1845, t. IV, p. 105). (d) Donné, Cours de microscopie, p. 35'J. (e) Fr. Simon, Animal Chemistry, I. II, p. 43. LAIT. l/i5 Il est aussi ù noter que ees corpuscules se eonsliluent d'abord dans l'intérieur de vésicules assez analogues aux cellules adi- peuses ordinaires, et que c'est dans l'intérieur de ces organites qu'on les trouve dans les parties initiales de l'appareil mammaire ; uiais lorsque les produits Ibrmés dans les ampoules sécrétoires passent dans les canaux galaclophores, ces cellules se détruisent et laissent échapper leur contenu (1). § 5. — L'imporlance du lait est si grande en physiologie, en agronomie et dans l'économie domestique, que nous ne pou- vons passer rapidement sur son histoire, et qu'après avoir tait connaître sa constitution, il me parait indispensable d'exa- miner les altérations qu'il jjeul subir au contact de l'atmos- phère. En clïet, ces changements intluenl beaucoup sur ses qualités alimentaires, et peuvent être utilisés de diverses façons. La pesanteur spécifique des globules du lait, formés prmci- palement de beurre, est moindre que celle du liquide ambiant, et par conséquent ces corpuscules lendent à monter vers la surface. Ce mouvement s'ctïectue plus ou moins promptement lorsque le lait est en repos, et il se forme ainsi à la surface du liquide une couche plus ou moins épaisse de crème; mais le départ cnti'c les globules graisseux et le sérum ne se fait pas d'une manière complète, et la crème n'est en réalité (pie du lait très-riche en globules butyreux, tandis que le liipiide sous- jacent n'eu conserve que très-peu (2). Par une agitation vio- (1) Le lail contenu clans les ampou- sur la rapidité avec laquelle la crème les ou vésicules initiales de l'appareil se forme à la surface du lait. Lorsque mammaire ne consiste donc qu'en un la température est entre I2>t 15 de- liquide séreux contenant des cellules grés, ce résultat s'obtient dans l'es- adipeuses qui paraissent s'être delà- pace de vingt-quatre heures, tandis chées des parois de ces cavités («). qu'à une température plus basse, il se ('i) La température inlluc beaucoui) passe souvent deux jours, ou même (a) Rcinliai-l, Op. cU. {Àrchiv fUr palhol. Anat., I. I). IX. jO 146 REPRODUCTION. Icute et prolongée, on peut déterminer hi réunion des parties graisseuses du lait, qui se soudent entre elles, et c'est de la sorte que par l'opération du barattage on obtient le beurre. Ainsi que je l'ai déjà dit, la lacline, ou matière sucrée du lait, est susceptible de se transformer en acide lactique. Or ce chan- gement s'opère toujours plus ou moins rapidement lorsque cette substance est exposée à l'action de l'atmosphère, et qu'elle se trouve en présence d'une matière organique azotée, telle que la fibrine, l'albumine, la caséine ou le gluten. Le lait contient de la caséine, et par conséquent nous pouvons prévoir que, placé dans ces circonstances, il doit s'aigrir, car de l'acide lac- tique s'y développera. C'est elïeclivement ce que l'on observe, et l'acide ainsi ibrmé, en agissant sur la caséine en dissolution dans ce liquide, la coagule. La caséine précipitée de la sorte se montre d'abord sous la forme de petits corpuscules isolés, d'une ténuité extrême ; mais à mesure que le phénomène se développe et que le précipité devient plus abondant, les globulins caséi- ques se réunissent entre eux, et forment des grumeaux ou un caillot unique qui ramasse dans ses interstices tous les autres corpuscules en suspension dans le liquide. Cette coagulation du lait est semblable à celle qu'on produit artificiellement en y ver- sant de l'acide sulfurique ou toute autre substance apte à préci- piter la caséine; et puisqu'elle résulte du développement d'un acide libre, on voit que, pour l'empêcher de se produire, il suffi- deux jours et demi, avant que la nos campagnes, cent litres de lait de réimion des globules butyriques se Vache, de bonne qualité, fournissent soit complétée. Lorsque la tempéra- huit à dix litres de crème en été et tare est plus élevée, la coagulation do environ douze litres ea hiver [a) ; mais la caséine a souvent lieu avant que la il résulte des expériences de M. Bous- loialité de la crème se soit élevée singault, qu'en Alsace, les Vaches bien h !a surface, et il reste du beurre nourries donnent un lait plus riche, dans le fromage. Les agronomes des car on en obtient plus de 15 pour 100 environs de Paris évaluent que dans de crème (6). (a) Ileuzc, Du lait et de son emploi en Bretagne, 1845. (6) Boussingault, Économie rurale, t. II, p. 427. LAIT. ilil rait de iieulraliscr cet agent à mesure (|iri! se forme. C'est elïectivement ce qui a lieu, et l'un des procédés employés très- fréquemment pour empêcher le lait de tourner, comme disent les ménagères, consiste dans l'addition de pelites quantités de bicarbonate de soude (1). Lorsque les globules butyreux ne se sont pas séparés du reste du lait sous in forme de sérum avant (jue la coagulation du caséum ait eu lieu, ces corpuscules se trouvent englobés dans le caillot, et dans tous les cas le liquide qui reste, et qui est connu sous le nom de jjetit-lail^ contient la lacline non décomposée, ainsi que les sels solubles du lait et les lactates qui y ont pris naissance. Ce produit n'est pas sans emploi, soit en médecine, soit pour l'alimentation des animaux de ferme, et, toutes choses étant égales d'ailleurs, il est en gé- néral d'autant plus cliargé de lactine, que la précipitation de la caséine a eu lieu plus promptement ; aussi, lorsqu'on empêche cette coagulation de s'effectuer en neutralisant l'acide lactique à mesure qu'il se développe, il peut arriver (jue la totalité du sucre de lait se transforme en acide lactique, et que le petit- lait ne renferme plus que ce produit associé à des composés salins (2). Jusque dans ces derniers temps les chimistes pensaient (l)On doit à Darcet rindication de Fremy ont été conduits à penser que ce moyen qui, employé dans certaines si la transformation du sucre de lait limites, ne présente aucun inconvé- en acide lactique s'arrête lorsque le nient grave, et facilite beaucoup la caillot s'est formé, cela dépend seule- conservation du lait que l'on veut ment de ce que la caséine ne se li'ouvc transporter à des distances considéra- plus en dissolution dans le liquide blés, ainsi que cela est souvent néces- chargé de ce sucre, et qu'en redissol- saire pour l'approvisionnement des vaut la caséine par un alcali on peut grandes villes. La quantité de bicar- déterminer de nouveau !a production bonate de soude que l'on emploie de d'acide lactique (a). En opérant de la la sorte est de l/'2000" du poids du sorte, ils ont pu transformer la tota- ''•'t- lité de la lacline en acide lactique. (2) Dans un travail important sur la MM. Pelouze et Gélis ont obtenu le fermentation lactique, MM. Boulron et même résultat en ajoutant delà craie , [a] Boulron el Fremy, Recherches sur la fermenlalioii lactique (Aiin. de chimie cl de physique, 3' série, 1841, t. U, p. 271). j/i8 tlEPIlODUCTlON. que la transformation dé la lactine en acide lacli(ji]e était déter- minée par la caséine ou les autres matières organiques azotées, qui joueraient le rôle d'un ferment : mais il résulte des recher- ches de M. Pasteur, que les choses ne se passent pas de la sorte ; (|ue le ferment dont l'action délcrmine ce phénomène consiste en corps organisés vivants, qui se développent dans le lait, où ils se nourrissent de matières azotées et autres dont ce liquide est chargé (i). à do l'eau sucrée contenant le forment voulu (a). (Ij La coagulation on apparence spontanée du lall (c'est-à-dire la coa- t,nilalion qui n'est pas délerminée par Taddilion de la présure ou de tout autre agoni cliiniiqno propre il i):écipilor la caséine) résulte de l'action d'êtres or- ganisés vivants, qui se développent dans (0 liquide, et qui s'y nuillipliont avec une grande ra])idité. Kn géné- ral, cepliénomène est produit par des végétaux microscopiques analogues à ceux de la levure de bière, et que J\l. Pasteur a désignés sous le nom do ferment lactique, ils sont tués par la chaleur ; ils ne résistent pas à 100 de- grés, et les germes paraissent on être déposés dans le lait par l'atmos- phère ; ils ne prospèrent que dans un liquide chargé de matières alimentai- res azotées et neutres ou alcalines. On peut les séparer par iiltration, et lors- qu'on les sème dans un liquide ayant les caractères que je viens d'indiquer, ils y déterminent aussitôt la fernionta- lion lactique; mais lorsque la liqueur est acide, leur action s'arrête bientôt, et la laclinc ne se transforme plus on acide lactique. La présence d'autres êtres microscopiques qui ont la forme de Vibrions peut déterminer aussi la coagulation du lait, el les germes de ces animalcules paraissent ètresuscep- libles de résister à une tompérature de 100 degrés; mais lorsqu'on cliaun'e à HO degrés du lait en vase clos her- méliquement, on les détruit et le lait reste inaltéré (d). On a pu on conser- ver ainsi pendant plusieurs années, sans qu'il se so'.t ni aigri, ni caillé, ni putrélié. Cette nouvelle théorie de la fer- mentation lactique, et la deslruciion (lu ferment végétal on question par la chaleur, nous expliquent rulililé de l'ébuliition du lait pour empêcher ce liquide de s'altérer promptcment. Gay- Lussac avait constaté qu'en faisant chaufTcr le lait frais jusqu'à 100 de- grés et on répétant celte opération tous les jours (ou même tous les deux jours en hiver), on peut le conserver pendant plusieurs mois sans qu'il s'ai- grisse (h) ; et aujourd'hui, lorsque, pour l'approvisionnement des grandes villes comme Paris, on transporte cette denrée à des distances très-ronsidéra- [a] Peloiize cl Gélis Mém. sur l'acide hulyrique [Ann. de chimie, 3» série, -1 841 , l. X, p. 437). (b) Pasii'ur, Mémoire siw la fermentation appelée lactique (Ann. de chimie el de physique, 3' série, 1853, t. LU, p. 404). — Mém. sw les corjiuscules organiques qui cxislenl dans l'atmosphère {.\nn. des sciences nul., 4» scne, IbGl, l. XVl, p. 52). LAIT. U9 C'est aussi de rintrodnction accidenlelle de corpuscules or- ganisés dans le lait et de leur développement ultérieur que dé- pendent diverses altérations d'na autre genre, qui s'y mani- festent parfois, par exemple l'apparition de taches bleues qui se montrent d'abord à la surlace, et (]ui finissent par en envahir toute la masse (l) ; mais dans la plupart des cas où le lait pré- sente des qualités anormales, cela dépend d'un état patholo- gique de l'individu qui produit ce liquide, et l'on y voit appa- raître des corpuscules semblables à ceux qui caractérisent le colostrum (-2). § /i. — La richesse du lait et les proportions suivant les- quelles les diverses substances conshtutives de ce liquide s'y trouvent mêlées, varient non-seulement dans les différentes Degré de richesse du hit. bles, 011 a souvent soin de le clianfler au bain-marie, non-seulement avant de l'expédier, mais à deux ou trois reprises pendant le voyage. En clIVt, cliaque fois qu'on élève ainsi la tcm- péraluie du liquide, on tue les f.-r- ments qui peuvent s'y trouver, et on le préserve de tout cliangement, tant que d'autres ferments charriés par Tatmosphère n'y seront pas tombés et ne s'y seront pas développés. (1) Ce phénomène a été observé plusieurs fois dans du lait de Vache, et ftU d'abord alîiibaé au dé\eloppcmcnt d'un Byssus (a) ; mais il résulte des observations plus récentes de M. lùiciis, qu'il est dû à la présence d'un ani- malcule microscopique auquel cet au- teur a donné le nom de Vibrio cijano- geniis. Une coloration en jaune peut être produite par un autre Infusoire que ai. Fuchs a appelé Vibrio xantho- genus {b). Le développement du Pénicillium glaiicum, que Turpin attribuait à une végétation des globules du lait (cj, provient aussi de germes végétaux introduits accidentellement dans ce liquide. (2) L'étude du lait de la Femme et de la Vache dans divers étals pathologiques a occupé rattculion de plusieurs micrographes, parmi lesquels je citerai en première ligne M. Donné. (fl) Braconnol, Observations snv le lait bleu [Journal de chimie médicale, 2= série, iSno, I. II, p. C25). — Bailleul, Recherches sur le lail bleu [Comptes rendais de l'Acad. des sciences, t. NVIt, p. nss). — GemMm, Recherches sur le lait bleu [Comptes rendus de l'Acad. des sciences, IS 13, t. XVH, p. 133Ô). (b) Fuchs, Beilrage zur nulieren Kenntniss der gesunden und fehlerhuflen Milch d^r Ilaus- Ihiere iMaga^iin filr die gesainmte Tldcrtuitliuade, Jahrg. 7 (d'après Simon). (c) Turpin, Rcch. microscopiques sur Vorganisation et la vitalité des globules du lait, etc. [Ann. des sciences nat., 2" série, 183", l. \'lll, i'. 338j. 150 REPRODUCTION. espèces de Mammifères, mais aussi chez le même individu, sui- vant la période de l'allailemenl, le régime et plusieurs autres circonstances biologiques. Le tableau suivant, emprunté à un travail important publié sur ce sujet, il y a peu d'années, par un de mes anciens élèves, feu M. Doyère, peut servir à fixer les idées touchant les différences spécifiques (Il Mais en prenant en considération les résultats fournis par l'analyse dans tel ou tel cas particulier, il ne faut pas oublier que les limites des variations individuelles peuvent être très-étendues. FEMME. VACHE. CHÈVRE. BREBIS. LAMA. ANESSE. .lUMENT. Eau 87,38 87,60 87,30 81,60 86,60 89,63 91,37 Beurre 3,80 3,20 li.liQ 7,50 3,10 1,50 0,55 Casé i ne 0,34 3,00 3,50 4,00 3,00 0,00 0,78 Albumine. . . . 1,30 1,20 1,35 1,70 0,90 1,33 l,'i0 Sucre de lait. 7,00 4.70 3,10 4,30 5,60 6,40 5,50 Sels 0,18 0,70 0,35 0,90 0,80 0,32 0,40 Nous voyons donc que le lait de la Brebis est remarquable- ment riche en beurre, les matières azotées y abondent, et le sucre de lait s'y trouve en proportion assez forte (2). Le lait d'Anesse est au contraire très-pauvre en matières grasses et (1) 11 est à noter que dans ces analyses faites d'après un proc(''dé particulier à M. Doyère, la substance azotée désignée sous le nom d'alini- mine a été dosée en traitant lepelit- lait par deux fois son volume d'alcool et en desséchant convenablement le précipité ainsi obtenu (o). MM.^Millonet Commaiile évaluent la quantité d'albumine contenue dans un litre de lait, terme moyen, à 11,83 chez l'Anesse; 6,43 chez la Chèvre ; 5,25 chez la Vache ; 0,88 chez la Femme (b). (2) 11 résulte des analyses faites par :\l\i. Filhol et Joly, que les pro- portions des diverses substances con- stitutives de ce lait varient notable- ment suivant les races. Ainsi le lait des Brebis de la race lauraguaise a fourni 8,3 de caséine, 10,4 de i)eurre et Zi,l de sucre pour 100, tandis que dans le lait des Brebis anglaises des .South- dovvns, ces auteurs n'ont trouvé que (a) Doyère, Étude du lait au point de vue pliysiologique et économique {Annales de l'Institut agronomique de Versailles, t. I, 4 852). (b) Millnn cl ("nniniaille, Analyse du lait (Comptes rendus de l'Acad. des sciences, 18G4, l. LIX, p. 398). L\IT. 151 albiimineuses, mois est plus riclic en lactine (1). Le lait de la Femme (2) s'en rapproche plus que du lait de la Vache (o), 6,5 de caséine, li de beurre et li,6 de être très-considérables; ainsi quatorze sucre (a). analyses faites par Fr. Fimon ont (1) Il est aussi a noter que la ca- fourni pour 1000 p;uties de lait : seine du lait d'Anesse paraît être Moyenne. Maximum. Minimum. plus facilement attaquée par le suc Beurre. . 25,3 54,0 8,0 gastrique que la caséine du lait de Caséine . 34,3 45,2 10, G Vache. Des expériences intéressantes S""'*^ ''<^ sur la digestibiliié comparative des ''"'^'^- '^^•- ^^'^ ^^'- laits de Femme, d'Anesse et de ^''' " " ' "'^ ^'"' ^•'''^''^ ' Vache, ont été faites en Hollande par M. Boedeker y a trouvé seulement M. Lammerls, et il en résulte que 31 millièmes de matières grasses (e). pour les jeunes enfants, c'est le lait L'T proportion de lactine y est très- d'Anesse qui paraît le plus propre à considérable. MM. Millon et Com- remplacerlelait de la Femme (6). maille l'évaluent à 77 grammes par (2) La composition du lait de la litre, tandis qu'ils n'ont trouvé pour la Femme a été examinée par plusieurs nième quantité de liquide que 608', 8 chimistes: quelques auteurs ont pensé decette substance dansle lait d'Anesse, que la proportion des matières grasses 5/iSr,7 (terme moyen) dans le lait de Va- contenues dans ce liquide était plus che, et/iZi8',9dansle lait deChèvre(/';. faible que celle du beurre fourni par J'ajouterai que MM. Vernois et le lait de la Vache; mais les recher- ^'^' Becquerel, .se fondant sur les ré- ches de M. Pleischel et de I\î. Meggcn- sultats de 89 analyses, donnent, pour hofen tendent à établir qu'elle n'en représenter la composition moyenne difl'ère pas, dn lait de la Femme dans l'état de Deux analyses de lait humain fai- santé, les nombres suivants : tes par Lhéritier ont donné les résul- Pesanteur spécifique. . . . 1032,07 tats suivants : Ea" 889,08 Sucre de kiit 43,04 ■'■■■■ "'">o 8i0,0 Caséine et matières extrac- •^■^"'"•^ ''^"^'5 52,0 ti,e, _ . 39,24 '^'■''•^'"'^ 1'.^ 9.5 Beurre 26,66 Sucre de lait . . 74,0 63,4 Ceudres 1,38 (s) Sels 4. 4 5 !r\ ' ' ' (3) Le lait de Vache a été analysé Les variations individuelles peuvent par beaucoupde chimistes etasouvent (a) Filiiol et Joly, Analyses du lait de Brebis appartenant à différentes races (Comptes rendus de l'Acad. des sciences, 1858, t. XLVII, p. 1013). (6) l.amniorts von Bueren, Vergelijkende dicjestie-prœver van verschillende Melksoorlen [Neder- ■ landsch Lancet, 2- série, 1842, t. IV, p. 753). (f) Lhéritier, Traité de chimie pathologique, p. 627. ((/) Simon, Die Franenmilch, nach ihrem chemischen und phynologischcn Xerhalten darae stellt. Berlin, 1838. —Animal Cheinistry, t. 11, p. 51. (e) Boedeker, Pie Zusammensetzung der Frauenmilch (Zeitschr. rat. Med., 1860, t. X, p. 102). If] Millon et Commaille, voyez Pelouze et Frcmy, Truite de chimie, t. VI, p. 033 (1805). [g] Vernois et A. Becquerel, Rech. sur le lait [Ann. d'hygiène, 1853, t. L\, p. 267). 452 HEPIIODUCTION. mais le sucre de lait y abonde davanlaj^'e. Le lait de la Clianielle est très-ebargé de lactine et de matières azotées, mais ressemble au lait de la Vacbc par la [)roportioii de beurre que l'on y a rencontrée (1). Le lait de la Jument ne contient que des quan- tités très-faibles de corps gras (2). Enfin, cbez la Truie (o) et fourni un pou plus de corps gras que dans les expériences de I)oy{;rc citccs ci-dessns (a). La proportion de ces nin- tii-res a ôlé on moyenne de h pour 100 dans les analyses faites par 1\1M. Boussingault et Lebcl {h). La pro- portion moyenne de caséine a varié entre 3,6 (c) et 7 pour 100 {d). Les malirres grasses du lait de Vache contiennent toujours nue sub- stance colorante jaune, tandis que le beurre provenant des laits de Clièvrc, de lîrebis, d'Anessc et de l-'emme est ordiiiaircniont incolore (e). Le lait du Lama est presque iden- tique avec celui de la Vache (/"). (1) Le lait de la Chamelle {Camelus bactrianus) , examiné par M, Chalin, contenait, pour 1000 parties, hO de matières azotées (caséine et alimmine), et 58 de sucre de lait, et oG de beurre (g). (2) Le lait de Jument est très-pauvre en matières solides ; dans deux ana- lyses faites par Doyère, la proportion la plus forte a éié : pour la caséine, de 1 pour 100 ; pour l'albumine , de l,9i) ; pour le beurre, de 1,70, et pour le sucre de lait, de 6,7. L'écart entre les maxima et les minima était très- considérable (h). (3) Le lait de la Truie est très-riche en caséine, mais ne contient que peu de matières grasses. Chez un de ces (a) Pai-iiionlicr cl neveux, Analyse, du lait (Ann. de chimie, t. VI cl VII). — Berzflius, Traité de cltimie, I. VIII, p. 027. — Scliiiblor, lidili. sur le lait et sur ses principes immàliats {Biblioth. univ. de Genève, 1817, AGiiici'LT., t. II, p 27S). — Qiievctiiie, Lait, composition chimique, etc. i.\nn. d'Iiyijièae, t. X.WI). — I.ecami, Note concernant l'analyse du lait {Journal de pharmacie, t. XXV, p. 20). — H:iiillcii, UeLer die balzc und die Analyse dcr Kuhmikh [Ann, der Cheiuie und Pharm., 18i3, t. XLV, p. 2(!3). — Simon, Op. cit., t. H, p. 02. {b) Lflicl cl lioiissini,'a;ill, loc. cit. {.\nn.de Chimie et de Phys., 1830, t. I.XXI). (c) Siinoii, Op. cit., t. II, p. 02. {d) r\i;iic\ie\, L'eber Du! ter und FraucnmUch {Jahrb . der CMcmic \on Scliwciyger, 1831, t. XXXII, p. 125). — ^ilcgç^ùschoiai) , Cliemische Untersnchungen iiber die Frauenmitch {Zeilschrift fiir Physio- log'.e von Tiedcniann und Treviranus. 182'J, t. 111, p. 274). (cl Millun et Comuiaillc, Analyse du lait {Comptes rendus de l'Acad. des sciences, ISGi, 1. MX, p. 399). (/■) Doyèie, Op. cit. {Ann. de l'Institut açironomiquc de Versailles, 18.">2, t. I, p. 254). (ij) Chalin, Sur le lait de la Chamelle à deux bosses {Journal de pharmacie, 4* série, 18G5, t. I, p. 204,. [h) Van Siiplirian Luiscius cl IJaiiJl , Disquisitio, etc. {Mém. de la Soc. de méd., 1787, p. 525). — Lassaiç^ne, Note sitr la composition du lait de Jument (Journal de chimie médicale , 2'sciie, 1839, t. Il, p. 87). — lUiyOre, Op. cit. {Ann. de l'Institut agronomique de YersaUles, 1. 1, p. 235). LAIT. ^^^^ chez les Carnivores (1), la proporlion de caséine s'élève beau- coup, et chez ces derniers la lacline manque en général presque I complètement. Les aliments peuvent exercer une influence considérable sur la composition du lait (-2). Ainsi on doit à M. Dumas des expé- riences très-inléressantes faites sur des Chiennes soumises à différents régimes, expériences dont il ressort que la quantité de sucre de lait contenu dans ce liquide est en grande partie animaux de race allemande, on a trouvé ce liquide composé de : Eau 85,49 Beurre 1,95 Sucre de lait 3,03 Caséine 8,45 Sels 1,09 Chez une autre Truie de race an- glaise (dite d'Essex), la proporlion de sucre de lait n'était que de 2,28 pour 100 et celle de la caséine de 7,3G pour 100 (a). (1) Dans les analyses du lait d'une Chienne faites par Fr. Simon, la pro- porlion des matières solides s'éleva de 31,8 à 3/|,2 pour 100. La proporlion de beurre varia entre 13,3 et 16,2; celle de la caséine fut dans un cas de l/i,6, et dans un autre de 17, /i pour 100. Il n'y avait que des traces de sucre de lait [b). î\]. Clcnim trouva 27 centième.vie matières solides et con- stata également la présence de la lac- tine (c). Enfin ÎM. Dumas obtint des résultats analogues (d). 11 est cependant à noter que dans une analyse faite par MM. Chevallier et Henry, la proportion de caséine et de beurre était moindre que dans le lait de Vache (e). (2) M:\I. Vernois et A. Becquerel ont analysé comparativement le lait de nourrices dont les unes étaient très ■ bien nourries, et dont les autres l'a- vaient été mal, et ils ont obtenu en moyenne, pour 1000 : Dans le 2- cas. 104,31 18,85 38,68 45,70 Ainsi, sous l'influence d'une alimen- tation abondante et bien choisie, il y avait dans le lait plus de deux fois autant de matières grasses que chez les nourrices mal nourries, et chez ces dernières la proporlion de lacline était au contraire un peu augmentée; les dilTérences dans la proporlion de ca- séine n'étaient piis notables (/"). Dans le 1" cas. Matières solides. . . 123,17 Bourre '43,47 Cnséum 37,07 Sucre de lait. ... 4! ,04 («) Sclieven^ voyez Pelouze et Freniy, Traité de chimie, t. VI, p. 024. (6) Fr. Simon, Animal Chemistry, t 1(, p. 00. (c) Clemm, voy. Scherer Mtlch (Wagner's HandiuurUrb. dev PhysioL, t. H, p. 407). id) Dumas, Du lait des Carnivores {Ann. des sciences nat., 3" série, t. IV, p. 18i). (e) Chevallier et 0. Henry, Op. cit. {.humai de pharmacie, t. XXV). (/■) Vernois et A. P.ec(pierel, Recherches sur le lait {.inn. d'hygiène publique, 1843, t. XLIX, p. 314). 154 REPRODUCTION. subordonnée à la quantité d'aliments féculents dont ces Ani- maux font usage. Ainsi que je l'ai dit, le lait de ces Carnivores est toujours très-riche en caséine et contient aussi beaucoup de graisse, mais en général on n'y trouve que des traces de lactine : à la suite d'un régime de viande seulement, M. Dumas ne put y découvrir aucune trace de cette substance, tandis qu'il en obtint des cristaux plus ou moins abondants en opérant sur du lait provenant de Chiens nourris principalement avec du pain (1). La qualité du lait et celle du beurre qu'on en extrait peuvent être également modifiées par le régime (*2), ainsi que (1) Le laii d'uno Cliicnnc soumise à un régime mixte a fourni : Eau G9,8 Beurre 12,4 Matières extractivcs. . . 2,5 Caséiim 13/) Sels solubles 0,71 Sels insolubles 0,77 Dans d'aulrcs expériences, la pro- porlion de caséine a été même un peu plus l'orie, et celle du beurre est des- cendue jusqu'à "G et même jusqu'à 3 pour 100 (a). Ainsi que je l'ai dit ci- dessus, la proportion de lactine est notablcmenl augmentée par le régime mixte, mais on peut encore découvrir des traces de celte substance même dans le lait des Chiennes qui ont été nourries de viande seulement (6). M. Dumas a constaté aussi que le lait de la Cliienue possède une pro- priété remarquable : il se prend en bouillie épaisse lorsqu'on le chauffe ; mais il perd cette propriété lorsqu'on l'élend d'eau. M. Bensch a trouvé que par l'évn- poration, la lactine de ce lait se trans- forme en glycose (c). (2) La proportion de margarine et d'oléine contenue dans le beurre peut varier beaucoup chez les mêmes Ani- maux, suivant le régime et les autres conditions biologiques. Ainsi, dans les Vosges, celte proportion est de 186 de margarine pour 100 d'oléine en hiver, lorsque les Vaches restent à l'éfable et sont nourries de fourrages secs, tandis que la proportion do margarine des- cend jusqu'à 66 en été, lorsque ces mêmes Animaux paissent à la mon- tagne {d). On doit à MI\L Boussingault et Lebel une série d'expériences sur la composition du lait des Vaches sou- mises à des régimes différents ; mais les aliments employés étaient ceux (a) Dumas, Composition du lait des Carnivores {Ann. des sciences nat., 3" série, 1845, t. IV, p. 184). (6) Glenim, Op. cit. (c) Beiiscli, leber die Darstell. der Milch {Ann. der Chemie und Pharm., 1847, t. LXI- p. 221). {dj Dumas, Boussingault et Payen, Bccherches sur l'engraissement des Bestiaux et la forma- tion du lait (Ann. de chimie et de physique, 3' série, 1843, t. \Ili, p. diij. LAIT. 155 par l'introduction accidentelle de certaines substances alimen- taires (1). On a souvent remarqué que chez la Vache la richesse du lait augmente pendant une certaine période de Tallaitement (2), et ce fait est d'accord avec les résultats fournis par des analyses comparatives. Ainsi, chez la Femme, la quantité de caséine dont on fait liabituellemenl usage pour la nourriture de ces Animaux, et ils se ressemblent tous beaucoup, quant à leurs caractères essentiels, car ce sont toujours des matières amylacées qu'ils fournissent à l'organisme. H s'agit en efl'et, tantôt de pommes de terre ou de betteraves, d'autres fois de trèfle ou de foin. Aussi la composition du lait ne paraît-elle avoir été que peu in- fluencée par ces variations de régime, et bien que la proportion de beurre ait présenté des écarts considéra- , blés, il serait difficile de les attribuer à la nature des rations (a). Dans les expériences de M. Peligot sur le lait d'An esse, la proportion de beurre était plus forte lorsque l'Animal était nourri avec de la betterave ou des pommes de terre, que lorsque sa ration jour- nalière se composait d'avoine et de légumes secs (h). L'influence de ralimenlation sur la richesse du lait se fait senlir très- promptement : ainsi, dans des expé- riences faites par M. Reiset, sur des Vaches laitières qui pendant le jour vivaient au milieu de l'herbage, en pleine pâture, et qui pendant la nuit étaient renfermées dans l'étable, où elles étaient privées de nourriture, le lait de la traite du matin donna nota- blement moins de beurre que celui de la traite du soir (c). (1) On a remarc[ué que le bon beurre, ainsi que le lait, acquiert un goût amer lorsque les Vaches mangent des marrons d'Inde, des feuilles d'arti- chaut, etc. Les fleurs de châtaignier, dont les Vaches sont très-avides, com- muniquent aussi au beurre un goût désagréable (d). (2) Pendant les premiers jours, lors- que le lait est mêlé à une quantité plus ou moins considérable de colos- trum, il en est autrement; la propor- tion de matières grasses diminue jus- qu'à ce que la sécrétion normale se soit établie. Ainsi, dans des analyses (le lait fort crémeux recueilli le qua- trième, le neuvième et le douzième jour après l'accouchement, M. Clemm trouva pour 1000 : Matières grasses. . 4.2,9 35,3 33,4 Caséine 35,3 2G,9 29,1 Sucre de lait, etc. il,! 42,9 31,5 (c) (a) Boussingaiilt et Lebel, Recherches sur l'infltience de la nourriture des Vaches sur la quan- lité et la coiisiitution chimique du lait (Ann. de chimie et de physique, 1839, t. LXXI, p. 65). — Boussingault, Economie rurale considérée dans ses rapports avec la chimie, etc., 2" édit., t. IT, p. 522. (6) Pelig-ot, Op. cit. {Ann. de chimie, 183G, t. LXII, p. 434). (c) Reiset, Op. cit. (.Ann. de chimie et de physique, 3' série, 1849, t. XXV, p. 88). (d) Malag-ulti, Leçons de chimie., t. II, p. 404. (e) Cleram, voy. Wagner's HandwOrterbuch der Physiologie, t. Il, p. 404. 156 r.EPRODUCTION. augmente notablement depuis la seconde semaine qui suitl'ae- coucliement jusqu'au quatrième ou cinquième mois (l), mais décroît beaucou|) vers le dixième ou douzième; la lacline est au contraire peu abondante dans les premiers temps, et arrive au maximum du huitième au dixième mois (2). 11 résulte des expériences de M. Peligot et de quelques autres cliimistes, que le lait provenant d'une même traite n'est pas également riche au commencement et à la fin de l'opération; le liquide qui s'écoule d'abord, et qui par conséquent a séjourné le plus longtemps dans les canaux galactophores, au lieu d'être, comme on aurait pu le supposer, i)lus parfait (pie celui pro- venant des parties reculées de l'ajjpareil mammaire, est en (1) Fr. Simon a fait une série d'a- n;ilyse.s du lail d'une Feirimeùdivcises époques pendant rallaitcment, et en négligeant le premier terme, (pii se rapporte à du colostrum philùt qu'à du luit proprement dit, il résiilie de ces recherches que la proportion d'eau n'a pas varié d'une manière régulière, et que la proportion de heurrc est res- iée à peu piès stationnaire, tandis que la quantité de caséine s'est élevée de 2,1'2 à h pour 100. Le sucre de lait, au contraire, a diminué dans une proportion assez forte ; ainsi la moyenne des analyses eifectuées pen- dant le premier nmis, s'élève à 5, G, même lorsqu'on fait abstraction des premiers jours duraiU lesquels on trouva 7 pour 100 de celte substance, tandis que du deuxième au sixième mois on n'en trouva, terme moyen, que [i,li pour 100. Les variations dans la proportion du beurre étaient con- sidérables, mais n'ollraient rien de régulier. Dans des analyses de lait de Femme fuites par M. Payen, la proportion de caséine était de 0,18 pour 100 chez une nourrice accouchée sept mois aupara- vant, et de 0,25 pour 100 chez une autre dont le pari datait de il ix-huit mois (fl). L'âge des nourrices ne paraît exer- cer que peu d'influence sur les qualités du lait ; cepeiulan!. il résulte des re- chertbcs de ;M\L Veruois et A. Bec- querel, que chez les Femmes de quinze à vingt ans ce liquide est générale- ment plus riche que chez celles de trente à quarante ans. Ces physiolo- gistes ont obtenu en moyenne environ 13 p(uu- 100 de matières solides chez les premières, et seulement 10,5 i)oar 100 chez les secondes [b). ('2) MM. A. Becquerel et Veruois ont recueilli un griUid nombre d'ob- servations sur ce .sujet. (a) Paycii, Examen comparatif du lait de plusieurs Femmes el du l.iil de Chèvre {Journal de chimie médicale, 4 828, t. IV, p. ■118). (M Vcrnois et A. Beccuierc), licch. sur le lait {.\nn. d'hygiène publifinc, -Igr/J, l. XI.IX, p. 273). LAIT, 157 réalité plus a([iicu.\ (I). Ce fait a d'abord beaucoup surpris les physiologistes, mais il est facile de s'en rendre complc. En (■]) Ce fait avait élc remarqué par Parmoniier et Dcyeux (a), mais ne lïit bien démontre que par ji-s rc- clicrclies de M. i'eligot. Ce cliiniistc trouva que le lait d'Anes.se obtenu au commencement de la traite contenait 90,78 d'eau snr 100, tandis qu'à la fin de la même traite, ce liquide n'en renfermait que 89,55. En analysant le lait du même animal après vingt- quatre heures de sevrage, il y trouva 91,?^3 pour 100 d'eau et l,'i2 de beurre, taudis qu'après une IieiuT. et demie d'intervalle entre les deux trai- tes, il y constata 1,55 de beurre et seulement 88, 3^ pour 100 d'eau (6). M. Uci.'seta beaucoup multiplié les expé- riences de ce genre sur la richesse com- parative dulaitde Vache, cl il est arrivé à des résultats analogues toutes les fois que le séjour du lait dans les mamelles avait été de quatre heures au moins. Enfin, cet agiononii' a constaté des dif- férences semblables dans la composi- tion du lait de la Femme (c). Dans des analyses faites par Lhéritier, du lait recueilli chez la même Femme après plusieurs succions, donna 1/|,'2 de matières solides, tandis qu'après qua- rante heures de sevrage, on n'y trouva que 9,89 pour 100 de ces substan- ces (rf). M. Ileynsius a trouvé 8 pour 100 de m.ilières solides dans le lait de Vache provenant de la première moi- tié de la trait!! du matin, et 12 pour 100 dans celui fourni par la seco:Kle partie de la même traite (c). il résulte également des expé- riences compiratives faites sur le lait de la traite du malin et de celui de la traite du soir, par WoKY, et ainsi que par MM. Boedeker, Wicke et Stuck- mami, que sous l'infiuence du régime d'hiver, le premier de ces liquides qui a séjourné beaucoup plus long- temps dans les mamelles de la Vache contient plus d'eau et moins de beurre que le lait de la traite du soir (/'). Quelques auteurs attribuent ces dif- férences à ce que le lait ennuagasiné dans les réservoirs galactophores au- rait laissé monter une partie de la crème vers les parties supérieures de l'appareil mammaire !jj); mais cette explication ne me semble pas satisfai- sante : car, lorsque les Vaches sont cou chées, comme cela arrive souvent avant la traite, les globules butyreux, eu obéissant à leur poids spécifique, ne re- monteront pas de la même manière, et d'ailleurs le repos du liquide n'est pas assez complet pour que cette sépa- {a) Parmeniicr et Dcjeiix, Traite sw le lail, p. 206. (6) Feligol, Mémoire sur la composition chimique du lail d'Ancssc {Ann. de chimie et de plvjsique, 183G, t. LXII, p. 436). (c) r.ûiset, Expérience sur la composition du lait dans certaines phases de li traite et sur les avantages de la traite fractionnée pour la fabrication du beurre {Ann. de chim. et de phys , 3' série, 1849, t. XXV, p. 82). [dj hhénlicr, Traité de chimie pathologique, p. 632. (e) lleynsiiis, Bidrâge tôt de Kenuis van de Melkiefschciding (Nederlandseh Laneet, iSôQ, (lenle ievio, 5''-' jaiirs'ang, p. 603). (/■) Bœdcclîer, Ueber die normale Aenderung der Kuhmilch, in ihrer Zecranimcnsctiung in den verschiedcnen Tagesperioden {Ann. der Cliemie und Pharm., 1856, t. XCVII). — VViclse, Ueber den Wasser- und Fettgelialtder Zicgenmikh zu verschiedcnen Tajes.iciten {Annalen der Chemie und l'harm.., 1850, t. XCVIIl). 158 REPRODUCTION. effet, c'est dans les ampoules initiales des conduits lactifèrcs que naissent et se développent les utricules sécrétoires qui four- nissent les matières grasses et les autres substances solides les plus importantes du lait, tandis que l'eau plus ou moins chargée des matières salines et albuminoïdes y est ajoutée par les parois membraneuses des tubes galaclophorcs, qui ne sont pas aptes à sécréter les produits laiteux par excellence. 11 en résulte que, plus le lait fourni par les ampoules traversera rapi- dement cette portion excrétoire des glandes mammaires, moins il sera aqueux. L'exercice musculaire paraît exercer une certaine inllucnce sur la composition chimique du lait (1), et l'on a souvent l'occa- sion de constater que chez la Femme les émolions morales peuvent déterminer des changements notables dans les qualités de ce liquide. Je ne pourrais, sans m'écarter du but de ces Leçons, exposer et discuter la valeur relative des différents procédés employés pour apprécier la richesse ou la bonne qualité du lait, et je me bornerai à dire que les évaluations fondées sur la pesanteur spécifique de ce liquide sont peu dignes de confiance (2). ration paraisse probable. M. Heisct fail remarquer aussi avec raison que la position verticale du corps do la Femme ue pernicltraitpasde lui appli- quer cette hypothèse. (1) Les observations de M. Playfair tendent à faire penser que l'exercice musculaire contribue à augmenter la proportion de caséine contenue dans le lait, et à diminuer la quantité de beurre (a). (2) On trouve dans la plupart des traités de chimie des renseignements variés sur la densité du lait, d'après Brissonel quelques autres expérimen- tateurs (6) ; mais ces chilires ne peu- vent guère nous éclairer sur la richesse de ce liquide, carie beurre étant plus léger que l'eau (0,93), l'abondance des matières grasses tend à diminuer la pesanteur spécifique du mélange, tandis que celte pesanteur augmente avec la proportion de caséine, de lac- tine, des sels, etc. L'emploi de l'aréo- niètre et d'instruments analogues, tels que le lactodensimctre de .M. Que- (a) L. Plajfair, On the Chanfjes of Ihe Composition of the Milk of a Cow according to ils exercise and food (Mem. of the Chemical Society of Londoii, isi3, t. I, \>. 74). (6) Vernois et A. Becquerel, Recherches sur le lait {Aiin. d'hygiène publique, 1853, l. XLIX, p. 273). LAIT. 159 § 5. — La quantité de lait produite journellement par un Animal varie beaucoup plus que la composition chimique de ce liquide, et les différences que l'on observe à cet égard dépendent (Juantité de lait sécrélée journellement. venue (a), ne peut donc être approuvé. Pour juger approximativement de la proportion de beurre, on fait souvent usage du galactoscope ou lactoscope, instrument qui, inventé par M. Donné, mesure le degré d'opacité du liquide d'après l'épaisseur de la couche né- cessaire pour empêcher la flamme d'une bougie d"ètre visible à travers le liquide (6). Le galactomètre, inventé par Bail- ker et appelé crémomètre, de M, Que- venne, est une éprouvette graduée dans laquelle on laisse le lait en repos jusqu'à ce que la crème soit montée à la surlace du liquide, et Ton mesure l'épaisseur à la couche qu'elle y forme (c). Doyère a proposé pour le même usage un procédé chimique qui est plus exact, mais qui a l'inconvénient de nécessiter l'emploi d'une balance délicate, et par conséquent de ne pou- voir être confié à des mains inha- biles (d). M. Daubrawa évalue la proportion de beurre et de caséine en précipitant ces deux substances par un certain vo- lume déterminé d'alcool à 85 degrés, et en mesurant le volume du précipité dans un vase gradué (e). Pour plus de renseignements sur les méthodes propres à faire, soit l'es- sai, soit l'analyse du lait, je renverrai aux diverses publications spéciales faites récemment sur ce sujet (/'). [a) Quevenne, Op. cit. (6) Donné, Cours de microscopie, p. 387. (c) Voyez Payen, Des substances alimentaires, 1854, p. 7G. {d) Doyère, Op. cit. (e) Daubrawa, voy. Pelouze et Fremy, Traité de chimie, t. VI, p. G30. {f) Haidlen, Ueber die Salze und die Analyse der Kuhmilder {Ann. der Chemie und Pharm., 1843, t. XLV, p. 2G3). — Marchand, Sur un nouveau procédé propre à déterminer la richesse du lait (Journal de pharmacie, à' série, 1854, t. XXVI, p. 35?). — Poggiale, Dosnge du sucre de lait par la méthode des volumes, et détermination de la ricliesse du lait {Comptes rendus de l'Acad. des sciences, 1848, t. XXVIII, p. 505). — Dosage du sucre de lait au, moyen du saccharomèlre de M. Soleil {loc. cit., p. 584). — Brunner, Priifung der Milch {Mittheil. der naturforsehenden Gesellschaft in Bern, 1857, p. 120). — Lecanu, Nouveau procédé d'analyse du lait {Journal de chimie médicale, 1854, p. 579). — Hoppe, Bestimmung des Milchzuckergehalts der Milch, înittelst des Soleil-Ventzke'schen Polarisation-. Apparates {.\rchiv fiir pathol. Anac, 1858, t XIII, p. 276). — Monier, Nouvelle méthode pour l'analyse du lait au moyen de liqueurs titrées (Comptes rendxis delWcad. des sciences, 1858, t.XLVi, p. 236 et 425). — Baunihauer, Méthode zur Bestimmung der in der Milch vorkommenden festen Stoffe (Journ. fur prakiische Chemie, 1801, t. LNXXIV, p. 1571. - — A. Mûller, Ueber die siissc Milchgdhrung und die Bestimmung des Fctigehaltes der Milch ohne Einddmpfung derselben {Journ. fiir prakiische Chemie, 1861, t. LXXXII, p. 13). — Ueber die Analyse von Milch und Butter (Op. cit., 1862, t. LXXXVl, p. 380). ' — Vogel, Eine neue Milchprobe. Erlangen, 1862. — Zeitschr. fiir rat. Med., Bericht fur 1863. — Hoppe-Scgler Die Donné- Vogel' schen Milchprobe (Arch. fur pathol. Anat,, 1863, t. XXVII, p. 394). 160 REPRODUCTION. de causes Irès-diverses (1). Elle atlcint en général son maximum peu après le part, cL se mainlienl slationnaire pendant un cer- tain temps, puis décroît progressivement jusqu'à ce que la sécrétion s'arrête. Chez nos V^aches, par exemple, toutes choses étant égales d'ailleurs, le lait augmente en abondance pendant deux ou trois semaines et ne diminue notablement (jue vers le troisième ou lequatrième mois; maisen général versle sei)lièinc mois la (piantité iburnie a déjà diminué de moitié environ, et au bout de neuf ou dix mois elle est souvent réduite de plus des trois quarts (2). Le climat exerce une iulluence considérable sur l'activité fonctionnelle de l'appareil mannnaire. Ainsi, dans les pays très-chauds, les Vaches ne donnent (]ue fort peu de lait; une température très-basse est également défavorable à la produc- tion de ce liquide, et c'est dans les régions tempérées et humides que la sécrétion lactée est le plus abondante. Le régime alimen- taire intlue aussi beaucoup sur le rendement des glandes mam- maires (3), et la puissance pr-oductrice de ces organes est éga- (1) La quaulité de lail produito par luoiu aboiidaïUo, ccl auteur cilc le cas la Femme osl très-diQicilo à délcrmi- d"une nourrice de consliiuliou lyii)- iier ; cependant :\I. Xaialis Ciuillot a piiatique, qui a fourni de la sorte dans essayé de révaluer on pesant les nour- les vingt-quatre heures 2'''',lZ|/i de rissons avant et après qu'on leur lait (h). donne le sein. Cela donna pour la ra- ,(2) Ces faits, bien connus des agri- tion diurne 1500 granuues, et quel- cidteurs, ressortent très-clairement des quefois 2000 grammes (o). documenls statistiques recueillis par En aspirant le lait dans les mamelles M. Boussingault dans une ferme de à Taido d'un appareil de caoulchouc l'Alsace (c). qui fait office de ventouse, et en re- (3) Une nourriture abondante et bien nouvelant cette opération de deux en choisie est une condition indispensable deuxheures,!\]. Lamperierre a obtenu pour le maintien d'une production chaque fois, terme moyen, 50 ou abondante de lail. 60 granuTies de cliaque sein. Comme MM. Chcvallior et 0. Henry ont exemple d'une sécrétion remarquable- examiné comparativement le lait de (a) Natalis Guillot, Rech. sur la quantitc de lait prise au sein de la nourrice par les enfants nouveau-nés (Union médicale, 185^). (&) Lamperierre, Des moyens de reconnaître la quantité et la qualité de la sécrétion lactée chez la Femme (Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1850, l. XX.\, p. 173). (c) Boussingault, économie rurale, i. Il, p. 516. LAIT. ]6i îement subordonnée à des pcrlurbalions dans l'ensemble de l't'conomie animale, dont il est souvent difOeile d'expli(|uer le mode d'action, mais dont lobservaiion a permis de constater l'importance. Or, ces parlicularilés se transmettent de généra- tion en génération, et, se prononçant même de plus en [«lus à mesure qu'elles ont été perpétuées pendant plus longtemps, caractérisent des races de Vaches laitières dont la valeur est très-inégale. Toutes choses étant égales d'ailleurs, la quantité de lait four- nie [)ar ces Animaux est en rapport avec leur taille, ou mieux encore avec le poids de leur corps, et l'on remarque aussi (juc la proportion cnire la consommation alimentaire de ces fabriques galaclogènes et leur rendement varie de la même manière; en surle que non-seulement les grands individus produisent plus de lait quelesindividus depetiictaillc, mais que pour fournir des quantités correspondantes, les premiers emploient moins d'ali- ments ([ue les seconds. Lorsque les conditions agi'icoles le per- mettent, il y a donc avantage à élever comme Vaches laitières des Animaux de grande taille; mais le. volume des corps est loin d'être la seule circonslance dépendante de l'organisme de ces êtres (jui iniluc sur la puissance sécrétoire des mamelles, et c'est seulement en tenant compte d'un certain ensemble de carac- Vaclics noiirrios avec des caroltes cl avec (le la beUcrave. Ils ont trouve dans le premier cas, pour 100 : !i,'l de caséine et 3,8 de beurre ; tan- dis que dans le second cas, poin- la même quantité, il n"y avait que 3,75 de caséine et '2,75 de beurre («)• Quelques auteurs ont assuré que l'emploi d"une certaine quantité de sel commun dans la ration des Vaclies augmentait Leaucoup la quantité de lait sécrété par ces Animaux ; mais il résulte des reclierches expérimentales faites à ce sujet par M. Boussingault, ainsi que par "\I\1. ri.Tudement et de Béliague, que ce coiuliment est sans influence sur le rendement de l'appa- reil mammaire {h). (a) Chevallier , et 0. Hoiiry, Mémoire sur le lait [Journal de chimie médicale, 2* scric, 1S30, l. V, p. 145). {b} BousswgauW, Economie rurale, I. H, p. 514. — Baïuteiiient et de lieliague. Expériences siiv l'inllîtGnce que le sel ajouté à la ration des Vaches peut exercer sur la consommation du fourrage et sur ta production du lait (.S'oc. Ciu- Irale d'agriculture, 1850). IX. Il 162 REPRODUCTION. tères empyriqiies que, par l'inspection des formes extérieures, on parvient à apprécier les qualités de ces Animaux comme producteurs de lait. Pour montrer combien les différences dues à ces diverses causes, soit organiques, soit biologiques, peuvent être con- sidérables, il me suffira de citer quelques faits. Dans les parties chaudes de l'Amérique équinoxiale, une Vache ne fournit, tei me moyen, (^l'environ 1 litre 3/4 de lait par jour, tandis que dans les bonnes fermes de l'Alsace, ce produit moyen s'élève à plus de 8 litres (l), et l'on assure que dans les riches pâturages de la Normandie, ainsi qu'en Hollande et dans (juelques parties de l'Angleterre, il n'est pas rare de voir un de ces Animaux donner pendant plusieurs mois de suite 20 litres de lait par jour ou même davantage (2). L'état de santé ou de maladie intlue beaucoup sur la quan- tité et même sur la composition du lait, mais les résultats fournis par l'étude de l'histoire pathologique de ce produit ne seraient ici d'aucune utilité, et par conséquent je ne m'y arrêterai pas. Durée La durée de la période d'activité fonctionnelle des glandes **" aVS""" tti'iinmaircs varie beaucoup suivant les espèces. Lorsque la force productrice de cet appareil n'est pas très-grande, elle est jusqu'à un certain point subordonnée à l'état de repos des organes de la re[)roduction, en sorte que dans ce cas la sécré- tion du lait s'arrête quand l'ovaire recommence à fournir des (1) Pendanl la partie In plus produc- exceptionnel, mais il a été constaté tive de Tannée, la quanliié de lait par plusieurs agronomes (6), et un des fournie journellement par les Vaches écrivains les plus aulorisés eu pareille d'après lesquelles M, Boussingault a matière, ïliaer, assure que dans quel- établi celte évaluation, s'est élevée à ques cas on a vu des Vaches donner plus de 12 litres par jour (a). pendant un certain temps jusqu'à /|7 {'2) Un rendement aussi énorme est litres de lait par jour (c). (a) Boussingault, Économk rurale, t. II, p. 514. (b) Voyez Joigncaux, le Livre de la ferme, t. I, p. 751. (c) Voyez Youatt, Caille, Iheir Ureeds, Management and Diseases, p. 245. LAIT. 163 ovules et que l'animal entre en rut; mais, lorsque le travail sécrétoire est très-puissant, la gestation ne l'interrompt pas, et la production du lait ne cesse que peu de temps avant un nou- veau part, ou persiste même sans interruption pendant plusieurs gestations successives. Ainsi nos Vaches, quoique pleines, don- nent en général du lait pendant dix mois ou même davantage, et souvent leurs mamelles ne tarissent que quelques jours avant la mise bas d'un nouveau jeune. Dans l'espèce humaine, au contraire, la sécrétion du lait s'arrête d'ordinaire lors de la conception, ou même peu de temps après le rétablissement des menstrues (1). Quoi qu'il en soit à cet égard, l'excitation produite sur le mamelon par la succion, ou même par les mouvements à l'aide desquels la traite s'opère, influe beaucoup sur la durée de l'acti- vité fonctionnelle des glandes mammaires, et souvent il suffit du séjour forcé de ce liquide dans l'intérieur de ces organes pen- dant quelques jours pour en suspendre la production; tandis que dans d'autres cas, des stimulants mécaniques de ce genre suffi- sent pour prolonger le travail galactogène beaucoup au delà de sa durée ordinaire. On cite même des exemples du réveil de (1) Chez la Femmo, la production sécrétion a persisté même pendant fort du lait peut cependant être prolongée longtemps après le sevrage du dernier beaucoup au delà du terme ordinaire. entant et n'a pu être arrêtée. Ainsi, Ainsi rien n'est plus commun que de on cite l'exemple d'une Femme qui, voir une nourrice allaiter successive- après avoir allaité sans interruption ment deux ou trois enfants pendant quatre enfants l'un après l'autre, bien plusieurs mois chacun, et chez quel- qu'ils fussent nés à quatre ans et demi ques peuples les Femmes ont l'hahi- d'intervalle, continua à avoir du lait tude d'allaiter leurs enfants jusqu'à en abondance. A l'époque où l'auteur l'âge de doux ou trois ans, lors même do cette observation eut l'occasion de qu'une nouvelle grossesse survient constater ce phénomène, la production pLiidant cette période, en sorte que la de lait avait persisté pendant vingt- sécrétion du lait devient continue («). sept ans (6). Dans quelques cas de ce genre cette («) Vojez Carpenler, Principles of Human Pliysiologij, iSo3, p. 1005. {b) Green, New-York Journal of Med, and Surg., 1B44 (d'après Carpenler, loc. cit.). iGll RErnODUCTlON. la {"acuité séoréloirc dans ces organes, déterminé par des exci- tations de ce genre chez des Femmes qui ne venaient pas d'ac- coucher on (pii n'avaient pas conçu, et des phénomènes de môme ordre ont été constatés paribis non-seulement chez des femelles d'animaux (1), mais aussi chez des mâles ('i).; il est d'ailleurs à noter que le lait fourni par ceux-ci présente les caractères ordinaires de ce liquide ahmentairc (3). § 6. — Nous venons de passer en revue tous les faits les plus iin[)orlants à connuître, relatifs à la constitution et aux fonc- (1) Voyez ci- dessus, page 135. (2) L'analyse cliiniiqucclu lai[ fourni par des Doues a uté f lilc avec soin, et a nionUé que ce liquide ne dilliro pas nolaijleuieul du lait sécrélé par les mamelles de la femelle (a). !\1. Maycr a analysé le lait fourni par les glandes mammaires d'un Homme, et y a trouve l,2o pour 100 de matières grasses ; 3,58 de matières extraclives solubles dans falcool ; 1,50 de matières exiractives solubles - dans Teau (albumine), et 1,18 de ma- tières insolubles (sels, etc.) (6). MM. Joly et l'ilbol ont trouvé que chez un Animal monstrueux, formé d'une Vaclie et d'un Taureau soudés entre eux, le luit était sécrélé par les deux individus réunis, et que chez le Taureau ce liquide, tout en étant plus aqueux que chez la Vache, con- tenait les mêmes matières (c). (3) On connaît un grand nombre d'exemples du rétablissement de la sécrétion mammaire chez la Femme, après une interruption comjilèle pen- dant fort longtemps, et, s'il faut en croire le récit d'un voyageur qui a visité les îles du Cap-Vert, les habi- tants de r.onavista se procurent sou- vent de la sorte des nourrices en ex- citant les mamelles d'iuie jeune Icnune par des applicalions répétées de feuilles de Jatroplia curcas et par la succion du mamelon ((/). La sécrélion du lait a été provoquée parfois par la succion répétée du sein chez des femmes qui n'avaient pas eu d'enfants (e), et ainsi que je l'ai déjà dit, le même phénomène a été constaté chez des Hommes (/"). On cite aussi chez les Animaux des exemples de l'établissement de la sé- crétion du lait chez les femelles non fécondées. Ilarvey paraît avoir ob- servé ce phénomène chez les Lapins. (a) Sclilossbcrger, Anali'se der Milch eines Docks {Ann. dcr Chcmie und Pharm., i R Vi, I. LI, p. 431). (t) Mayov,' voy. Schineizer, Milch-Absondcrung tn mdnnl. nhislcn (Scliiiii(ll> J'.ihrbûcher, der gcsammlen Mcd., 1837, i. XV, p. 1061. (Cl Joly cl KiUiol, AnaUjae du lait d'un monstre appartenant au genre pijgoinêle (Journal de pharmacie, 3'sciic, 18r)-2, t. XXI, p. 3i3). (rf) iM'William, Ueport of the Mger Expédition (Mcd. Gaictlc, 181"). (cl Audtbcrt, Sécrétion du lait, etc. {Journal de la Société de médecine pratique de Montpellier, 1840). (/) Voyez ci-dessus, f'ogo 135. LAIT. 1G5 lions de l'oppnreil delà reproduction eliez les divers Vertébrés. Nous avons étudié également le mode de production de l'œuf chez ces Animaux, et les changements qui s'y opèrent jusqu'au moment où l'embrvon va commencer à s'v former. Si nous n'avions à nous occuper que des Mammifères, des Oiseaux, des Reptiles, des Batraciens et des Poissons, nous serions donc conduits à aborder maintenant l'histoire du développement du nouvel être qui va se constituer; mais les Vertébrés ne forment qu'une petite portion du Règne animal, et par conséquent, vou- lant compléter l'élude des instruments de la reproduction avant de nous occuper spécialement d'embryologie, il nous faut inter- rompre ici l'enchaînement naturel des faits et des idées, pour prendre connaissance des organes qui, chez les Animaux inver- tébrés, remplissent les mêmes fonctions. Dans la prochaine Leçon je traiterai donc de l'appareil de la génération de ces Animaux, considéié sous le double rapport de sa structure et de ses fonctions. Billion parle d'une Cliienne qui pou- tioil d'une quantité très-notable de lait vait nourrir ainsi les petits que Ton chez une Brebis de six mois qui n'a- metlait auprès d'elle (a), et M. Colin a vait pus encore été couverte (ô). eu roccasion de constater la produc- {a] Bullon, Histoire naturelle des Mammifères, adililion ù l'ailicle Chien (éilit. in-8, t. II, p. ;i5-2). [bj Colin, Pltijsiiiloqie compan'e des Animaux domestiques, t. Il, p. 614. SOIXANTE - DIX - NEUVIÈME LEÇON. De l'appareil de la reproduction chez les Animaux invertébrés. — Embranchement des Annelés. — Insectes. — Différences sexuelles. — Copulation. — Organes mâles. — Organes femelles. — Formation de l'œuf. — Ponte. cractères § 1 • — Dcins Ic grand embrancliciiient des Animaux annelés, généraux, j^^ organcs dc la reproduction sont toujours logés dans la cavité viscérale, comme chez les Vertébrés, et sont disposés symé- triquement de chaque côté du plan médian, bien qu'ils puissent être, comme chez ceux-ci, composés de parties impaires aussi bien que de parties paires. Chez les Vers, les deux sexes sont souvent réunis chez le même individu ; mais dans le groupe naturel des Entomozoaires, ou Animaux articulés, que l'on confondait jadis sous le nom commun d'Insectes, l'hermaphro- disme est très-rare (l). Nous ne le rencontrerons d'une manière normale que dans une des divisions de la classe des Crustacés, la famille des Cirripèdes. Dans la classe des Insectes propre- ment dits, groupe dont nous allons d'abord nous occuper, non-seulement les sexes sont toujours séparés, mais le mâle féconde la femelle avant que celle-ci ait pondu ses œufs, et, pour opérer cette fécondation, il est pourvu d'instruments copulateurs spéciaux. L'appareil de la reproduction présente donc chez ces Animaux invertébrés plus de perfection et de complication que chez la plupart des Vertébrés inférieurs, et quelquefois même le développement des Jeunes a lieu soit dans l'intérieur d'une cavité incubatrice constituée par une portion du conduit excréteur des ovaires modifié à cet effet, soit dans quelque autre loge empruntée à l'appareil tégumen- (l) Voyez ci-après, page 221. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES INSECTES. 167 taire, comme nous en aurons maints exemples dans la classe (les Crustacés. Il est aussi à noter que parfois, dans la classe des Insectes, la division du travail physiologique relatif à la production et à l'éducation des jeunes, parmi les divers individus appartenant à la même espèce, est portée plus loin qu'elle ne l'est dans le reste du Règne animal ; car il peut y avoir non-seulement des mâles et des femelles, mais aussi des individus d'une troisième sorte, que l'on appelle des neutres, parce qu'ils sont stériles ; or, ces Insectes, en apparence agames, mais qui sont en réa- lité des femelles ou des mâles frappés d'un arrêt de dévelop- pement, n'ayant que des rudiments de l'appareil reproducteur, font fonction de nourrices, et ont, un rôle important dans les travaux nécessaires à la conservation de l'espèce. Les Abeilles nous offrent un exemple remarquable de ces modifications de l'organisme. En effet, dans chacune des colonies formées par ces Insectes, l'individu appelé reine est la seule femelle qui soit apte à la reproduction. Les mâles sont les individus dési- gnés sous le nom de faux bourdons, et les ouvrières, qui con- stituent la plus grande partie de la population de la ruche, sont des neuli'cs, ou femelles stériles, dont les organes génitaux sont restés à l'état rudimentaire (1). Chez les Termites, il y a (1) Les Insectes chez lesquels il y a normalement des neutres aussi bien que des mâles et des femelles, vivent tous en sociétés parfaites ou commu- nautés, et appartiennent, soit à l'ordre des Hyménoptères, soit à celui des Névroptères. Ce sont: 1° les Abeilles, les Mélipones, les Bourdons, qui con- stituent une famille naturelle désignée souvent sous le nom de Mellifères sociaux ; 2" les Guêpes ; 3° les Four- mis ; Zi" les Termites, ou Fourmis blanches. Pour plus de détails sur les caractères de l'appareil sexuel plus ou moins rudimentaire des Abeilles ou- vrières, je renverrai aux recherches de Huber («). Les Fourmis neutres ont été étudiées récemment par M. Lespés (6). (a) llutier, Nouvelles observations sur les Abeilles, d814, l. II, p. 435. (6) Lespés, Observations sur les Fourmis neutres (A7in. des sciences nat., i-' série, 1863, t. XIX, p. 241, pi. 6). Parliculaiitcs «exuelle^. iG8 REPRODUCTION. (Jeux sortes do neulres produits, les uns aux dépens de femelles dont l'appareil génital a avorté, les autres aux dépens de milles frappés d'un arrêt de développement analogue (1). ^2. — Chez les Inseetes, il n'existe souvent à l'extérieur aucune différence entre les organes mâles et femelles, qui, chez les uns et les autres, débouchent toujours au dehors par un orifice unique situé près de Textrémifé {)oslérieure du corps, sous la portion terminale de rintesliii. -\hùs, dans un grand nombre de cas, les sexes se distinguent entre eux, non- seulement par la structure de l'appareil reproducteur, mais aussi par des particularités dans la coloration ou dans la forme de parties qui ne paraissent avoir aucun rapport avec la géné- ration : les ailes et les antennes, par exemple ('2). Chez la femelle. (1) M. Lpspus a constaté que clioz le Termite liiciliige, les ouvrières ordinaires sont des lemelles dont les ovaires sont rudimentaires, el que les individus appelés soldats sont des mâles dont les testicules ont avorté (a). (2) Il est Irès-rarc que les Insectes mâles ressemblent exactement aux le- melles. Presque toujours le mâle est plus petit ; son corps est moins trapu et ses pattes sont plus grêles, nuelquelois même l'inét^alilé de taille est 1res con- sidérable : ain^i, parmi les Cochenilles et les Kermès, il est des espèces où la femelle est six à liuit fois plus grosse que le mâle, et chez les Termites la disproportion devient énorme par suite du développement excessif de Tabdo- nien de la femelle. Le nulle a, en général, des couleurs plus vives, plus éclatantes ou plus in- tenses que la femelle. Chez les Papil- lons, par ex(!mple, les dilTérences de cet ordre sont parfois si considérables, que pendant longtemps les entomolo- gistes ont considéré les individus de sexes dilîérenls comme appartenant ù des espèces distinctes : ainsi le l'a- pilio (ou Ornithopiera) Priamus de Linné (i) est le m;de de Pespèce dont la femelle a été décrite sous le nom de Papilio Panthous (c) par le même naturaliste. Comme exemple de la di- versité du mode de coloration, je cite- rai aussi un Lépidoptère très-commun en I"'rance, le Li paris dispar, dont le mâle est brun et la femelle presque entièrement blanche (d). Souvent les antennes du mâle se composent d'un nombre plus consi- (a) l.fispés, necherches sur Vorganisalion et les mœurs du Termite lucifuge [Ann. des sciences nat., 4" série', tSôC, l. V, p. 22"!). ,6) Voyez Cramer, Papillons exotiques, t. I, pi. 23, fig. A, B. (c) Voyez Cramer, Op. cit.,l. H, pi. i'i'à, fig. A, et pi. 124, fi^ B- (d) Voyez VAllas du Règne animal de Cuvier, Insectes, pi. 152, fi-. 1 et 2. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DLS INSFXTKS. i G9 ces parlicLilariU's sexuelles, indépendantes de la disposition des organes de la reproduction, résultent le plus souvent d'un arrêt de développement dans certaines parties de l'organisme, dans l'appareil locomoteur notamment, en sorte que la confor- mation de l'Animal adulte s'éloigne moins que d'ordinaire du mode d'organisation imparlait qui caractérise l'état de larve, tandis qu'au contraire le m-ale se fait remarquer par un déve- loppement plus complet, ou même par l'exagération de cer- taines formes propres aux adultes. Ainsi, les femelles sont parfois aptères lorsque les mâles sont ailés (l), et ceux-ci offrent en général des caractèi^f spécifiques plus saillants (:2). Les différences sont parfois si considérables, qu'au premier abord personne ne pourrait soupçonner que -les individus des deux sexes appartiennent à une même espèce : les Vers Ini- dérable d'articles, comme cela a lieu riiez les Abeilles («), ou portent de grands appendices latéraux qui nian- qiienl ou qui ne sont que peu déve- loppés chez la i'enielle, ainsi que cela se voit chez beaucoup de Papillons nocturnes (6). Dans d'au Ires Insectes, les mandi- bules présentent, chez la femelle, les formes et les dimensions ordinaires, tandis que chez le mâle elles pren- nent un développement énorme : par exemple, chez les Lucanes ou Cerfs- volants (c), parmi les Coléoptères, et chez les Corydales (d), dans l'ordre des Névroptères. Comme exemple des excroissances et autres singularités du squelette té- gumcntaircqui se font remarquer chez les mîdes et qui n'existent pas chez les femelles, je citerai aussi les cornes céphaliquesct thoraciques du Scarabée Hercule (e). On connaît aussi des espèces dont le mâle a les pattes antérieures d'une longueur excessive, tandis que chez la femelle ces organes n'olfrent rien de particulier : par exemple, VAcrocine longimane {f). (1) On ne connaît aucun exemple de la disposition inverse : parfois les ailes manquent dans les deux sexes, ou chez la femelle seulement ; mais quand celle-ci est ailée, le mâle n'est jamais aptère. (2) Voyez tome Vllf, page 331 . (a) Chez les Abeilles et les autres Hyménoptères porte-aiguillon, les antennes se composent de douze articles chez la femelle et de treize articles chez le mâle. (6) Exemple: la Zeuzère dti Marronnier d'Inde; voyez Y Atlas du Règne animal de Cuvier, Insectes, pi. 14î), fi^. 4, 4 6 et 4 c. (c) Voyez Olivier, Rntnmologie, Coléoptères, t. I, pi. 1, fie:. 1 /) (mâle) et tlij. 1 f ïemelle). ((/) Voyez r.4(/ajf du Règne animal Je Cuvier, Insectes, pi. lOi, fi^'. 1 et 2. (e) Voyez ibid., pi. 40 bis, tig. i, 1 a et 2. (/■) Voyez îliii., pi. 67, fig. 2. 170 REPRODUCTION. sants, ou Lampyres, si communs dans nos environs (1), en sont des exemples, et, pour voir jusqu'à quel point les dis- semblances de cet ordre peuvent être portées, il suffît de jeter les yeux sur les figures de quelques Papillons, tels que les Orgyies et les Psychés (2). Reproduction j)ans l'immensc majorité des cas, les Insectes ne sont aptes des larves, à sc rcproduirc qu'après avoir terminé leur développement ; mais les observations récentes de M. N. Wagner et de quel- ques autres entomologistes montrent que cette règle n'est pas sans exceptions, et que, parmi les Diptères, il est quelques espèces dont les larves sont susceptibles de se multiplier. Accouplement. Dc mcmc quc chez les Animaux supérieurs, c'est d'ordinaire le mâle qui recherche la femelle, et, suivant toute probabilité, c'est principalement l'odorat qui le guide. En elTot, on a sou- vent vu des mâles venir de distances très-considérables s'unir à des femelles tenues en captivité loin de leur résidence ordi- naire et cachées dans nos maisons de façon à ne pouvoir être (1) Il est à noter que chez (rentres espèces du même genre, les femelles sont souvent ailées comme les mâles : c'est le cas pour le Lampyre ita- lien. (2) Les Orgyies sont de petits Pa- pillons qui, à raison de leur organisa- tion, prennent place dans la division des Lépidoptères nocturnes, mais qui voleut le jour. VOrgyia antiqua est commune dans presque toute TRurope, et le mâle a de grandes ailes brunes, tîindis que la femelle est aptère et noi- râtre (r/). Les Psychés' étal)lissent le passage entre les Bombyciens et les Teignes. M. Bruand en a figuré beaucoup d'es- pèces appartenant à la faune fran- çaise (6). Pour plus de détails relativement aux différences sexuelles extérieures chez les Insectes, je renverrai à quel- ques écrits spéciaux sur ce sujet (c) et à divers traités d'entomologie (d). (a) Voyez le Règne animal de Cuvier, Insectes, pi. 1 52, fi^. 5 (mâle) et fi?. C (femelle). (6) llruand, Essai monographique sur la famille des Psychides, pi. 1 et 2 {Mém. de la Société d' émulation du Doubs, 1852). (c) Maliiiowski, BeobarMungen aussen sichlbarer Geschlechts-Kennzeichen eirdger KàfergaV- tungen und Arten (Neue Sr.hriften d. natur. Geseltsch. zu Halle, ISH, H. (ï, p. 1 d. — Klug', Ueber die Geschechtsverschiedenheit der Piezaten (Magazin der CeKllsch. naturf. Freunde zu Berlin, 1807, p. 68, et 1808. p. 48). (d) Kiiby and Spcnce, An Introduction ta Entomology, t. III, p. 299 et suiv. — Burmcisler, Handbuch der Entomologie, t. I, g 200. — Lacordaire, Introduction à l'Entomologie, t. II, p. 409. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES INSECTES. 171 aperçues du dehors (1). On pense généralement que la lumière émise par quelques-uns de ces Animaux peut servir aussi à attirer les mâles; du reste, ime circonstance (jui favo- rise singulièrement la rencontre des indiviclus dont l'union est nécessaire pour la conservation de l'espèce, c'est que fort souvent le nombre des mâles est de beaucoup supérieur à celui des femelles. La disproportion est quelquefois énorme : ainsi Huber, à qui nous devons une longue série d'observations non moins exactes que délicates sur les Abeilles, évalue à 1500 ou même 2000 le nombre des mâles pour une seule femelle. Celle-ci, cependant, ne s'accouple jamais deux fois; le mâle s'unit quelquefois à deux ou à plusieurs femelles successive- ment : mais, quoi qu'il en soit à cet égard, son existence est toujours de courte durée après qu'il est devenu apte à se repro- duire, et d'ordinaire il meurt presque aussitôt après avoir fécondé sa femelle (2). Le rapprochement sexuel s'effectue en général pendant que la femelle est au repos, à terre ou sur une branche, par exemple (3) ; mais chez quelques espèces l'accouplement ne peut avoir lieu que pendant le vol. Ainsi, c'est toujours à de grandes hauteurs dans l'atmosphère que l'Abeille femelle, on reine, reçoit le mâle, et il suffit qu'elle soit rendue incapable (1) Des faits de cet ordre ont été souvent constatés cliez divers Lépido- ptères nocturnes (a), principalement le. Bombyx du Chêne et le Li paris dispar. (2) La mort du mâle est quelquefois si prompte après Taccouplement, qu'il périt avant de s'être séparé de sa fe- melle, et que celle-ci porte pendant quelque temps sur son dos le cadavre de son conjoint. (a) Burmeisler, Op. cit., t. I, § 292. — Lacordaire, Op. cit., t. II, p. 228. (3) Dans la plupart des cas, la femelle reste passive pendant les premières approches du mâle, et souvent elle lui résiste pendant quelque temps ; quel- quefois cependant elle semble se dis- poser d'avance à le recevoir, ainsi que cela se voit pour les Bourdons. En général, le mâle se place sur le dos de la femelle et la saisit avec ses pattes ; quelquefois même ces organes présen- tent, à cet effet, un mode d'organisa- Appareil fOjuil.itcur. 172 ttRPRODL'CTION. de voler par suite de qiiel(jLie aceidenl, ou qu'elle soil retenue captive dans la ruche, poin' qu'elle ne s'accouple pas. §3. — L'appareil copulatcur des Inseclcs se compose géné- ralement de deux portions : d'un pénis tuhuleux, qui en est la partie essentielle, et d'une armure cornée, (pii constitue, soit des organes protecteurs pour la verge dont je viens de parler, soit des organes rétenteurs qui servent à maintenir celle-ci dans l'inférieur du corps de la femelle pendant ipic l'écoulcuicnt de la liqueur s|)ermati(|ue s'elTectue. La conformation de ces par- lies est extrêmement variable et souvent Ircs-complexe, en lion parliciilif r : ainsi, clicz les Cok'o- plèrps aqiialiqiios du genre Dyliqno, les tarses des pattes antérieures du mâle sont souvent élargis en forme de palettes et garnis de ventouses à l'aide desquelles l'Insecte se lixe sur sa femelle («). Dans d'autres espèces, le mAle, après s'être emparé de la femelle au moyen de ses pattes, l'emporle dans les airs, ainsi que cela se voit cIkz beaucoup de Diptères. Enfin, il est aussi des Insectes qui sont pourvus d'une pince caudale destinée spécialement à saisir la femelle : les Libellules, par exemple, sur l'Iiistoire desquelles j'aurai bieulùt à revenir. Quelques Insectes s'accouplent bout à bout : la plupart des Lépidoptères nocturnes (6) et les Punaises (c), par exemple. Dans l'immense majorité des cas, le mâle monte sur le dos de la femelle; mais l'inverse a lieu quelquefois, cbez. les Grillons, par exemple (J). En général, l'accouplement a lieu pendant le jour, lorsque le soleil brille avec éclat. Cbez quelques espaces ce pbénomènc a lieu le soir : par exem- ple, chez le Hanneton. Pour plus de détails sur l'accouple- ment des Insectes, je renverrai aux écrits de r.éiiumiir. de lluber et de quelques autres naturalistes observa- teurs (e), ainsi qu'.iux traités géné- raux d'entomologie (/'). (o) De Gcer. Mém. ]mir servir à l'histoire des Insectes, t. IV, p. 394. pi. tC, dç;. 4 et 5. — Lyonct, Hechcrches sur Vanatomie et les métamorphoses des Insectes, p. Ht, pi. tli fisr. 24. (b) Exemple : le Bomhjx Fini ; voyez Ralziliurg, Die Forst-Iiiseclen, t. II, pi. 7, fig. F. (c) Voyez de Geer. Mém. pour servir à l'histoire des Insectes, t. III, pi. 13, fijr. t5. (d) Lespés, Mém. sur les spermatophores des Grillons (Ann. des sciences nat.., 4' série, 1855i t. m, p. 3(57). (e) Par exemple, les Cnntharides ; voyez Au'louiii, tiecherches pour servir à l'hisio'tre naturelle des Cantharides (Ann. des sciences nat., d826, t. IX, p. 55). — Lan.îdown Guilding, Tlie Natural Ilistory ofOiketicus, a ncw and singular Cenus of Lepi- doplera [Trans. of the IJnn. Soc, t. XV. p. 371). — Lucas, Sur la Psyché graminella (Ann,. des sciences nat., 1830, t, XX, p. 473). if) Burnieister, Op. cit., t. I, § 207. — Lacordaire, bitroduction à l'Entomologie, 1. Il, p. 274. APruuiiL i)i: LA GÉ^ÉKVTlo^• dks insixtls. 173 soric que sans le secours do ligures dont je ne puis disposer ici, il me serait impossible d'en donner une description (jui serait à la l'ois détaillée et intelligible; mais, en me bornant à l'exa- men d'un petit nombre d'exemples, on pourra, ce me semble, s'en former une idée générale suffisante. Dans l'élat de repos, la totalité de cet appareil est presque toujo'jrs comj)létement cacliéc dans l'inférieur de l'abdomen, dont la porlion postérieure renîre môme en dedans, de façon à constituer une sorte de chambre cloacalc à la partie supé- rieure de laquelle se trouve l'anus (1). La verge est consliluée par la portion subterminale du canal l'éms. évacualcur de l'appareil mfde, qui est susceptible de rentrer en ;■■ elle-même ou de se dérouler au dehors (2). Ses parois sont é|)aisses, a[)!cs h devenir turgides, et en général renforcées par des plaques ou des baguettes solides, d'a[iparence cornée, qui dépendent du srpielette légumentaire. D'ordinaire aussi l'inva- gination de ce tube n'est pas simple, mais double, en sorte (pie la porlion terminale de ra[)pendice copulateur, n-on-seule- menl rentre dans une es[)cce de fourreau formé par la porlion suivante du même tube, mais ce fourreau rentre dans ini second repli analogue qui constitue une sorte de prépuce, ou fourreau extérieur. Des muscles, qui prennent souvent un développe- ment Irès-considérable et qui entourent l'une et l'autre porlion de ce pénis, sont disposés de façon à en opérer, soit la |)ro- traction au dehors, soit la rétraction (o). Chez quelques Insectes, le bord libre de la portion de la (1) Voyez tome V, page 618. description lorl détaillée et d'excel-" (2) Les bords de Poiilicc qui 1er- lentes figures de ces muscles, ainsi mine le tube excréteur lorsque celui- que des autres parties de l'appareil co- cieiU rétracté, deviennent donc la base pulateur du Hanneton, dont la verge de la verge quand cet organe se dé- prend un développement irès-considé- roule au dcliors. rablc, bien que Tarmurc copulati'ice (3) Straus-Durkbeim a doimé yinc soit presque rudimentairc (a). (a) Slraus-Durkhdim, Considérations sur iaiMtoinic coinparéc des Annnaux articulés^ pi. 2, fiff. 21; pi. 3, fis. 5; pi. 5, fig. 1-3; pi. G, fig. 1. Armure copuUitrice. illi REPRODUCTION. verge, qui rentre ainsi dans le fourreau prcputial, est garni d'une rangée de petites baguettes stylilbrnies, qui se réunissent en un faisceau conique lorsque l'organe est en état de rétraction dans l'intérieur de la gaine, mais qui s'écartent et se renversent lorsqu'il se déroule en dehors de façon à former une couronne d'aiguilles rayonnantes. Or, ce mouvement ne s'opère <^ue lorsque le [)énis s'est déjà introduit dans la cavité copulatrice de la femelle, cl par conséquent les stylets qui n'avaient opposé aucun obstacle à l'introduction de l'organe mâle parce qu'ils étaient réunis en un faisceau conique, font alors office de crampons poui' empêcher la verge de sortir (1). En général, cette fonction est dévolue à l'armure co[)ula- trice, c'est-à-dire à un système de pièces solides et articulées entre elles, qui entourent la base du pénis, et qui, dans l'état de repos, servent aussi à le protéger. Cet appareil est très- développé chez beaucoup d'Insectes hyménoptères, où sa siructurc a été étudiée avec soin par un entomologiste (jui pendant -sa longue carrière a rendu beaucoup de services à la science, mon regretté ami Léon Dufour (2). Chez les Bourdons ou chez les Psithyrus, par exemple (5), il se com- (1) Cette disposition curieuse des organes réleutciirs a été décrite et (i- giirée avec beaucoup de hoiu par Audouin, chez la l'yrale de la Vigne («). ('i) Cet entomologiste distingué naquit en 1782, et mourut en 1865. n a beaucoup conlril)iié à favancc- nient de nos connaissances sur i'ana- tomie des Insectes, et j'ai eu souvent à citer ses travaux dans le cours de ces Leçons. (3j néaumur a décrit et figuré Tappareil copulaleur du Bourdon (6) ; Audouin Ta également représenté (c). Mais la descriplion que Léon Dufour a donnée des mêmes parties chez un autre Uyniénoptère de la même fa- mille, le l'sithyrus campestris, est plus exacte et plus utile à consul- ter [dj. .M. làurmeistcr a donné des ligures de cet appareil chez la Guêpe (e). (a) Audouin, Histoire des Insectes nuisibles à la Vigne, p. 73 et 79, pi, i, fig. 13, 24 el 25. (6) Réaumur, Jlém. pour servir à l'histoire des Insectes, t. VI, p. â5, pi. 3, fig. 4, 5 et 0. (c) Voyez l'Atlas du Règne animal de Cuvier, Insectes, pi. 9, fig. 1. (d) Léon Dufour, lieclierches aiiatomiques et physiologiques sw les Orthoptères, les Hymé- noptères, etc., p. 138 el 182, pi. 0, fig. 58. (e) Burmeister, liaudbuch der Entomologie, 1. 1, pi. 26, fig, 11-13. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES INSECTES. 175 pose d'une pièce basilaire médio-inférieure, qui donne inser- tion à une paire d'appendices crochus, roi^ustes et mobiles, (]ui sont disposés en manière de pince, et qui constituent les bran- ches de l'organe préhenseur auquel Dufour a appliijué le nom de forceps. En dedans et un peu en arrière de cette pince, se trouve la volselle, formée par une seconde paire d'appendices moins solides et portant à leur extrémité une pièce mobile en forme de truelle ; entre ces parties et le pénis se trouve Vhypo- tome, qui est constitué par une troisième paire de petits appen- dices lamelleux, spatuliformes et portés sur une pièce mé- diane ; enfin, le fourreau de la verge, situé au milieu de cet appareil complexe, est garni en dessus d'une lamelle cornée de forme lancéolée, et il est flanqwé à droite et à gauche par une baguette cornée terminée en manière d'hameçon. La forme et le développement relatif de ces différentes pièces varient beaucoup de genre à genre dans la même famille, et souvent r hypotonie ou même la vol selle manque (1). Parmi les membres d'une môme famille naturelle, il y a parfois des modilications encore plus considérables dans la constitution de l'appareil copulateur. Ainsi, chez l'Abeille, on trouve, outre les parties correspondantes aux branches du forceps et à la volselle, au fourreau et à la verge proprement dite, une paire de grosses vésicules ayant la forme de cornes et susceptibles d'une sorte d'érection, non par l'afflux du sang dans leur intérieur, mais par l'accumulation de l'air dans les réservoirs pneumatiques creusés dans leur intérieur (^2). Huber, à qui l'on doit une foule d'observations délicates et intéressantes sur les mœurs (1) Pour plus de détails à ce sujet, été désignées par Swammerdani sous je renverrai au niénioire de Léon le nom d'appendices creux et poin- Dufour, déjà cité. tus {a). On ne connaît rien de sem- (2) Ces cornes vésiculaires, appelées blable chez aucun autre Insecte. Dans pneumophijses pur Léon Dufour, ont quelques cas, elles font saillie à l'ex- (o) Swammerdani, Bi&iia iVafurcE, p. 338, pi. 20, fig. 4, 5, 6 k. 170 lŒPRODUCTION. des; Abeilles, ii Iroiivé (ju'à la siiilcdc raeeoupleineiil, la verge du mule se rompt sans sortir de la vulve delà lemelle, et y reste im[)lanlée pendant qnelijue temps (1); phénomène qui paraît ne pas être rare cliez beaucoup d'autres Insectes. Le mode d'organisation dominant dans l'ordre des Hymé- noptères se retrouve à peu de chose près chez certains Névropfèrcs (2). et les analogues de la plupart des pièces de l'armure copulatrice de ces Insectes existent également chez quehpics Orthoptères (3) et chez beaucoup de Coléoptères (fi), lérieur de riilxioinci). cl elles pciivont rentrer au gré de IWiiiinal (a). Il est aussi à noter que la jiortion basilairc de la verge est cerck-e de petites pièces cornées. Les autres parties de l'armure copulatrice sont fort ré- duites [II). . (1) Iluber a souvent trouvé l'appen- dice en question retenu ainsi dans la \ul\e d'une Abeille reine qui venait d'èlre l'écondc-e, et, en comparant cet appendice brisé avec la partie tenni- n;ile de la verge du niàle, il n'bésita pas à la considérer comme étant un fragment de l'organe copulaleur. M a trouvé aussi des màlrs dont le pénis était inulilé d'une manière correspon- dante {(■) ; des faits analogues ont été découverts cbez d'autres Insectes, tels que des Coléoptères et des Lépido- ptères ((/). (S) Cbez les Panorprs, par exem- ple (c). (o)Clioz la plupart des Ortboptèrcs, l'appareil copulaleur est beaucoup plus simple ; mais cbez quelques uns de ces Insectes, les Mantes, par exem- ple, on trouve autour de la \ergc une armure qui ressemble beaucoup à celle de divers Hyménoptères (/'"). Cbez les rorlicules, l'appareil copula- teur se compose de la verge, d'un étm' bivalve et d'une pince caudale qui paraît être un organe excitateur (y). La verge est souvent armée d'im crochet terminal (/;), ('j) Ainsi, cbez le Il.mneton (/), l'appareil que Siraus appelle V ('■lui de la verye est l'analogue de l'armure copulatrice, et la pièce que cet aulem- désigne sous le nom de tambour de la verge correspond à la pièce basi- (a) Léon Diifour, Op. cit., p. 170, pi. C, fig. 55. ^ {bj Rcaumur, Mém. pour servir à Vhistuire des Insectes, t. V, pi. 33, lig. 4 à H. cl pi. 34, fig. 1-9. (c) !•'. Iliibcr, \ouveUes observations sur les .abeilles, 1S14, t. I, p. 50 el .•iiiiv. ((/) Aiulouii), Lettre sur la génération des Insectes {Ann. des sciences nat., iSil, i. II, p. 283). (e) Léon D'.ifiuir, Op. cit., pi. I -, lii,'. 172. (/■) l.leiii, ibid., pi. 4, fig. 3G. (g) Uc Geer, Mém. pour servira l'histoire des Insectes, I. III, p. 553, pi. 25. Cig. 25. — Léon Diifoiir, Hecherches anatomiques sur les Labidoures, ou Perce oreilles (Ann. des sciences nat., 1828, t. Xlll, p. 375, pi. 21, fig. 3). ( {h} Moineri, Anatomia l'orficulavum, fii,'. 8, etc. Copcnliatjuc, 18G3. (i) Slraiis-Dmklicim, Considérations sur l'analomie comparée des Animaux articules, p. 135, pi. 2, fib'. 19. 21, 22. Al'l'AC.KIL DK l,A GÉNÉKATION DES LNSIXTES. 177 ainsi que chez certiiiiis Diplères (i). Mais, comiiic je l'ai déjà dit, la forme de ces pièces varie beaucoup, et le degré de complication de l'appareil est en général moindre. Il ne parait pas utile d'entrer ici dans plus de détails à ce sujet, et je me bornerai à indiquer que^iues particularités remarquables qui se rencontrent dans les organes à l'aide desquels l'accouplement se fait chez les Grillons et les Libellules. Nous avons vu dans une précédente Leçon que chez quel- spermaio- , , . pliores. qucs .Vnunaux mvertebres, la liqueur spermatique, au lieu laire décrile ci-dessus ; les brandies qui eu partent correspondent à la volselle, et les pinces dites anales /n- /'er/f'»7('5 paraissent tenir lieu dcî bran- ches du forceps ; enlin, les filets cor- nés qui souliennent immédiatement la verge sont les représentants des ba- guettes du pénis sus-mentionnées. En généra], dans Tordre des Coléoptères, Tarmure copulatrice est peu compli- quée, et se compose principalement du fourreau de la verge et de siyleis, ou de crochets correspondant à la vol- selle. On doit à M. Ormancey un travail spé- cial sur Yétui pénial ou armure co- pulatrice de ces Insectes, dans lequel cet auteur s'attache à faire connaître les dillérences de forme que les princi- pales pinces conslitulricesdecet appa- reil présentent dans divers genres ou espèces de cet ordre (a). L'armure copulatrice a été décrite aussi chez plu- sieurs Coléoptères par M. Burraeister, mais il est à noter qu'il la considère comnie formant partie du pénis (6). Pour plus de détails à ce sujet, on peut consulter aussi les recherches de Léon Dufour et de plusieurs autres natura- listes (c). Chez les Hémiptères, l'armure copu- latrice est peu développée {d). Elle l'est davantage chez les Lépidoptères (e). (1) Chez quelques Diplères, l'ar- mure copulatrice est encore plus com- pliquée que celle des Hyménoptères, notamment chez les Tipules (/). Chez les Tabaniens, les Stratiomides, les Asiliques et les Volucelles, etc. Uj), cet appareil ressemble davantage à celui que nous avons vu chez les Hyménoptères. (a) Ormancey, Recherches sur l'élui pénial considéré comme limtlc de iesiicce dans les Colcoptà'cs (Ann. des sciences 7iat., 3" série, 1849, t. Xll, p. i-l~i , pi. 'tj. (b) bnimeisler, Handbuch der Entomologie, t. 1, § 15^. (c) Léon Diitbui-j Recherches anulomiques sur les Carabvjues et sur plusieurs antres Insectes Coléoptères {Ann. des sciences nat., ISiiS, 1. VI, p. i55 ctsiiiv., pi. -i-S). — Audouin, Recherches anatomiques sur le Unie jaundire (Ann. des sciences nat., 18:! l, I.II, p. 458, pi. 15]. (d) Léon Dufour, Hech. anal, et physiol. sur les Hémiptères, 1833, pi. 12, oic. [Mém. de l'Acad. des science, Sav. élrany., t. IV';. (e) Exemple : le Deileptiila Galii ; voy. Biirmeislcr, Op. cil., pi. 13, fiy. 28. (/') Réaumur, Mcm, pour servir ci l'hisloire des Insectes, i. 1, g ih-, pi. '25 el ^2ri. — Léon Dufour, Rech. anat. et physiol. siir les Diplères [Mém. de l'Académie des sciences, Sav. étrang., t. XI, p. aïO, pi. 3, li-. -.7). (g) Léon Dufour, Op. cit., p. 231, de, pi. i, IÎ-. 41, 10; pi. 5, lig. 47, 48, etc.; pi. 7, Kg. 81). IX. 12 178 REPRODUCTION. d'être éjnculée à l'élnt de liberté, se Irouve préalablement ren- fermée dans une capsule, ou quelque autre instrument analogue qui fait office de vase, et que c'est le spermatophore ainsi con- stitué qui est employé à la fécondation des œufs de la femelle au moment de la ponte (1). Il paraît, d'après les observations de M. Lespés, que l'accouplement des Grillons ne consiste pas, comme chez les autres Insectes, dans l'inlroduclion de la verge du mfde dans l'intéiieur de ra[)pareil génital de la femelle, et l'injection du liquide séminal dans la profondeur de celle partie de l'organisme ; mais que le rapprochement sexuel a pour objet le dépôt d'un sac à parois membraniformes et rem|)li de sperme dans la cavité cloacale, où la liqueur fécon- dante ne devient libre (jue plus ou moins longtemps après que le coït s'est terminé (2). Quelques physiologistes pensent (pje les choses se passent à peu près de la même manière chez beaucoup d'autres Insectes, et que le corps trouvé souvent dans l'appareil génital de la femelle ne serait pas, comme on le suppose généralement, le pénis du mille rompu et resté im- planté dans la cavité copulatrice, mais un spermatopliore (3). (1) Voyez tome VIII, page 371. des spermatozoïdes filiformes, et (2) M. Lespés a décrit ce mode de M. Lespés pense que ces réceptacles fécondation chez le Grillus domesti- prennent naissance dans une portion eus, le Gr. campestris et le Gr. syl- élargie et siiijterminalcdu canal dél'é- vextris [a). Le corps que le niàlc rcnt ; mais il ne me paraît pas encore laisse dans le vagin de la femelle, et sulTisamment démontré que ces pré- que ce naluraliete consid^re comme tendus spermatopliores ne soient pas la étant un spermatophore, est mie pe- portion terminale du pénis, qui, lors tite vésicule blanchâtre offrant à l'une de Taccouplcment, se délachcrail et de ses extrémités une lamelle por^ resterait implantée dans l'appareil fê- tée sur trois petites pièces carlilagi- melle, ainsi que cela se voit très-sou- neuses, dont l'une, médiane, est tubu- vent chez beaucoup d'autres Insectes, leuse, et dont les deux autres, situées (3) Longtemps avant la publication sur les côtes, sont arciformes. On des observations de I\I. Lespés, dont je trouve dans l'intérieur de ce petit sac viens de parler, M. Siebold avait re- (a) Lespés, Mém. tur les spermatophores des Grillons {Ann. des sciences nat., i* série, 1855, t. 111, p. 300, pi. 10; t. IV, p. 240, pi. 8B). APPAREIL DE LA GÉNÉIUTION DES INSECTES. 179 Le mode d'accouplement des Libellules présente aussi des api.,.rmi particularités remarquables (i). Lorsque le rapprochement sexuel ) Ainsi chez les Sauterelles ou Locustaires du genre Ephippifjerti, il existe deux sortes d'appendices faisant fonction de vésicules sémùiales : les uns, au nombre d'environ cin(iuanle, sont des c;ecums longs et tubuleu, disposés en une paire de faisceaux longitudinaux ; les autres, beaucoup plus petits et plus nombreux, con- stituent quatre groupes arrondis (/), Jùifin, plus en arrière des toulles (a) Exemple : VKpliiiipigera vespertina ; voy. Léon Diifour, licclicrches analomiqucs sur les Orthoptères, etc., pi. 4, lii;-. 30. (b) Exemple : le Dijtisms Uœsclii; voy. Léon Diifuur, Rcchcrclies analomiques sur les Cara- biques, etc. {Ann. des sciences nat., t. VI, pi. 5, fig-. i). (c) Exemple : les Lucanes ; voy. Léon Dufoui-, licclicrches analomiques sur les Carabiques, etc. {Ann. des sciences nat., 1S25, t. VI, pi. 7, fig-. 3). {(/} Exemple : les Dytiques; voy. Léon Diifour, lac. cit., pi. 5, Hg'. 1 et 3. (e) Exemple : les Priones ; voy. Léon Dufour, loc. cit., pi. 0, fig. i. if) Exemple : les StajthijUns ; voy. Léon Dufoui', loc. cit.., pi. 5, fig. 5, et 8. (g) Exemiile : les Mylabres ; voy. Léon Dufonr, loc. cit., pi. 8, fig-. 10. (h) Léon Dufour, loc. cit., pi. 0, fig. 7. (i) Léon Dufour, Recherches analomiques sur les Orthoptères, elc, p. 01 , pi. 4, fi|r. 3fi. APPAHEII, PE LA GÉNÉttATlON DES INSECTES. 185 Les testicules sont toujours au nombre de deux, et dans le Tosiicuies jeune âge ils sont plus ou moins éloignés l'un de l'autre : en gé- néral, ils restent aussi séparés chez l'animal adulte; mais, dans quelques espèces, ils se ra{)prochent au point de se confondre sur la ligne médiane et de former un organe en apparence unique, bien qu'il se compose toujours de deux systèmes de cavités spermatogènes parfaitement distincts, quoique cachés sous une enveloppe commune. Cette disposition se rencontre chez les Papillons, et lorsqu'on étudie anatomiquement les métamorphoses de ces Insectes, on peut facilement s'assurer de la duplicité primitive du testicule, qui, chez l'animal parfait, se présente sous la forme d'une sphère unique, en apparence indivise (I). La tunique externe de ces organes est souvent colorée d'une nuance intense par un pigment particulier (2). Leur structure formées par ces vésicules, on trouve sur les côtés du canal éjaculateur une paire de petites glandes lenticulaires que L. Dufour a décrites sous le nom assez mal choisi de prostates. Chez la Mante, il existe, au milieu d"un paquet de grosc;ecumspiriforme, et très-nombreux, unepaii'e de grosses vésicules séminales ovalaires {a). (1) Ces changements successifs ont élé suivis avec beaucoup de soin par llerold chez le Papillon du Chou. Chez la Chenille, les testicules sont d'abord fort éloignés entre eux et composés chacun de quatre lobes bien distincts ; mais par les progrès du dé- veloppement ils se réunissent et se concentrent de façon à ne former qu'un seul organe sphérique situé sur la ligne médiane du corps (6). Chez la plupart des Lépidoptères les deux testicules sont réunis delà sorte ; mais, chez quelques espèces, ils res- tent séparés, notamment chez les Tei- gnes et les Yponomeutes [c]. (2) Ainsi, chez divers Hémiptères, la tunique externe des teslicules est co- lorée en jaune foncé {d), en orangé (e), en rouge violacé (/"), ou en vert-éme- raude {g). (a) Léon Dufour, loc. cit., pi. 5, fig. 40. {b) HtTolJ, Eiilivick. der SchmetterUiuje, pi. 0, S, 10, 12, li, IG. (c) Siickow, Ueber die Geschlechtswerkieuqe der Insekten (llensiiiger's Zeitschrift, 1. II pi. 10, fig-. lOj. (d) Exemple : le Naucoris optera, (e) Exemple : les Coreas, le Pentatoma dissimilis, ele. (f) Exemple : les Géocorises, le Pontia brassicn , elc. {g) Exemple : les Capses, les Spltin.r, eir. . 18G REPRODUCTION. varie beaucoup, mais peut être rapportée à trois types princi- paux. Tantôt chacune de ces glandes se compose d'un tube étroit très-long et pelotonné sur lui-même, qui est fermé à un bout et qui se continue avec le canal déférent par son extrémité opposée ; d'autres fois elle est constituée par un faisceau de tubes courts et gros, ou de petites poches fusiformes que l'on désigne généralement sous le nom de capsules spermi/iques ; enfin, dans d'autres cas, elle est formée par des vésicules groupées autour d'un certain nombre de canaux excréteurs qui se réunissent entre eux pour donner naissance au conduit déférent. Il en résulte des différences très-grandes dans l'aspect des organites constitutifs de ces testicules ; mais je me haie d'ajouter que cette diversité de forme ne parait avoir que peu d'importance zoologique, car on la rencontre chez des Insectes qui ont entre eux beaucoup d'affinité et qui appartiennent par- fois à une même famille naturelle. Le premier de ces modes d'organisation est rare, et ne se rencontre guère que chez les Carabes et les autres Coléoptères de la famille des Carnassiers. Chaque testicule est formé d'un seul tube très-loiig, presque capillaire et diversement reployé ou enroulé sur lui-même (l). Chez beaucoup d'autres Insectes du même ordre, le Hanneton et les Cétoines, par exemple. (1) En général, cl)cz ces Coléoptères, la portion iniliale tUi tubo sperniifiquc est un peu renflée et reste libre, tan- dis que le reste de ce canal se con- tourne sur lui-même, de façon à constituer ime pelote à peu près sphérique [a) ou piiiforme (6). Oucl- quefois les deux testicules se confon- dent en une seule masse ovalaire, mais leurs tubes constitutifs, quoique emmêlés et parfois de lon5,niour très- inégale, restent distincts, et chacun d'eux donne naissance à un canal dé- férent : en sorte que le testicule, en ap- parence unique, se irouve pourvu des deux conduits excréteurs : par excm- |)lc, chez VHarpalm rupcornis, où, suivant L. Dufour, l'un des tubes (a) Exemple : le Carabus auratus ; voy. Léon Dufour, Recherches anatomiqiies sur les Cara- biques, etc. (Ann. des sciences nat., d825, t. VI, pi. 4, fig. 1). (6) Exemples : le Scarites ■pyracmon ; voy. Léon Dufour, loc. cit., pi. 4, fig:. 3. — Le Sphodrus terricola ; voy. Léon Dufour, loc. cit., pi. 4, Rg. G. APPAREIL DE LA GÉNÉRATION DES INSECTES. 187 les testicules sont divisés en un nombre plus ou moins consi- dérable de lobes sphériques ou discoïdes, qui, à leur tour, se composent d'une multitude de petites vésicules étroites et courtes groupées autour de l'extrémité d'un canal excréteur commun (1). Chez quelques espèces du même ordre, les vési- cules spermifiques s'agglomèrent davantage, et ne constituent dans chaque testicule qu'un seul pa({uet arrondi ou de forme spermifiques paraît avorter en grande partie (a). Les testicules des Lucanes sont éga- lement formés par im tube presque capillaire enroulé en pelote (b). (1) Chez le Hanneton, chaque testi- cule est composé de six lobes arrondis déprimés et marqués de stries radiaires qui sont dues à l'existence d'un nom- bre considérable de petites vésicules oblongues, lesquelles convergent toutes vers un point central où naît un conduit excréteur grêle et assez long. Les six tubes ainsi constitués se réunissent à leur tour pour déijoucher dans l'extré- mité du canal déférent correspondant. Celui-ci est très-long, irrégulièrement replié sur lui-même en un paquet et considérablement renflé dans sa por- tion postérieure, où il forme une vési- cule séminale allongée qui se réunit à son congénère pour donner naissanceau canal éjaculateur. Celui-ci donne éga- lement insertion dans ce point à une paire de glandes accessoires, composées chacune d'un long tube simple et pe- lotonné, qui est très-grêle dans la plus grande partie de son étendue, mais se dilate de façon à former dans sa por- tion subterminale un réservoir très- semblable aux vésicules séminales adjacentes (c). L'appareil mCde est conformé ù peu près de la même manière chez les Bousiers (d). Chez la Cétoine dorée, le nombre des lobes constitutifs des testicules est de douze de chaque côté, et les longs tubes accessoires ne se dilatent pas notablement près de leur insertion sur l'extrémité du canal éjaculateur, mais celui-ci reçoit, dans ce point, deux pairesde cœcums tubulaires, dont l'une est assez grosse ; le nombre total de ces glandes accessoires est donc de trois paires (e). Le mode de conformation des tes- ticules est à peu près le même chez beaucoup d'autres Coléoptères, tels que les Diaperis, les Tenebrio, les Priones, etc. (/"). (a) Léon Dufour, Recherches sur les Carabiques. etc. lAnn. des sciences nat., 1825 t VI pl. 4, fig. 8). , , , (6) Idem, ibid., pl. 7, flg. 3. (c)Idem, ibid., pl. 7, fig-. 1. — Straus, Op. cit., pl. 0, fig. 1. {d) Posselt, Beitrage zur Anatomie der Insekten, 1304, pl. 1, fig. IG. (e) Léon Dufour, loc cit., pl. 7, fig. 2. (H Idem, ibid., pl. 8 et 9. 188 REPRODUCTION, allongée (1). Enfin, ces glandes peuvent offrir une disposition racémeuse, par suite du mode de réunion de tous les conduits excréteurs (2) ; et il est aussi des Coléoptères dont les testicules se composent de caecums ou capsules spermifiques réunies en manière de houppes à l'extrémité d'un conduit excréteur com- mun (3). Ce dernier mode d'organisation est dominant chez les Hyménoptères. Ainsi, chez le Xylocope, chaque testicule se se compose de quatre caecums ou capsules spermifiques grêles et allongées; chez le Bourdon, il en existe huit, et chez l'Aheille environ 150 ([]). Chez d'autres Insectes du même ordre, le nombre de ces organites est au contraire réduit au minimum, car il ne paraît y en avoir qu'un seul pour chaque testicule, i)ar exemple chez le grand Frelon (5). Chez les Hémiptères, les testicules se composent, en général, d'une houppe de capsules spermifiques qui, dans quelques espèces, s'allongent beaucoup, (1) Par exemple, chez les Taupins, les Tc^léphoics et les llydiopliiles, les Ulaps, les Mylabres (a), les CanUi.i- rldes (b), etc. (2) Chez quelques Siapliyliniens, les vésicules ou capsules spermidques sont réparties par petils paquets à des hauteurs dillérenles, sur un tronc excréleur (c), et chez d'autres Coléo- ptères les canaux excréleius sont ra- meux. Chez les Sylphes, où celle dernière disposition se rencontre, il existe dans chatiue teslicule deux sortes d'ampoules sécréloircs, les unes petites, qui sont empâtées dans la masse commune, et d'aulres plus grandes, qui font salHie au dehors (d) ; ces dernières ne contiennent (ju'un liquide albumineux, tandis que les au- tres renferment des spermatozoïdes (e). (3) l'ar exemple, chez \csClerus (/"). (10 Chez l'Abeille, les caecums sper- miliques sont grêles, très-allongés et reployéssureux-mèaies. Les deux tes- ticules sont très-écartés entre eux (y). (5) Chez les autres Guépiaires , chaque testicule se compose de trois capsules spermiliques ; mais, chez le («) Léon Uufoui-, nech. sur les Cavahiqucs [Ann. des se. nat., fc série, l. IV, pi. 5, iV^. tO ; Iil. 6, fig. 7, 8 et 10). (fc) Audmiin, Rechevches pour servir à l'hisloire des Canlharhks {Ann. des sciencesnal . , 182G, t. IX, pi. 43, li-. 1). (c) Léon Dufoiir, loc. cit., ]i\. 6, fij. 3. ((/) Idem, ibuL, pi. 5, fig'. et 7. {€} IJcm, ibid.. pi. fi, fi^. 5 et 6. (/■) Leydig-, Traité d'hisloloijie, p. .'lOS. Ig) Léon Diil'uur, Heclierchcs sur les Orihnpières, ele,, p. lOr., pi. 5,. Uf. 51, et pi. 0, fig. 53. APP.VUEIL DE L\ GÉNÉRATION DES INSECTES. 1 (S9 de liicoii à devenir des (ubes (îliformcs (1). Chez les Né- vroplères, l'appareil malc est en général peu compliqué, mais le mode de constitution des testicules varie beaucoup. Cliez les Libellides, les leslicules consistent en deux glandes cylin- driques et allongées, formées par l'assemblage d'une multi- tude de petites vésicules spermiques (•2). Chez les Hydropsycliés, ces organes sont globuleux (3). Enfin, dans l'ordre des Or- Vespa crabro, Léon Dufonr n\i pu eu découvrir qu'une seule (a). D'après cet entoniologisic, les testicules se- raient également unicapsulaircs chez le Formica pubesccns et le Mijr- mica Rediaua (6) ; mais M. Meinert y a constaté un nombre considérable de petits caecums (c). (1) Chez la Uanatre linéaire, chaque testicule se compose de cinq caecums liliformes repliés sur eux-mêmes et renllésen ampoules près de leur inser- tion sur le canal déférent [d). Chez la Nèpe cendrée, les tubes spermifiques sont encore plus allongés (e), mais chez la plupart des Hémiptères, ils sont représentés par des caecums courts et gros qui sont disposés en manière de houppe. Dans beaucoup d'espèces, on en compte sept de chaque côté (/"); quelquefois il n'y en a qne cinq [g) ou même moins (/i), tandis que dans quel- ques espèces ces capsules sont beau- coup plus nombreuses (/') ou rempla- cées par une multitude de vésicules (j). (2) Un gros canal déférent part de rextrémité postérieure de chaque tes- ticule, et s'unit à son congénère immé- diatement au devant de l'organe copu- lateur, de sorte que le canal éjaculateur commun est extrêmement court {k). (3) chez le CorydaUs cornutus, les testicules sont très-grands et allongés; ils consistent en une multitude d